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	<title>Human Village</title>
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		<title>La Banque mondiale conseille d'investir &#224; Djibouti</title>
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		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un rapport de l'institution identifie des secteurs porteurs et des r&#233;formes n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/banque_mondiale-logo-2-6efd1.jpg?1790191203' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un communiqu&#233; de la Banque mondiale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; en ligne sur le site de la Banque mondiale.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque mondiale a publi&#233; un &#171; Diagnostic du secteur priv&#233; du pays &#187; (CPSD) pour Djibouti, identifiant des secteurs (&#233;nergie solaire hors r&#233;seau, centres de donn&#233;es et tourisme) susceptibles de recevoir au moins 600 millions de dollars am&#233;ricains d'investissements priv&#233;s et de cr&#233;er environ 12 000 emplois sur cinq ans. Le rapport expose des mesures de politique publique qui permettraient de rendre possibles ces investissements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Situ&#233; au croisement de voies maritimes tr&#232;s fr&#233;quent&#233;es et principale porte d'entr&#233;e du commerce &#233;thiopien, Djibouti a connu une croissance moyenne annuelle de son PIB de 5,3 % entre 2016 et 2024 et a attir&#233; d'importants investissements directs &#233;trangers dans les infrastructures portuaires. Toutefois, le tarif &#233;lev&#233; de l'&#233;lectricit&#233;, l'acc&#232;s limit&#233; &#224; du financement, les d&#233;ficits de comp&#233;tences et les restrictions &#224; la concurrence dans des secteurs cl&#233;s ont frein&#233; l'expansion du secteur priv&#233;. Alors que le ch&#244;mage reste &#233;lev&#233;, le CPSD identifie des possibilit&#233;s de cr&#233;ation d'emplois dans des secteurs strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;nergie solaire : jusqu'&#224; 390 millions de dollars et plus de 8 500 emplois&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des investisseurs priv&#233;s ont d&#233;ploy&#233; environ 10 m&#233;gawatts de capacit&#233; solaire hors r&#233;seau &#224; Djibouti depuis 2022, et d'autres projets sont en pr&#233;paration. Le co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; (0,25$US le kilowattheure, pour 0,14 en moyenne en Afrique) constituent la principale charge des entreprises du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPSD sugg&#232;re de relever les plafonds d'autoproduction, de clarifier des modalit&#233;s d'achat de l'&#233;lectricit&#233;, de renforcer r&#233;gulation du secteur et les comp&#233;tences. Ces mesures pourraient permettre de mobiliser jusqu'&#224; 390 millions de dollars d'investissements et cr&#233;er plus de 8 500 emplois sur cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centres de donn&#233;es : jusqu'&#224; 240 millions de dollars et 1 300 emplois&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Huit c&#226;bles sous-marins passent par Djibouti, reliant l'Asie, l'Europe et l'Afrique. La capacit&#233; actuelle des centres de donn&#233;es est proche de leur pleine utilisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des r&#233;formes du cadre r&#233;glementaire, de l'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique et de l'acc&#232;s au march&#233; permettraient de d&#233;bloquer entre 160 millions et 240 millions de dollars d'investissements, permettant le cr&#233;ation de 700 &#224; 1300 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tourisme : jusqu'&#224; 180 millions de dollars et 2 600 emplois&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les atouts touristiques de Djibouti comprennent le lac Assal (point terrestre le plus bas d'Afrique), les chemin&#233;es calcaires du lac Abb&#233;, l'&#233;cotourisme marin, notamment l'observation des requins-baleines, ainsi qu'un patrimoine culturel reconnu lorsque la ville de Djibouti est devenue la premi&#232;re m&#233;tropole africaine d&#233;sign&#233;e Capitale mondiale de la culture et du tourisme par le Conseil europ&#233;en du tourisme et du commerce en 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPSD sugg&#232;re des r&#233;formes concernant les licences, les donn&#233;es et les comp&#233;tences qui ouvriraient un potentiel compris entre 66 millions et 180 millions de dollars d'investissements et 2 600 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Ilyas Moussa Dawaleh, ministre de l'&#201;conomie, &#171; Djibouti doit passer d'un mod&#232;le &#233;conomique qui mon&#233;tise sa position strat&#233;gique &#224; un mod&#232;le qui transforme cet avantage g&#233;ographique en capacit&#233; productive. En combinant les infrastructures et la connectivit&#233; avec une &#233;nergie abordable, de l'industrie, des services num&#233;riques, une logistique moderne et des exportations, nous pouvons ouvrir un nouveau chapitre du d&#233;veloppement. Ce diagnostic identifie les r&#233;formes n&#233;cessaires pour d&#233;bloquer l'investissement priv&#233; et acc&#233;l&#233;rer la transformation &#233;conomique structurelle envisag&#233;e dans le cadre de la Vision 2035. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Ousmane Dione, vice-pr&#233;sident de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord, l'Afghanistan et le Pakistan, &#171; l'histoire du d&#233;veloppement de Djibouti a souvent &#233;t&#233; racont&#233;e &#224; travers sa position strat&#233;gique et son r&#244;le de porte d'entr&#233;e r&#233;gionale. Ce diagnostic met en lumi&#232;re une autre partie de cette histoire : la possibilit&#233; de tirer parti du potentiel du pays en mati&#232;re d'&#233;nergies renouvelables, de connectivit&#233; num&#233;rique et d'atouts touristiques afin de soutenir l'investissement priv&#233; et de cr&#233;er davantage d'emplois pour les Djiboutiens. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Ethiopis Tafara, vice-pr&#233;sident de la SFI pour l'Afrique, a d&#233;clar&#233; que &#171; les secteurs identifi&#233;s dans ce diagnostic offrent des possibilit&#233;s commercialement viables qui sont pr&#234;tes &#224; accueillir des capitaux priv&#233;s. Les atouts naturels et les avantages infrastructurels de Djibouti sont r&#233;els, et les mesures de politique publique expos&#233;es ici constituent le signal dont les investisseurs ont besoin pour passer de l'int&#233;r&#234;t &#224; l'engagement. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe de la Banque mondiale est partenaire de Djibouti depuis 1980, avec un portefeuille actuel proche de 500 millions de dollars am&#233;ricains d'engagements pour des projets couvrant l'&#233;nergie, les transports, la transformation num&#233;rique, l'&#233;ducation, la sant&#233;, la protection sociale, l'emploi et les comp&#233;tences, ainsi que la gouvernance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPSD s'appuie sur ce partenariat et refl&#232;te l'approche int&#233;gr&#233;e du Ggoupe de la Banque mondiale en mati&#232;re de d&#233;veloppement, combinant investissement public et efforts visant &#224; mobiliser des capitaux priv&#233;s, renforcer le capital humain et cr&#233;er les conditions d'une cr&#233;ation d'emplois &#224; grande &#233;chelle, conform&#233;ment &#224; la Vision 2035 du gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Communiqu&#233; en ligne sur le &lt;a href=&#034;https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2026/09/14/world-bank-group-report-identifies-significant-private-investment-potential-for-dj?cid=mena_tt_mena_en_ext&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de la Banque mondiale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Omar Abdi Said confirme l'interpellation de Micah Reddy</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2076</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le journaliste sud-africain n'aurait pas d&#233;clar&#233; son activit&#233; aux autorit&#233;s djiboutiennes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-micah_reddy-e0e63.jpg?1790081280' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5044 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH390/58-micah_reddy.jpg-386b5.jpg?1790081280' width='400' height='390' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs jours d'incertitude, les autorit&#233;s djiboutiennes ont confirm&#233;, mardi 22 septembre, l'interpellation du journaliste sud-africain Micah Reddy, coordinateur Afrique de l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur affirme qu'il exer&#231;ait une activit&#233; journalistique sans accr&#233;ditation et annonce qu'un ordre de quitter le territoire national lui a &#233;t&#233; signifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; Djibouti le jeudi 17 septembre pour un reportage, Micah Reddy a cess&#233; de donner de ses nouvelles le samedi 19 septembre. Selon Reuters, son fr&#232;re, Niall Reddy, a &#233;chang&#233; avec lui pour la derni&#232;re fois vers 11 heures, tandis que des coll&#232;gues ont encore pu le joindre autour de 13 heures. Dans les heures suivantes, les messages qui lui &#233;taient adress&#233;s sur Signal ou WhatsApp n'&#233;taient plus d&#233;livr&#233;s. Le journaliste s&#233;journait alors &#224; l'h&#244;tel Escale International, &#224; Djibouti-ville. Sa disparition avait rapidement suscit&#233; l'inqui&#233;tude de sa famille, de ses coll&#232;gues et de plusieurs organisations de d&#233;fense de la libert&#233; de la presse.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; SA journalist missing abroad &#187;, Enca, 20 septembre 2026.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Micah Reddy devait notamment rencontrer &#224; Djibouti le journaliste Mohamed Willo Ismael, &#233;galement connu sous le nom de Kooki Mahmoud, avec lequel le contact avait &#233;galement &#233;t&#233; perdu. Le Committee to Protect Journalists (CPJ) a appel&#233; les autorit&#233;s djiboutiennes &#224; &#233;tablir leur localisation et &#224; garantir leur s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233;, l'ICIJ a indiqu&#233; que la mission de Micah Reddy &#224; Djibouti ne concernait pas les affaires politiques int&#233;rieures du pays. Le dimanche 20 septembre, alors que sa famille d&#233;clarait toujours ignorer o&#249; il se trouvait, Naguib Ali Taher, responsable &#224; la pr&#233;sidence djiboutienne, a indiqu&#233; &#224; Reuters que le journaliste n'avait pas effectu&#233; les d&#233;marches n&#233;cessaires pour obtenir une accr&#233;ditation de presse. Il avait ajout&#233; que les autorit&#233;s devaient v&#233;rifier les conditions de son entr&#233;e dans le pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; SA journalist micah reddy believed to be in custody &#187;, Enca, 21 septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le lendemain, l'ICIJ annon&#231;ait avoir &#233;t&#233; inform&#233; que Micah Reddy &#233;tait d&#233;tenu pour ne pas avoir obtenu d'accr&#233;ditation et que Mohamed Willo Ismael serait, lui aussi, retenu par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur confirme son interpellation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un communiqu&#233; dat&#233; du 22 septembre 2026, le minist&#232;re djiboutien de l'Int&#233;rieur confirme officiellement l'interpellation de Micah Reddy. Il affirme que le journaliste &#233;tait venu &#224; Djibouti avec l'intention de mener des missions &#171; &#224; l'insu des autorit&#233;s nationales &#187; et qu'il se serait &#171; d&#233;lib&#233;r&#233;ment soustrait &#187; &#224; l'obligation d'obtenir une accr&#233;ditation, pr&#233;sent&#233;e comme indispensable pour tout professionnel des m&#233;dias souhaitant exercer sur le territoire djiboutien. Micah Reddy aurait &#233;t&#233; &#171; appr&#233;hend&#233; sur le terrain &#187; alors qu'il se livrait &#224; des &#171; activit&#233;s contraires &#224; l'esprit de son s&#233;jour &#187;. Le communiqu&#233;, sign&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur Omar Abdi Said, ne pr&#233;cise toutefois pas la nature de ces activit&#233;s. Il pr&#233;cise que le mardi 22 septembre l'ordre de quitter le territoire national a &#233;t&#233; signifi&#233; &#224; Micah Reddy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de position officielle met fin &#224; l'incertitude qui entourait le sort du journaliste sud-africain. Ce qui avait d'abord &#233;t&#233; signal&#233; comme une disparition, puis comme une d&#233;tention sur la base d'informations communiqu&#233;es par l'ICIJ, est d&#233;sormais reconnu par les autorit&#233;s djiboutiennes comme une interpellation li&#233;e notamment &#224; l'absence d'accr&#233;ditation journalistique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une interrogation demeure toutefois concernant Mohamed Willo Ismael, dit Kooki Mahmoud. Le communiqu&#233; du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ne fait aucune mention de sa situation, alors que l'ICIJ avait indiqu&#233; la veille comprendre qu'il &#233;tait lui aussi retenu par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire a suscit&#233; une mobilisation en Afrique du Sud, o&#249; la famille et les coll&#232;gues de Micah Reddy ont multipli&#233; les d&#233;marches pour obtenir des informations. Le minist&#232;re sud-africain des Relations internationales avait &#233;galement confirm&#233; avoir &#233;t&#233; inform&#233; de sa disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.enca.com/news-top-stories/sa-journalist-missing-abroad&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SA journalist missing abroad&lt;/a&gt; &#187;, Enca, 20 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.enca.com/news-top-stories/sa-journalist-micah-reddy-believed-be-custody&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SA journalist micah reddy believed to be in custody&lt;/a&gt; &#187;, Enca, 21 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du pro bono &#224; l'arbitrage international : quinze ans de combat juridique</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2074</link>
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		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur la carri&#232;re de Mohamed Abayazid Houmed.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-caa_law-fc631.jpg?1789726781' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De l'Universit&#233; de Djibouti au barreau, du pro bono&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le pro bono est une ancienne locution latine, provenant de &#8220;pro bono (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aux grands projets d'infrastructures, de La Haye &#224; Shanghai en passant par les r&#233;seaux juridiques de la Corne de l'Afrique, Mohamed Abayazid Houmed revient sur quinze ann&#233;es d'exercice. Associ&#233; fondateur avec Ahmed Abdourahman de CAA Law Firm &#8211; Abayazid and Abdourahman, il raconte les circonstances qui ont fa&#231;onn&#233; sa carri&#232;re, les difficult&#233;s des d&#233;buts, son engagement aupr&#232;s des justiciables les plus vuln&#233;rables, l'ouverture r&#233;gionale du cabinet, son r&#244;le de conseil aupr&#232;s de grands investisseurs et une conviction ancienne : Djibouti dispose des atouts n&#233;cessaires pour devenir une v&#233;ritable place de m&#233;diation et d'arbitrage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien enseignant-chercheur &#224; l'Universit&#233; de Djibouti, titulaire d'un master 2 en droit des affaires&lt;!-- et doctorant en droit international priv&#233; &#224; l'Universit&#233; de Poitiers--&gt;, Mohamed Abayazid intervient notamment en droit des affaires, infrastructures, &#233;nergie, droit maritime, investissements et r&#232;glement alternatif des diff&#233;rends. En 2024, il a re&#231;u &#224; New Delhi le LexFalcon Global Award, dans la cat&#233;gorie Best Independent Lawyer of the Year &#8211; Corporate/Commercial, Infrastructure/Litigation. En 2026, il a rejoint le panel d'arbitres de la Shanghai International Economic and Commercial Arbitration Commission (SHIAC), pour un mandat allant jusqu'au 30 avril 2031.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH333/58-caa_law-1-bb68b.jpg?1789726781' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Human Village : Votre parcours semble avoir &#233;t&#233; construit par une succession de circonstances d&#233;cisives : une entr&#233;e presque accidentelle dans le droit, une formation internationale &#224; La Haye, l'universit&#233;, puis le barreau. Comment reliez-vous aujourd'hui toutes ces &#233;tapes ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohamed Abayazid : Au d&#233;part, devenir avocat n'&#233;tait absolument pas un projet &#233;tabli. Apr&#232;s le baccalaur&#233;at, j'&#233;tais plut&#244;t attir&#233; par la comptabilit&#233; et la gestion. Mes parents m'ont envoy&#233; en France avec l'id&#233;e que j'int&#232;gre une &#233;cole de commerce &#224; Poitiers. Je suis arriv&#233; tr&#232;s t&#244;t &#224; Paris, j'ai pris le train pour Poitiers et je suis arriv&#233; avec quelques minutes de retard au concours. On ne m'a pas laiss&#233; entrer. Je ne voulais pas perdre une ann&#233;e, je me suis donc inscrit &#224; la Facult&#233; de droit. C'est presque le hasard qui m'a conduit au droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais de plus extr&#234;mement timide. J'avais une v&#233;ritable difficult&#233; &#224; parler en public. Quand on regarde aujourd'hui mon parcours d'enseignant, d'avocat et d'arbitre, rien de tout cela n'&#233;tait &#233;vident au d&#233;part. L'un des tournants majeurs intervient en 2008, pendant mes &#233;tudes &#224; Poitiers. J'ai &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233; pour une formation et des stages aux Pays-Bas, notamment &#224; La Haye, dans l'environnement de l'arbitrage international. C'&#233;tait une opportunit&#233; exceptionnelle. Le co&#251;t global tournait autour de 24 000 euros. Il me manquait 18 000 euros et je n'avais qu'une trentaine de jours pour trouver cette somme. Je n'&#233;tais pas boursier et mes parents n'avaient pas la possibilit&#233; de financer un tel montant.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donc &#233;crit directement, depuis la France, au pr&#233;sident djiboutien. Je lui ai expliqu&#233; mon parcours, l'opportunit&#233; qui m'&#233;tait offerte et le financement qui me manquait. Je ne savais pas si cette lettre aurait une suite. Quelques jours plus tard, les services de la Pr&#233;sidence ont contact&#233; mon p&#232;re &#224; Djibouti pour lui demander mes r&#233;f&#233;rences bancaires afin de proc&#233;der au versement de l'aide destin&#233;e &#224; financer mes &#233;tudes et cette formation. C'est comme cela que nous avons compris que ma demande avait re&#231;u une r&#233;ponse favorable. Les 18 000 euros ont &#233;t&#233; pris en charge et j'ai pu saisir cette opportunit&#233;. Sans cette aide, mon parcours aurait certainement &#233;t&#233; diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines opportunit&#233;s d&#233;terminent toute une carri&#232;re. La Haye m'a permis de d&#233;couvrir l'arbitrage international autrement que dans les livres : les institutions, les praticiens, les r&#233;seaux, la mani&#232;re dont se traitent des diff&#233;rends internationaux. C'est l&#224; qu'une ambition a v&#233;ritablement commenc&#233; &#224; se former. &#192; mon retour &#224; Djibouti, je suis devenu enseignant en droit priv&#233; &#224; l'Universit&#233; de Djibouti. J'aimais beaucoup la recherche et la transmission. Mais progressivement, j'ai ressenti le besoin de passer de la th&#233;orie &#224; la pratique : les dossiers, les audiences, les contrats, les entreprises. Je voulais devenir avocat. Et l&#224; s'est pos&#233;e une vraie difficult&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque, le statut des enseignants-chercheurs n'&#233;tait pas encore clairement fix&#233;. Nous n'&#233;tions pas soumis exactement aux m&#234;mes r&#232;gles que les agents classiques de la fonction publique et la possibilit&#233; de cumuler enseignement universitaire et profession d'avocat n'&#233;tait ni clairement organis&#233;e ni express&#233;ment tranch&#233;e. Ma candidature a d'ailleurs &#171; fait beaucoup de bruit &#187;, parce que, pour certains, &#234;tre &#224; la fois enseignant &#224; l'universit&#233; et avocat paraissait impossible. J'ai donc adress&#233; une demande sp&#233;ciale au pr&#233;sident de la R&#233;publique. Je lui expliquais que je voulais embrasser la profession d'avocat, mais &#233;galement assurer temporairement la continuit&#233; de mes enseignements, notamment dans les mati&#232;res techniques du droit priv&#233; jusqu'&#224; ce que l'Universit&#233; puisse me trouver un rempla&#231;ant. Dans cette lettre, je lui ai rappel&#233; l'&#233;pisode de 2008 : il avait &#233;t&#233; celui qui m'avait permis d'acc&#233;der &#224; une premi&#232;re formation internationale en arbitrage. Je lui expliquais que je voulais d&#233;sormais aller plus loin, rapprocher la th&#233;orie de la pratique et poursuivre cette trajectoire professionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce contexte qu'a &#233;t&#233; retenue l'interpr&#233;tation selon laquelle l'incompatibilit&#233; ne devait pas s'appliquer &#224; ma situation particuli&#232;re d'enseignant souhaitant acc&#233;der &#224; la profession d'avocat. Le 6 septembre 2011, j'ai appris que mon agr&#233;ment avait &#233;t&#233; accord&#233;. D&#232;s que j'ai obtenu l'agr&#233;ment, j'ai d&#233;missionn&#233; de l'Universit&#233;. Mais je ne pouvais pas abandonner mes &#233;tudiants au milieu du cycle. J'ai donc continu&#233; pendant environ trois mois &#224; enseigner gratuitement, sans contrepartie, afin de terminer les enseignements que j'avais commenc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je regarde aujourd'hui ce parcours, je vois finalement une ligne assez claire : Poitiers, La Haye, l'Universit&#233; de Djibouti, le Barreau et, quinze ans plus tard, Shanghai.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH332/58-caa_law-2-fcfa1.jpg?1789726781' width='400' height='332' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;ation du cabinet tient elle aussi &#224; une rencontre presque fortuite avec Ahmed Abdourahman et &#224; la transmission du cabinet de votre oncle. Mais les d&#233;buts vont &#234;tre beaucoup plus difficiles que pr&#233;vu.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. J'ai rencontr&#233; Ahmed Abdourahman Cheik dans un couloir de l'Assembl&#233;e nationale, o&#249; il travaillait comme juriste. Nous ne nous connaissions absolument pas. Nous avons parl&#233; pendant quelques minutes et d&#233;couvert que nous avions exactement la m&#234;me ambition : devenir avocats. En trois minutes, l'id&#233;e de travailler ensemble &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;. Le lendemain, je suis all&#233; voir mon oncle, Abdoulkader Dileita Mohamed.