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	<title>Human Village</title>
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		<title>SOGIK : dividendes en hausse malgr&#233; la r&#233;forme du march&#233; du khat en &#201;thiopie</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2035</link>
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		<dc:date>2026-06-25T12:30:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Khat</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; d'importation de khat enrichit ses actionnaires.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Khat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-sogik-767f5.jpg?1782390694' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Soci&#233;t&#233; de gestion de l'importation du khat (SOGIK) a r&#233;uni l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle des actionnaires le mercredi 17 juin &#224; l'h&#244;tel Sheraton de Djibouti. Une rencontre plac&#233;e sous le signe de la performance, de la r&#233;silience et des perspectives d'avenir. Les actionnaires ont salu&#233; des r&#233;sultats sup&#233;rieurs aux attentes, port&#233;s notamment par la cr&#233;ation d'une filiale en &#201;thiopie et une strat&#233;gie d'adaptation aux nouvelles r&#232;gles du march&#233; du khat.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;v&#233;nement a mobilis&#233; un important dispositif de s&#233;curit&#233;, avec trois niveaux de contr&#244;le des participants. Seuls les d&#233;tenteurs de l'un des 144 badges d&#233;livr&#233;s pr&#233;alablement &#8211; soit une invitation par actionnaire &#8211; ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; acc&#233;der &#224; la salle de r&#233;union. Une pr&#233;caution qui t&#233;moigne de l'importance accord&#233;e &#224; la s&#233;r&#233;nit&#233; des d&#233;bats : &#224; la SOGIK, les discussions entre actionnaires se tiennent &#224; huis clos et dans un cadre soigneusement encadr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L300xH346/57-sogik-pdt-3b07a.jpg?1782390694' width='300' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Abdourahman Moussa Barkadleh
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Devant les actionnaires, le comit&#233; de gestion a pr&#233;sent&#233; le bilan de l'exercice &#233;coul&#233;, les principales r&#233;alisations de l'ann&#233;e ainsi que les orientations strat&#233;giques pour les ann&#233;es &#224; venir. Les participants ont ensuite &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; prendre la parole afin d'exprimer leurs observations et de poser leurs questions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son allocution, Abdourahman Moussa Barkadleh, plus connu sous le surnom de &#171; Warqo &#187;, pr&#233;sident de la SOGIK et l'un des rares membres fondateurs encore en vie, a tenu &#224; rendre hommage aux 144 actionnaires qui ont fond&#233; l'entreprise. Il a pr&#233;cis&#233; que les revenus dont b&#233;n&#233;ficient aujourd'hui leurs h&#233;ritiers sont le fruit du travail, de la vision et des sacrifices consentis par ces pionniers. &#192; sa demande, une pri&#232;re a &#233;t&#233; observ&#233;e en leur m&#233;moire afin de saluer leur contribution et invoquer la gr&#226;ce divine pour leur salut dans l'au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouleversements du march&#233; du khat en &#201;thiopie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour comprendre les inqui&#233;tudes exprim&#233;es lors de cette assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, il faut revenir sur la &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1671' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;forme du march&#233; du khat&lt;/a&gt; engag&#233;e par les autorit&#233;s &#233;thiopiennes depuis plusieurs ann&#233;es. Confront&#233; &#224; la baisse des recettes en devises, &#224; la contrebande et &#224; un syst&#232;me de commercialisation jug&#233; insuffisamment contr&#244;l&#233;, le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a entrepris de reprendre en main l'ensemble de la fili&#232;re. Inspir&#233;e des r&#233;formes conduites dans les secteurs du caf&#233;, des ol&#233;agineux ou du b&#233;tail, cette strat&#233;gie visait &#224; accro&#238;tre les recettes fiscales, mieux contr&#244;ler les exportations, renforcer la tra&#231;abilit&#233; des flux financiers et am&#233;liorer la r&#233;mun&#233;ration des agriculteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme organise notamment la centralisation des exportations dans des centres agr&#233;&#233;s, la mise en place d'un guichet unique pour les op&#233;rations d'exportation, le renforcement des contr&#244;les douaniers ainsi qu'une restructuration compl&#232;te des circuits de commercialisation. Les autorit&#233;s &#233;thiopiennes souhaitent &#233;galement r&#233;duire le r&#244;le des nombreux interm&#233;diaires qui assuraient jusqu'alors la collecte, le tri, le conditionnement et la commercialisation du khat destin&#233; aux march&#233;s r&#233;gionaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces mesures avaient d&#233;j&#224; suscit&#233; de &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1410' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vives inqui&#233;tudes &#224; Djibouti&lt;/a&gt; comme en Somalie, o&#249; les importateurs redoutaient de perdre la ma&#238;trise de leurs approvisionnements et de la qualit&#233; du produit tout en devant absorber une forte hausse des co&#251;ts d'achat r&#233;sultant des nouvelles modalit&#233;s impos&#233;es par Addis-Abeba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une hausse difficilement absorbable de la fiscalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Abdourahman Moussa Barkadleh (&#171; Warqo &#187;) est ensuite revenu sur les contraintes auxquelles la soci&#233;t&#233; a d&#251; faire face au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, principalement en raison de la poursuite de la r&#233;forme du march&#233; du khat en &#201;thiopie. Selon lui, les nouvelles taxes impos&#233;es en &#201;thiopie repr&#233;sentaient pr&#232;s de deux dollars am&#233;ricains suppl&#233;mentaires par kilogramme import&#233;, soit une hausse d'environ 33 %, sup&#233;rieure &#224; la marge b&#233;n&#233;ficiaire de l'entreprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette