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Passage à Djibouti du secrétaire d’État américain John Kerry
 

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a effectué une tournée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est. Dernière étape de son périple : Djibouti qui recevait ainsi sa première visite d’un secrétaire d’État américain. Au programme, des entretiens avec les plus hautes autorités, mais aussi une rencontre avec des jeunes et des imams dans une mosquée de la capitale. Le secrétaire d’État a également rencontré les militaires américains basés au camp Lemonnier.

La tournée de John Kerry dans cette partie du monde n’avait rien d’une villégiature, bien au contraire. Le patron de la diplomatie étatsunienne avait fort à faire dans cette région stratégique qui attire toutes les convoitises à plus d’un titre. L’économie d’abord, car les États-Unis ne cachent plus leur intérêt pour la croissance et le dynamisme économique en Afrique ces dernières années, John Kerry allant jusqu’à dire que « le prochain siècle sera celui de l’Afrique ».
Ensuite, la paix et la sécurité sont des enjeux majeurs en Afrique de l’Est. Le terrorisme, les troubles politiques et sociaux, les conflits civils et les catastrophes humanitaires sont des fléaux qui appellent des réponses fortes de la part de la communauté internationale. Ce second volet a aussi été au menu de l’agenda du secrétaire d’État qui a mis les petits plats dans les grands : carnet de chèque, assistance technique et stratégique, renforcement de la présence militaire, etc.
Au Kenya, où il a entamé sa tournée, John Kerry a réaffirmé le soutien américain à ce pays durement éprouvé par les attentats terroristes à répétitions commis par les Shebaabs. « Dans le cadre de notre engagement d’aider le Kenya à combattre le terrorisme, nous fournirons cent millions de dollars pour renforcer les stratégies de lutte contre le terrorisme concernant la sécurité des frontières, le maintien de l’ordre et le partage de renseignements », a-t-il déclaré dimanche à son arrivée à Nairobi.
Le mardi 5 mai, John Kerry a effectué une visite éclair en Somalie, une première pour un chef de la diplomatie américaine. Il a été accueilli à l’aéroport de Mogadiscio par le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud et son Premier ministre, Omar Abdirashid Ali Sharmake. Un geste fort appuyé par les engagements renouvelés des USA de continuer à aider la Somalie à se redresser et revenir dans le concert des nations.

Dans la matinée du mercredi 6 mai, John Kerry est arrivé à Djibouti pour la première visite officielle d’un si haut responsable de l’administration américaine. Cette étape était la dernière du secrétaire d’État dans la Corne de l’Afrique, avant son envol pour Riyad en Arabie saoudite. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mahmoud Ali Youssouf.
La visite de M. Kerry à Djibouti fait suite à celle effectuée par le président Ismail Omar Guelleh aux Etats-Unis à l’invitation de Barack Obama. Djibouti et Washington entretiennent des relations privilégiées de coopération et partagent une vision commune des défis liés à la préservation de la paix et au développement des pays de la Corne de l’Afrique, y compris la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime. Cette visite a été une occasion pour les deux pays de consolider leur partenariat stratégique dans de nombreux domaines comme l’éducation, la coopération militaire, l’investissement, l’énergie, etc.
Dès sa descente d’avion, le secrétaire d’Etat américain s’est rendu à la grande mosquée Salman située dans le quartier de l’aviation, protégé par un important dispositif de sécurité déployé dans toute la ville. Arrivé en compagnie des ministres des Affaires étrangères et des Affaires islamiques, Mahmoud Ali Youssouf et Aden Hassan Aden, M. Kerry a rencontré des représentants de la société civile, notamment un groupe de jeunes ayant bénéficié du programme américano-africain « Yali », et des leaders religieux. Les échanges ont porté sur la jeunesse djiboutienne, ses ambitions, l’esprit de tolérance et de co-existence pacifique véhiculé par l’islam et le rejet de tout extrémisme.
Le secrétaire d’État américain a ensuite été reçu par le chef de l’État, Ismaïl Omar Guelleh, pour un entretien axé sur le renforcement des relations bilatérales et notamment le partenariat privilégié entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Les deux personnalités ont discuté par ailleurs des moyens de résoudre les crises qui secouent la sous-region, au Yémen et Somalie en particulier.
John Kerry a remercié Ismaïl Omar Guelleh et son gouvernement pour l’aide et l’assistance fournie aux ressortissants américains qui fuyaient les combats au Yémen. En ce qui concerne la Somalie, John Kerry a salué la contribution djiboutienne à la sécurisation et au retour de la paix en Somalie, avec notamment les combats menés par l’AMISOM contre les Shebabs.

John Kerry a ensuite donné une conférence de presse aux côtés de son homologue djiboutien. Il a d’abord rappelé l’annonce conjointe faite par les présidents Obama et Guelleh d’un forum économique biannuel entre les USA et la RdD afin d’encourager les opérateurs économiques américains à saisir les opportunités d’affaires que la croissance djiboutienne pouvait créer dans de nombreux secteurs. Par ailleurs, il a évoqué les programmes d’assistance mis en œuvre par l’ambassade américaine et l’Agence américaine d’aide au développement international (USAID) pour soutenir une meilleure règlementation et la structuration du marché de l’emploi et d’améliorer la lutte contre le chômage des jeunes. A ce titre, il a notamment souligné la mise en adéquation du système de formation professionnelle avec le marché du travail.
Sur le plan de l’énergie et de l’environnement également, John Kerry a salué les efforts djiboutiens pour se doter d’énergie verte : « la dernière conférence régionale sur l’environnement avec la participation d’universitaires et de grandes figures américaines de la lutte contre le dérèglement climatique en a été un brillant exemple », a-t-il précisé avant d’ajouter que « la science, l’éducation et la recherche seront les leviers de la coopération dans l’avenir ».
La coopération djibouto-américaine est aussi appelée à se développer dans le domaine de la lutte contre la piraterie et le terrorisme, a souligné le secrétaire d’État. Il a défendu le strict respect de la feuille de route en Somalie, qui impose la rédaction d’une constitution avant la tenue d’élections générales et la mise sur pied d’une véritable force armée républicaine.
Enfin, M. Kerry a salué l’engagement humanitaire de notre pays qui accueille des milliers de réfugiés des pays voisins qui fuient la guerre dans leur pays. Il a annoncé à ce titre qu’au-delà des deux millions de dollars d’aide déjà accordés au plan de contingence djiboutien, quelques 68 millions de dollars US seront versés aux agences onusiennes et aux organisations humanitaires internationales qui opèrent au Yémen. « Une partie de ces fonds parviendront aux réfugiés yéménites qui sont accueillis à Djibouti », a-t-il conclu.

Mohamed Ahmed Saleh 

 
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