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait d&#233;velopp&#233; un cabinet depuis plus de cinq ans. Il avait &#233;galement exerc&#233; comme conseiller juridique aupr&#232;s du Premier ministre avant de poursuivre une carri&#232;re internationale, qui l'a conduit dans l'environnement de la Banque africaine de d&#233;veloppement, de la Tunisie &#224; Abidjan puis, aujourd'hui, en Alg&#233;rie. Il m'a dit en substance : &#171; je te laisse le cabinet, mais prends soin des salari&#233;s &#187;. Je lui ai imm&#233;diatement r&#233;pondu que je ne voulais pas travailler seul, &#171; j'ai rencontr&#233; hier quelqu'un avec qui je veux construire cette profession. Si je reprends le cabinet, je veux le reprendre avec lui &#187;. Cet associ&#233; &#233;tait Ahmed Abdourahman Cheik. Ahmed a obtenu son agr&#233;ment quelques semaines plus tard et, &#224; partir de d&#233;cembre 2011, nous avons r&#233;ellement commenc&#233; &#224; fonctionner ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre principe &#233;tait d&#233;j&#224; la compl&#233;mentarit&#233; : nous ne voulions pas &#234;tre deux avocats faisant exactement la m&#234;me chose. Il fallait que nos comp&#233;tences, nos personnalit&#233;s et nos r&#233;seaux se compl&#232;tent. Mais nous avons rapidement compris qu'h&#233;riter d'un cabinet ne signifiait pas h&#233;riter durablement de sa client&#232;le. &#192; l'&#233;poque, le march&#233; juridique fonctionnait beaucoup par r&#233;seaux, affinit&#233;s et relations personnelles. Les clients de mon oncle &#233;taient, pour une grande partie, attach&#233;s &#224; lui personnellement. Quand il est parti et que deux jeunes avocats ont repris la structure, beaucoup de clients sont partis vers d'autres r&#233;seaux. Nous avons perdu pr&#232;s de 60 % de la client&#232;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les salari&#233;s &#233;taient pourtant toujours l&#224;. Les charges fixes &#233;taient toujours l&#224;. Il fallait maintenir le cabinet. &#192; certains moments, Ahmed et moi financions nous-m&#234;mes la structure avec nos propres revenus. Cette situation nous a oblig&#233;s &#224; nous demander comment construire notre propre r&#233;putation. Nous avons choisi le &lt;i&gt;pro bono&lt;/i&gt;. Nous avons commenc&#233; &#224; d&#233;fendre des personnes qui n'avaient pas les moyens de payer un avocat, y compris dans des affaires extr&#234;mement difficiles. Parfois, ces personnes avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233;es dans la rue ou sur les r&#233;seaux sociaux avant m&#234;me d'&#234;tre jug&#233;es. Il y avait des accusations graves. Mais le r&#244;le d'un avocat n'est pas de choisir seulement les dossiers populaires ou faciles. Son r&#244;le consiste &#224; garantir les droits de la d&#233;fense. Nous avions cette id&#233;e : la force du droit. Entre les dossiers totalement gratuits et ceux qui ont ensuite &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s &#224; l'aide juridictionnelle, nous sommes arriv&#233;s, entre 2011 et 2017, &#224; environ 13 000 dossiers. Ce travail nous a pris &#233;norm&#233;ment de temps, mais il a &#233;galement construit notre r&#233;putation et notre identit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les affaires qui m'ont le plus marqu&#233;, il y a celle de quatre propri&#233;taires de taxi : Ahmed Mouhoumed Rayaleh, Mansour Mohamed Awad, Bouni Mohamed Abdillahi et Hassan Barkad Waberi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 29 mai 2014, dans le contexte qui a suivi l'attentat de La Chaumi&#232;re, leurs taxis se trouvaient stationn&#233;s sur un terrain vague &#224; proximit&#233; du parking du lyc&#233;e Joseph-Kessel. Des militaires des Forces fran&#231;aises stationn&#233;es &#224; Djibouti (FFDJ) ont d&#233;plac&#233; leurs v&#233;hicules &#224; l'aide d'un engin de chantier, sans les pr&#233;venir au pr&#233;alable. Les taxis ont subi d'importantes d&#233;gradations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut comprendre ce que cela repr&#233;sentait pour ces hommes : leurs taxis constituaient leur outil de travailleur et leur principale, voire leur seule, source de revenus pour faire vivre leur famille. Nous avons engag&#233; une proc&#233;dure afin qu'ils puissent obtenir r&#233;paration. La partie fran&#231;aise a notamment oppos&#233; l'immunit&#233; attach&#233;e aux accords de d&#233;fense. Notre position &#233;tait diff&#233;rente : nous consid&#233;rions que les dommages caus&#233;s &#224; des v&#233;hicules appartenant &#224; des civils ne pouvaient pas &#234;tre automatiquement assimil&#233;s &#224; un acte militaire couvert par une immunit&#233; emp&#234;chant toute action devant les juridictions djiboutiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat judiciaire a dur&#233; plusieurs ann&#233;es. Le dossier a notamment donn&#233; lieu &#224; deux arr&#234;ts.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t n&#176; 55/19 du 26 mars 2019 de la Cour d'appel, puis arr&#234;t n&#176; 50/P/CS/21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est un point qu'il faut bien comprendre : nous ne sommes plus aujourd'hui dans l'attente qu'un tribunal d&#233;cide si ces chauffeurs ont ou non des droits. Ils ont obtenu gain de cause. La d&#233;cision relative au paiement de leur pr&#233;judice est devenue d&#233;finitive et ex&#233;cutoire. Et pourtant, elle n'a toujours pas &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les d&#233;cisions judiciaires, des commandements de payer ont &#233;t&#233; signifi&#233;s &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais par voie d'huissier, ainsi qu'au service du Commissariat des Arm&#233;es fran&#231;aises &#224; Djibouti. Les actes ont bien &#233;t&#233; r&#233;ceptionn&#233;s. Mais le paiement n'a pas suivi. Les chauffeurs ont ensuite multipli&#233; les d&#233;marches. Ils ont saisi le procureur g&#233;n&#233;ral, puis les autorit&#233;s djiboutiennes. Ils ont notamment adress&#233; un courrier au ministre des Affaires &#233;trang&#232;res le 7 juillet 2023, puis un nouveau recours au ministre de la Justice le 13 janvier 2024, en demandant l'intervention de l'&#201;tat djiboutien pour faire respecter les d&#233;cisions rendues par ses propres juridictions. Dans leurs courriers, ils expliquaient &#233;galement que leurs &#233;conomies et m&#234;me des pr&#234;ts avaient &#233;t&#233; absorb&#233;s par cette longue proc&#233;dure, alors que leurs taxis constituaient leur gagne-pain.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc cela qui rend cette affaire particuli&#232;rement difficile : apr&#232;s des ann&#233;es de proc&#233;dure, apr&#232;s un arr&#234;t de la Cour d'appel, apr&#232;s un arr&#234;t de la Cour supr&#234;me, apr&#232;s la d&#233;livrance de commandements de payer et apr&#232;s plusieurs d&#233;marches institutionnelles, les b&#233;n&#233;ficiaires de ces d&#233;cisions attendent toujours leur r&#233;paration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, le probl&#232;me n'est plus aujourd'hui celui de la reconnaissance du droit. Le probl&#232;me est celui de son ex&#233;cution. Et le temps donne d&#233;sormais &#224; ce dossier une dimension humaine beaucoup plus grave. Sur les quatre individus concern&#233;s, deux sont d&#233;c&#233;d&#233;s sans avoir vu la d&#233;cision de justice ex&#233;cut&#233;e : l'un en 2024 et le second en 2026. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux autres plaignants sont toujours en vie, tandis que, pour les deux chauffeurs d&#233;c&#233;d&#233;s, ce sont d&#233;sormais leurs ayants droit qui demeurent concern&#233;s par l'ex&#233;cution de ces d&#233;cisions. C'est une situation qui m'interpelle profond&#233;ment comme avocat. Que vaut une d&#233;cision de justice devenue d&#233;finitive et ex&#233;cutoire si celui qui l'a obtenue peut mourir avant de la voir effectivement appliqu&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi pour cela que je ne souhaite pas que cette affaire reste enferm&#233;e ind&#233;finiment dans une confrontation proc&#233;durale. Je reste enti&#232;rement disponible pour rechercher une solution avec les FFDJ et les repr&#233;sentants de l'&#201;tat fran&#231;ais. Le confr&#232;re qui repr&#233;sentait les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais dans cette affaire, &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1667' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ma&#238;tre Jean Montagn&#233;, est malheureusement lui-m&#234;me d&#233;c&#233;d&#233;&lt;/a&gt;. Je tiens &#224; saluer sa m&#233;moire et le respect professionnel dans lequel nous avons conduit ce contentieux malgr&#233; nos positions juridiquement oppos&#233;es. Aujourd'hui, compte tenu du temps &#233;coul&#233;, je pense qu'une m&#233;diation peut constituer une voie raisonnable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agirait pas de recommencer le proc&#232;s ou de rediscuter ind&#233;finiment ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233;. Il s'agirait de rechercher les modalit&#233;s permettant enfin de donner une traduction concr&#232;te aux d&#233;cisions rendues et de parvenir &#224; une solution respectueuse des deux victimes encore en vie et des ayants droit des deux victimes d&#233;c&#233;d&#233;es. Pour moi, cette affaire r&#233;sume une question essentielle de l'&#233;tat de droit : la justice ne s'ach&#232;ve pas lorsque le juge prononce sa d&#233;cision. Elle s'ach&#232;ve lorsque le droit reconnu par cette d&#233;cision devient effectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5038 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH323/58-caa_law-3-4c297.jpg?1789726781' width='400' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes rest&#233; profond&#233;ment universitaire dans votre mani&#232;re d'exercer. Les colloques, les recherches comparatives et les rencontres avec de grands juristes semblent m&#234;me avoir pr&#233;par&#233; l'internationalisation du cabinet.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, compl&#232;tement. Je n'ai jamais consid&#233;r&#233; mon passage &#224; l'Universit&#233; comme une parenth&#232;se. La recherche universitaire m'a appris &#224; interroger un texte, &#224; rechercher son origine, &#224; comprendre sa logique, mais aussi &#224; ne pas reproduire automatiquement une analyse simplement parce qu'elle est commun&#233;ment admise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s t&#244;t, je me suis int&#233;ress&#233; &#224; la sp&#233;cificit&#233; du syst&#232;me juridique et judiciaire djiboutien. Pendant longtemps, on a eu tendance &#224; pr&#233;senter notre droit comme une simple reproduction du droit fran&#231;ais, comme si Djibouti avait seulement h&#233;rit&#233; d'un syst&#232;me juridique colonial et l'avait conserv&#233; presque &#224; l'identique. Mes recherches m'ont conduit &#224; une autre conclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre syst&#232;me poss&#232;de &#233;videmment des racines fran&#231;aises importantes, mais son organisation institutionnelle a &#233;volu&#233; diff&#233;remment. Il a d&#233;velopp&#233; sa propre architecture. L'un des points sur lesquels j'ai beaucoup travaill&#233; concernait pr&#233;cis&#233;ment l'organisation judiciaire djiboutienne. J'essayais de montrer que nous n'&#233;tions pas dans le m&#234;me sch&#233;ma qu'en France. En France, l'organisation juridictionnelle est traditionnellement construite autour de deux ordres, avec d'un c&#244;t&#233; la juridiction judiciaire, au sommet de laquelle se trouve la Cour de cassation, et de l'autre la juridiction administrative, avec le Conseil d'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Djibouti, nous avons d&#233;velopp&#233; une architecture beaucoup plus pyramidale et monoc&#233;phale, organis&#233;e autour de la Cour supr&#234;me, qui se trouve au sommet du syst&#232;me et exerce des fonctions qui, dans le mod&#232;le fran&#231;ais, sont r&#233;parties entre plusieurs juridictions. C'est cette particularit&#233; que je voulais mettre en &#233;vidence : notre syst&#232;me n'est pas simplement la copie du syst&#232;me fran&#231;ais. Et lorsque vous &#234;tes un jeune universitaire, il ne suffit &#233;videmment pas de dire : &#171; j'ai d&#233;couvert que notre syst&#232;me est diff&#233;rent &#187;. Il fallait confronter cette analyse &#224; ceux qui avaient eux-m&#234;mes &#233;tudi&#233;, accompagn&#233; ou particip&#233; &#224; la construction de ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui nous a conduits &#224; organiser, en 2011, un colloque consacr&#233; au droit judiciaire djiboutien. Nous avons voulu faire intervenir des juristes qui avaient non seulement une autorit&#233; universitaire, mais &#233;galement une connaissance historique et pratique des institutions. Parmi eux figurait le doyen Jean Pradel. Son intervention avait une importance particuli&#232;re parce qu'il avait lui-m&#234;me travaill&#233; sur les questions p&#233;nales, proc&#233;durales et judiciaires, et avait &#233;tudi&#233; l'organisation du syst&#232;me djiboutien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors du colloque, il a apport&#233; une contribution &#233;crite dans laquelle il revenait pr&#233;cis&#233;ment sur cette architecture institutionnelle et confirmait que le syst&#232;me djiboutien ne pouvait pas &#234;tre simplement assimil&#233; au mod&#232;le fran&#231;ais. Pour moi, cette confirmation &#233;tait essentielle. Je pouvais avoir une hypoth&#232;se de chercheur. Mais lorsque quelqu'un comme Pradel, qui avait lui-m&#234;me &#233;tudi&#233; le syst&#232;me et travaill&#233; sur ces questions, arrive &#224; une conclusion comparable, l'analyse acquiert &#233;videmment une autre l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi citer Ali Mohamed Hafkada, l'un des grands juristes djiboutiens. Il avait lui-m&#234;me exerc&#233; des fonctions importantes dans notre syst&#232;me judiciaire et au minist&#232;re de la Justice : procureur de la R&#233;publique, procureur g&#233;n&#233;ral, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du minist&#232;re, entre autres responsabilit&#233;s. Ce qui est particuli&#232;rement int&#233;ressant, c'est que Ali Mohamed Hafgada et Jean Pradel avaient d&#233;j&#224; travaill&#233; ensemble en 1993, alors que le premier &#233;tait procureur. Il existait donc entre eux une connaissance beaucoup plus ancienne du fonctionnement concret de nos institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2011, Ali Mohamed Hafkada a lui aussi contribu&#233; au colloque et a corrobor&#233; cette analyse de la sp&#233;cificit&#233; du syst&#232;me judiciaire djiboutien. Ces contributions ont permis de faire quelque chose qui me para&#238;t important : mettre par &#233;crit et rendre accessible une partie de l'histoire de notre droit judiciaire, alors que beaucoup de juristes eux-m&#234;mes connaissaient mal l'origine et la logique du syst&#232;me qu'ils appliquaient quotidiennement.Le colloque ne consistait donc pas simplement &#224; r&#233;unir des universitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait de produire de la connaissance juridique sur Djibouti, de confronter la th&#233;orie &#224; la m&#233;moire institutionnelle des praticiens et de permettre aux &#233;tudiants, aux magistrats, aux avocats et aux juristes de mieux comprendre leur propre syst&#232;me. C'est aussi &#224; cette &#233;poque que j'ai approfondi mes recherches comparatives. Je me suis notamment beaucoup int&#233;ress&#233; aux travaux de Ren&#233; David, qui repr&#233;sente pour moi une r&#233;f&#233;rence majeure du droit compar&#233;. Son importance d&#233;passe largement la France. Il avait particip&#233; aux grands travaux de codification en &#201;thiopie, notamment autour du droit civil, et cette exp&#233;rience m'int&#233;ressait &#233;norm&#233;ment parce qu'elle montrait comment une tradition juridique pouvait &#234;tre transpos&#233;e, adapt&#233;e puis transform&#233;e dans un environnement africain diff&#233;rent. Cela a &#233;t&#233; une d&#233;couverte importante pour nous. Parce que lorsque nous avons ensuite commenc&#233; &#224; &#233;tudier plus syst&#233;matiquement le droit &#233;thiopien, notamment civil, commercial et &#233;conomique, nous avons constat&#233; que des juristes djiboutiens form&#233;s dans la tradition francophone disposaient parfois de cl&#233;s de lecture extr&#234;mement utiles pour comprendre des textes appliqu&#233;s en &#201;thiopie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5039 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH331/58-caa_law-4-fe030.jpg?1789726781' width='400' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avions donc devant nous quelque chose de beaucoup plus important qu'un simple sujet universitaire. Nous commencions &#224; comprendre que l'histoire juridique pouvait devenir un outil professionnel. Un avocat qui conna&#238;t seulement son propre droit national reste limit&#233;. Un avocat qui comprend pourquoi le droit voisin a &#233;t&#233; construit d'une certaine mani&#232;re, quelles traditions juridiques l'ont influenc&#233; et comment ses textes doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s poss&#232;de une capacit&#233; suppl&#233;mentaire pour accompagner les investisseurs et travailler avec les confr&#232;res de ce pays. C'est exactement ce qui s'est produit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'Universit&#233;, &#224; travers le centre de recherche, nous avions organis&#233; des colloques, fait venir des juristes et produit des travaux sur le droit djiboutien. Puis cette r&#233;flexion nous a progressivement conduits vers l'&#201;thiopie, la Somalie et le Soudan, et plus tard vers le Kenya. Nous nous sommes pos&#233; des questions tr&#232;s simples mais fondamentales : Djibouti appartient-il exclusivement &#224; une tradition de droit continental ? Avons-nous, au contraire, un syst&#232;me mixte ? Comment les syst&#232;mes des pays voisins se sont-ils construits ? Quelles sont leurs influences respectives ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque, tout cela pouvait sembler tr&#232;s acad&#233;mique. Nous faisions des recherches, nous accumulions des documents, nous constituions des archives. Puis, en 2016, avec Me Ahmed nous avons rouvert ces archives. Et nous avons compris que nous avions entre les mains une v&#233;ritable richesse. Ce qui avait &#233;t&#233; produit pour la recherche pouvait servir directement &#224; nos clients. Lorsqu'un investisseur venait nous voir pour l'&#201;thiopie, le Somaliland ou un autre pays de la r&#233;gion, nous pouvions non seulement lui parler de Djibouti, mais aussi lui expliquer l'environnement juridique r&#233;gional, lui indiquer les particularit&#233;s du syst&#232;me dans lequel il allait investir et l'orienter vers des confr&#232;res avec lesquels nous avions construit une relation de confiance. C'est &#224; ce moment que notre pass&#233; universitaire est devenu l'un des fondements de notre expertise r&#233;gionale. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette r&#233;flexion qui conduira ensuite au projet African Business Legal Expertise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions compris que, s&#233;par&#233;ment, chacun poss&#233;dait une partie de l'information : les Djiboutiens connaissaient leur droit, les &#201;thiopiens le leur, les Somaliens leur environnement, les Soudanais le leur. Notre id&#233;e &#233;tait de r&#233;unir ces comp&#233;tences et de cr&#233;er &#224; Djibouti une plateforme o&#249; les avocats de la r&#233;gion pourraient confronter leurs pratiques, &#233;changer leurs informations juridiques et travailler ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il existe un v&#233;ritable fil conducteur entre les recherches universitaires, le colloque de 2011, les travaux de Pradel et Ali Mohamed Hafkada, l'&#233;tude des codifications auxquelles Ren&#233; David avait contribu&#233;, les recherches comparatives sur la Corne de l'Afrique et, quelques ann&#233;es plus tard, l'internationalisation du cabinet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que nous avions commenc&#233; comme universitaires est devenu progressivement un outil de pratique du droit des affaires et de coop&#233;ration r&#233;gionale. C'est dans cette logique que nous avons organis&#233;, en 2016 au Kempinski, le forum African Business Legal Expertise. Le cabinet a financ&#233; cette initiative. Nous avons r&#233;uni des professionnels soudanais, somaliens, &#233;thiopiens et d'autres praticiens de la r&#233;gion. Nous voulions cr&#233;er une v&#233;ritable plateforme de cabinets, permettant de partager les bonnes pratiques, les informations juridiques et les connaissances sur les diff&#233;rents syst&#232;mes. Si notre client allait en &#201;thiopie, nous devions pouvoir le diriger vers un confr&#232;re de confiance. Si un cabinet soudanais ou &#233;thiopien avait un client venant &#224; Djibouti, il devait pouvoir nous le recommander. C'est ainsi que l'on transforme une conf&#233;rence en r&#233;seau professionnel. Et cette plateforme a progressivement chang&#233; la perception de notre cabinet. Des investisseurs chinois, fran&#231;ais ou am&#233;ricains ont commenc&#233; &#224; nous consulter directement sur Djibouti mais &#233;galement sur leur orientation vers les pays voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette ouverture r&#233;gionale vous a aussi rapproch&#233; de sp&#233;cialistes africains et internationaux de l'arbitrage. Qu'ont apport&#233; ces rencontres au projet que vous d&#233;fendez aujourd'hui pour Djibouti ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes. &#192; partir de 2014, nous avons commenc&#233; &#224; nous impliquer beaucoup plus fortement dans les r&#233;seaux d'arbitrage est-africains. Nous avons &#233;t&#233; retenus pour pr&#233;senter Djibouti lors d'une rencontre internationale en Europe. Je ne suis pas anglophone de formation, mais j'ai d&#251; pr&#233;parer une pr&#233;sentation en anglais. Le premier travail portait sur cette question : &#171; Quel est l'avenir de la pratique de l'arbitrage &#224; Djibouti et en Afrique ? &#187; Puis nous avons travaill&#233; sur &#171; L'&#233;tat de la th&#233;orie et de la pratique de l'arbitrage international &#224; Djibouti &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; partir de l&#224; que nous nous sommes davantage int&#233;gr&#233;s aux r&#233;seaux d'arbitrage d'Afrique de l'Est. Nous avons &#233;galement rejoint une association de promotion de l'arbitrage international en Afrique bas&#233;e &#224; Douala, au Cameroun. Cela a beaucoup compt&#233; dans notre parcours. &#192; mes d&#233;buts, j'ai &#233;galement &#233;t&#233; accompagn&#233; par un confr&#232;re djiboutien plus exp&#233;riment&#233;, Me Aref Mohamed Aref, qui m'a ouvert les portes de ces r&#233;seaux. Il m'avait dit, en substance : &#171; Tu as les outils ; il faut maintenant que tu prennes ta place dans ce r&#233;seau international. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de transmission compte &#233;norm&#233;ment. Parmi les rencontres importantes, je pense particuli&#232;rement au professeur et arbitre &#233;gyptien Mohamed Nasser. C'est un &#233;pisode que je consid&#232;re essentiel. Apr&#232;s l'une de nos pr&#233;sentations, il nous a dit qu'il souhaitait travailler avec nous et que Djibouti avait, selon lui, un potentiel consid&#233;rable. Il estimait m&#234;me que, sur le plan th&#233;orique, le cadre djiboutien constituait un exemple particuli&#232;rement int&#233;ressant. Mais surtout, Mohamed Nasser nous a amen&#233;s &#224; d&#233;passer une vision uniquement juridique. Il nous disait : &#171; il y a l'arbitrage international en th&#233;orie, mais il y a aussi l'&#233;conomie de l'arbitrage international &#187;. Cette expression m'a beaucoup marqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un centre d'arbitrage, ce n'est pas uniquement un r&#232;glement et une liste d'arbitres. Il faut un secr&#233;tariat permanent. Il faut des salles. Des experts. Des interpr&#232;tes. Des h&#244;tels. Des transports. De la restauration. De la connectivit&#233;. Dans certains arbitrages, les &#233;quipes travaillent tard, les secr&#233;taires doivent se relayer, les conseils et les experts restent plusieurs jours dans la ville. C'est donc toute une &#233;conomie qui se d&#233;veloppe autour du r&#232;glement des diff&#233;rends. C'est &#224; partir de cette r&#233;flexion que nous avons regard&#233; beaucoup plus attentivement l'exp&#233;rience du centre d'arbitrage de Kigali. Nous avons parl&#233; avec eux. Nous avons essay&#233; de comprendre comment le Rwanda avait construit sa plateforme. Au d&#233;part, cela n'avait pas &#233;t&#233; facile. Il avait fallu que les praticiens, les commer&#231;ants et les institutions &#233;conomiques s'impliquent. Nous avons m&#234;me fait venir &#224; Djibouti un expert li&#233; au centre de Kigali. Cet expert a discut&#233; longuement avec le responsable de l'institution que nous cherchions &#224; sensibiliser au projet. L'accueil avait &#233;t&#233; tr&#232;s favorable. Une note devait ensuite &#234;tre remise. Les circonstances ont retard&#233; sa mise en &#339;uvre, mais cette note est toujours pr&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions aussi imagin&#233; que le futur centre ne soit pas n&#233;cessairement limit&#233; &#224; un seul b&#226;timent. Pourquoi ne pas travailler avec l'Autorit&#233; des ports, qui dispose d'infrastructures importantes ? Pourquoi ne pas &#233;tablir des partenariats avec des banques comme Salam Bank, ou avec des h&#244;tels disposant de salles et de services permettant d'accueillir des &#233;quipes internationales ? Nous avons toujours essay&#233; d'avoir une approche tr&#232;s pratique. Ce projet n'est donc pas une id&#233;e n&#233;e hier. Nous avons travaill&#233; dessus. Nous avons pr&#233;sent&#233; Djibouti &#224; l'ext&#233;rieur. Nous avons fait venir des experts. Nous avons rencontr&#233; des institutions. Nous avons pr&#233;par&#233; des propositions. Il faut maintenant aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L350xH402/58-caa_law-5-710d9.jpg?1789726781' width='350' height='402' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant ce temps, votre cabinet est devenu conseil de grands investisseurs, notamment chinois, dans les infrastructures portuaires et ferroviaires. Quel r&#244;le jouez-vous r&#233;ellement aupr&#232;s de ces groupes et quel regard portez-vous sur leur pr&#233;sence &#224; Djibouti et en Afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une &#233;tape essentielle de notre &#233;volution. &#192; un moment, avec Me Ahmed Abdourahman Cheik, nous avons compris que le cabinet ne pouvait pas assurer sa p&#233;rennit&#233; uniquement avec du contentieux interne et du &lt;i&gt;pro bono&lt;/i&gt;. Nous avons donc d&#233;velopp&#233; le droit des affaires, la n&#233;gociation contractuelle, le conseil strat&#233;gique et ce que j'appelle parfois l'intelligence &#233;conomique juridique. Cela signifie comprendre l'environnement d'un investissement : le droit, les institutions, les int&#233;r&#234;ts en pr&#233;sence, les risques, les rapports de force.