situation a plac&#233; la soci&#233;t&#233; dans une position financi&#232;re particuli&#232;rement d&#233;licate. &#192; plusieurs reprises, les importations de khat ont m&#234;me &#233;t&#233; interrompues pendant plusieurs jours. Selon le pr&#233;sident, il n'&#233;tait ni envisageable de vendre &#224; perte ni de r&#233;percuter int&#233;gralement la hausse des co&#251;ts sur les consommateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette crise, il a tenu &#224; souligner le r&#244;le d&#233;terminant jou&#233; par le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Isma&#239;l Omar Guelleh &#224; qui le dirigeant de la SOGIK a pu exposer les d&#233;fis auxquels la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; confront&#233;e. &#192; l'issue de ces &#233;changes, les autorit&#233;s ont accept&#233; de r&#233;duire les taxes per&#231;ues localement de l'&#233;quivalent d'un dollar par kilogramme, absorbant donc la moiti&#233; de l'augmentation impos&#233;e par les nouvelles dispositions &#233;thiopiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Sans cette d&#233;cision, la survie m&#234;me de la soci&#233;t&#233; aurait &#233;t&#233; compromise&lt;/i&gt; &#187;, a affirm&#233; le pr&#233;sident, exprimant la gratitude de l'ensemble des actionnaires envers les autorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;ation d'une filiale en &#201;thiopie porte ses fruits&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre temps fort de son intervention a port&#233; sur la cr&#233;ation, en 2025, d'une filiale de la SOGIK en &#201;thiopie. Cette implantation r&#233;pondait pr&#233;cis&#233;ment aux nouvelles exigences r&#233;glementaires &#233;thiopiennes qui encouragent les investisseurs &#233;trangers &#224; disposer d'une pr&#233;sence locale afin de favoriser la cr&#233;ation d'emplois, renforcer le contr&#244;le des devises et am&#233;liorer la tra&#231;abilit&#233; des op&#233;rations commerciales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le pr&#233;sident, cette d&#233;cision strat&#233;gique s'est r&#233;v&#233;l&#233;e particuli&#232;rement fructueuse. La filiale aurait g&#233;n&#233;r&#233; plus de trois millions de dollars de b&#233;n&#233;fices apr&#232;s imp&#244;ts, permettant le versement de dividendes suppl&#233;mentaires aux actionnaires. Il a &#233;galement soulign&#233; que cette pr&#233;sence directe sur le march&#233; &#233;thiopien a permis d'am&#233;liorer la qualit&#233; des achats, de r&#233;duire les co&#251;ts d'interm&#233;diation et de r&#233;cup&#233;rer une grande partie des surco&#251;ts g&#233;n&#233;r&#233;s par la r&#233;forme fiscale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; cette implantation, la soci&#233;t&#233; serait parvenue &#224; neutraliser une partie importante des effets n&#233;gatifs des nouvelles taxes. Les dividendes vers&#233;s par la filiale &#233;thiopienne sont ainsi venus compenser pour l'essentiel l'impact des mesures prises &#224; Addis-Abeba.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le dirigeant, cette internationalisation constitue l'une des d&#233;cisions les plus importantes prises par la soci&#233;t&#233; depuis sa cr&#233;ation. Il l'a m&#234;me compar&#233;e &#224; l'acte fondateur des 144 actionnaires qui avaient cr&#233;&#233; la SOGIK en 1987, s'accordant au passage un hommage appuy&#233; pour une strat&#233;gie dont les r&#233;sultats semblent aujourd'hui lui donner raison.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4953 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH211/57-sogik-cite-8bb83.jpg?1782390694' width='400' height='211' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sultats financiers en progression&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident a &#233;galement signal&#233; le succ&#232;s du projet immobilier de la Cit&#233; SOGIK, lanc&#233; sous son mandat alors que l'entreprise traversait une p&#233;riode financi&#232;re difficile. Il a indiqu&#233; que l'ensemble du programme, comprenant un logement en duplex pour chaque actionnaire, a &#233;t&#233; enti&#232;rement financ&#233; et rembours&#233; par la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a soulign&#233; qu'&#224; son arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de l'entreprise, celle-ci ne disposait que de ressources limit&#233;es et traversait une p&#233;riode d&#233;licate. Malgr&#233; ce contexte, le projet de lotissement avait &#233;t&#233; lanc&#233; puis men&#233; &#224; son terme. D'un co&#251;t total de 3,2 milliards de francs djiboutiens, la Cit&#233; SOGIK a &#233;t&#233; int&#233;gralement financ&#233;e par l'entreprise. Le pr&#233;sident a pr&#233;sent&#233; cette r&#233;alisation comme l'une des illustrations les plus marquantes de la capacit&#233; de la SOGIK &#224; transformer ses r&#233;sultats en investissements p&#233;rennes au b&#233;n&#233;fice de ses actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commissaire aux comptes, Haibe Osman Saad, a ensuite pr&#233;sent&#233; les r&#233;sultats financiers de l'exercice 2025. En 2025, la SOGIK a r&#233;alis&#233; un chiffre d'affaires de 12,42 milliards de francs djiboutiens, pour un r&#233;sultat d'exploitation de 11,36 milliards de FD et un b&#233;n&#233;fice net de 1,176 milliard de FD. Conform&#233;ment aux r&#232;gles de gestion de la soci&#233;t&#233;, 15 % de ce b&#233;n&#233;fice sont provisionn&#233;s pour de futurs investissements avant la distribution des dividendes aux actionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;sultat est en progression de 146,8 millions de FD par rapport &#224; l'exercice pr&#233;c&#233;dent, dont le b&#233;n&#233;fice net s'&#233;levait &#224; 1,029 milliard de francs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces r&#233;sultats, auxquels viendront s'ajouter les dividendes issus de la filiale &#233;thiopienne, ont &#233;t&#233; accueillis par de longs applaudissements. Plusieurs actionnaires ont salu&#233; la gestion de l'entreprise et la capacit&#233; de la direction &#224; maintenir une croissance des dividendes malgr&#233; un contexte r&#233;gional difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un actionnaire a toutefois exprim&#233; un certain scepticisme quant aux performances annonc&#233;es de la filiale &#233;thiopienne. Prenant la parole devant