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons progressivement &#233;t&#233; choisis par de grands investisseurs chinois intervenant notamment dans les infrastructures portuaires et ferroviaires. Parmi eux, il y a notamment China Merchants. Quand nous sommes pr&#233;sents &#224; une table de n&#233;gociation, nous ne sommes pas des figurants. Nous intervenons comme conseils sur des contrats importants. Mais &#234;tre l'avocat d'un investisseur ne signifie pas lui dire syst&#233;matiquement qu'il a raison. Notre cr&#233;dibilit&#233; tient pr&#233;cis&#233;ment au fait que nous lui disons la v&#233;rit&#233;. Si une clause est excessivement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e, nous devons le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si notre client n&#233;gocie avec l'&#201;tat djiboutien, il a ses int&#233;r&#234;ts. Mais Djibouti a &#233;galement les siens. Je dis donc parfois que, lorsque nous parlons &#224; nos clients, nous parlons comme avocats mais aussi comme Djiboutiens. Vous pouvez obtenir aujourd'hui un contrat totalement favorable &#224; votre entreprise. Mais si, dans dix ans, le d&#233;s&#233;quilibre est devenu politiquement, &#233;conomiquement ou juridiquement insupportable pour l'autre partie, vous avez d&#233;j&#224; cr&#233;&#233; le contentieux de demain. Le bon contrat est celui qui peut durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investisseurs chinois avec lesquels nous avons travaill&#233; &#233;taient des partenaires honn&#234;tes. Mais je ne r&#233;p&#232;te pas na&#239;vement le slogan du &#171; gagnant-gagnant &#187;. Le gagnant-gagnant doit &#234;tre construit. Un investisseur puissant cherchera naturellement &#224; prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts. Le r&#244;le des conseils consiste justement &#224; trouver l'&#233;quilibre permettant &#224; la relation de rester acceptable pour les deux parties. Pourquoi les Chinois construisent-ils des ports ? Pourquoi investissent-ils dans le ferroviaire ? Parce que Djibouti est pour eux une plateforme strat&#233;gique dans une organisation beaucoup plus large des &#233;changes et de la Route de la soie. C'est normal. Tout investisseur agit parce qu'il a un int&#233;r&#234;t. La question pour nous n'est pas de leur reprocher d'avoir une strat&#233;gie. La question est : comment Djibouti utilise-t-il cette strat&#233;gie pour d&#233;fendre et d&#233;velopper ses propres int&#233;r&#234;ts ? Si quelqu'un veut utiliser votre position g&#233;ographique, vos ports, vos corridors, il faut que vous deveniez son partenaire et non son spectateur. C'est pour cela que je ne partage pas toutes les lectures syst&#233;matiquement n&#233;gatives des investissements chinois en Afrique. Je pr&#233;f&#232;re regarder les projets, les contrats, ce qui a &#233;t&#233; construit et les &#233;quilibres obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez en revanche des mots beaucoup plus s&#233;v&#232;res sur DP World et sur certains des contentieux internationaux li&#233;s &#224; Doraleh. Comment analysez-vous ces proc&#233;dures ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis effectivement beaucoup plus s&#233;v&#232;re : DP World m&#232;ne une guerre contre l'Afrique. C'est mon analyse. Je ne regarde pas uniquement le contrat de Doraleh pris isol&#233;ment. Je regarde une strat&#233;gie portuaire r&#233;gionale. &#192; mes yeux, certaines positions prises par DP World peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme une volont&#233; de pr&#233;server la centralit&#233; de Duba&#239; face au d&#233;veloppement de nouvelles plateformes portuaires en Afrique de l'Est. Je consid&#232;re qu'il faut regarder les prises de participation, le contr&#244;le des infrastructures, les flux commerciaux et la concurrence entre les ports. C'est sous cet angle que j'analyse ce dossier. Je consid&#232;re &#233;galement que certains rapports contractuels avaient cr&#233;&#233; des d&#233;s&#233;quilibres tr&#232;s importants. Et &#224; un moment, lorsque le d&#233;s&#233;quilibre devient insoutenable, la question de la souverainet&#233; se pose. Mais la souverainet&#233; ne doit pas rester un slogan. Elle doit &#234;tre juridiquement d&#233;fendue. Je dis souvent que le droit est aussi une arme juridique de souverainet&#233;. Lorsque vous allez devant un arbitre ou devant un juge &#233;tranger, dire que vous &#234;tes souverain ne suffit pas. Il faut avoir choisi les bons arguments, la bonne juridiction, la bonne proc&#233;dure et les bons conseils.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que j'ai &#233;t&#233; critique sur certaines proc&#233;dures men&#233;es &#224; Londres. J'ai dit qu'&#224; mon avis il y avait eu des erreurs tactiques et proc&#233;durales, et m&#234;me parfois des probl&#232;mes d'ego. Je le maintiens. Vous pouvez avoir une position d&#233;fendable sur le fond et perdre une bataille juridique parce que vous avez mal conduit la proc&#233;dure. L'arbitrage international est extr&#234;mement technique. Une erreur proc&#233;durale peut vous suivre pendant des ann&#233;es. Avec le risque qu'un contentieux de cette nature peut se d&#233;placer d'une juridiction &#224; une autre. Un dossier commence dans un contrat conclu &#224; Djibouti, passe par l'arbitrage, puis peut se retrouver devant des juridictions &#224; Londres, aux &#201;tats-Unis, &#224; Hong Kong ou ailleurs. Pour l'avocat, cela veut dire qu'il faut penser le contrat et la strat&#233;gie contentieuse d&#232;s l'origine dans un environnement v&#233;ritablement international.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le volet Hong Kong est particuli&#232;rement important pour nous parce que nous sommes intervenus comme conseil dans l'environnement contentieux de China Merchants. Nous avons apport&#233; notre connaissance du droit djiboutien, des contrats, des institutions et de l'historique du dossier, en coordination avec un cabinet international implant&#233; &#224; Hong Kong. Notre contribution a notamment port&#233; sur les arguments relatifs &#224; la comp&#233;tence.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est exactement le type de dossier qui montre pourquoi les cabinets africains doivent &#234;tre pr&#233;sents dans les grands contentieux qui concernent leur propre continent. Nous ne devons pas simplement &#234;tre l'objet du dossier. Nous devons &#234;tre capables de contribuer &#224; sa strat&#233;gie juridique. Et je ne dis pas pour autant que China Merchants serait, par nature, meilleure que DP World : l'avenir le dira. Un investisseur doit &#234;tre jug&#233; sur la dur&#233;e, sur ses contrats, sur son comportement et sur sa capacit&#233; &#224; respecter les int&#233;r&#234;ts du pays dans lequel il intervient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment passe-t-on alors de ces dossiers d'infrastructures et de ces grands contentieux internationaux &#224; votre nomination comme arbitre &#224; Shanghai ? Et surtout, comment cette exp&#233;rience peut-elle servir Djibouti ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe une continuit&#233;. Nous avons travaill&#233; avec des investisseurs chinois. Nous avons conseill&#233; des projets d'infrastructures. Nous avons travaill&#233; avec des r&#233;seaux d'avocats en &#201;thiopie, au Soudan, en &#201;gypte et ailleurs. Nous avons vu comment naissaient les diff&#233;rends. Nous avons travaill&#233; sur des questions de comp&#233;tence, de proc&#233;dure et de contrats internationaux. Et parall&#232;lement, les institutions chinoises d'arbitrage ont commenc&#233; &#224; s'internationaliser davantage. Au d&#233;part, elles &#233;taient surtout compos&#233;es d'arbitres et de m&#233;diateurs chinois. Puis elles ont compris que, si les investissements chinois &#233;taient mondiaux, les institutions charg&#233;es de traiter leurs diff&#233;rends devaient elles aussi int&#233;grer des praticiens venant des r&#233;gions concern&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Afrique en fait partie. C'est dans cette &#233;volution que j'ai &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233; pour int&#233;grer le panel de la Shanghai International Economic and Commercial Arbitration Commission. Le processus a notamment port&#233; sur la r&#233;putation, la moralit&#233;, l'ind&#233;pendance et le parcours professionnel. Mon mandat va jusqu'au 30 avril 2031. Mais je veux &#234;tre tr&#232;s clair : &#234;tre arbitre ne signifie pas d&#233;fendre une position africaine contre une position chinoise. L'arbitre doit &#234;tre ind&#233;pendant. Si une partie a tort, il faut pouvoir le dire. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette ind&#233;pendance qui fait la valeur d'un arbitre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma nomination &#224; Shanghai n'a donc de sens pour moi que si elle s'inscrit dans une r&#233;flexion plus large sur l'africanisation de l'arbitrage international. Pendant tr&#232;s longtemps, de grands diff&#233;rends portant sur l'Afrique &#233;taient trait&#233;s presque uniquement par des juristes venant d'ailleurs. Or nous avons aujourd'hui en Afrique des avocats, des magistrats, des professeurs et des arbitres de tr&#232;s haut niveau. Il ne s'agit pas de choisir quelqu'un parce qu'il est africain. Il s'agit de reconna&#238;tre qu'il existe d&#233;sormais une comp&#233;tence africaine capable de participer pleinement au r&#232;glement des diff&#233;rends internationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#233;galement pour cela que nos r&#233;seaux africains, les rencontres avec Mohamed Nasser, les &#233;changes avec Kigali, Douala et les praticiens d'Afrique de l'Est comptent autant. Mais avant de vouloir attirer de grands arbitrages internationaux, nous devons commencer par faire fonctionner l'arbitrage et la m&#233;diation &#224; Djibouti m&#234;me. C'est la condition de cr&#233;dibilit&#233;. On ne peut pas dire &#224; un investisseur &#233;tranger : &#171; venez arbitrer ici &#187;, si deux commer&#231;ants djiboutiens ne disposent pas eux-m&#234;mes d'un m&#233;canisme fiable pour r&#233;gler rapidement un diff&#233;rend. La Chambre de commerce peut jouer un r&#244;le. Mais le pr&#233;sident ou le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Chambre ne doivent pas devenir eux-m&#234;mes les arbitres. L'institution doit fournir le secr&#233;tariat, les salles, organiser la proc&#233;dure, maintenir une liste de professionnels.L'arbitre ou le m&#233;diateur, lui, doit rester ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5041 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH326/58-caa_law-6-b3a35.jpg?1789726781' width='400' height='326' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement les zones franches. Je cite souvent l'article 43 du cadre juridique applicable aux zones franches parce qu'il pr&#233;voit d&#233;j&#224; un m&#233;canisme de r&#232;glement des diff&#233;rends. Mais la plateforme op&#233;rationnelle permettant de le faire vivre n'existe pas r&#233;ellement aujourd'hui. Or regardez les activit&#233;s concern&#233;es : ports, transit, assurance, transport, logistique, marchandises, conteneurs, environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces litiges n'ont pas besoin de rester plusieurs ann&#233;es devant un tribunal. Un expert maritime peut comprendre imm&#233;diatement une question maritime. Un logisticien peut comprendre une difficult&#233; de transport. Un sp&#233;cialiste de l'assurance peut faciliter un accord. Et surtout, tous les diff&#233;rends ne n&#233;cessitent pas un arbitrage. La m&#233;diation peut &#234;tre beaucoup moins co&#251;teuse et beaucoup plus rapide. Nous avons d&#233;j&#224; l'exp&#233;rience d'une soci&#233;t&#233; o&#249; la m&#233;diation fait partie des pratiques. Il faut la professionnaliser.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat doit donner le cadre. Il doit faciliter. Il doit r&#233;glementer. Il doit garantir que les d&#233;cisions puissent &#234;tre ex&#233;cut&#233;es. Mais il ne doit pas intervenir dans le fond des arbitrages. L'arbitrage repose sur l'ind&#233;pendance. L'Autorit&#233; des ports peut mettre &#224; disposition une salle, un secr&#233;tariat et des infrastructures. Une banque peut soutenir une plateforme. Les h&#244;tels peuvent accueillir les audiences. Les professionnels peuvent apporter leurs comp&#233;tences. Le secteur priv&#233; doit maintenant faire vivre les instruments existants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti dispose d'un avantage exceptionnel : nous connaissons la logistique. Nous avons les ports. Nous avons les zones franches. Nous avons le chemin de fer. Nous avons la connectivit&#233;. Nous avons les h&#244;tels. Nous sommes &#224; la jonction de corridors internationaux. Il faut d&#233;sormais ajouter &#224; ces infrastructures physiques une infrastructure juridique cr&#233;dible de r&#232;glement des diff&#233;rends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s quinze ann&#233;es, que voulez-vous finalement transmettre &#224; la profession et aux jeunes juristes ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, que l'on ne finit jamais d'apprendre. Je suis rest&#233; profond&#233;ment attach&#233; &#224; l'enseignement. Beaucoup de jeunes que j'ai connus comme &#233;tudiants ou stagiaires sont aujourd'hui avocats, magistrats ou juristes. Avec Me Ahmed Abdourahman Cheik, nous avons toujours voulu ouvrir notre cabinet aux jeunes. Une profession qui ne transmet pas finit par s'appauvrir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon parcours reste &#233;galement marqu&#233; par certains juristes et enseignants qui ont profond&#233;ment influenc&#233; ma mani&#232;re de penser le droit. Je pense notamment &#224; Jean Carbonnier. Ce que je retiens particuli&#232;rement de lui, c'est cette id&#233;e qu'il existe toujours une dimension humaine derri&#232;re un dossier. Un contentieux n'est jamais seulement une accumulation de textes, de proc&#233;dures et de qualifications juridiques. Derri&#232;re une affaire, il y a une personne, une famille, une entreprise, un environnement &#233;conomique ou une r&#233;alit&#233; sociale. C'est une conception que j'ai essay&#233; de conserver dans ma pratique, y compris lorsque je travaille sur de grands dossiers d'affaires. Le droit ne doit jamais nous faire oublier l'humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Poitiers, &#201;ric Savaux, qui a &#233;t&#233; mon professeur de droit civil, notamment en droit des contrats sp&#233;ciaux, m'a &#233;galement beaucoup marqu&#233;. Ce que j'ai particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233; chez lui, c'est sa capacit&#233; &#224; d&#233;velopper chez l'&#233;tudiant une v&#233;ritable pens&#233;e critique. Un professeur de droit ne doit pas seulement apprendre &#224; ses &#233;tudiants ce qu'ils doivent conna&#238;tre. Il doit leur apprendre &#224; interroger une solution, &#224; remettre en question un raisonnement, &#224; construire leur propre argumentation et &#224; exercer leur jugement. C'est cette conception de l'enseignement que j'ai ensuite essay&#233; de transmettre &#224; mes propres &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est aussi ce que je voudrais transmettre aujourd'hui aux jeunes juristes : ne jamais se contenter de conna&#238;tre le droit ; apprendre &#224; le comprendre, &#224; le questionner et &#224; l'inscrire dans la r&#233;alit&#233; humaine &#224; laquelle il s'applique. Cette exp&#233;rience de l'enseignement m'a aussi permis de c&#244;toyer et parfois de former des magistrats. Et je veux dire quelque chose sur la magistrature djiboutienne, parce que l'on parle souvent de ses difficult&#233;s, mais beaucoup moins de la qualit&#233; et de la conscience professionnelle de nombreux magistrats. Djibouti est un petit pays. Tout le monde se conna&#238;t. Les familles se connaissent, les avocats connaissent les magistrats et les magistrats peuvent eux-m&#234;mes conna&#238;tre directement ou indirectement les justiciables. Cette proximit&#233; rend l'exercice de l'ind&#233;pendance particuli&#232;rement difficile. Et pourtant, dans ma pratique, j'ai rencontr&#233; beaucoup de magistrats qui jugent en &#226;me et conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je parle ici d'une ind&#233;pendance qui n'est pas seulement th&#233;orique. Je parle d'une ind&#233;pendance pratique, palpable. J'ai vu des magistrats se r&#233;cuser simplement parce qu'ils connaissaient personnellement une partie et estimaient que cette proximit&#233; pouvait cr&#233;er un doute sur leur impartialit&#233;. Parfois, ils vont m&#234;me au-del&#224; de ce que leur impose strictement la r&#232;gle. Et cela, on n'en parle pas suffisamment. Il y a des magistrats que je connais personnellement, avec lesquels je peux &#233;changer ou plaisanter en dehors du tribunal. Mais lorsqu'ils entrent dans la salle d'audience, ils sont magistrats et je suis avocat. Cette relation personnelle s'arr&#234;te l&#224;. Ils ne me privil&#233;gient pas. Ils &#233;coutent les parties et jugent en fonction du droit et de leur conscience. Et lorsqu'ils estiment que leur d&#233;cision pourrait &#234;tre affect&#233;e par une proximit&#233; personnelle, ils se retirent. C'est pour cela que je tiens aussi &#224; reconna&#238;tre cette qualit&#233; de la magistrature djiboutienne. On peut critiquer le fonctionnement d'une institution tout en saluant l'int&#233;grit&#233; des magistrats qui, dans la pratique quotidienne, pr&#233;servent leur ind&#233;pendance. Parmi les magistrats qui ont particuli&#232;rement compt&#233; dans ma conception de la justice, je veux citer Djama Souleiman Ali. Je l'ai connu lorsqu'il exer&#231;ait notamment les fonctions de procureur g&#233;n&#233;ral. Il avait une conception de la justice &#224; laquelle je suis rest&#233; tr&#232;s attach&#233; : pour lui, le magistrat, l'avocat et le greffier appartiennent &#224; une m&#234;me famille judiciaire. Cela m'a beaucoup marqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons des fonctions diff&#233;rentes et nous pouvons &#234;tre en d&#233;saccord. L'avocat d&#233;fend, le parquet poursuit, le juge tranche. Mais tous participent au fonctionnement de la m&#234;me institution judiciaire et doivent pouvoir travailler dans le respect de leurs r&#244;les respectifs. Djama Souleiman m'a appris cette conception dans la pratique. Il a &#233;galement cru tr&#232;s t&#244;t dans certaines de nos initiatives. Lorsque nous avons organis&#233; &#224; Djibouti notre plateforme African Business Legal Expertise, nous avons associ&#233; les institutions judiciaires : la pr&#233;sidence de la Cour d'appel, les juristes djiboutiens et le parquet g&#233;n&#233;ral. Djama Souleiman, qui &#233;tait alors procureur g&#233;n&#233;ral, nous a beaucoup aid&#233;s et a cru dans notre potentiel. Je tiens &#224; le remercier pour cela. Aujourd'hui, il exerce &#224; la t&#234;te de la Cour supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5042 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH342/58-caa_law-7-d5123.jpg?1789726781' width='400' height='342' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;pro bono&lt;/i&gt; reste &#233;galement une partie importante de ma conception de la profession. En 2026, j'ai &#233;t&#233; admis au panel d'assistance juridique de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, afin de pouvoir &#234;tre d&#233;sign&#233; dans des dossiers n&#233;cessitant une assistance juridique. Je trouve qu'il existe une continuit&#233; tr&#232;s forte. Nous avons commenc&#233; en d&#233;fendant gratuitement des personnes sans ressources &#224; Djibouti. Quinze ans plus tard, cette conception de la d&#233;fense peut &#233;galement s'inscrire dans une institution africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi longtemps voulu participer davantage &#224; la gouvernance du Barreau. J'ai &#233;t&#233; candidat plusieurs fois. J'avais des id&#233;es sur le si&#232;ge du Barreau, la formation, la repr&#233;sentation internationale et la structuration de la profession. Ces ambitions ont parfois &#233;t&#233; per&#231;ues comme des ambitions personnelles. Depuis plusieurs ann&#233;es, j'ai donc d&#233;cid&#233; de ne plus rechercher une fonction de gouvernance. Cela ne signifie pas que je me d&#233;sint&#233;resse du Barreau. C'est ma famille professionnelle. Mais on peut servir la profession autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#233;tier lui-m&#234;me est &#233;galement en train de changer. Nous entrons dans une &#233;poque domin&#233;e par le num&#233;rique et d&#233;sormais par l'intelligence artificielle. Il ne faut pas avoir peur de ces outils. Il faut les comprendre et les utiliser. Ils peuvent am&#233;liorer la recherche juridique, l'organisation d'un cabinet et certaines analyses. Mais l'intelligence artificielle ne remplace pas la pens&#233;e critique. Elle ne remplace pas le jugement. Elle ne remplace pas la cr&#233;ativit&#233;. Elle ne remplace surtout pas l'&#233;thique. C'est probablement la valeur &#224; laquelle je tiens le plus. On peut &#234;tre extr&#234;mement intelligent, techniquement brillant et conna&#238;tre parfaitement le droit. Mais un avocat brillant qui n'a pas d'&#233;thique ne gagnera jamais le v&#233;ritable respect. La connaissance ne suffit pas. Il faut savoir concilier la comp&#233;tence avec l'int&#233;grit&#233;, l'ambition avec l'humilit&#233;, l'innovation avec le respect de l'esprit du droit. Et il faut savoir dire &#224; son propre client : &#171; juridiquement, vous avez peut-&#234;tre la possibilit&#233; de faire quelque chose, mais cela ne signifie pas n&#233;cessairement que vous devez le faire &#187;. C'est cela, pour moi, la maturit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quinze ans, je ne regarde donc pas seulement les dossiers que nous avons gagn&#233;s ou les distinctions re&#231;ues. Je regarde surtout ce que nous pouvons encore construire. Nous avons connu le &lt;i&gt;pro bono&lt;/i&gt;. Nous avons organis&#233; des colloques. Nous avons travaill&#233; avec des juristes djiboutiens, fran&#231;ais, &#233;gyptiens et de nombreux praticiens africains. Nous avons cr&#233;&#233; des r&#233;seaux r&#233;gionaux. Nous avons travaill&#233; avec des investisseurs internationaux. Nous avons accompagn&#233; de grands projets d'infrastructures. Nous avons connu les contentieux de Londres, Hong Kong et des &#201;tats-Unis. Nous sommes aujourd'hui pr&#233;sents jusqu'&#224; Shanghai. Nous avons &#233;tudi&#233; Kigali. Nous avons fait venir des experts. Nous avons pr&#233;par&#233; des propositions. La prochaine &#233;tape consiste &#224; transformer tout cela en institutions durables. Construire des plateformes ind&#233;pendantes. Faire de Djibouti non seulement une plateforme portuaire et logistique, mais &#233;galement une plateforme juridique r&#233;gionale. Le droit ne doit pas rester dans les textes. Il faut maintenant le faire vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le &lt;i&gt;pro bono&lt;/i&gt; est une ancienne locution latine, provenant de &#8220;pro bono publico&#8221; signifiant &#8220;pour le bien public&#8221;, qui d&#233;signe le travail r&#233;alis&#233; &#224; titre gracieux par un professionnel &#224; destination d'une population d&#233;favoris&#233;e &#187;, Wikip&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t n&#176; 55/19 du 26 mars 2019 de la Cour d'appel, puis arr&#234;t n&#176; 50/P/CS/21 du 27 septembre 2021 de la Cour supr&#234;me de Djibouti.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Djibouti ouvre ses portes, mais appelle &#224; un partage de l'effort</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2073</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2073</guid>
		<dc:date>2026-09-16T08:47:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Y&#233;men</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Djibouti appelle &#224; un soutien international pour l'accueil des r&#233;fugi&#233;s y&#233;m&#233;nites.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;R&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;Y&#233;men&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-refugies_yemen-3bf66.jpg?1789548602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Confront&#233;e en quelques jours &#224; l'arriv&#233;e de plusieurs milliers de personnes fuyant l'extension des combats au Y&#233;men, la R&#233;publique de Djibouti s'appr&#234;te &#224; lancer, mercredi 16 septembre, un appel international destin&#233; &#224; mobiliser des moyens suppl&#233;mentaires. Le pays, qui a ouvert ses c&#244;tes aux r&#233;fugi&#233;s y&#233;m&#233;nites, alerte d&#233;sormais ses partenaires : l'ampleur et la rapidit&#233; des arriv&#233;es d&#233;passent les capacit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5034 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH427/58-yemen-tweet_celestin-f3a9f.jpg?1789548602' width='400' height='427' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La reprise des hostilit&#233;s au Y&#233;men a provoqu&#233; des d&#233;placements massifs des habitants. Le 15 septembre, les Nations unies estimaient &#224; plus de 100 000 le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du pays depuis la nouvelle escalade. Sur l'autre rive, Djibouti se retrouve en premi&#232;re ligne de cette crise humanitaire. Selon les autorit&#233;s, plus de 3 400 r&#233;fugi&#233;s y&#233;m&#233;nites ont rejoint Djibouti en seulement quarante-huit heures, principalement par voie maritime, &#224; destination d'Obock et du Nord du pays. Femmes, enfants et familles enti&#232;res traversent Bab el-Mandeb &#224; bord d'embarcations de toutes tailles pour &#233;chapper aux nouveaux combats qui embrasent la c&#244;te occidentale du Y&#233;men&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faisal Ali, &#171; Thousands flee to Djibouti amid renewed Yemen fighting &#187;, Al (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces arriv&#233;es se sont acc&#233;l&#233;r&#233;es ces derniers jours. Le ministre de l'&#201;conomie, Ilyas Moussa Dawaleh, avait signal&#233; environ 500 arriv&#233;es le 11 septembre, puis 1 400 le lendemain, avant que le nombre ne d&#233;passe 2 000 dans la soir&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le tweet Ilyas Moussa Dawaleh.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, le gouvernement djiboutien a d&#233;cid&#233; de donner une dimension internationale &#224; la mobilisation. Dans une note adress&#233;e le 15 septembre 2026 &#224; l'ensemble des missions diplomatiques accr&#233;dit&#233;es &#224; Djibouti, le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res et de la Coop&#233;ration internationale annonce officiellement le lancement d'un &#171; Appel International &#187; destin&#233; &#224; faire face &#224; la situation humanitaire provoqu&#233;e par &#171; &lt;i&gt;l'afflux massif des r&#233;fugi&#233;s y&#233;m&#233;nites &#224; Djibouti&lt;/i&gt; &#187;. L'initiative sera lanc&#233;e mercredi 16 septembre &#224; 12 heures, au minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res. Elle associera le gouvernement djiboutien au bureau du Coordonnateur r&#233;sident du syst&#232;me des Nations unies, au Programme alimentaire mondial (PAM), au Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s (HCR) et &#224; l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le corps diplomatique accr&#233;dit&#233; &#224; Djibouti a &#233;t&#233; convi&#233; &#224; la c&#233;r&#233;monie. Cet appel constitue d&#233;sormais le point central de la r&#233;ponse djiboutienne : Djibouti accueille, mais demande &#224; la communaut&#233; internationale de partager la charge de cet accueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car l'effort est consid&#233;rable pour un &#201;tat de moins de 1,2 million d'habitants aux ressources limit&#233;es. Les autorit&#233;s se pr&#233;parent d&#233;j&#224; &#224; recevoir jusqu'&#224; 10 000 personnes si le rythme actuel des travers&#233;es se poursuit. Le message adress&#233; aux partenaires internationaux est d'autant plus pressant que les agences humanitaires pr&#233;sentes sur le terrain travaillent elles-m&#234;mes dans un contexte de fortes restrictions budg&#233;taires. Le 12 septembre, Ilyas Moussa Dawaleh indiquait que le HCR et les autres agences des Nations unies semblaient manquer de ressources pour accueillir et prot&#233;ger dignement ces populations vuln&#233;rables, appelant la communaut&#233; internationale &#224; &#171; &lt;i&gt;se tenir &#224; nos c&#244;t&#233;s de toute urgence&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact&#233; par la r&#233;daction de &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, Ilyas Moussa Dawaleh, a insist&#233; sur les limites auxquelles Djibouti est d&#233;sormais confront&#233; face &#224; l'ampleur de l'afflux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Depuis son ind&#233;pendance, Djibouti a toujours &#233;t&#233; une terre d'accueil pour les victimes des conflits qui frappent r&#233;guli&#232;rement la r&#233;gion. Mais l'ampleur de la crise actuelle d&#233;passe aujourd'hui nos capacit&#233;s. La communaut&#233; internationale doit se mobiliser pour venir en aide &#224; ces milliers de personnes innocentes, en grande majorit&#233; des femmes et des enfants, qui ont elles aussi droit &#224; la protection et &#224; la dignit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Son propos r&#233;sume l'enjeu de l'appel international lanc&#233; par les autorit&#233;s : maintenir l'engagement humanitaire de Djibouti tout en obtenant de ses partenaires les moyens n&#233;cessaires pour que cet accueil puisse se poursuivre dans des conditions dignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en 2015, Obock est devenue la principale porte d'entr&#233;e de l'exode y&#233;m&#233;nite. La garde-c&#244;tes, la marine, l'arm&#233;e et les services de sant&#233; djiboutiens ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s pour secourir des embarcations en difficult&#233;, accueillir les nouveaux arrivants et leur apporter nourriture, premiers soins et assistance. Khor Angar est &#233;galement mobilis&#233; dans le dispositif. Le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed s'est rendu &#224; Obock dimanche pour suivre personnellement la situation et rencontrer notamment les repr&#233;sentants du HCR, du PAM et de l'OIM. Le camp de Markazi, am&#233;nag&#233; lors du pr&#233;c&#233;dent afflux de r&#233;fugi&#233;s y&#233;m&#233;nites, est &#224; nouveau utilis&#233;. Mais une partie de l'effort repose &#233;galement sur la population locale. Alexandre Coissac, responsable de l'OIM &#224; Djibouti, souligne ainsi que certains nouveaux arrivants ont &#233;t&#233; directement accueillis par des habitants d'Obock, dont il salue &#171; l'immense g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187;. Cette solidarit&#233; populaire ne peut cependant se substituer durablement &#224; une r&#233;ponse internationale organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibouti conna&#238;t ce sc&#233;nario. Lorsque la guerre du Y&#233;men avait pris une nouvelle dimension en 2015, plus de 15 700 Y&#233;m&#233;nites avaient rejoint le territoire djiboutien. Depuis des d&#233;cennies, Djibouti accueille des r&#233;fugi&#233;s venus de Somalie, d'&#201;thiopie, d'&#201;rythr&#233;e et du Y&#233;men. Le pays comptait d&#233;j&#224;, avant cette nouvelle crise, plus de 36 000 r&#233;fugi&#233;s et demandeurs d'asile enregistr&#233;s, selon les donn&#233;es du HCR du mois de mars. Ces nouveaux venus arrivent dans un pays dont le dispositif d'accueil est d&#233;j&#224; tr&#232;s sollicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation rappelle la singularit&#233; de la relation entre Djibouti et le Y&#233;men. Les populations des deux rives de Bab el-Mandeb entretiennent depuis des si&#232;cles des liens familiaux, commerciaux et humains. De nombreuses familles y&#233;m&#233;nites sont implant&#233;es &#224; Djibouti depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations. Pour une partie des r&#233;fugi&#233;s qui d&#233;barquent aujourd'hui &#224; Obock, Djibouti n'est pas totalement une terre &#233;trang&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dimension humanitaire ne peut &#234;tre dissoci&#233;e de la situation strat&#233;gique de Bab el-Mandeb. Les r&#233;cents combats au Y&#233;men se sont rapproch&#233;s du d&#233;troit apr&#232;s l'avanc&#233;e des forces houthies sur la c&#244;te occidentale. Djibouti avait d&#233;j&#224; annonc&#233;, le 11 septembre, suivre la situation &#224; Bab el-Mandeb avec une &#171; attention accrue &#187;, tout en r&#233;affirmant son soutien aux efforts visant &#224; r&#233;duire les tensions et parvenir &#224; une solution politique au Y&#233;men. La crise concerne donc simultan&#233;ment la s&#233;curit&#233; des populations, la stabilit&#233; du Y&#233;men et celle de la mer Rouge, mais &#233;galement la s&#233;curit&#233; d'un axe maritime essentiel au commerce mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Djibouti, la priorit&#233; imm&#233;diate demeure toutefois beaucoup plus concr&#232;te : accueillir des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui arrivent parfois avec pour seuls biens ce qu'ils ont pu emporter &#224; bord des embarcations ayant travers&#233; le d&#233;troit. Le pays a jusqu'&#224; pr&#233;sent maintenu ses portes ouvertes. Mais son appel du 16 septembre marque un tournant : il signifie que la solidarit&#233; djiboutienne, aussi forte soit-elle, ne peut supporter seule les cons&#233;quences humanitaires d'une guerre qui se d&#233;roule de l'autre c&#244;t&#233; de Bab el-Mandeb. La r&#233;ponse est d&#233;sormais entre les mains des partenaires internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mahdi A.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article2072' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;moire de la migration entre les deux rives de Bab el-Mandeb&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Faisal Ali, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.aljazeera.com/news/2026/9/15/thousands-flee-to-djibouti-amid-renewed-yemen-fighting&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thousands flee to Djibouti amid renewed Yemen fighting&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Al Jazeera&lt;/i&gt;, 15 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le &lt;a href=&#034;https://x.com/Ilyasdawaleh/status/2099190305035796566&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tweet Ilyas Moussa Dawaleh&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moire de la migration entre les deux rives de Bab el-Mandeb</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2072</link>
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		<dc:date>2026-09-16T08:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dya-Eddine Said Bamakhrama</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Y&#233;men</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur quelques circulations entre les deux rives.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;Y&#233;men&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-migrations_yemen-26f48.jpg?1789552501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5032 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH476/58-migrants_yemen-3bb7f.jpg?1789552501' width='400' height='476' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente vague de d&#233;placement des Y&#233;m&#233;nites vers Djibouti, dans le cadre d'une acc&#233;l&#233;ration des d'&#233;v&#233;nements qui s'acc&#233;l&#232;rent au Y&#233;men, n'est pas la premi&#232;re du genre. Ce n'est pas simplement une situation humanitaire passag&#232;re impos&#233;e par les circonstances du conflit actuel ; elle constitue le prolongement d'une longue histoire de contacts, de migrations et d'imbrication humaine entre les deux rives de Bab el-Mandeb.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti, petite par sa superficie et ses capacit&#233;s &#233;conomiques, s'est montr&#233;e grande dans l'accueil des populations de son voisinage, et sage dans sa mani&#232;re de faire face aux crises de la r&#233;gion et aux bouleversements du monde. Malgr&#233; les lourdes charges s&#233;curitaires, &#233;conomiques et sociales qu'imposent les vagues de d&#233;placement, Djibouti n'a jamais renonc&#233; &#224; sa responsabilit&#233; humanitaire et n'a jamais ferm&#233; ses portes &#224; ceux qui s'y sont rendus &#224; la recherche de s&#233;curit&#233; et de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous parlons du d&#233;placement de nos fr&#232;res et de nos proches du Y&#233;men vers Djibouti en p&#233;riodes de conflit, l'histoire contemporaine enregistre des vagues successives, dont la plus marquante fut celle de 2015, &#224; la suite du d&#233;clenchement de la crise y&#233;m&#233;nite et de l'aggravation du conflit arm&#233; ; auparavant, il y eut la guerre de 1994, connue sous le nom de guerre de s&#233;cession, ainsi que les &#233;v&#233;nements du 13 janvier 1986 dans le sud du Y&#233;men.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, les d&#233;placements entre les deux rives n'&#233;taient pas uniquement li&#233;s aux guerres. Tout au long de son histoire, la r&#233;gion a connu des migrations y&#233;m&#233;nites continues provenant des diff&#233;rentes parties du Y&#233;men : de l'est, du nord, du centre, du sud et de sa c&#244;te occidentale. Les gens prenaient la mer &#224; bord de simples embarcations en bois et parcouraient en quelques heures la courte distance s&#233;parant les deux rives pour parvenir &#224; Djibouti, la porte africaine faisant face &#224; Bab el-Mandeb.&lt;br class='autobr' /&gt;
La migration ne s'effectuait pas non plus dans une seule direction. Les d&#233;placements se d&#233;roulent dans les deux sens entre les deux rives de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb. Lorsque les institutions de l'&#201;tat se sont effondr&#233;es en Somalie au d&#233;but des ann&#233;es 1990 et que des centaines de milliers de Somaliens ont &#233;t&#233; contraints de quitter leurs foyers, ils se sont r&#233;fugi&#233;s dans les pays voisins, tandis qu'un grand nombre d'entre eux ont &#233;galement travers&#233; la mer vers le Y&#233;men, o&#249; ils ont trouv&#233; un refuge s&#251;r et un accueil humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les peuples de la r&#233;gion ont continu&#233; &#224; s'offrir mutuellement refuge et assistance dans les p&#233;riodes d'&#233;preuve ; les uns accueillant les autres chaque fois que les possibilit&#233;s se r&#233;duisaient et que les crises s'aggravaient. Avec la poursuite des d&#233;placements entre les deux rives, les coutumes et les cultures se sont entrem&#234;l&#233;es, les liens sociaux se sont imbriqu&#233;s et des liens de parent&#233; et d'alliance matrimoniale se sont form&#233;s, au point que les mariages et la fusion humaine sont devenus une r&#233;alit&#233; naturelle et profond&#233;ment enracin&#233;e, se renouvelant avec la continuit&#233; de la vie dans cette r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mer n'&#233;tait pas une barri&#232;re s&#233;parant les peuples ; elle s'est au contraire transform&#233;e en un pont de communication, de connaissance mutuelle, d'&#233;change de b&#233;n&#233;fices et de construction d'une m&#233;moire humaine commune entre ses deux rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsqu'on parle de l'histoire des migrations dans cette r&#233;gion, il est impossible d'ignorer l'une des plus grandes &#233;tapes de l'histoire islamique, repr&#233;sent&#233;e par les deux migrations, la premi&#232;re et la seconde, des compagnons du Messager de Dieu &#8212; que la paix et les b&#233;n&#233;dictions de Dieu soient sur lui &#8212; vers la terre d'Abyssinie. Ils y avaient fui afin de pr&#233;server leur religion face aux pers&#233;cutions ; le N&#233;gus les accueillit, leur donna refuge, les re&#231;ut avec honneur et ne les livra pas &#224; ceux qui voulaient leur faire du mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette migration a &#233;tabli des significations humaines imp&#233;rissables : porter secours &#224; celui qui demande protection, soutenir l'opprim&#233; et honorer celui qui arrive. Ce sont des valeurs qui sont rest&#233;es vivantes parmi les peuples des deux rives de la mer Rouge, transmises de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration et renouvel&#233;es chaque fois que l'&#233;preuve frappe l'un des peuples de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir au r&#244;le humanitaire de Djibouti, l'ancien ministre djiboutien de l'Int&#233;rieur m'a racont&#233; que, lors de la vague de d&#233;placement de nos fr&#232;res y&#233;m&#233;nites en 2015, alors que le nombre des arrivants avait d&#233;pass&#233; trente mille personnes et que l'arriv&#233;e de l'aide et du soutien ext&#233;rieurs tardait, les capacit&#233;s limit&#233;es du pays avaient commenc&#233; &#224; subir des pressions importantes et croissantes. Face &#224; cette situation difficile, le ministre envisagea de suspendre temporairement l'accueil des personnes arrivant par la mer. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Isma&#239;l Omar Guelleh, s'adressa alors &#224; lui avec une profonde &#233;motion humaine, lui disant :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Ton fr&#232;re est &#224; la porte de ta maison et a besoin de ton aide ; ne ferme donc pas ta porte. Et Dieu nous honorera en les aidant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces paroles n'&#233;taient pas seulement une directive administrative destin&#233;e &#224; traiter une situation d'urgence, mais l'expression sinc&#232;re de la conscience d'un &#201;tat et l'incarnation d'un ensemble de valeurs auxquelles Djibouti, dirigeants comme peuple, a cru : le voisin ne doit pas &#234;tre abandonn&#233; dans l'&#233;preuve, et le devoir humanitaire s'&#233;l&#232;ve au-dessus de la faiblesse des moyens et des calculs impos&#233;s par les circonstances.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est alors que l'ensemble du peuple djiboutien s'est mobilis&#233;, avec &#224; sa t&#234;te la Premi&#232;re dame, Khadra Mahmoud Haid, pour apporter aide et secours et h&#233;berger les fr&#232;res y&#233;m&#233;nites, dans une image qui a incarn&#233; la profondeur des liens fraternels et historiques entre les deux peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire a &#233;galement enregistr&#233;, &#224; cette &#233;poque, une position positive du royaume fr&#232;re d'Arabie saoudite, &#224; travers le &#171; Centre Roi Salman pour les secours et l'action humanitaire &#187;, dont l'une des premi&#232;res r&#233;alisations fut la cr&#233;ation d'un centre destin&#233; &#224; h&#233;berger les d&#233;plac&#233;s dans la ville djiboutienne d'Obock, porte du pays donnant sur le d&#233;troit de Bab el-Mandeb. Cela a contribu&#233; &#224; renforcer la capacit&#233; de Djibouti &#224; accueillir les d&#233;plac&#233;s et &#224; leur fournir soins et protection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;placements vers Djibouti ne se sont pas limit&#233;s aux seuls fr&#232;res y&#233;m&#233;nites. &#192; chaque conflit ou catastrophe humanitaire qu'a connu la r&#233;gion, le pays a accueilli des personnes d&#233;plac&#233;es et des r&#233;fugi&#233;s venus de Somalie, d'&#201;thiopie, d'&#201;rythr&#233;e et d'autres pays voisins. &#192; chaque fois, Djibouti a partag&#233; avec eux ce qu'elle poss&#233;dait, malgr&#233; ses ressources et ses capacit&#233;s limit&#233;es, consciente que le voisinage n'est pas simplement constitu&#233; de fronti&#232;res trac&#233;es sur des cartes, mais qu'il repr&#233;sente une responsabilit&#233; morale et humanitaire ainsi qu'un destin commun impos&#233; par la g&#233;ographie et confirm&#233; par l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats ne se mesurent pas uniquement &#224; l'&#233;tendue de leur territoire, au volume de leurs richesses ou au nombre de leurs habitants ; ils se mesurent &#233;galement &#224; leurs positions dans les moments difficiles et &#224; leur capacit&#233; &#224; prendre le parti de l'&#234;tre humain lorsque toutes les voies se ferment devant lui. De ce point de vue, Djibouti a prouv&#233; &#224; maintes reprises qu'elle est un grand &#201;tat par ses positions, riche des valeurs de son peuple et fermement engag&#233;e envers son environnement r&#233;gional.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; Djibouti, par la volont&#233; de Dieu et en raison de la position strat&#233;gique d'une extr&#234;me importance dont Il l'a dot&#233;e, d'&#234;tre une porte entre l'Afrique et la p&#233;ninsule Arabique et de se trouver au c&#339;ur de l'une des voies maritimes les plus importantes du monde. Mais Djibouti a choisi de faire de cette position, parall&#232;lement &#224; son importance politique et &#233;conomique, un pont de fraternit&#233; et de solidarit&#233;, une oasis de s&#233;curit&#233; et de stabilit&#233;, ainsi qu'un refuge pour ceux que leurs patries ne pouvaient plus accueillir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Dya-Eddine Said Bamakhrama,&lt;/strong&gt; ambassadeur djiboutien en Arabie saoudite&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; en arabe sur &lt;a href=&#034;https://aawsat.com/%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A3%D9%8A/5318341-%D8%AC%D9%8A%D8%A8%D9%88%D8%AA%D9%8A-%D9%88%D8%A7%D9%84%D9%8A%D9%85%D9%86-%D8%B0%D8%A7%D9%83%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%87%D8%AC%D8%B1%D8%A9-%D8%A8%D9%8A%D9%86-%D8%B6%D9%81%D8%AA%D9%8E%D9%8A-%D8%A8%D8%A7%D8%A8-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%86%D8%AF%D8%A8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aawsat.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article2073' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Djibouti ouvre ses portes, mais appelle &#224; un partage de l'effort&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bab el-Mandeb : P&#233;rim tomb&#233;e, le d&#233;troit sous contr&#244;le houthi</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2071</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2071</guid>
		<dc:date>2026-09-12T16:48:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Naguib Ali Taher</dc:creator>


		<dc:subject>Y&#233;men</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cons&#233;quences de la prise de Perim par les houtis.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-naguib-perim-aead5.jpg?1789231800' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 48 heures, la carte strat&#233;gique de la mer Rouge a &#233;t&#233; redessin&#233;e. La prise de l'&#238;le de P&#233;rim (Mayyun), le 11 septembre 2026, par les houthis, suivie de la chute de Mokha et de Dhubab, marque bien davantage qu'un nouvel &#233;pisode de la guerre au Y&#233;men. Elle consacre un basculement : le d&#233;troit de Bab el-Mandeb, l'un des points de passage les plus critiques du commerce mondial, est d&#233;sormais sous le contr&#244;le des forces d'Ansar Allah.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient toutefois de pr&#233;ciser d'embl&#233;e la nature de ce contr&#244;le. Les houthis ne disposent pas de la capacit&#233; de fermer physiquement le d&#233;troit &#224; l'ensemble du trafic maritime mondial. Ce qu'ils contr&#244;lent, ce sont les positions terrestres et insulaires qui commandent le d&#233;troit : l'&#238;le de P&#233;rim, la c&#244;te de Dhubab, le littoral de Mokha. Ce contr&#244;le de position leur conf&#232;re une capacit&#233; d'interdiction cibl&#233;e et de chantage strat&#233;gique, non une ma&#238;trise absolue du passage. La distinction est essentielle : elle d&#233;termine la nature de la menace, qui est celle d'un blocus s&#233;lectif et d'une prime de risque, non d'une fermeture totale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH382/58-naguib-perim-e2745.jpg?1789231800' width='500' height='382' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce basculement a &#233;t&#233; rendu possible par l'effondrement des forces anti-houthis. Les forces loyales au gouvernement y&#233;m&#233;nite reconnu, soutenues par l'Arabie saoudite, ont battu en retraite sans opposer de r&#233;sistance significative &#224; P&#233;rim. Cette d&#233;route s'inscrit dans un contexte de fragmentation profonde des forces anti-houthis : divisions entre le gouvernement officiel, le Conseil de transition du Sud (STC), les forces de Tariq Saleh et d'autres factions locales. Cette fragmentation, document&#233;e depuis des ann&#233;es, a objectivement facilit&#233; la progression d'Ansar Allah. Les lignes de d&#233;fense c&#244;ti&#232;res, d&#233;j&#224; affaiblies, n'ont pas tenu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Al-Bukhaiti, haut responsable d'Ansar Allah, l'a affirm&#233; &#224; la cha&#238;ne russe RT : &#171; Nous avons pris le contr&#244;le de Bab el-Mandeb &#187;. Il a ajout&#233; que &#171; l'objectif de notre combat reste la lib&#233;ration du Y&#233;men et la restauration de sa souverainet&#233; et de son ind&#233;pendance en mettant fin &#224; l'agression saoudienne et au blocus &#187;. La cha&#238;ne saoudienne Al-Hadath a &#233;galement reconnu que l'&#238;le de P&#233;rim &#233;tait pass&#233;e sous le contr&#244;le d'Ansar Allah. La confirmation par un m&#233;dia saoudien constitue un indice de cr&#233;dibilit&#233; significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que signifie le contr&#244;le de P&#233;rim&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#238;le de P&#233;rim, bien que petite, environ 13 km&#178;, divise le d&#233;troit de Bab el-Mandeb en deux couloirs de navigation : un couloir occidental plus large, vers Djibouti, utilis&#233; par la majorit&#233; du trafic marchand, et un couloir oriental plus &#233;troit, le long de la c&#244;te y&#233;m&#233;nite. Sa topographie volcanique et sa position centrale en font un poste d'observation et de contr&#244;le naturel. Quiconque contr&#244;le P&#233;rim contr&#244;le la porte physique du d&#233;troit.&lt;br class='autobr' /&gt;