l'assembl&#233;e, il a fait observer que les comptes de cette structure n'apparaissaient pas dans les documents pr&#233;sent&#233;s par le commissaire aux comptes. Il a &#233;galement indiqu&#233; ne pas avoir le souvenir que les actionnaires aient &#233;t&#233; formellement consult&#233;s ou appel&#233;s &#224; se prononcer sur l'ouverture de cette filiale en &#201;thiopie. Soucieux d'obtenir davantage d'informations sur les activit&#233;s, les r&#233;sultats et la gouvernance de cette entit&#233;, il a demand&#233; que les &#233;tats financiers d&#233;taill&#233;s soient communiqu&#233;s aux associ&#233;s. Le commissaire aux comptes s'est engag&#233; &#224; transmettre &#224; l'ensemble des actionnaires et dans les meilleurs d&#233;lais les comptes de cette filiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avenir de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En conclusion, Abdourahman Moussa Barkadleh a invit&#233; les actionnaires &#224; engager une r&#233;flexion sur l'avenir de la soci&#233;t&#233;. Il a rappel&#233; que si la SOGIK comptait &#224; l'origine 144 actionnaires, le nombre d'associ&#233;s est aujourd'hui proche de 1 400 personnes avec les h&#233;ritiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;volution impose d'envisager une diversification des investissements au-del&#224; des activit&#233;s traditionnelles de l'entreprise. Il a notamment &#233;voqu&#233; des discussions approfondies avec l'ancien ministre de l'Agriculture, de la P&#234;che, de l'Eau et de l'&#201;levage, &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article146' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mohamed Ahmed Awaleh&lt;/a&gt; - dont il a lou&#233; le &#171; pragmatisme inventif &#187; -, autour d'opportunit&#233;s dans le secteur de l'agrobusiness, aussi bien sur les terres attribu&#233;es &#224; Djibouti en &#201;thiopie que sur des terres agricoles locales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident a sollicit&#233; l'autorisation des actionnaires pour lancer une &#233;tude de faisabilit&#233; destin&#233;e &#224; &#233;valuer les co&#251;ts et les retomb&#233;es potentielles d'un tel projet. La proposition a re&#231;u un accueil favorable de la part des participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les formalit&#233;s d'enregistrement des actionnaires qui ont demand&#233; une trentaine de minutes, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale elle-m&#234;me n'a dur&#233; qu'un peu plus de vingt minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale men&#233;e &#224; tambour battant et qui s'est achev&#233;e sur une note d'optimisme quant aux perspectives futures de la SOGIK.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A. &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1671' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Reprise en main du march&#233; du khat en &#201;thiopie&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1410' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Djibouti suspend les importations de khat &#233;thiopien&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article524' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : Puissance khat&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article63' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : Khat : point de vue m&#233;dical&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Financement du commerce djiboutien</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2034</link>
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		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une banque islamique apporte 750 millions de dollars pour la p&#233;riode 2026-2029.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-itfc-89335.jpg?1781937300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un communiqu&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH470/57-itfc-tweet-05a51.jpg?1781937300' width='400' height='470' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique de Djibouti et la Soci&#233;t&#233; internationale islamique de financement du commerce (ITFC) ont sign&#233; ce vendredi 19 juin 2026 &#224; Bakou un nouvel accord-cadre de financement du commerce d'un montant de 750 millions de dollars pour la p&#233;riode 2026-2029. L'accord a &#233;t&#233; paraph&#233; par le ministre djiboutien de l'&#201;conomie et des Finances charg&#233; de l'Industrie, Ilyas Moussa Dawaleh, et le directeur g&#233;n&#233;ral de l'ITFC, Adeeb Yousuf Al Aama, en marge des assembl&#233;es annuelles du Groupe de la Banque islamique de d&#233;veloppement (BID) organis&#233;es &#224; Bakou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les autorit&#233;s djiboutiennes, ce m&#233;canisme de financement doit soutenir plusieurs secteurs strat&#233;giques pour l'&#233;conomie nationale, notamment l'&#233;nergie, la s&#233;curit&#233; alimentaire et les &#233;changes commerciaux. &#171; Cet accord historique t&#233;moigne de la confiance renouvel&#233;e de nos partenaires dans la vision de d&#233;veloppement de Djibouti &#187;, a d&#233;clar&#233; Ilyas Moussa Dawaleh dans un message publi&#233; sur X (ex-Twitter) &#224; l'issue de la c&#233;r&#233;monie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouvel engagement financier s'inscrit dans la continuit&#233; de la coop&#233;ration entre Djibouti et l'ITFC, institution membre du Groupe de la Banque islamique de d&#233;veloppement sp&#233;cialis&#233;e dans le financement du commerce et le soutien aux &#233;conomies des pays membres de l'Organisation de la coop&#233;ration islamique (OCI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Djibouti, dont l'&#233;conomie repose largement sur les activit&#233;s portuaires, logistiques et commerciales, cet appui devrait contribuer au financement des importations de produits essentiels ainsi qu'au renforcement de la r&#233;silience &#233;conomique face aux d&#233;fis r&#233;gionaux et internationaux. Ilyas Moussa Dawaleh a &#233;galement salu&#233; &#171; l'engagement constant &#187; de l'ITFC et du Groupe de la BID en faveur de la transformation &#233;conomique du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Financement du corridor routier</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2033</link>