En s'y installant, les houthis acqui&#232;rent la capacit&#233; de d&#233;ployer des radars, des drones, des missiles antinavires et des embarcations rapides pour surveiller, traquer et influencer le flux de navires entre l'oc&#233;an Indien, la mer Rouge et le canal de Suez. Avant m&#234;me la prise de l'&#238;le, les houthis disposaient d&#233;j&#224; d'un arsenal asym&#233;trique redoutable, comprenant des missiles de croisi&#232;re antinavires &#224; ras de l'eau et des drones kamikazes de type Samad-3 (port&#233;e de 1 500 km) et Qasef. L'&#238;le abrite une piste d'atterrissage moderne qui peut d&#233;sormais servir de plateforme avanc&#233;e pour ces syst&#232;mes. Le contr&#244;le direct des eaux peu profondes entourant P&#233;rim facilite &#233;galement le mouillage de mines marines, mena&#231;ant de paralyser physiquement le trafic dans les deux voies de circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'asphyxie &#233;nerg&#233;tique de l'Arabie saoudite&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le coup strat&#233;gique est particuli&#232;rement dur pour Riyad. Alors que le d&#233;troit d'Ormuz est verrouill&#233; par l'Iran dans le cadre du conflit r&#233;gional, l'Arabie saoudite avait redirig&#233; une part immense de ses exportations de p&#233;trole brut via son ol&#233;oduc Est-Ouest vers la mer Rouge. Selon les estimations sectorielles, cet ol&#233;oduc peut transporter jusqu'&#224; 7 millions de barils par jour, dont environ 5 millions sont disponibles pour l'exportation. En prenant P&#233;rim, les houthis, alli&#233;s de T&#233;h&#233;ran, ferment cette &#171; porte de secours &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le porte-parole militaire des houthis, Yahya Saree, a d&#233;clar&#233; que la navigation restait &#171; s&#251;re pour toutes les compagnies, &#224; l'exception des navires saoudiens &#187;, confirmant la mise en place d'un blocus cibl&#233; contre le royaume. Cette strat&#233;gie vise &#224; isoler l'Arabie saoudite sans provoquer une coalition internationale &#233;largie contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Washington entre refus d'engagement et soutien indirect&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la d&#233;route de ses alli&#233;s au sol, le prince h&#233;ritier saoudien Mohammed ben Salmane a appel&#233; le pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump &#224; deux reprises pour demander des frappes a&#233;riennes directes contre les positions houthies. Selon des responsables am&#233;ricains cit&#233;s par Axios, Trump a rejet&#233; cette demande, refusant d'engager directement les forces am&#233;ricaines dans un nouveau front alors que le CENTCOM est d&#233;j&#224; lourdement mobilis&#233; par plus de six mois d'op&#233;rations face &#224; l'Iran dans le d&#233;troit d'Ormuz.&lt;br class='autobr' /&gt;
En contrepartie, Washington a propos&#233; une extension massive du partage de renseignements et la fourniture de donn&#233;es de ciblage tactique en temps r&#233;el pour optimiser les frappes de l'aviation saoudienne. Le commandant du CENTCOM, l'amiral Brad Cooper, s'est rendu en urgence &#224; Riyad pour coordonner la gestion de cette crise. Dans ce contexte, la secr&#233;taire par int&#233;rim de la Marine am&#233;ricaine, Hung Cao, a reconnu que les installations de la 5e Flotte &#224; Bahre&#239;n avaient subi des dommages consid&#233;rables, illustrant la pression qui p&#232;se sur le dispositif am&#233;ricain dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Iran c&#233;l&#232;bre une victoire strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; T&#233;h&#233;ran, l'humeur est au triomphe. Un conseiller du guide supr&#234;me, Mojtaba Khamenei, a salu&#233; publiquement la perc&#233;e des houthis, qualifiant l'avanc&#233;e de &#171; victoire &#233;clatante &#187;. Pour l'axe iranien, le contr&#244;le simultan&#233; de Bab el-Mandeb et d'Ormuz repr&#233;sente un levier de n&#233;gociation gigantesque face aux sanctions et &#224; la pression occidentale. Cette configuration compl&#232;te un encerclement maritime sans pr&#233;c&#233;dent : le contr&#244;le potentiel du d&#233;troit d'Ormuz au nord-est et celui de Bab el-Mandeb au sud-ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti et le camp Lemonnier : l'avantage devenu prime de risque&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La concentration de puissance militaire houthie se trouve d&#233;sormais &#224; seulement quelques milles marins de la c&#244;te africaine. Le camp Lemonnier, principale base militaire am&#233;ricaine &#224; Djibouti et seule base permanente des &#201;tats-Unis en Afrique, se trouve &#224; moins de 160 kilom&#232;tres du Y&#233;men. Avec les capacit&#233;s de surveillance et de frappe d&#233;sormais install&#233;es &#224; P&#233;rim et sur la c&#244;te de Dhubab, cette installation, jusqu'ici consid&#233;r&#233;e comme une zone arri&#232;re de soutien, devient un poste avanc&#233; situ&#233; &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de la ligne de confrontation. Les houthis disposent ainsi d'une position de chantage militaire directe sur l'un des carrefours les plus militaris&#233;s du globe, o&#249; op&#232;rent &#233;galement des bases fran&#231;aises, chinoises et japonaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un impact &#233;conomique mondial imm&#233;diat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;troit de Bab el-Mandeb est une art&#232;re vitale du commerce mondial : environ 12 % du commerce mondial y transite habituellement. Les chiffres confirment l'effondrement du trafic : le 10 septembre, seulement six navires avaient franchi Bab el-Mandeb &#224; 15h14, contre 30 la veille. La prise de P&#233;rim a imm&#233;diatement provoqu&#233; une secousse sur les march&#233;s : le cours du baril de Brent a franchi la barre des 107 dollars, en hausse de pr&#232;s de 13 % sur la semaine. Les places boursi&#232;res mondiales r&#233;agissent de mani&#232;re &#233;pid&#233;mique &#224; la concr&#233;tisation du blocus houthi contre les navires saoudiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premi&#232;res cons&#233;quences humanitaires &#224; Djibouti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autorit&#233;s djiboutiennes ont confirm&#233; l'arriv&#233;e d'environ 500 r&#233;fugi&#233;s y&#233;m&#233;nites dans la ville c&#244;ti&#232;re d'Obock. Parmi eux se trouvent des femmes et des enfants secourus en mer apr&#232;s que leurs embarcations se sont &#233;chou&#233;es faute de carburant. La Marine djiboutienne, la Garde-C&#244;tes et les institutions sp&#233;cialis&#233;es m&#232;nent des op&#233;rations de sauvetage et fournissent une assistance d'urgence &#224; ces populations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette arriv&#233;e s'inscrit dans un contexte migratoire d&#233;j&#224; sous tension : en mars 2026, un naufrage au large de Djibouti avait caus&#233; la mort d'au moins neuf personnes et la disparition de 45 autres. La r&#233;gion d'Obock est class&#233;e en situation d'ins&#233;curit&#233; alimentaire aigu&#235; de niveau urgence. Au Y&#233;men, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense plus de 46 000 d&#233;plac&#233;s depuis l'escalade des combats, un chiffre qui continue d'augmenter d'heure en heure. Au-del&#224; des cons&#233;quences pour Djibouti, la guerre frappe d'abord les populations y&#233;m&#233;nites elles-m&#234;mes, prises entre les combats, les d&#233;placements forc&#233;s et l'effondrement des services essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti : l'avantage qui devient une prime de risque&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Djibouti, cette &#233;volution rev&#234;t une importance particuli&#232;re. La position du pays &#224; l'entr&#233;e de la mer Rouge constitue depuis des d&#233;cennies son principal capital strat&#233;gique. Elle a permis le d&#233;veloppement d'infrastructures portuaires, logistiques et militaires qui font de Djibouti un point d'appui majeur entre l'Afrique, la p&#233;ninsule Arabique et les grandes routes commerciales de l'oc&#233;an Indien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette m&#234;me g&#233;ographie comporte d&#233;sormais une contradiction fondamentale : plus Djibouti devient indispensable &#224; la circulation maritime r&#233;gionale, plus il est expos&#233; aux crises qui menacent cette circulation. Le cas &#233;thiopien illustre parfaitement cette interd&#233;pendance. L'&#201;thiopie, pays enclav&#233; de plus de cent millions d'habitants, d&#233;pend largement du corridor djiboutien pour ses &#233;changes ext&#233;rieurs. Toute perturbation durable de la mer Rouge ou de Bab el-Mandeb peut avoir des r&#233;percussions sur le co&#251;t, le rythme et la fiabilit&#233; des &#233;changes &#233;thiopiens et, par ricochet, sur l'&#233;conomie djiboutienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ici que se trouve le v&#233;ritable paradoxe de Djibouti : sa g&#233;ographie est &#224; la fois son actif strat&#233;gique et sa premi&#232;re vuln&#233;rabilit&#233;. La r&#233;ponse ne peut donc pas consister &#224; r&#233;duire cette exposition, ce qui serait contraire &#224; la vocation m&#234;me du pays, mais &#224; mieux la g&#233;rer. Cela implique de renforcer la r&#233;silience des infrastructures, d'am&#233;liorer la s&#251;ret&#233; maritime, de diversifier les activit&#233;s &#233;conomiques et de transformer la centralit&#233; g&#233;ographique en capacit&#233; d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la crise y&#233;m&#233;nite &#224; la crise de la Corne&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le risque ne se limite d'ailleurs pas au commerce. La militarisation croissante de la mer Rouge et du golfe d'Aden cr&#233;e un environnement susceptible d'alimenter d'autres menaces : trafics d'armes, criminalit&#233; transnationale, piraterie, mouvements de combattants et circulation de r&#233;seaux criminels ou extr&#233;mistes. Dans une r&#233;gion d&#233;j&#224; fragilis&#233;e par les crises au Y&#233;men, au Soudan et en Somalie, les th&#233;&#226;tres ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;s s&#233;par&#233;ment. Une d&#233;gradation au Y&#233;men peut affecter la mer Rouge. Une perturbation de la mer Rouge peut affecter Djibouti et l'&#201;thiopie. Une crise prolong&#233;e dans la Corne peut, &#224; son tour, fragiliser les m&#233;canismes de s&#233;curit&#233; maritime. Les crises se r&#233;pondent d&#233;sormais plus vite que les fronti&#232;res ne les s&#233;parent.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi la s&#233;curit&#233; de Bab el-Mandeb ne peut &#234;tre pens&#233;e exclusivement depuis la rive y&#233;m&#233;nite ou depuis les capitales du Golfe. Elle doit int&#233;grer pleinement les r&#233;alit&#233;s politiques, &#233;conomiques et s&#233;curitaires de la rive africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti, carrefour militaire et puissance d'&#233;quilibre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;alit&#233; explique &#233;galement la concentration exceptionnelle de partenaires militaires &#224; Djibouti. La pr&#233;sence de forces am&#233;ricaines, chinoises, fran&#231;aises, japonaises et italiennes traduit l'importance strat&#233;gique du pays. Elle contribue &#224; la surveillance maritime, &#224; la lutte contre le terrorisme et la piraterie et &#224; la s&#233;curisation des voies de communication internationales. Mais cette pr&#233;sence constitue aussi une responsabilit&#233;. Dans un contexte de rivalit&#233; croissante entre puissances, Djibouti doit &#233;viter que son territoire ne devienne le th&#233;&#226;tre indirect de confrontations qui le d&#233;passent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa doctrine la plus efficace reste donc celle qui consiste &#224; coop&#233;rer en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; sans s'aligner g&#233;opolitiquement. Cette distinction est essentielle. Elle permet &#224; Djibouti de travailler avec plusieurs partenaires simultan&#233;ment sans transformer sa politique &#233;trang&#232;re en politique de blocs. Dans une r&#233;gion fragment&#233;e, la capacit&#233; &#224; maintenir le dialogue peut devenir une forme de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une nouvelle architecture maritime&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cr&#233;ation, le 30 juillet 2026, d'une coalition maritime multinationale men&#233;e par l'Arabie saoudite autour de la mer Rouge, de Bab el-Mandeb et du golfe d'Aden confirme une tendance de fond. Quatorze pays fondateurs, dont Djibouti, le Y&#233;men, l'&#201;gypte, le Pakistan, la Turquie et le Soudan, ont rejoint cette initiative, et 43 pays ont particip&#233; aux discussions initiales. Cette &#233;volution peut &#234;tre utile. Mais elle comporte &#233;galement un risque : celui d'une multiplication des dispositifs militaires sans architecture politique commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;curisation de Bab el-Mandeb ne peut &#234;tre durable si elle repose uniquement sur la dissuasion navale. Elle doit articuler plusieurs dimensions : surveillance maritime, partage du renseignement, protection des navires, lutte contre les trafics, pr&#233;vention des incidents, coordination entre forces pr&#233;sentes dans la r&#233;gion et, surtout, m&#233;canismes diplomatiques capables de contenir l'escalade. Le v&#233;ritable enjeu n'est donc pas seulement de savoir qui contr&#244;le Bab el-Mandeb, mais qui contribue &#224; d&#233;finir les conditions de sa s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le risque d'une escalade par encha&#238;nement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le danger le plus s&#233;rieux serait celui d'une crise qui s'&#233;largit par &#233;tapes. Le Y&#233;men, la mer Rouge, l'Arabie saoudite, l'Iran, le golfe d'Aden et la Corne de l'Afrique forment d&#233;sormais un ensemble strat&#233;gique de plus en plus interd&#233;pendant. Toute nouvelle confrontation peut provoquer des r&#233;actions en cha&#238;ne. L'implication croissante de partenaires ext&#233;rieurs, notamment dans le cadre des engagements de d&#233;fense du Golfe, ajoute une dimension suppl&#233;mentaire &#224; cette &#233;quation. Le risque est alors de passer progressivement d'une crise localis&#233;e &#224; une confrontation r&#233;gionale dans laquelle chaque acteur r&#233;pond &#224; une menace per&#231;ue sans disposer d'une vision collective de la sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ONU face au rapport de forces&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, le r&#244;le des Nations unies demeure indispensable, m&#234;me si leur capacit&#233; coercitive reste limit&#233;e face aux rapports de forces r&#233;gionaux. L'envoy&#233; sp&#233;cial de l'ONU pour le Y&#233;men, Hans Grundberg, a averti que le conflit traversait &#171; une nouvelle phase plus dangereuse &#187; dont les cons&#233;quences, si elle n'est pas ma&#238;tris&#233;e, &#171; ne se limiteront pas aux fronti&#232;res du pays &#187;. L'enjeu n'est pas de demander &#224; l'ONU de se substituer aux &#201;tats, mais de pr&#233;server un cadre international permettant de maintenir ouverts les canaux de dialogue, de prot&#233;ger les civils et de favoriser les conditions d'un r&#232;glement politique. La s&#233;curit&#233; maritime ne peut &#234;tre durablement dissoci&#233;e de la stabilit&#233; politique des territoires riverains. Prot&#233;ger les navires sans traiter les causes du conflit reviendrait &#224; g&#233;rer les sympt&#244;mes sans traiter la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Djibouti, quatre imp&#233;ratifs&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette nouvelle configuration, quatre orientations apparaissent essentielles.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Premi&#232;rement, pr&#233;server l'&#233;quilibre diplomatique._ Djibouti doit continuer &#224; dialoguer avec l'ensemble de ses partenaires, sans se laisser enfermer dans une logique de blocs. Sa neutralit&#233; active est une ressource strat&#233;gique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Deuxi&#232;mement, renforcer la s&#233;curit&#233; maritime_ . La surveillance des c&#244;tes, les capacit&#233;s portuaires, le partage du renseignement et la coop&#233;ration r&#233;gionale doivent &#234;tre consolid&#233;s. La s&#233;curit&#233; de Bab el-Mandeb passe aussi par la capacit&#233; des &#201;tats africains riverains &#224; contribuer pleinement &#224; sa protection.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Troisi&#232;mement, acc&#233;l&#233;rer la diversification &#233;conomique._ La d&#233;pendance aux activit&#233;s portuaires et logistiques rend l'&#233;conomie particuli&#232;rement sensible aux perturbations du trafic mondial. Le tourisme, le num&#233;rique, les &#233;nergies renouvelables, l'agriculture, les PME et l'investissement productif doivent donc compl&#233;ter le mod&#232;le fond&#233; sur les ports et les services.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quatri&#232;mement, valoriser la diplomatie comme instrument strat&#233;gique._ Djibouti ne dispose ni de la d&#233;mographie de l'&#201;thiopie, ni des ressources financi&#232;res des monarchies du Golfe, ni des capacit&#233;s militaires des grandes puissances. Mais il poss&#232;de une position g&#233;ographique exceptionnelle, une exp&#233;rience diplomatique et une capacit&#233; &#224; accueillir le dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;curiser les deux rives&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'erreur serait de consid&#233;rer Bab el-Mandeb comme une simple ligne maritime s&#233;parant deux espaces. Le d&#233;troit est un syst&#232;me. Sa s&#233;curit&#233; d&#233;pend de ses deux rives, de ses approches, de ses &#238;les, de ses ports et des &#201;tats qui contr&#244;lent ou influencent les espaces qui l'entourent. Une strat&#233;gie cr&#233;dible doit donc associer les pays arabes de la mer Rouge et ceux de la Corne de l'Afrique comme des partenaires &#224; part enti&#232;re. La rive africaine ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un simple arri&#232;re-plan logistique de la s&#233;curit&#233; maritime. Elle en constitue l'un des piliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s P&#233;rim, l'enjeu est r&#233;gional &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La prise de P&#233;rim signifie quelque chose de plus subtil et, &#224; certains &#233;gards, de plus pr&#233;occupant que la simple ma&#238;trise physique du d&#233;troit : la ligne de fracture du conflit y&#233;m&#233;nite se rapproche d'un espace dont la stabilit&#233; d&#233;passe largement les fronti&#232;res du Y&#233;men. Le v&#233;ritable enjeu n'est donc plus seulement la ma&#238;trise physique du d&#233;troit. Il est de savoir si les acteurs r&#233;gionaux et internationaux seront capables d'emp&#234;cher qu'une zone strat&#233;gique mondiale ne devienne l'otage d'une succession de crises locales, de rivalit&#233;s r&#233;gionales et de confrontations entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Djibouti, le d&#233;fi est &#224; la fois une menace et une opportunit&#233;. Une menace, parce que son exposition g&#233;ographique aux tensions de la mer Rouge est appel&#233;e &#224; augmenter. Une opportunit&#233;, parce que cette m&#234;me position peut lui permettre de consolider son r&#244;le de plateforme logistique, de partenaire s&#233;curitaire, de carrefour diplomatique et de puissance d'&#233;quilibre. L'urgence est donc double : s&#233;curiser ses infrastructures et transformer sa centralit&#233; g&#233;ographique en capacit&#233; d'influence diplomatique, afin de ne pas subir les crises mais de contribuer &#224; les contenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car la s&#233;curit&#233; de Bab el-Mandeb est indissociable de la stabilit&#233; de ses deux rives. Et la stabilit&#233; de la mer Rouge ne pourra &#234;tre durable tant que la s&#233;curit&#233; de la Corne de l'Afrique sera consid&#233;r&#233;e comme une question secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Naguib Ali Taher,&lt;/strong&gt; responsable de la communication &#224; la pr&#233;sidence djiboutienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note de l'auteur : Cette analyse refl&#232;te la situation telle qu'elle se pr&#233;sentait au 12 septembre 2026. Dans un conflit aussi &#233;volutif, les &#233;quilibres militaires et diplomatiques peuvent se modifier rapidement. Les d&#233;veloppements des prochains jours (contre-offensive saoudienne, n&#233;gociations d'urgence, &#233;ventuelle intervention internationale) sont susceptibles de faire &#233;voluer les conclusions de cette tribune. Elle doit donc &#234;tre lue comme un instantan&#233; strat&#233;gique, non comme une analyse d&#233;finitive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le front y&#233;m&#233;nite se rapproche de Djibouti</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2070</link>
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		<dc:date>2026-09-11T12:57:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Y&#233;men</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le pays ne doit pas se laisser entra&#238;ner dans le conflit par la pr&#233;sence de bases &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;Y&#233;men&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-perim-houtis-ec52a.jpg?1789131600' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La prise d'Al-Mukha [Moka] par les Houthis constitue probablement l'&#233;volution militaire la plus importante observ&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es sur la c&#244;te occidentale du Y&#233;men. Situ&#233;e &#224; environ 75 kilom&#232;tres de Bab el-Mandeb, la ville portuaire occupe une position strat&#233;gique &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de ce passage &#233;troit entre le Y&#233;men, Djibouti et l'&#201;rythr&#233;e, qui commande l'acc&#232;s m&#233;ridional &#224; la mer Rouge et, au-del&#224;, &#224; Suez. Sa conqu&#234;te marque un gain territorial majeur pour Ansarallah depuis la tr&#234;ve de 2022.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5027 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH457/58-houtis-perim-c9d90.jpg?1789131600' width='500' height='457' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution est particuli&#232;rement importante pour Djibouti. Jusqu'ici, les attaques houthies contre la navigation pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme une menace situ&#233;e principalement sur l'autre rive de la mer Rouge. La progression actuelle rapproche d&#233;sormais directement le front de Bab el-Mandeb et donc des c&#244;tes djiboutiennes. Cette situation ne signifie pas que Djibouti soit sur le point d'&#234;tre attaqu&#233;. Mais elle survient au moment o&#249; l'exp&#233;rience de Bahre&#239;n vient de rappeler une r&#233;alit&#233; autrement plus pr&#233;occupante : lorsqu'un conflit r&#233;gional s'&#233;largit, un territoire accueillant des installations militaires &#233;trang&#232;res peut tr&#232;s rapidement passer du statut de point d'appui logistique &#224; celui d'espace directement expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'Al-Mukha &#224; P&#233;rim, le front atteint Bab el-Mandeb&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;rim [&lt;i&gt;Mayyun&lt;/i&gt; en arabe] est une petite &#238;le volcanique d'environ 13 kilom&#232;tres carr&#233;s, &#224; quatre kilom&#232;tres de la c&#244;te y&#233;m&#233;nite et seulement 25 kilom&#232;tres de Djibouti. Plac&#233;e au milieu de Bab el-Mandeb, elle divise le d&#233;troit en deux chenaux et repr&#233;sente une position privil&#233;gi&#233;e pour observer les navires entrant ou sortant de la mer Rouge. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Reuters&lt;/i&gt; indique que la progression houthie vers le sud s'est poursuivie apr&#232;s la prise d'Al-Mukha. Le 11 septembre, quatre sources gouvernementales y&#233;m&#233;nites ont confirm&#233; &#224; l'agence que les forces d'Ansarallah avaient atteint P&#233;rim, apr&#232;s le retrait des forces gouvernementales de l'&#238;le. Les Houthis ont &#233;galement pris Dhubab, sur la c&#244;te y&#233;m&#233;nite, directement en face de P&#233;rim. La pr&#233;sence d'Ansarallah sur ces deux positions renforce consid&#233;rablement son emprise sur les abords de Bab el-Mandeb&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mohammed Ghobari, &#171; Yemen's Houthis reach strategic island at mouth of vital (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette avanc&#233;e constitue un changement strat&#233;gique majeur, sans pour autant signifier que les Houthis contr&#244;lent &#224; eux seuls l'ensemble de Bab el-Mandeb : un d&#233;troit international ne se ma&#238;trise pas simplement par l'occupation d'une &#238;le et d'une portion de littoral. Mais la combinaison d'Al-Mukha, de Dhubab et d&#233;sormais de P&#233;rim donne &#224; Ansarallah des positions particuli&#232;rement favorables pour surveiller les mouvements maritimes et accro&#238;tre la menace exerc&#233;e par ses drones, missiles et moyens navals sur les deux chenaux de navigation. Reuters estime qu'en juin environ 7 % de la production p&#233;troli&#232;re mondiale transitait par Bab el-Mandeb. Il n'est d'ailleurs pas n&#233;cessaire de fermer physiquement un d&#233;troit pour en perturber profond&#233;ment le fonctionnement : les attaques houthies ont d&#233;j&#224; conduit plusieurs grands armateurs et compagnies p&#233;troli&#232;res &#224; d&#233;tourner leurs navires par le cap de Bonne-Esp&#233;rance, augmentant les d&#233;lais et les co&#251;ts de transport.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5028 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://human-village.org/IMG/jpg/58-houtis-perim-maritime.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L325xH807/58-houtis-perim-maritime-f1581.jpg?1789131600' width='325' height='807' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti, de point d'appui &#224; cible potentielle ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Djibouti, cette &#233;volution pose une question beaucoup plus sensible que celle de la seule navigation commerciale. Le pays accueille sur un territoire r&#233;duit plusieurs implantations militaires &#233;trang&#232;res, parmi lesquelles le camp Lemonnier, principale implantation am&#233;ricaine permanente dans la Corne de l'Afrique, ainsi que la plus importante base fran&#231;aise &#224; l'&#233;tranger et des installations chinoise, japonaise et italienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette concentration fournit depuis longtemps l'un des principaux avantages strat&#233;giques du pays. Elle procure revenus, coop&#233;ration s&#233;curitaire et capacit&#233; de n&#233;gociation avec plusieurs grandes puissances. Mais dans une confrontation r&#233;gionale de haute intensit&#233;, cet avantage peut devenir une vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sc&#233;nario le plus d&#233;licat serait celui dans lequel Ansarallah consid&#233;rerait que des op&#233;rations am&#233;ricaines ou alli&#233;es dirig&#233;es contre le Y&#233;men sont pr&#233;par&#233;es, facilit&#233;es ou soutenues depuis Djibouti. Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que les houthis envisagent une attaque contre le territoire djiboutien. Il serait donc excessif de pr&#233;senter un tel sc&#233;nario comme imminent. Mais l'&#233;volution technologique modifie l'&#233;quation. Drones, missiles balistiques et missiles de croisi&#232;re permettent d&#233;sormais de frapper des installations situ&#233;es &#224; plusieurs centaines de kilom&#232;tres. Si P&#233;rim devait effectivement tomber aux mains d'Ansarallah, la distance physique s&#233;parant les positions houthies du territoire djiboutien se mesurerait en quelques dizaines de kilom&#232;tres seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le risque pour Djibouti n'est pas uniquement constitu&#233; par les bases &#233;trang&#232;res. Ports commerciaux, a&#233;roport, terminaux logistiques, installations &#233;nerg&#233;tiques, r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communications et c&#226;bles sous-marins sont concentr&#233;s dans un espace g&#233;ographique restreint. Dans un conflit majeur, la distinction entre une installation militaire et des infrastructures civiles peut devenir t&#233;nue.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si les Houthis affirment que seuls les navires saoudiens sont vis&#233;s et que Bab el-Mandeb reste ouvert &#224; la navigation, les cons&#233;quences pourraient &#234;tre &#233;conomiques avant d'&#234;tre militaires. La seule perception d'un risque accru dans le d&#233;troit peut suffire &#224; provoquer une hausse des primes d'assurance, de nouveaux changements de routes maritimes, des co&#251;ts de fret suppl&#233;mentaires et une pression accrue sur les cha&#238;nes logistiques. Pour une &#233;conomie djiboutienne largement organis&#233;e autour des ports, du transit et des services associ&#233;s, la s&#233;curit&#233; de la mer Rouge n'est donc pas une question ext&#233;rieure : elle touche directement au mod&#232;le &#233;conomique national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bahre&#239;n, l'avertissement &#224; ne pas oublier&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience r&#233;cente de Bahre&#239;n permet de mesurer ce que cette vuln&#233;rabilit&#233; peut signifier concr&#232;tement. Naval Support Activity Bahrain, quartier g&#233;n&#233;ral de la Ve Flotte am&#233;ricaine, constituait depuis des d&#233;cennies l'un des points d'appui les plus importants de l'US Navy au Moyen-Orient. Or le secr&#233;taire am&#233;ricain &#224; la Navy, Hung Cao, vient de reconna&#238;tre publiquement l'ampleur des d&#233;g&#226;ts inflig&#233;s aux installations am&#233;ricaines par les attaques iraniennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ahmet Salih Alacaci, &#171; Acting US Navy chief acknowledges Iranian attacks (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon les propos rapport&#233;s par Anadolu Agency, Hung Cao a r&#233;sum&#233; les d&#233;g&#226;ts en ces termes : &#8220;Ils ont foutu Bahre&#239;n en pi&#232;ces&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Blew the hell out of Bahrain &#187;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&#8221; Le responsable am&#233;ricain a surtout reconnu une cons&#233;quence op&#233;rationnelle particuli&#232;rement r&#233;v&#233;latrice : les d&#233;g&#226;ts avaient laiss&#233; le groupe du porte-avions USS Abraham Lincoln sans endroit o&#249; accoster dans la r&#233;gion. L'amiral Daryl Caudle a d&#233;j&#224; indiqu&#233; que l'US Navy ne retournerait pas &#224; Naval Support Activity Bahrain &#171; de sit&#244;t &#187;. Interrog&#233; sur l'avenir du dispositif, Hung Cao a pr&#233;cis&#233; qu'une force op&#233;rationnelle examinait d&#233;sormais la question. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce pr&#233;c&#233;dent m&#233;rite l'attention de Djibouti. Bahre&#239;n disposait de moyens de d&#233;fense, accueillait une importante pr&#233;sence militaire am&#233;ricaine et constituait depuis des d&#233;cennies un &#233;l&#233;ment central de l'architecture militaire des &#201;tats-Unis dans le Golfe. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; une confrontation r&#233;gionale de remettre brutalement en question la disponibilit&#233; de son principal point d'appui naval. La le&#231;on n'est &#233;videmment pas que Djibouti conna&#238;tra n&#233;cessairement le m&#234;me sort. Les situations politiques, militaires et g&#233;ographiques sont diff&#233;rentes. Mais Bahre&#239;n montre qu'une base ne conserve sa valeur strat&#233;gique que tant que les infrastructures qui la font fonctionner restent utilisables : quais, pistes, d&#233;p&#244;ts, r&#233;seaux &#233;lectriques, communications, approvisionnement, maintenance et acc&#232;s s&#233;curis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Djibouti, la probl&#233;matique est m&#234;me plus large. Le territoire est beaucoup plus r&#233;duit et plusieurs installations militaires &#233;trang&#232;res y cohabitent avec des infrastructures civiles indispensables &#224; l'&#233;conomie nationale. Dans l'hypoth&#232;se extr&#234;me d'une confrontation impliquant directement les puissances pr&#233;sentes dans le pays, les destructions pourraient donc difficilement &#234;tre limit&#233;es aux seules emprises militaires. C'est probablement ici que la diplomatie djiboutienne devra continuer &#224; jouer le plus finement. La pr&#233;sence simultan&#233;e de plusieurs puissances lui conf&#232;re une capacit&#233; de n&#233;gociation exceptionnelle, mais elle lui impose &#233;galement de ne pas laisser leurs rivalit&#233;s transformer son territoire en prolongement de leurs champs de bataille. La r&#233;silience des ports, des r&#233;seaux &#233;nerg&#233;tiques et num&#233;riques, la capacit&#233; &#224; maintenir les infrastructures essentielles en cas de crise et la pr&#233;servation d'une marge de man&#339;uvre diplomatique deviennent d&#232;s lors des questions de s&#233;curit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle pose aussi une question plus large. Si l'Iran conserve la capacit&#233; de perturber fortement la navigation dans le d&#233;troit d'Ormuz tandis que les houthis renforcent leur emprise militaire autour de Bab el-Mandeb, ce sont les deux grandes portes maritimes de la p&#233;ninsule Arabique qui se retrouvent simultan&#233;ment sous pression. Pour les &#201;tats riverains de la mer Rouge et du Golfe, l'enjeu pourrait alors &#234;tre de ne plus seulement d&#233;pendre des architectures de s&#233;curit&#233; con&#231;ues par les puissances ext&#233;rieures, mais de d&#233;velopper davantage leurs propres m&#233;canismes de dialogue, de d&#233;sescalade et de s&#233;curit&#233; collective.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;union du Conseil de s&#233;curit&#233; du 10 septembre t&#233;moigne de cette inqui&#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Y&#233;men replonge dans la guerre &#187;, ONU, 10 septembre 2026.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'envoy&#233; sp&#233;cial des Nations unies pour le Y&#233;men, Hans Grundberg, consid&#232;re d&#233;sormais comme r&#233;el le risque d'un retour &#224; un conflit g&#233;n&#233;ralis&#233; ; l'Arabie saoudite s'alarme des cons&#233;quences pour la navigation et le commerce mondial, tandis que le gouvernement y&#233;m&#233;nite reconnu internationalement redoute un resserrement de l'&#233;tau houthi sur Bab el-Mandeb. Les appels &#224; la d&#233;sescalade et &#224; une reprise du processus politique sous l'&#233;gide de l'ONU sont importants, mais ils paraissent, &#224; court terme, peu susceptibles de modifier &#224; eux seuls le rapport de forces cr&#233;&#233; sur le terrain par l'avanc&#233;e d'Ansarallah.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre s&#233;quence diplomatique m&#233;rite donc d'&#234;tre suivie : le sommet des BRICS des 12 et 13 septembre &#224; New Delhi. L'Iran y retrouvera notamment la Chine, la Russie, l'Inde, l'&#201;gypte, l'Arabie saoudite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;List&#233;e parmi les participants&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les &#201;mirats arabes unis, tandis que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies doit &#233;galement y participer. Les divergences sont importantes et il serait excessif d'attendre de cette rencontre une solution imm&#233;diate. Mais la pr&#233;sence autour d'une m&#234;me table d'acteurs disposant de liens avec les diff&#233;rentes parties pourrait ouvrir un espace de discussion plus large sur la guerre, l'&#233;nergie et la s&#233;curit&#233; des grandes routes maritimes. Le d&#233;fi m&#234;me du sommet sera de trouver une position sur la crise proche-orientale acceptable &#224; la fois pour l'Iran, l'Arabie saoudite et les &#201;mirats arabes unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibouti est directement concern&#233; par cette recomposition. Apr&#232;s avoir appris &#224; valoriser sa position strat&#233;gique, le pays doit d&#233;sormais aussi apprendre &#224; se prot&#233;ger des risques qu'elle engendre et conserver suffisamment d'autonomie pour dialoguer avec des acteurs dont les int&#233;r&#234;ts sont parfois oppos&#233;s. Bahre&#239;n a montr&#233; qu'un point d'appui militaire r&#233;put&#233; indispensable pouvait &#234;tre brutalement fragilis&#233; ; Al-Mukha est tomb&#233;e et les Houthis ont d&#233;sormais atteint P&#233;rim, au c&#339;ur de Bab el-Mandeb. Dans une r&#233;gion o&#249; drones et missiles ont boulevers&#233; les distances, la centralit&#233; strat&#233;gique de Djibouti est devenue &#224; la fois un levier de puissance et un facteur d'exposition. Pour Djibouti, l'enjeu est d&#233;sormais de peser sur les nouveaux &#233;quilibres r&#233;gionaux sans les subir, tout en pr&#233;servant une position qui ne permette &#224; aucun acteur de l'assimiler &#224; un camp ou &#224; une logique de confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mohammed Ghobari, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.reuters.com/world/middle-east/yemens-houthis-reach-strategic-island-mouth-vital-shipping-lane-2026-09-11/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yemen's Houthis reach strategic island at mouth of vital shipping lane&lt;/a&gt; &#187;, Reuters, 11 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ahmet Salih Alacaci, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.aa.com.tr/en/americas/acting-us-navy-chief-acknowledges-iranian-attacks-blew-the-hell-out-of-bahrain-base-report/4053693?utm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acting US Navy chief acknowledges Iranian attacks &#8216;blew the hell out of' Bahrain base : Report&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;AA&lt;/i&gt;, 10 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Blew the hell out of Bahrain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159445&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Y&#233;men replonge dans la guerre&lt;/a&gt; &#187;, ONU, 10 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;List&#233;e parmi les participants&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nouvelle &#233;quation strat&#233;gique franco-djiboutienne</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2068</link>
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		<dc:date>2026-09-09T16:06:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le s&#233;jour du pr&#233;sident &#224; Paris marque surtout les repositionnements strat&#233;giques en cours.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-sommet_espace-dd4b1.jpg?1788970204' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5025 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH371/58-iog-macron-4fed9.jpg?1788979204' width='400' height='371' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233; par Emmanuel Macron au premier sommet international sur l'espace, organis&#233; &#224; Paris les 9 et 10 septembre 2026, Isma&#239;l Omar Guelleh effectue un d&#233;placement dont les enjeux d&#233;passent largement le secteur spatial. La visite intervient apr&#232;s le renouvellement pour vingt ans du trait&#233; de d&#233;fense franco-djiboutien et alors que les crises successives en mer Rouge, &#224; Bab el-Mandeb et dans le Golfe ont encore accru la valeur strat&#233;gique de Djibouti. Pour Paris, il s'agit de consolider un point d'appui devenu essentiel &#224; sa capacit&#233; de projection entre Afrique, Proche-Orient et Indopacifique. Pour Djibouti, l'enjeu consiste d&#233;sormais &#224; transformer davantage sa rente g&#233;ographique en infrastructures, investissements, formation et transferts technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isma&#239;l Omar Guelleh y est notamment accompagn&#233; du ministre des Affaires &#233;trang&#232;res et de la coop&#233;ration internationale, Abdoulkader Houssein Omar, et du ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, Nabil Mohamed Ahmed. Une rencontre annonc&#233;e entre Isma&#239;l Omar Guelleh et Emmanuel Macron donne &#224; ce d&#233;placement une dimension qui d&#233;passe largement le programme officiel du sommet. Car derri&#232;re les satellites se trouve une relation franco-djiboutienne qui a profond&#233;ment chang&#233; de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la d&#233;fense au spatial : une relation franco-djiboutienne ren&#233;goci&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti a lanc&#233; son premier satellite, DJIBOUTI-1A, en novembre 2023, puis DJIBOUTI-1B en d&#233;cembre 2024. Le programme doit notamment permettre de recueillir des donn&#233;es m&#233;t&#233;orologiques, climatiques et environnementales et de d&#233;velopper les comp&#233;tences scientifiques nationales. L'ambition d&#233;passe donc l'acquisition de donn&#233;es depuis l'espace. Pour Djibouti, il s'agit de former une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'ing&#233;nieurs, d'accro&#238;tre la ma&#238;trise nationale de donn&#233;es strat&#233;giques et de p&#233;n&#233;trer des secteurs technologiques qui d&#233;passent sa traditionnelle sp&#233;cialisation portuaire et logistique. La France s'est progressivement positionn&#233;e sur ce nouveau terrain. Lors de la visite d'Emmanuel Macron &#224; Djibouti en d&#233;cembre 2024&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Emmanuel Macron &#224; Djibouti pour donner de la coh&#233;rence et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les deux pays avaient notamment avanc&#233; sur une coop&#233;ration destin&#233;e &#224; accompagner les ambitions spatiales djiboutiennes. Le symbole est important.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant plusieurs ann&#233;es, l'essentiel du dialogue politique entre les deux capitales avait &#233;t&#233; absorb&#233; par une question autrement plus ancienne et d&#233;licate : combien vaut la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise &#224; Djibouti et &#224; quelles conditions doit-elle se poursuivre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; s'int&#233;ressait, en d&#233;cembre 2023, &#224; la visite &#224; Djibouti de Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu, les n&#233;gociations sur le trait&#233; de coop&#233;ration en mati&#232;re de d&#233;fense &#233;taient encore laborieuses. Les autorit&#233;s djiboutiennes demandaient notamment une forte revalorisation de la contribution fran&#231;aise et une r&#233;vision des emprises fonci&#232;res accord&#233;es aux Forces fran&#231;aises stationn&#233;es &#224; Djibouti, particuli&#232;rement sur la presqu'&#238;le du H&#233;ron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Tensions entre la France et Djibouti au sujet du H&#233;ron &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Isma&#239;l Omar Guelleh avait expos&#233; sans d&#233;tour sa position : Djibouti ne souhaitait pas remettre en cause sa relation avec la France mais entendait obtenir ce qu'il consid&#233;rait comme son &#171; juste d&#251; &#187;, tant financi&#232;rement que sur le plan domanial. Le pr&#233;sident soulignait aussi un d&#233;s&#233;quilibre persistant : alors que Paris attachait une grande importance strat&#233;gique &#224; sa pr&#233;sence militaire, la coop&#233;ration &#233;conomique franco-djiboutienne demeurait, selon ses propres termes, &#171; gu&#232;re brillante &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Renouvellement de l'accord militaire : bisbilles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S&#233;bastien Lecornu reconnaissait lui-m&#234;me devant le Parlement fran&#231;ais que certaines revendications djiboutiennes &#233;taient &#171; parfaitement l&#233;gitimes &#187;, notamment concernant la revalorisation financi&#232;re. Et le ministre pr&#233;cisait pourquoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de Djibouti poss&#232;de une vocation op&#233;rationnelle permettant d'accueillir le groupe a&#233;ronaval, un sous-marin nucl&#233;aire d'attaque, de faire op&#233;rer des chasseurs ou encore de soutenir des op&#233;rations comme Sagittaire, men&#233;e au Soudan pour &#233;vacuer des ressortissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un compromis a finalement &#233;t&#233; trouv&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Nouvel accord de d&#233;fense franco-djiboutien &#187;, Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le nouveau trait&#233;, sign&#233; &#224; Paris le 24 juillet 2024 et entr&#233; en vigueur le 1er septembre 2025, engage les deux &#201;tats pour vingt ans. La contribution financi&#232;re annuelle fran&#231;aise a &#233;t&#233; consid&#233;rablement relev&#233;e, jusqu'&#224; 85 millions d'euros. Mais sa principale singularit&#233; se trouve ailleurs. La France demeure juridiquement engag&#233;e &#224; participer &#224; la d&#233;fense de l'int&#233;grit&#233; territoriale de Djibouti.&lt;br class='autobr' /&gt;
La note &#171; &lt;i&gt;Djibouti, entre bastion africain et avant-poste indopacifique&lt;/i&gt; &#187;, publi&#233;e en juin 2026 par Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant, insiste fortement sur ce point : contrairement aux autres puissances militaires implant&#233;es dans le pays, la France ne prot&#232;ge pas seulement son installation. Elle fournit une garantie de s&#233;curit&#233; au pays h&#244;te. Autrement dit, la France est rest&#233;e. Mais les termes de sa pr&#233;sence ont &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;&#233;quilibr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport parlementaire fran&#231;ais publi&#233; cette ann&#233;e permet de mieux mesurer ce que Paris a, de son c&#244;t&#233;, s&#233;curis&#233; pour vingt ann&#233;es suppl&#233;mentaires. Dans leur rapport d'information n&#176; 2910 consacr&#233; &#224; &#171; la mobilit&#233; strat&#233;gique en Europe et dans les territoires ultramarins &#187;, enregistr&#233; le 10 juin 2026 par la Commission de la d&#233;fense nationale et des forces arm&#233;es, les d&#233;put&#233;s Julien Limongi et Sabine Thillaye rel&#232;vent que Djibouti et Abou Dhabi sont les seules bases navales fran&#231;aises hors m&#233;tropole capables d'accueillir &#224; quai les plus grands b&#226;timents de la Marine nationale, notamment le porte-avions ou un porte-h&#233;licopt&#232;res amphibie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rapport d'information d&#233;pos&#233; en application de l'article 145 du r&#232;glement, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas une possibilit&#233; th&#233;orique. Entre 2025 et 2026, le Charles de Gaulle a accost&#233; trois fois &#224; Djibouti. Du 29 mars au 2 avril 2025, le porte-avions et une partie de son escorte avaient effectu&#233; une rel&#226;che op&#233;rationnelle &#224; l'issue de leur d&#233;ploiement dans l'oc&#233;an Indien lors de la mission Clemenceau 25. Le minist&#232;re des Arm&#233;es pr&#233;cisait qu'il s'agissait alors de la dixi&#232;me escale du porte-avions &#224; Djibouti depuis sa mise en service en 2001, qualifiant le pays de &#171; point d'appui fiable et r&#233;actif &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La mission La Fayette 26 a encore renforc&#233; cette utilisation. L'AFP indique que le groupe a&#233;ronaval a effectu&#233; deux nouvelles escales &#224; Djibouti en 2026, permettant aux &#233;quipages de faire rel&#226;che mais &#233;galement de &#171; regarnir les soutes &#187;. L'une d'elles est pr&#233;cis&#233;ment document&#233;e le 11 mai 2026 : le Charles de Gaulle a accost&#233; pour quatre jours au port de Djibouti et des op&#233;rations de manutention ont permis de charger &#233;quipements, provisions et mat&#233;riels n&#233;cessaires au groupe a&#233;ronaval. Trois escales en moins d'un an et demi : la fr&#233;quence dit peut-&#234;tre davantage que tous les discours sur l'importance r&#233;elle de Djibouti dans le dispositif fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#8220;cordon ombilical&#8221; du groupe a&#233;ronaval&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience de la mission La Fayette 26 fournit une d&#233;monstration encore plus parlante. Lorsque le groupe a&#233;ronaval s'est red&#233;ploy&#233; vers l'oc&#233;an Indien et la mer d'Arabie dans le contexte de la crise autour d'Ormuz, l'approvisionnement est devenu une question op&#233;rationnelle majeure. Le contre-amiral Thibault de Possesse, commandant du groupe a&#233;ronaval, a expliqu&#233; &#224; l'AFP que, dans la zone, Djibouti constituait l'unique point d'appui o&#249; le b&#226;timent ravitailleur de forces Jacques Chevallier pouvait effectuer ses rotations avec le groupe a&#233;ronaval. Or un seul b&#226;timent ravitailleur s'est rapidement r&#233;v&#233;l&#233; insuffisant pour entretenir ce que l'amiral appelle le &#171; cordon ombilical &#187; entre le groupe et son point d'appui. Il a fallu envoyer en renfort le Jacques Stosskopf, qui a d&#251; contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Esp&#233;rance pour rejoindre le dispositif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re