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		<dc:date>2026-06-19T14:28:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Transports</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Banque mondiale annonce un don de 45 millions de dollars.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/banque_mondiale-logo-b0124.jpg?1781879401' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Communiqu&#233; de la Banque mondiale, 18 juin 2026.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Groupe de la Banque mondiale a approuv&#233; un financement additionnel de 45 millions de dollars am&#233;ricains (sous forme de don) pour le projet de corridor &#233;conomique r&#233;gional de Djibouti dans le cadre de l'Initiative de la Corne de l'Afrique. Ce soutien contribuera &#224; renforcer la connectivit&#233; r&#233;gionale, &#224; am&#233;liorer l'efficacit&#233; logistique et &#224; accro&#238;tre la s&#233;curit&#233; routi&#232;re le long du corridor sud Djibouti&#8211;Addis-Abeba. Ce soutien s'ajoute au projet initial de 70 millions de dollars approuv&#233; en d&#233;cembre 2021 ainsi qu'au financement additionnel de 90 millions de dollars approuv&#233; en septembre 2024, portant ainsi le financement total de la Banque mondiale pour ce projet &#224; 205 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau financement s'appuie sur les enseignements tir&#233;s du projet initial, en particulier sur la n&#233;cessit&#233; d'am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; routi&#232;re. Il financera l'&#233;largissement des sections &#224; haut risque de la route nationale n&#176; 1 entre Arta et Doudoubala en une route &#224; double chauss&#233;e avec s&#233;paration centrale, ainsi que la mise en &#339;uvre de mesures cibl&#233;es de s&#233;curit&#233; dans certaines zones s&#233;lectionn&#233;es. Il permettra &#233;galement de renforcer les syst&#232;mes de drainage, les structures de chauss&#233;e et la r&#233;silience climatique afin de r&#233;sister aux chaleurs extr&#234;mes et aux fortes pr&#233;cipitations.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'op&#233;ration introduit une nouvelle composante ax&#233;e sur la s&#233;curit&#233; des acc&#232;s et la gestion de la s&#233;curit&#233; routi&#232;re. Elle soutiendra le renforcement des institutions, l'am&#233;lioration de la gestion et du contr&#244;le des vitesses ainsi que le perfectionnement des r&#233;glementations relatives &#224; la s&#233;curit&#233; des v&#233;hicules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le financement vise &#233;galement &#224; accro&#238;tre l'impact du corridor sur le d&#233;veloppement local, en particulier au b&#233;n&#233;fice des femmes. Il soutiendra la cr&#233;ation d'aires de repos routi&#232;res et de march&#233;s con&#231;us selon une approche sensible au genre, avec au moins la moiti&#233; des emplacements r&#233;serv&#233;s aux femmes, ainsi que des services cibl&#233;s de conseil aux entreprises. Le projet devrait permettre la cr&#233;ation de 550 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce nouveau financement refl&#232;te l'engagement du Groupe de la Banque mondiale &#224; renforcer la s&#233;curit&#233;, la r&#233;silience et la performance de l'un des corridors de transport les plus strat&#233;giques de la r&#233;gion &#187;, a d&#233;clar&#233; Fatou Fall. &#171; En combinant des infrastructures plus s&#251;res, des institutions plus solides et des opportunit&#233;s &#233;conomiques locales, le projet am&#233;liorera la connectivit&#233; tout en b&#233;n&#233;ficiant aux communaut&#233;s situ&#233;es le long du corridor. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le corridor Djibouti&#8211;Addis-Abeba n'est pas simplement une route ; c'est un corridor &#233;conomique strat&#233;gique qui soutient l'int&#233;gration r&#233;gionale, la r&#233;silience commerciale et une prosp&#233;rit&#233; partag&#233;e &#187;, a d&#233;clar&#233; Ilyas Moussa Dawaleh. &#171; Ce financement contribuera &#224; transformer une art&#232;re commerciale essentielle en un corridor logistique moderne, efficace et durable, renfor&#231;ant ainsi l'ambition de Djibouti de servir de principale porte d'entr&#233;e et plateforme logistique pour la Corne de l'Afrique et au-del&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici 2033, le projet devrait permettre de r&#233;duire le temps de trajet le long du corridor, de diminuer le temps de passage des camions &#224; la fronti&#232;re de Guelileh, d'offrir un acc&#232;s &#224; des routes plus r&#233;silientes &#224; plus de 250 000 personnes et de r&#233;duire de 30 % le nombre de d&#233;c&#232;s dus aux accidents de la circulation. Le projet permettra &#233;galement de r&#233;habiliter 70 kilom&#232;tres de routes selon des normes r&#233;silientes au changement climatique et d'&#233;tendre les syst&#232;mes de gestion du trafic et des incidents en temps r&#233;el.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comm&#233;moration de l'Appel du 18 juin 1940</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2032</link>
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		<dc:date>2026-06-18T13:12:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C&#233;r&#233;monie devant la Croix de Lorraine et &#224; la Maison des anciens combattants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-18juin-e7ab8.jpg?1781788500' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un communiqu&#233; de l'ambassade de France.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Appel du 18 juin 1940 : la r&#233;sistance &#224; Djibouti&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En juin 1940, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle refuse la d&#233;faite, consid&#233;rant que la France a certes perdu une bataille contre l'Allemagne nazie, mais pas la guerre, qu'il d&#233;crit d'embl&#233;e comme une guerre mondiale. Son appel du 18 juin 1940 &#224; la radio de Londres sauve l'honneur et pr&#233;pare la victoire. La France, par la France libre et la R&#233;sistance, reste dans la guerre. Partout dans le monde, des territoires sous administration fran&#231;aise entrent &#224; leur tour dans le combat contre le nazisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eric Jennings, La France libre fut africaine, Paris, Perrin, 2014, 351 p.