la puissance symbolique d'un porte-avions nucl&#233;aire r&#233;apparaissent ainsi des r&#233;alit&#233;s beaucoup plus &#233;l&#233;mentaires : carburant a&#233;ronautique, vivres, pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, munitions, maintenance et endurance humaine des &#233;quipages. Un porte-avions n'est puissant que si quelqu'un peut continuer &#224; le nourrir. Les parlementaires fran&#231;ais soulignent pr&#233;cis&#233;ment que la projection militaire d&#233;pend d'escales, de points d'appui et de facilit&#233;s fournies par des &#201;tats partenaires. L'autonomie strat&#233;gique d'une puissance militaire ne signifie donc pas qu'elle puisse durablement agir sans territoires d'accueil ni infrastructures de soutien. C'est pr&#233;cis&#233;ment sur ce terrain que la valeur de Djibouti s'est renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience r&#233;cente de l'US Navy offre un contrepoint spectaculaire. Le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; a document&#233;, le 14 ao&#251;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Ismay, &#171; Navy Carrier's Problems Are Tied to Attacks on U.S. Base Early (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les difficult&#233;s rencontr&#233;es par l'USS Abraham Lincoln apr&#232;s la destruction d'une grande partie de la base navale am&#233;ricaine de Bahre&#239;n lors des premi&#232;res frappes iraniennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette installation constituait depuis plusieurs d&#233;cennies un hub logistique majeur de l'US Navy. Sa neutralisation a oblig&#233; les Am&#233;ricains &#224; r&#233;organiser leur cha&#238;ne de ravitaillement autour de Diego Garcia, situ&#233;e &#224; environ 2 200 miles du golfe d'Oman. L'Abraham Lincoln, avec quelque 5 000 personnes &#224; bord, avait alors pass&#233; pr&#232;s de neuf mois en mer sans v&#233;ritable escale de d&#233;tente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une seconde enqu&#234;te du New York Times, publi&#233;e le 2 septembre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Ismay et Simon Ducroquet, &#171; Inside Supplying U.S. Warships During the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, permet de mesurer encore plus pr&#233;cis&#233;ment le d&#233;fi. Faute de ports r&#233;gionaux accessibles, les ravitailleurs am&#233;ricains devaient effectuer des rotations jusqu'&#224; Diego Garcia, avec des op&#233;rations d'avitaillement en mer tous les cinq ou six jours. L'article souligne &#233;galement qu'un porte-avions am&#233;ricain effectue normalement approximativement une escale par mois afin de permettre notamment au personnel de r&#233;cup&#233;rer ; l'Abraham Lincoln a pass&#233; l'essentiel de ses neuf mois sans en b&#233;n&#233;ficier. L'&#233;pisode est une le&#231;on assez brutale de g&#233;ographie militaire. Perdre un port situ&#233; &#224; proximit&#233; oblige une grande marine &#224; d&#233;placer son syst&#232;me logistique de plusieurs milliers de kilom&#232;tres. Vu de Paris, l'utilit&#233; de Djibouti n'en appara&#238;t que plus clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de Djibouti ne tient cependant pas uniquement au ravitaillement des marines de guerre. Elle r&#233;side aussi dans ce qui passe chaque jour devant ses c&#244;tes. En 2023, l'amiral Pierre Vandier, alors chef d'&#233;tat-major de la Marine nationale, avait utilis&#233; devant les d&#233;put&#233;s une image particuli&#232;rement parlante pour illustrer la d&#233;pendance europ&#233;enne aux flux maritimes. Il expliquait que quinze tr&#232;s grands porte-conteneurs charg&#233;s chacun d'environ 20 000 conteneurs franchissaient chaque jour le canal de Suez en direction de l'Europe. Soit environ 300 000 conteneurs. Une fois plac&#233;s sur des camions, expliquait-il, ils formeraient une file ininterrompue de Brest &#224; Berlin. Il ajoutait que le canal de Suez voyait passer quotidiennement l'&#233;quivalent d'&#171; un Rungis annuel &#187;. Le propos permet de ramener la g&#233;opolitique au quotidien. Nos &#233;quipements &#233;lectroniques, nos v&#234;tements, une partie de notre alimentation, les mati&#232;res premi&#232;res et l'&#233;nergie n&#233;cessaires &#224; l'industrie europ&#233;enne d&#233;pendent de ces routes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amiral Vandier distinguait alors trois passages particuli&#232;rement sensibles : Ormuz, Bab el-Mandeb et Suez. Djibouti se trouve pr&#233;cis&#233;ment face au deuxi&#232;me. Il suffisait, pr&#233;venait-il d&#233;j&#224;, d'une mont&#233;e en tension pour que les flux soient menac&#233;s, avec des cons&#233;quences rapides sur l'&#233;conomie, les approvisionnements et le niveau de vie des Europ&#233;ens. Trois ans plus tard, l'actuel chef d'&#233;tat-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour, formule la m&#234;me probl&#233;matique sous un angle encore plus large.Lors d'une audition parlementaire d'avril 2026, il tire de l'&#233;volution des crises contemporaines ce qu'il pr&#233;sente comme un premier retour d'exp&#233;rience strat&#233;gique : &#171; Tout conflit terrestre d&#233;borde in&#233;vitablement en mer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e nationale, Commission de la d&#233;fense nationale et des forces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre en Ukraine a imm&#233;diatement perturb&#233; le commerce des c&#233;r&#233;ales ; les conflits du Proche-Orient ont affect&#233; Bab el-Mandeb et favoris&#233; la mise en place de la mission europ&#233;enne Aspides ; la crise iranienne a produit &#224; son tour des cons&#233;quences directes sur le commerce du p&#233;trole et du gaz. Cette formule r&#233;sume assez bien la situation de Djibouti. Le pays peut para&#238;tre &#233;loign&#233; des fronts ukrainien, palestinien ou iranien. En r&#233;alit&#233;, une partie de leurs cons&#233;quences &#233;conomiques et strat&#233;giques finit par passer au large de ses c&#244;tes. La g&#233;ographie transforme donc Djibouti en une sorte de sismographe maritime des crises terrestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perturbations en mer Rouge ont d&#233;j&#224; produit des effets &#233;conomiques mesurables. Le pr&#233;sident de l'Autorit&#233; des ports et des zones franches de Djibouti, Aboubaker Omar Hadi, expliquait r&#233;cemment sur les ondes de la RTD que le co&#251;t moyen du transport d'un conteneur dans la r&#233;gion &#233;tait pass&#233;, selon les chiffres qu'il avan&#231;ait, d'environ 3 000 dollars &#224; pr&#232;s de 10 000 dollars. Djibouti insiste toutefois sur la r&#233;silience de ses propres infrastructures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec six ports sp&#233;cialis&#233;s et une ouverture directe vers l'oc&#233;an Indien, le pays entend consolider sa fonction de plateforme logistique entre l'Afrique, l'Asie et l'Europe. L'objectif n'est plus n&#233;cessairement de multiplier les ports mais de maximiser l'utilisation des infrastructures existantes. La crise cr&#233;e ainsi une situation paradoxale. Elle rench&#233;rit les transports et fragilise les flux dont d&#233;pend l'&#233;conomie djiboutienne, mais elle rappelle &#233;galement aux grandes puissances et aux armateurs la valeur de la stabilit&#233; du territoire, de ses ports et de leur disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la Chine et &#224; la multipolarit&#233;, la France doit changer de mod&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouverture de la base militaire chinoise &#224; Djibouti en 2017 a &#233;videmment contribu&#233; &#224; changer les termes de la n&#233;gociation franco-djiboutienne. Mais la pr&#233;sence chinoise est beaucoup plus vaste que son implantation militaire. Ports, chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba, zone franche et infrastructures num&#233;riques : P&#233;kin a associ&#233; finance, construction et strat&#233;gie dans une mesure avec laquelle Paris ne peut pas rivaliser euro pour euro. Cette diff&#233;rence est depuis longtemps identifi&#233;e par les autorit&#233;s djiboutiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2023, Mohamed Ali Hassan, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, constatait que les alli&#233;s traditionnels de Djibouti n'avaient pas produit beaucoup de r&#233;alisations &#233;conomiques malgr&#233; leur pr&#233;sence dans le pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Djibouti dans le monde du XXIe si&#232;cle &#187;, Human Village, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il insistait sur la n&#233;cessit&#233; d'investissements priv&#233;s, mais aussi de politiques de coop&#233;ration consacr&#233;es aux infrastructures essentielles au d&#233;veloppement &#233;conomique et social, tout en reconnaissant que la Chine avait beaucoup fait dans ce domaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
La revendication djiboutienne peut donc se r&#233;sumer simplement : la g&#233;ographie ne doit plus seulement produire des loyers militaires ; elle doit produire du d&#233;veloppement. C'est ce qui permet de comprendre la continuit&#233; entre le nouveau trait&#233; de d&#233;fense, le projet d'a&#233;roport, la formation universitaire et d&#233;sormais le spatial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte publi&#233; dans nos colonnes sur la visite de la ministre fran&#231;aise des Arm&#233;es Catherine Vautrin &#224; Djibouti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en mai dernier permet de replacer cette &#233;volution dans un mouvement beaucoup plus large. La France elle-m&#234;me affirme vouloir changer de mod&#232;le en Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En mai, Jean-No&#235;l Barrot pr&#233;sentait la nouvelle relation avec les partenaires africains comme fond&#233;e sur une &#171; approche respectueuse de nos int&#233;r&#234;ts mutuels et de la souverainet&#233; de chacun &#187;. Cette formulation r&#233;pond aux conclusions du rapport d'information de l'Assembl&#233;e nationale L'influence de la France dans un monde postcolonial, port&#233; par les d&#233;put&#233;es Am&#233;lia Lakrafi et Sabrina Sebaihi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'influence de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les travaux parlementaires invitent Paris &#224; d&#233;passer les logiques d'influence h&#233;rit&#233;es pour privil&#233;gier des partenariats plus horizontaux, capables d'int&#233;grer les &#201;tats mais aussi les entreprises, les jeunesses, les diasporas et les soci&#233;t&#233;s civiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le diagnostic est parfois s&#233;v&#232;re. Sabrina Sebaihi rel&#232;ve notamment que la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise, auparavant sollicit&#233;e par plusieurs &#201;tats, a pu devenir progressivement une cible politique lorsqu'elle est apparue trop permanente ou insuffisamment adapt&#233;e &#224; l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s africaines. Elle insiste &#233;galement sur des jeunesses plus politis&#233;es, attach&#233;es &#224; leur souverainet&#233; et beaucoup plus exigeantes sur la coh&#233;rence des partenariats propos&#233;s par les puissances &#233;trang&#232;res. Djibouti constitue &#224; cet &#233;gard un cas int&#233;ressant. Contrairement au Sahel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Les forces fran&#231;aises au Niger red&#233;ploy&#233;es &#224; Djibouti ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la relation militaire n'a pas d&#233;bouch&#233; sur une rupture. Mais cela ne signifie pas qu'elle puisse simplement continuer comme auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment le principal avertissement formul&#233; par rapport de recherche du minist&#232;re des Arm&#233;es, r&#233;dig&#233; par Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant, publi&#233; en juin 2026, &lt;i&gt;Djibouti, entre bastion africain et avant-poste indopacifique&lt;/i&gt;. Ses autrices recommandent de ne pas consid&#233;rer le nouveau trait&#233; de vingt ans comme un acquis qui dispenserait Paris de faire &#233;voluer sa pr&#233;sence. Au contraire, elles pr&#233;conisent de passer d'une logique de &#171; garnison &#187; &#224; celle de partenaire de la souverainet&#233; djiboutienne. Cela suppose notamment d'&#233;largir les relations au-del&#224; des seules forces arm&#233;es : police, gendarmerie, garde-c&#244;tes et soci&#233;t&#233; civile doivent &#233;galement entrer davantage dans le champ de la coop&#233;ration. La formation militaire occupe une place centrale dans ces recommandations. Un officier djiboutien form&#233; dans les institutions fran&#231;aises, rappellent les autrices, peut rester pendant vingt ou trente ans un relais de coop&#233;ration, bien au-del&#224; des changements de gouvernements et des rotations diplomatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette approche repose moins sur la recherche d'une influence spectaculaire que sur la cr&#233;ation de liens institutionnels et humains durables. D'ailleurs la proposition la plus originale du rapport concerne peut-&#234;tre la langue. Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant constatent que la bataille des perceptions ne se d&#233;roule plus principalement dans les communiqu&#233;s officiels. &#192; Djibouti, elle se joue largement sur Facebook et surtout sur TikTok, aupr&#232;s d'une audience en grande partie somalophone. Elles pr&#233;sentent ainsi le somali comme un &#171; icebreaker strat&#233;gique &#187; : quelques phrases prononc&#233;es publiquement par un responsable fran&#231;ais dans la langue locale peuvent produire un effet de proximit&#233; qu'aucun communiqu&#233; institutionnel ne reproduira. D'o&#249; leur recommandation : faire de l'apprentissage du somali un v&#233;ritable axe de pr&#233;paration des officiers fran&#231;ais affect&#233;s &#224; Djibouti. L'id&#233;e peut sembler modeste face aux milliards investis dans les ports, les avions ou les satellites. Elle r&#233;v&#232;le pourtant une &#233;volution importante. Une relation bilat&#233;rale ne tient pas seulement &#224; des Rafale, &#224; des trait&#233;s ou &#224; des contributions financi&#232;res. Elle repose aussi sur la mani&#232;re dont les repr&#233;sentants d'un pays comprennent la soci&#233;t&#233; aupr&#232;s de laquelle ils vivent et travaillent.&lt;br class='autobr' /&gt;
La note recommande &#233;galement de mieux valoriser les secours apport&#233;s &#224; la population, les actions du g&#233;nie, la coop&#233;ration m&#233;dicale et les op&#233;rations civilo-militaires, plut&#244;t que de laisser la pr&#233;sence fran&#231;aise &#234;tre d&#233;finie uniquement par ses cl&#244;tures militaires. Sa conclusion est particuli&#232;rement claire : parler &#224; tous les acteurs djiboutiens, moderniser les capacit&#233;s dans l'horizon du trait&#233; de vingt ans et reconqu&#233;rir le terrain informationnel par des actions concr&#232;tes, humaines et par l'apprentissage des langues locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repositionnement fran&#231;ais poss&#232;de &#233;galement une dimension plus quotidienne, que les grandes discussions strat&#233;giques ont tendance &#224; n&#233;gliger. Le rapport parlementaire sur l'influence fran&#231;aise insiste fortement sur la question des visas et de la mobilit&#233;. Am&#233;lia Lakrafi rappelle que les refus de visas sont particuli&#232;rement mal v&#233;cus dans les anciennes colonies fran&#231;aises et r&#233;sume le probl&#232;me par une formule assez redoutable : &#171; le sentiment antifran&#231;ais commence au consulat &#187;. Elle estime que la gestion des visas nourrit frustration et ranc&#339;ur lorsque le discours politique sur le partenariat ne correspond pas &#224; l'exp&#233;rience concr&#232;te v&#233;cue par les &#233;tudiants, familles, entrepreneurs ou chercheurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; La d&#233;livrance des visas Schengen &#224; Djibouti... instrument de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sujet peut sembler &#233;loign&#233; de la visite d'Ismail Omar Guelleh et du sommet spatial. Il ne l'est probablement pas tant que cela. Si Paris veut d&#233;velopper la coop&#233;ration universitaire, scientifique et technologique avec Djibouti, la mobilit&#233; des &#233;tudiants, chercheurs, ing&#233;nieurs et entrepreneurs devient une composante tr&#232;s concr&#232;te de la cr&#233;dibilit&#233; du partenariat. On ne peut gu&#232;re promouvoir une coop&#233;ration spatiale tout en rendant excessivement difficile la circulation des personnes appel&#233;es &#224; la faire vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s le prix de la g&#233;ographie, Djibouti veut en n&#233;gocier les dividendes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est probablement sur ce terrain que le d&#233;placement actuel prend sa plus grande port&#233;e. Djibouti a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; ren&#233;gocier le cadre militaire. Il lui reste maintenant &#224; obtenir davantage de retomb&#233;es &#233;conomiques et technologiques. Le spatial peut constituer un secteur embl&#233;matique : formation d'ing&#233;nieurs, observation de la Terre, traitement des donn&#233;es, surveillance environnementale, connectivit&#233; et, &#224; terme, d&#233;veloppement d'une v&#233;ritable capacit&#233; nationale. Mais il n'est qu'une composante parmi d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
La note de Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant rappelle &#233;galement l'importance strat&#233;gique croissante des c&#226;bles sous-marins et des centres de donn&#233;es dans un pays situ&#233; au croisement de plusieurs grandes infrastructures num&#233;riques internationales. Pour Djibouti, les flux ne sont donc plus uniquement constitu&#233;s de conteneurs et de p&#233;trole : ils sont aussi num&#233;riques. Le passage d'une &#233;conomie de transit &#224; une &#233;conomie capable de capter davantage de valeur ajout&#233;e autour de ces flux constitue l'un des enjeux fondamentaux des prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite parisienne intervient par ailleurs quelques jours apr&#232;s la publication, le 3 septembre, par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, d'un article faisant &#233;tat du d&#233;p&#244;t d'une plainte avec constitution de partie civile par l'association Sherpa contre Isma&#239;l Omar Guelleh et plusieurs membres de son entourage dans le dossier dit des &#171; biens mal acquis &#187;. La plainte, d&#233;pos&#233;e le 2 septembre au tribunal de Paris, vise une quinzaine de personnes et porte notamment sur des soup&#231;ons concernant l'acquisition de biens immobiliers en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Lepidi, &#171; Biens mal acquis : une plainte cible le pr&#233;sident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il convient de rappeler qu'il s'agit &#224; ce stade d'accusations port&#233;es dans le cadre d'une proc&#233;dure judiciaire et non de faits &#233;tablis par une d&#233;cision de justice&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait notable, l'information ne semble pas avoir &#233;t&#233; reprise par l'AFP, ce qui en a m&#233;caniquement limit&#233; la diffusion dans les m&#233;dias francophones et internationaux. On peut faire l'hypoth&#232;se que cette relative discr&#233;tion m&#233;diatique a &#233;galement &#233;vit&#233; de parasiter une s&#233;quence diplomatique importante entre Paris et Djibouti, voire qu'elle r&#233;pondait &#224; une forme de prudence &#233;ditoriale face &#224; un dossier susceptible de compliquer inutilement une relation bilat&#233;rale particuli&#232;rement strat&#233;gique &#224; quelques jours de la rencontre entre les deux chefs d'&#201;tat. La proc&#233;dure judiciaire est donc demeur&#233;e, jusqu'ici, en arri&#232;re-plan de la s&#233;quence diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es encore, une grande partie de la n&#233;gociation franco-djiboutienne pouvait se r&#233;sumer &#224; trois sujets : le montant du loyer, le nombre de militaires et la superficie des terrains occup&#233;s. Aujourd'hui, la question s'est d&#233;plac&#233;e. Djibouti ne cherche plus seulement &#224; d&#233;terminer combien la France doit payer pour rester. Il demande de plus en plus ce que cette pr&#233;sence peut produire pour le d&#233;veloppement national : infrastructures, formation, emplois, investissements, capacit&#233;s militaires, enseignement sup&#233;rieur, recherche, num&#233;rique et technologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, de son c&#244;t&#233;, mesure probablement beaucoup mieux qu'auparavant la valeur de ce qu'il conserverait difficilement ailleurs. Les difficult&#233;s rencontr&#233;es par l'USS Abraham Lincoln&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Ismay, &#171; Navy Carrier's Problems&#8230; &#187; art. cit. ; John Ismay et Simon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, montrent ce qui arrive &#224; une marine priv&#233;e d'un hub logistique proche. Les trois escales du Charles de Gaulle &#224; Djibouti entre 2025 et 2026 montrent que la question concerne directement la France. Le &#171; cordon ombilical &#187; d&#233;crit par le contre-amiral de Possesse rappelle qu'un groupe a&#233;ronaval reste d&#233;pendant de la g&#233;ographie. Les 300 000 conteneurs quotidiens &#233;voqu&#233;s par l'amiral Vandier montrent que cette g&#233;ographie concerne &#233;galement l'&#233;conomie europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu &#224; Djibouti, quels enjeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et la formule de l'amiral Vaujour &#8211; &lt;i&gt;tout conflit terrestre d&#233;borde en mer&lt;/i&gt; &#8211; explique pourquoi les crises ukrainienne, proche-orientale ou iranienne finissent toutes, d'une mani&#232;re ou d'une autre, par renforcer la centralit&#233; de Bab el-Mandeb&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Audition de l'amiral Nicolas Vaujour&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute ici que r&#233;side l'un des principaux succ&#232;s de la strat&#233;gie djiboutienne. Sur un territoire r&#233;duit cohabitent des installations fran&#231;aises, am&#233;ricaines, chinoises, japonaises et italiennes, auxquelles s'ajoutent des relations de plus en plus &#233;troites avec les pays du Golfe, la Turquie, l'Inde ou encore l'&#201;gypte. La note Seldon d&#233;crit &#224; juste titre Djibouti comme un &#171; laboratoire de la multipolarit&#233; &#187;. L'objectif djiboutien n'est pas n&#233;cessairement de remplacer un partenaire par un autre. Il consiste plut&#244;t &#224; &#233;viter que l'un d'entre eux ne puisse consid&#233;rer sa pr&#233;sence comme d&#233;finitivement acquise. La concurrence entre puissances donne ainsi &#224; Djibouti une capacit&#233; de n&#233;gociation qu'il ne poss&#233;derait pas dans le cadre d'une relation exclusive.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France apporte une garantie de s&#233;curit&#233; que la Chine n'offre pas. P&#233;kin dispose, de son c&#244;t&#233;, d'une capacit&#233; d'investissement infrastructurel que Paris ne peut mobiliser &#224; la m&#234;me &#233;chelle. Les &#201;tats-Unis apportent des moyens militaires consid&#233;rables. Le Japon occupe un cr&#233;neau s&#233;curitaire et maritime sp&#233;cifique. Djibouti tente de tirer parti de chacun de ces partenariats sans se rendre enti&#232;rement d&#233;pendant d'un seul. La rencontre parisienne doit &#233;galement &#234;tre lue sous cet angle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique de diversification pourrait encore s'approfondir. La note de Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant rel&#232;ve que l'Arabie saoudite ambitionne &#224; son tour d'&#233;tablir une pr&#233;sence militaire &#224; Djibouti, notamment afin de r&#233;pondre &#224; la menace houthie et de prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts commerciaux et strat&#233;giques en mer Rouge. Il convient de parler &#224; ce stade d'un projet d'ancrage ou de pr&#233;sence militaire, et non d'une base saoudienne d&#233;j&#224; install&#233;e. Cette &#233;ventualit&#233; n'aurait d'ailleurs pas n&#233;cessairement pour seule cons&#233;quence d'introduire un concurrent suppl&#233;mentaire pour la France. Paris et Riyad ont parall&#232;lement consid&#233;rablement renforc&#233; leur propre relation strat&#233;gique. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane ont encore r&#233;affirm&#233;, en ao&#251;t 2026, leur volont&#233; de donner davantage de substance au &#171; partenariat strat&#233;gique &#187; franco-saoudien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, l'Arabie saoudite a propos&#233;, fin juillet, la cr&#233;ation d'une coalition multinationale de d&#233;fense maritime destin&#233;e &#224; prot&#233;ger la libert&#233; de navigation et les routes commerciales et &#233;nerg&#233;tiques de la mer Rouge, de Bab el-Mandeb et du golfe d'Aden. Djibouti figure parmi les &#201;tats ayant officiellement soutenu cette initiative. Si le projet d'ancrage militaire saoudien &#224; Djibouti devait se concr&#233;tiser, Paris pourrait donc &#234;tre confront&#233; &#224; une situation plus complexe qu'une simple concurrence entre bases &#233;trang&#232;res. La pr&#233;sence saoudienne pourrait &#233;galement ouvrir des possibilit&#233;s de coordination dans la surveillance maritime, la lutte anti-drone, la protection de Bab el-Mandeb ou encore la s&#233;curisation des flux commerciaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La multiplication des implantations &#233;trang&#232;res ne diminue donc pas n&#233;cessairement la valeur de la pr&#233;sence fran&#231;aise. Elle peut aussi transformer Djibouti en une plateforme o&#249; Paris coop&#232;re avec des partenaires qu'il retrouve dans d'autres architectures r&#233;gionales de s&#233;curit&#233;. Dans le cas saoudien, comp&#233;tition et coop&#233;ration pourraient parfaitement coexister.&lt;br class='autobr' /&gt;