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La Croix de Lorraine en devient l'embl&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le territoire &#233;tait rest&#233; dans l'orbite p&#233;tainiste en 1940&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lukian Prijac, Le Blocus de Djibouti, Paris, L'Harmattan, 2015, 449 p.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le 6 d&#233;cembre 1942 l'arriv&#233;e des troupes gaullistes &#224; Djibouti entra&#238;ne son ralliement aux c&#244;t&#233;s de la France combattante et des d&#233;fenseurs de la libert&#233;. &#8203;&#8203;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rond-point de la croix de Lorraine &#224; Djibouti : un hommage &#224; l'histoire commune entre Djibouti et la France&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monument de la Croix de Lorraine &#224; Djibouti est &#233;rig&#233; sous l'impulsion du g&#233;n&#233;ral L&#233;on Marie Charles Cogny. Baptis&#233; St&#232;le des Fran&#231;ais libres &#224; Djibouti, il rend hommages aux figures djiboutiennes de la Seconde Guerre mondiale et aux soldats de la France libre et honore tous les anciens combattants d'Afrique, notamment ceux du bataillon somali qui se sont battus aux c&#244;t&#233;s de leurs fr&#232;res d'armes pendant la Seconde Guerre mondiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les travaux de Laurent Jolly, en particulier Tirailleurs de la C&#244;te des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le bataillon Somali &#233;tait compos&#233; principalement de soldats issus des territoires de la Corne de l'Afrique, notamment de Djibouti. Il illustre la contribution essentielle des troupes originaires d'Afrique &#224; l'effort de guerre alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4949 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://human-village.org/IMG/jpg/57-18_juin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH216/57-18_juin-815a9.jpg?1781788500' width='500' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'amiti&#233; historique franco-djiboutienne &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce jeudi 18 juin 2026, le minist&#232;re de la D&#233;fense de Djibouti (repr&#233;sent&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur), l'ambassade de France &#224; Djibouti, les Forces fran&#231;aises stationn&#233;es &#224; Djibouti (FFDJ) se sont r&#233;unis devant le monument afin de c&#233;l&#233;brer cet h&#233;ritage commun qui unit Djibouti et la France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette c&#233;r&#233;monie solennelle a &#233;t&#233; l'occasion de rendre hommage &#224; ceux qui, en 1940 comme en 1942 et tout au long de la Seconde Guerre mondiale, ont choisi la r&#233;sistance et la libert&#233;. Apr&#232;s les lectures de l'appel du 18 juin 1940 par deux &#233;l&#232;ves du lyc&#233;e Kessel et de la citation &#224; l'ordre de l'arm&#233;e du Bataillon de Marche Somali sign&#233; par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle le 20 ao&#251;t 1945, les honneurs militaires ont &#233;t&#233; rendus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les participants se sont ensuite recueillis &#224; la Maison des anciens combattants, o&#249; un moment de recueillement et de m&#233;moire a &#233;t&#233; partag&#233; en l'honneur des v&#233;t&#233;rans et de leur sacrifice. Cet hommage aux anciens combattants s'est conclu par un don de mat&#233;riel m&#233;dical par la section consulaire de l'ambassade de France ainsi qu'un remerciement adress&#233; &#224; M. Hamza Idriss Ahmed pour sa participation &#224; la cr&#233;ation d'une statue repr&#233;sentant un tirailleur sculpt&#233; &#224; partir d'argiles provenant des terres d'origines des soldats. Cette statue a &#233;t&#233; inaugur&#233;e ce 18 juin &#224; Bondy en r&#233;gion parisienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; 18 juin : Bondy rend hommage &#224; la R&#233;sistance et aux tirailleurs africains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eric Jennings, &lt;i&gt;La France libre fut africaine&lt;/i&gt;, Paris, Perrin, 2014, 351 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lukian Prijac, &lt;i&gt;Le Blocus de Djibouti&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2015, 449 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les travaux de &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?auteur80' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Laurent Jolly&lt;/a&gt;, en particulier &lt;i&gt;Tirailleurs de la C&#244;te des Somalis. Des mercenaires au service de la France ?&lt;/i&gt;, Paris, Les Indes savantes, 2019, 324 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.ville-bondy.fr/evenement/18-juin-bondy-rend-hommage-a-la-resistance-et-aux-tirailleurs-africains/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;18 juin : Bondy rend hommage &#224; la R&#233;sistance et aux tirailleurs africains&lt;/a&gt; &#187;, site de la ville de Bondy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand une nation se trompe d'avenir</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2031</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2031</guid>
		<dc:date>2026-06-16T12:31:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ould Amar Yahya</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une nation ne d&#233;couvre jamais le jour exact o&#249; elle s'est tromp&#233;e d'avenir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-avenir_nation-3d274.jpg?1781613300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une nation ne d&#233;couvre jamais le jour exact o&#249; elle s'est tromp&#233;e d'avenir. Il n'y a ni sir&#232;ne, ni effondrement. Les budgets continuent d'&#234;tre vot&#233;s, les routes d'&#234;tre inaugur&#233;es et les gouvernements d'annoncer la croissance. Puis, un matin, elle constate que ses jeunes partent, que ses ressources sont transform&#233;es ailleurs, que ses entreprises ne ma&#238;trisent aucune technologie d&#233;cisive et que le monde avance d&#233;sormais sans elle. Rien ne s'est v&#233;ritablement &#233;croul&#233;. Mais tout s'est d&#233;plac&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1960, la Cor&#233;e du Sud et le Ghana affichaient un revenu par habitant comparable, des structures &#233;conomiques voisines, des perspectives que les experts du moment jugeaient, plut&#244;t favorables au second. Deux g&#233;n&#233;rations plus tard, ils n'habitent plus le m&#234;me si&#232;cle. Ils n'ont pas couru sur la m&#234;me route &#224; des vitesses diff&#233;rentes, ils ont pris, &#224; un carrefour invisible, deux routes distinctes, vers deux destinations distinctes. La distance qui les s&#233;pare aujourd'hui n'est pas un retard. C'est une divergence. Et la premi&#232;re chose &#224; comprendre, pour une nation qui veut se d&#233;velopper, c'est que ces deux mots &#8211; retard et divergence &#8211; ne d&#233;signent pas la m&#234;me chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour penser l'&#233;chec notre vocabulaire politique ne dispose que du mot retard, comme s'il n'existait qu'une seule route et que le d&#233;veloppement consist&#226;t &#224; la parcourir plus ou moins vite. Or il faut distinguer trois grandeurs que ce mot unique recouvre et confond.