La relation franco-djiboutienne repose ainsi aujourd'hui moins sur l'histoire que sur une interd&#233;pendance strat&#233;gique n&#233;goci&#233;e. La France dispose de capacit&#233;s militaires, diplomatiques, scientifiques et technologiques que Djibouti souhaite mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibouti poss&#232;de quelque chose qu'aucune technologie ne peut d&#233;placer : sa g&#233;ographie. Situ&#233; au d&#233;bouch&#233; de Bab el-Mandeb, sur la route de Suez, face &#224; la p&#233;ninsule Arabique, le pays tire une grande partie de sa valeur strat&#233;gique de cette position. Mais cette g&#233;ographie est aussi une vuln&#233;rabilit&#233;. Les attaques houthies en mer Rouge ont montr&#233; qu'un conflit r&#233;gional pouvait perturber directement les routes commerciales passant devant Djibouti, tandis que les d&#233;g&#226;ts inflig&#233;s &#224; la base am&#233;ricaine de Bahre&#239;n&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ahmet Salih Alacaci, Acting US Navy chief acknowledges Iranian attacks &#8216;blew (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rappellent qu'une implantation militaire majeure peut &#234;tre brutalement neutralis&#233;e ou perdre une grande partie de sa valeur op&#233;rationnelle. Pour Djibouti, le risque est d'autant plus s&#233;rieux que bases &#233;trang&#232;res, ports, c&#226;bles sous-marins et infrastructures essentielles sont concentr&#233;s sur un territoire r&#233;duit. La strat&#233;gie nationale ne peut donc plus seulement consister &#224; mon&#233;tiser cette g&#233;ographie : elle doit aussi en ma&#238;triser les risques. L'enjeu est de renforcer la r&#233;silience des infrastructures, pr&#233;server la libert&#233; de d&#233;cision du pays et &#233;viter que la concurrence entre puissances ne transforme Djibouti en cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1752' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Emmanuel Macron &#224; Djibouti pour donner de la coh&#233;rence et du sens &#224; la relation&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 52, d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1392' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tensions entre la France et Djibouti au sujet du H&#233;ron&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 45, mai 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1661' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Renouvellement de l'accord militaire : bisbilles franco-djiboutiennes ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 51, mai 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1810' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nouvel accord de d&#233;fense franco-djiboutien&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 53, avril 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_def/l17b2910_rapport-information&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapport d'information d&#233;pos&#233; en application de l'article 145 du r&#232;glement, par la commission de la d&#233;fense nationale et des forces arm&#233;es, en conclusion des travaux d'une mission d'information sur le th&#232;me de &#171; la mobilit&#233; strat&#233;gique en Europe et dans les territoires ultramarins &#187; (M. Julien Limongi et Mme Sabine Thillaye), n&#176; 2910&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 10 juin 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Ismay, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2026/08/14/us/politics/uss-abraham-lincoln-trump-supplies-diego-garcia.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Navy Carrier's Problems Are Tied to Attacks on U.S. Base Early in War&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 14 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Ismay et Simon Ducroquet, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/interactive/2026/09/02/us/iran-war-us-navy-carriers-supply.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inside Supplying U.S. Warships During the Iran War&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 2 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e nationale, Commission de la d&#233;fense nationale et des forces arm&#233;es, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/defense/actualites/actualisation-de-la-programmation-militaire-pour-les-annees-2024-a-2030-audition-de-l-amiral-nicolas-vaujour-chef-d-etat-major-de-la-marine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Audition de l'amiral Nicolas Vaujour, chef d'&#233;tat-major de la Marine, sur le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les ann&#233;es 2024 &#224; 2030&lt;/a&gt; &#187;, 9 avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article474' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Djibouti dans le monde du XXIe si&#232;cle&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 34, octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique fran&#231;ais&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 57, mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_afetr/l17b2683_rapport-information&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'influence de la France dans un monde postcolonial&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 15 avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1584' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les forces fran&#231;aises au Niger red&#233;ploy&#233;es &#224; Djibouti ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 49, septembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article315' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La d&#233;livrance des visas Schengen &#224; Djibouti... instrument de la diplomatie fran&#231;aise ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 30, juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Lepidi, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/03/biens-mal-acquis-une-plainte-cible-le-president-de-djibouti-et-allie-militaire-de-la-france-ismail-omar-guelleh-et-son-entourage_6765187_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biens mal acquis : une plainte cible le pr&#233;sident de Djibouti et alli&#233; militaire de la France, Isma&#239;l Omar Guelleh, et son entourage&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 3 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Ismay, &#171; Navy Carrier's Problems&#8230; &#187; art. cit. ; John Ismay et Simon Ducroquet, &#171; Inside Supplying U.S. Warships&#8230; &#187; art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1604' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu &#224; Djibouti, quels enjeux ?&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 49, d&#233;cembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Audition de l'amiral Nicolas Vaujour&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ahmet Salih Alacaci, &lt;a href=&#034;https://www.aa.com.tr/en/americas/acting-us-navy-chief-acknowledges-iranian-attacks-blew-the-hell-out-of-bahrain-base-report/4053693?utm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acting US Navy chief acknowledges Iranian attacks &#8216;blew the hell out of' Bahrain base : Report&lt;/a&gt;, aa, 10 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre entre Jean-No&#235;l Barrot et Abdoulkader Houssein Omar</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2069</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2069</guid>
		<dc:date>2026-09-09T15:11:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Communiqu&#233; du MAE fran&#231;ais.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026-9-barrot-abdoulkader-de9a7.jpg?1788966902' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Communiqu&#233; du MAE fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5023 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH368/58-barrot-abdoulkader-eb1c9.jpg?1788966902' width='400' height='368' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean-No&#235;l Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res, s'est entretenu avec Abdoulkader Houssein Omar, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res et de la coop&#233;ration internationale de la R&#233;publique de Djibouti et porte-parole du gouvernement, &#224; Paris le 7 septembre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ministres ont salu&#233; le caract&#232;re dynamique et substantiel de la relation entre la France et Djibouti, fond&#233;e sur des liens historiques et port&#233;e par un partenariat renouvel&#233;. Cet entretien leur a permis de r&#233;affirmer leur d&#233;termination &#224; poursuivre la coop&#233;ration entre la France et Djibouti dans de nombreux domaines, allant de l'&#233;conomie &#224; l'espace en passant par l'&#233;ducation. Les ministres ont &#233;galement &#233;voqu&#233; des sujets d'int&#233;r&#234;t commun, tels que la stabilit&#233; dans la Corne de l'Afrique et la situation au Moyen-Orient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dynamisme de la relation s'est &#233;galement traduit par la tenue, le 8 septembre 2026, du dialogue politique France-Djibouti, cadre privil&#233;gi&#233; permettant de continuer &#224; approfondir le partenariat solide qui unit la France et Djibouti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transformer la g&#233;ographie en une force pour la paix et la prosp&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2067</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2067</guid>
		<dc:date>2026-09-06T06:45:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Naguib Ali Taher</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une vision strat&#233;gique pour la mer Rouge et la Corne de l'Afrique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-naguib-geographie-87c57.jpg?1788677296' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Djibouti a pass&#233; des d&#233;cennies &#224; transformer sa g&#233;ographie en pertinence strat&#233;gique. Son prochain d&#233;fi est de convertir cette pertinence en force &#233;conomique durable, en r&#233;silience accrue et en influence diplomatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'entr&#233;e sud de la mer Rouge, face &#224; Bab el-Mandeb, Djibouti se trouve au carrefour du transport maritime mondial, des routes &#233;nerg&#233;tiques, de la s&#233;curit&#233; maritime, de la comp&#233;tition entre grandes puissances et des ambitions &#233;conomiques de la Corne de l'Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la g&#233;ographie n'est pas le pouvoir. Elle cr&#233;e des opportunit&#233;s. La strat&#233;gie transforme les opportunit&#233;s en influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la mer Rouge a replac&#233; Djibouti au centre d'un paysage strat&#233;gique en mutation. Pourtant, &#234;tre proche des grands &#233;v&#233;nements ne signifie pas pouvoir les fa&#231;onner. Cela exige des institutions solides, une &#233;conomie r&#233;siliente, des infrastructures comp&#233;titives et un jugement strat&#233;gique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question n'est donc pas de savoir comment pr&#233;server l'importance de Djibouti, mais comment la transformer en r&#233;silience, en autonomie et en r&#244;le r&#233;gional constructif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;curit&#233; de Bab el-Mandeb commence &#224; terre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la mer Rouge a d&#233;montr&#233; une v&#233;rit&#233; simple : la s&#233;curit&#233; maritime ne commence pas en mer. Bab el-Mandeb est plus qu'un &#233;troit passage maritime. Il relie ports, cha&#238;nes d'approvisionnement, march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et &#233;conomies &#224; travers les continents. Sa s&#233;curit&#233; d&#233;pend non seulement de la puissance navale, mais aussi de la stabilit&#233; des &#201;tats riverains, de la r&#233;silience de leurs infrastructures et de leur capacit&#233; &#224; g&#233;rer les tensions avant qu'elles ne deviennent des crises. Les routes alternatives peuvent r&#233;duire l'exposition &#224; certains risques. Elles ne les &#233;liminent pas ; elles les redistribuent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;troit s&#251;r ne peut coexister avec une r&#233;gion instable. Djibouti a donc un int&#233;r&#234;t direct &#224; la stabilit&#233; de l'ensemble de la mer Rouge et de la Corne de l'Afrique, ainsi qu'au maintien de voies commerciales r&#233;gionales et mondiales s&#251;res, ouvertes et pr&#233;visibles. La contribution de Djibouti &#224; la s&#233;curit&#233; maritime doit donc aller au-del&#224; de l'accueil de forces internationales. Ports, routes, syst&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques, r&#233;seaux num&#233;riques, infrastructures frontali&#232;res et communaut&#233;s r&#233;silientes sont aussi des instruments de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale. La valeur strat&#233;gique de Djibouti doit ainsi se mesurer non seulement &#224; ce qui se passe au large, mais aussi &#224; la solidit&#233; et &#224; la fiabilit&#233; de ce qu'il construit &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des partenariats sans d&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re &#224; Djibouti en a fait un &#233;l&#233;ment important de l'architecture de s&#233;curit&#233; de la mer Rouge et de la Corne. Ces partenariats soutiennent la s&#233;curit&#233; maritime, la lutte contre le terrorisme, les op&#233;rations humanitaires et la logistique. Ils donnent aussi &#224; Djibouti une influence diplomatique sup&#233;rieure &#224; sa taille. Mais les partenariats ne sont pas automatiquement des atouts strat&#233;giques. La souverainet&#233; ne signifie pas rejeter la coop&#233;ration. Elle signifie en d&#233;finir les termes, en g&#233;rer les limites et veiller &#224; ce qu'elle serve les int&#233;r&#234;ts nationaux. Djibouti n'a pas besoin de choisir entre des puissances concurrentes. Un r&#233;seau diversifi&#233; de partenariats peut offrir une marge de man&#339;uvre strat&#233;gique, &#224; condition que Djibouti conserve la capacit&#233; de fixer ses propres priorit&#233;s. L'objectif ne doit &#234;tre ni l'alignement sur un camp ni la d&#233;pendance envers un autre, mais la diversification strat&#233;gique : coop&#233;rer avec diff&#233;rents partenaires lorsque les int&#233;r&#234;ts convergent, tout en pr&#233;servant la d&#233;cision nationale et en &#233;vitant une d&#233;pendance excessive envers une seule relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;thiopie : la concurrence comme incitation &#224; l'excellence&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir &#233;conomique de Djibouti est &#233;troitement li&#233; &#224; l'&#201;thiopie. Les deux pays sont connect&#233;s par le commerce, les infrastructures et la logistique. L'&#201;thiopie cherche naturellement un acc&#232;s fiable et comp&#233;titif &#224; la mer. Sa recherche de voies alternatives est l&#233;gitime. Elle ne devient un probl&#232;me strat&#233;gique que lorsque la concurrence commerciale se transforme en confrontation g&#233;opolitique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le minist&#232;re &#233;thiopien des Transports et de la logistique, le pays a transport&#233; environ 17,57 millions de tonnes de marchandises d'importation et d'exportation en 2025/26, dont 15,34 millions de tonnes, soit 96,71 %, ont transit&#233; par Djibouti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site motl.gov.et.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce chiffre montre l'importance exceptionnelle de Djibouti aujourd'hui, mais aussi le d&#233;fi strat&#233;gique : la d&#233;pendance cr&#233;e un levier, mais elle incite aussi &#224; la diversification.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti ne devrait donc pas s'opposer aux voies alternatives. Il devrait rendre son propre corridor plus difficile &#224; remplacer : meilleures infrastructures, proc&#233;dures plus rapides, co&#251;ts de transaction plus faibles, logistique moderne, r&#233;glementation transparente et recours accru &#224; la technologie. La domination ne doit jamais &#234;tre confondue avec la permanence. La pertinence strat&#233;gique doit &#234;tre continuellement m&#233;rit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du transit &#224; la cr&#233;ation de valeur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation g&#233;ographique de Djibouti a cr&#233;&#233; d'immenses opportunit&#233;s. Mais l'avenir ne peut d&#233;pendre uniquement du transit des marchandises. L'&#233;tape suivante est de passer du transit &#224; la cr&#233;ation de valeur. Cela exige un secteur priv&#233; plus fort. L'&#201;tat doit cr&#233;er les conditions permettant aux entrepreneurs et investisseurs de d&#233;velopper des entreprises, cr&#233;er des emplois, proposer de nouveaux services et investir dans des capacit&#233;s productives. Le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; n'est pas s&#233;par&#233; de la strat&#233;gie nationale ; il en est central.&lt;br class='autobr' /&gt;
La zone franche doit devenir plus qu'un centre d'entreposage et de distribution. Elle doit &#233;voluer vers une plateforme de fabrication, d'assemblage, de transformation, d'emballage, de logistique de cha&#238;ne du froid et de r&#233;exportation. Pour cela, Djibouti doit rendre l'investissement commercialement viable : &#233;nergie fiable et abordable, ports efficaces, r&#233;glementation pr&#233;visible, acc&#232;s au financement, dispositifs fiscaux et douaniers comp&#233;titifs, main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e et acc&#232;s direct aux march&#233;s r&#233;gionaux. Ce sont les fondements de la diversification.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s au financement m&#233;rite une attention particuli&#232;re. Les petites et moyennes entreprises ne peuvent devenir des moteurs de l'emploi et de l'innovation si les entreprises viables n'obtiennent pas de cr&#233;dit abordable. Le renforcement des institutions financi&#232;res et le d&#233;veloppement d'instruments adapt&#233;s doivent donc faire partie de l'agenda national de comp&#233;titivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s aux march&#233;s r&#233;gionaux est tout aussi important. Le corridor Djibouti&#8211;&#201;thiopie&#8211;Soudan du Sud&#8211;Ouganda peut relier davantage le pays aux march&#233;s enclav&#233;s d'Afrique de l'Est, &#224; condition que les proc&#233;dures commerciales, les syst&#232;mes logistiques et les infrastructures transfrontali&#232;res &#233;voluent en cons&#233;quence. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif est simple : les marchandises ne doivent pas seulement transiter par Djibouti ; elles doivent de plus en plus y &#234;tre transform&#233;es. Des projets comme le complexe de Damerjog, la zone franche internationale, les investissements &#233;nerg&#233;tiques et la connectivit&#233; num&#233;rique peuvent relier logistique, industrie, technologie et commerce. Djibouti doit aussi continuer &#224; am&#233;liorer l'efficacit&#233; et la comp&#233;titivit&#233; de ses ports. Les incitations fiscales et douani&#232;res doivent attirer des investissements productifs plut&#244;t que simplement subventionner des activit&#233;s qui auraient eu lieu de toute fa&#231;on. Les tarifs portuaires, proc&#233;dures et services logistiques doivent rester comp&#233;titifs &#224; mesure que les alternatives r&#233;gionales se d&#233;veloppent. L'objectif n'est pas d'emp&#234;cher la concurrence. Il est de la surpasser. Les ports g&#233;n&#232;rent des revenus. La cr&#233;ation de valeur g&#233;n&#232;re la transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti comme puissance constructive&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'influence de Djibouti ne doit pas &#234;tre mesur&#233;e seulement par les forces &#233;trang&#232;res pr&#233;sentes sur son territoire ou les marchandises transitant par ses ports. Sa valeur plus profonde r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; relier des int&#233;r&#234;ts, maintenir les canaux de communication ouverts et cr&#233;er un espace de dialogue. &#192; travers l'Union africaine, l'IGAD, les initiatives de la mer Rouge et d'autres plateformes multilat&#233;rales, Djibouti peut renforcer son r&#244;le d'&#201;tat rassembleur &#8212; capable de r&#233;unir gouvernements et acteurs &#233;conomiques lorsque leurs int&#233;r&#234;ts se croisent. Ce r&#244;le exige de la cr&#233;dibilit&#233;. Celle-ci vient de la constance, de la solidit&#233; institutionnelle, du respect de la souverainet&#233; et de la capacit&#233; &#224; dialoguer avec diff&#233;rents partenaires sans devenir l'instrument de leurs rivalit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La concurrence est in&#233;vitable. Le d&#233;fi est d'emp&#234;cher qu'elle ne devienne confrontation. Une &#201;thiopie plus prosp&#232;re ne signifie pas un Djibouti plus faible. La croissance d'autres ports r&#233;gionaux ne signifie pas non plus le d&#233;clin de Djibouti. Le mod&#232;le le plus durable est celui dans lequel l'interd&#233;pendance rend la coop&#233;ration plus attractive que le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix strat&#233;gique de Djibouti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Corne de l'Afrique est &#224; la crois&#233;e des chemins. Une voie transforme ports et corridors commerciaux en prolongements de la rivalit&#233; g&#233;opolitique, augmentant &#224; la fois la valeur et les risques de la g&#233;ographie. L'autre transforme la g&#233;ographie en fondement d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques partag&#233;s, rendant la coop&#233;ration plus profitable que la confrontation. Djibouti dispose d'une occasion rare. Sa position lui donne une influence bien sup&#233;rieure &#224; sa taille, mais la g&#233;ographie n'est que le point de d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les infrastructures cr&#233;ent la connectivit&#233;. Les institutions cr&#233;ent la cr&#233;dibilit&#233;. La diversification cr&#233;e la r&#233;silience. L'entreprise priv&#233;e cr&#233;e des opportunit&#233;s. La diplomatie cr&#233;e l'influence. La souverainet&#233; leur donne une direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti n'a pas besoin d'emp&#234;cher l'&#233;mergence d'alternatives. Il doit devenir le partenaire et la porte d'acc&#232;s qui restent difficiles &#224; remplacer, m&#234;me lorsque des alternatives existent. Cela exige un syst&#232;me portuaire comp&#233;titif, un secteur priv&#233; dynamique, un financement accessible, des douanes efficaces, des r&#232;gles d'investissement pr&#233;visibles, une int&#233;gration aux march&#233;s r&#233;gionaux et des infrastructures capables de soutenir l'industrie autant que le transit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir de Bab el-Mandeb sera fa&#231;onn&#233; non seulement par la puissance navale, mais aussi par les infrastructures, le commerce, l'investissement, les institutions et la diplomatie.En d&#233;finitive, l'avenir de la r&#233;gion d&#233;pend de la capacit&#233; de ses pays &#224; construire des relations dans lesquelles la paix est plus profitable que le conflit et la coop&#233;ration plus gratifiante que la confrontation. La g&#233;ographie a donn&#233; &#224; Djibouti une position exceptionnelle. Transformer cette position en une force pour la paix et la prosp&#233;rit&#233; est un choix strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Naguib Ali Taher,&lt;/strong&gt; responsable de la communication &#224; la pr&#233;sidence djiboutienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site &lt;a href=&#034;https://motl.gov.et&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;motl.gov.et&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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