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a le retard v&#233;ritable : on est sur le bon chemin, simplement en arri&#232;re et l'effort rattrape la distance. Il y a le d&#233;crochage : la distance ne se r&#233;sorbe plus, elle s'accro&#238;t parce que celui qui est devant acc&#233;l&#232;re &#224; mesure qu'il avance. Et il y a la bifurcation : on n'est plus sur le m&#234;me chemin du tout, on se dirige vers une autre destination, et le verbe &#171; rattraper &#187; a cess&#233; d'avoir un sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une bifurcation nationale entra&#238;ne pour le jeune dipl&#244;m&#233; un emploi qui n'existe pas ; pour l'entrepreneur, une technologie qu'il faut importer et un financement inaccessible ; pour la famille, la conviction que l'avenir de ses enfants commence ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les erreurs de trajectoire descendent toujours des tableaux macro&#233;conomiques vers les existences. Elles deviennent de l'&#233;migration, du d&#233;classement, de la d&#233;pendance et, finalement, une perte collective de confiance dans la possibilit&#233; m&#234;me du progr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, la prochaine divergence ne s&#233;parera pas les pays qui poss&#232;dent des ressources de ceux qui n'en poss&#232;dent pas, mais ceux qui auront appris &#224; les transformer, &#224; organiser les donn&#233;es, &#224; ma&#238;triser l'&#233;nergie et &#224; int&#233;grer les technologies nouvelles de ceux qui continueront &#224; n'en exporter que la mati&#232;re brute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les fen&#234;tres de l'histoire ne restent jamais ouvertes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La trag&#233;die des nations qui manquent leur d&#233;veloppement n'est presque jamais d'avoir pris du retard. C'est d'avoir pris une bifurcation pour un retard, d'avoir cru qu'il leur suffisait de marcher plus vite sur une route qui, en r&#233;alit&#233;, ne menait nulle part o&#249; elles voulussent aller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette confusion serait sans gravit&#233; si le monde &#233;tait lin&#233;aire. Dans un monde lin&#233;aire, un &#233;cart de quinze ans reste un &#233;cart de quinze ans. Mais la fronti&#232;re du d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire l'ensemble des capacit&#233;s, des institutions, des complexit&#233;s productives qu'il faut ma&#238;triser pour demeurer une &#233;conomie souveraine et prosp&#232;re, ne se d&#233;place pas &#224; vitesse constante, elle s'&#233;loigne en acc&#233;l&#233;rant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le seuil pour entrer dans le club des nations qui comptent s'&#233;l&#232;ve plus vite qu'une &#233;conomie lente ne peut le gravir. Ce que l'on nomme &#171; l'avantage du retardataire &#187;, cette id&#233;e ch&#232;re &#224; Gerschenkron selon laquelle on peut sauter des &#233;tapes en empruntant aux pionniers leurs technologies d&#233;j&#224; m&#251;ries, demeure vrai, mais seulement pour qui saisit le moment pr&#233;cis d'une mutation ou rupture. Le m&#234;me basculement qui permet au tard-venu de bondir est celui qui, manqu&#233;, creuse l'&#233;cart pour de bon. Les fen&#234;tres ouvrent dans les deux sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car le d&#233;veloppement n'arrive pas en flux continu. Il arrive par fen&#234;tres. Il y a la fen&#234;tre d&#233;mographique : ces quelques d&#233;cennies o&#249; une population compte beaucoup plus de bras actifs que de bouches d&#233;pendantes, dividende que l'Asie de l'Est a converti en miracle &#233;conomique et que tant d'autres ont laiss&#233; se refermer sur une jeunesse sans emploi, devenue facteur d'instabilit&#233;. Il y a la fen&#234;tre g&#233;opolitique : ces moments o&#249; le r&#233;agencement des cha&#238;nes de valeur mondiales, la recomposition des alliances, la nouvelle convoitise pour certaines ressources critiques offrent &#224; un pays une place &#224; prendre, qu'un autre prendra s'il h&#233;site. Il y a la fen&#234;tre financi&#232;re : ces phases o&#249; le capital cherche des rendements et accepte des risques qu'il refusera demain. Chacune de ces fen&#234;tres s'ouvre, demeure entreb&#226;ill&#233;e quelques ann&#233;es, puis se referme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie &#233;conomique nous dit pourquoi cette temporalit&#233; est implacable. Il existe des seuils critiques dans le d&#233;veloppement. En de&#231;&#224; d'un certain niveau d'investissement coordonn&#233; - cette impulsion d'ensemble, massive et simultan&#233;e, que Rosenstein-Rodan appelait le &#171; big push &#187;, celle-l&#224; seule qui fait basculer une &#233;conomie de son mauvais &#233;quilibre vers le bon (Murphy, Shleifer et Vishny) et lui permet d'&#233;chapper &#224; la trappe o&#249;, sinon, elle s'enlise (Azariadis et Drazen) -, l'&#233;conomie retombe inexorablement vers son &#233;quilibre bas, et chaque effort ult&#233;rieur est absorb&#233; par la gravit&#233; du mauvais bassin d'attraction donc n'aura aucun effet.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fen&#234;tre, c'est pr&#233;cis&#233;ment la dur&#233;e pendant laquelle le seuil est franchissable. La manquer, ce n'est pas arriver en retard, c'est &#234;tre condamn&#233; &#224; un autre destin, o&#249; l'on consacrera d&#233;sormais toute son &#233;nergie non plus &#224; avancer, mais &#224; ne pas sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rente n'est pas la puissance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut alors s'interroger sur ce que produit un mauvais chemin. Une trajectoire qui ne fabrique que ce qui peut &#234;tre substitu&#233; ou contourn&#233; est une trajectoire sans souverainet&#233;. Le pays qui ne vend au monde que des mati&#232;res premi&#232;res indiff&#233;renci&#233;es, d&#233;tient une forme de levier, certes, mais le levier le plus fragile qui soit, car il existe toujours un autre gisement, un produit de remplacement, une route alternative. La v&#233;ritable puissance ne r&#233;side pas dans la possession d'une ressource, mais dans la ma&#238;trise d'un goulet d'&#233;tranglement ench&#226;ss&#233; dans des capacit&#233;s et des institutions que l'on ne peut ni copier ni d&#233;localiser du jour au lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rente brute s'&#233;vapore au premier choc de prix ou au premier embargo ; la capacit&#233; accumul&#233;e demeure. Se tromper de trajectoire, pour une nation riche en ressources, c'est confondre ces deux choses : prendre la rente pour de la puissance, et constater un matin qu'elle ne fixe plus rien, ni ses prix, ni ses lois, ni son avenir, suspendus au bon vouloir de march&#233;s et de puissances pour qui elle n'est jamais qu'un levier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les d&#233;cisions raisonnables fabriquent une catastrophe&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nation ne se trompe pas d'avenir le jour o&#249; elle prend une mauvaise d&#233;cision ; elle s'en d&#233;tourne lorsque toutes ses d&#233;cisions raisonnables cessent de composer une direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors pourquoi des nations d&#233;rivent-elles ainsi vers des destins que personne ne souhaitait ? Les uns d&#233;signent l'ext&#233;rieur : l'h&#233;ritage colonial, la d&#233;t&#233;rioration des termes de l'&#233;change, les conditionnalit&#233;s des bailleurs, les r&#232;gles que les puissances imposent aux autres apr&#232;s s'en &#234;tre affranchies, le libre-&#233;change pr&#234;ch&#233; avec un protectionnisme pratiqu&#233;. Les autres d&#233;signent l'int&#233;rieur : la pr&#233;dation des &#233;lites, la corruption, la faiblesse de l'&#201;tat et la confiscation des institutions. Ces deux r&#233;ponses sont vraies et insuffisantes car elles supposent une volont&#233;, un dessein, un responsable. Or la v&#233;rit&#233; est qu'on ne d&#233;cide jamais de se tromper de trajectoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bifurcation commence lorsqu'on reporte une r&#233;forme scolaire parce que ses r&#233;sultats n'appara&#238;tront qu'apr&#232;s le prochain mandat ; on exporte la mati&#232;re brute parce que la transformer exige une &#233;nergie, une logistique et des comp&#233;tences qui n'existent pas encore ; on disperse l'investissement entre cent projets visibles plut&#244;t que de concentrer les moyens sur dix transformations d&#233;cisives. Chaque arbitrage para&#238;t prudent, leur accumulation organise pourtant l'impuissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque minist&#232;re optimise son budget annuel, chaque gouvernement son horizon &#233;lectoral, chaque programme d'ajustement son &#233;quilibre comptable, chaque rente son statu quo, et chacune de ces d&#233;cisions est, prise isol&#233;ment, d&#233;fendable. C'est leur somme qui est une catastrophe. Une banque parfaitement solvable peut &#234;tre emport&#233;e en une journ&#233;e. Il suffit que chaque d&#233;posant, voyant les autres affluer au guichet, juge prudent de retirer ses fonds avant eux. Chacun a raison. Mieux vaut &#234;tre le premier servi que le dernier ruin&#233;. Mais comme tous ont raison en m&#234;me temps, ils vident en quelques heures des coffres qui eussent tenu un si&#232;cle. Nul n'a faut&#233;, c'est la somme des d&#233;cisions sens&#233;es qui a provoqu&#233; la faillite.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'horizon des incitations qui gouvernent les acteurs (cinq ans, un cycle budg&#233;taire, une saison de financement) est d&#233;sesp&#233;r&#233;ment plus court que le temps de la transformation, qui se compte en d&#233;cennies. Un syst&#232;me d'incitations b&#226;ti pour le court terme ne peut pas, m&#234;me peupl&#233; d'hommes intelligents et probes, valoriser le franchissement d'un seuil dont les b&#233;n&#233;fices n'appara&#238;tront que dans vingt ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas de m&#233;chant dans cette histoire. Il y a un syst&#232;me qui r&#233;pond correctement &#224; des incitations qui n'&#233;taient pas &#224; la mesure de l'enjeu. C'est une v&#233;rit&#233; que personne ne veut entendre car si elle est juste il n'y a personne &#224; ha&#239;r, et les peuples ont besoin de ha&#239;r quelqu'un.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nations &#233;valuent minutieusement leurs projets, mais presque jamais la direction dans laquelle leur addition les entra&#238;ne. Il leur faut donc des institutions qui contr&#244;lent la d&#233;pense et des institutions qui interrogent la trajectoire future.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;placement intellectuel qu'exige notre &#233;poque est donc de passer de la question &#171; qui est coupable ? &#187; &#224; la question &#171; quelles institutions peuvent donner au temps long le pouvoir de r&#233;sister aux int&#233;r&#234;ts du pr&#233;sent ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choisir sa route avant que la d&#233;rive ne la choisisse&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il manquerait encore l'essentiel, ce que l'&#233;conomie ne sait pas produire : le courage et la vision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le courage politique consiste &#224; agir lorsque le danger est encore contestable, lorsque les preuves sont incompl&#232;tes et lorsque le co&#251;t de l'anticipation est imm&#233;diat tandis que son b&#233;n&#233;fice demeure invisible. L'environnement politique n'est jamais pr&#234;t. La fronti&#232;re du d&#233;veloppement exige la lucidit&#233; de suspendre ou modifier nos grilles de pens&#233;e puisque le bon sens a prouv&#233; partout ses limites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la vision, ensuite. C'est ici que tant d'&#233;lites des nations &#233;mergentes ont failli. On sait dire ce que l'on perd ; on excelle dans le diagnostic n&#233;gatif, dans l'inventaire de ce qui nous &#233;chappe. Mais on n'a jamais su offrir une vision positive, une image d&#233;sirable de la destination, un avenir pour lequel il vaille la peine de consentir des ann&#233;es de privation. Or on ne mobilise pas un peuple par la peur du d&#233;clin. On ne lui demande pas d'endurer la duret&#233; de la travers&#233;e au seul motif que &#171; sinon, ce sera pire &#187;. Il faut lui montrer la rive. Faute de cette vision, le terrain reste libre pour les deux seules passions qui sont la r&#233;signation et le ressentiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement n'est pas l'accumulation d'agr&#233;gats, c'est l'expansion des libert&#233;s r&#233;elles, l'&#233;largissement de ce qu'un peuple peut &#234;tre et faire. Voil&#224; la destination qu'il faut savoir nomme, ce qu'aucun tableau de bord ne nommera &#224; notre place.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bonne trajectoire n'est pas celle qui promet le plus fort taux de croissance l'ann&#233;e prochaine ; c'est celle qui accro&#238;t, d&#233;cennie apr&#232;s d&#233;cennie, ce que la nation sait produire, d&#233;cider, financer, apprendre et d&#233;fendre par elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fen&#234;tre est encore ouverte pour bien des &#233;conomies &#233;mergentes. Leur d&#233;mographie demeure favorable, les cha&#238;nes de valeur se recomposent, les ressources critiques sont de nouveau convoit&#233;es et le monde multipolaire rend aux pays longtemps p&#233;riph&#233;riques une capacit&#233; de n&#233;gociation. Mais cette conjoncture ne constitue pas encore un destin. Elle n'est qu'une possibilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le verbe d&#233;cisif n'est donc pas &#171; rattraper &#187;. Rattraper suppose qu'il n'existe qu'une seule route, un seul mod&#232;le, une seule histoire d&#233;j&#224; &#233;crite par d'autres que les nations retardataires n'auraient qu'&#224; rejoindre. Le verbe d&#233;cisif est &#171; choisir &#187;, choisir les capacit&#233;s que l'on veut faire na&#238;tre, les d&#233;pendances que l'on refuse de l&#233;guer, les savoirs que l'on veut inscrire dans la dur&#233;e, les souverainet&#233;s que l'on veut rendre possibles, et la place que l'on entend occuper dans l'architecture mouvante du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que ceux qui gouvernent songent alors &#224; la mar&#233;e. Elle ne consulte personne, n'attend aucune majorit&#233;, ne revient pas sous la m&#234;me forme parce qu'un peuple l'a manqu&#233;e. Elle soul&#232;ve les barques quelques heures, puis se retire, laissant sur le sable ceux qui confondaient l'attente avec la prudence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut prendre la mer quand elle est haute, m&#234;me froide, m&#234;me incertaine, m&#234;me dangereuse. Car l'histoire peut pardonner &#224; une nation d'avoir avanc&#233; lentement ; elle pardonne rarement &#224; ceux qui, voyant la fen&#234;tre ouverte, auront pr&#233;f&#233;r&#233; la s&#233;curit&#233; trompeuse du rivage &#224; l'audace d'un destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ould Amar Yahya,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, banquier, financier, ancien administrateur et directeur g&#233;n&#233;ral de la BCIMR/BRED, Djibouti&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans &lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/16/quand-une-nation-se-trompe-davenir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kapitalis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le 16 juin 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reconnaissance contre influence : le pari isra&#233;lien du Somaliland</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2030</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2030</guid>
		<dc:date>2026-06-15T12:19:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Somaliland</dc:subject>
		<dc:subject>Y&#233;men</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La visite du pr&#233;sident somalilandais en Isra&#235;l montre la convergence de deux projets.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Somaliland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;Y&#233;men&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-visite-somaliland_israel-93a2d.jpg?1781526000' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH410/57-visite-somaliland-israel-tweet-7a1bb.jpg?1781526000' width='400' height='410' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La visite officielle en Isra&#235;l du pr&#233;sident du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi dit Cirro, d&#233;passe largement le cadre d'un simple d&#233;placement diplomatique, elle r&#233;v&#232;le la convergence de deux ambitions distinctes mais compl&#233;mentaires : celle d'un territoire en qu&#234;te de reconnaissance internationale et celle d'une puissance r&#233;gionale cherchant &#224; renforcer son empreinte strat&#233;gique dans l'un des espaces maritimes les plus sensibles du monde. Selon les informations rapport&#233;es par les journalistes Amichai Stein et Greer Fay Cashman dans les colonnes du &lt;i&gt;Jerusalem Post&lt;/i&gt;, cette visite devrait marquer une nouvelle &#233;tape dans le rapprochement engag&#233; entre Isra&#235;l et le Somaliland, avec en toile de fond l'inauguration annonc&#233;e d'une repr&#233;sentation diplomatique somalilandaise &#224; J&#233;rusalem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amichai Stein et Greer Fay Cashman, &#171; Somaliland president in Israel to open (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au-del&#224; du symbole politique, cette &#233;volution t&#233;moigne d'une recomposition plus large des &#233;quilibres g&#233;opolitiques autour du d&#233;troit de Bab el-Mandeb, th&#233;&#226;tre de comp&#233;tition strat&#233;gique entre puissances r&#233;gionales et internationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s le quotidien isra&#233;lien, les contacts entre les deux gouvernements se sont intensifi&#233;s au cours des derniers mois. Apr&#232;s une rencontre entre le pr&#233;sident isra&#233;lien Isaac Herzog et son homologue somalilandais lors du Forum &#233;conomique mondial de Davos, plusieurs initiatives diplomatiques ont suivi : nomination d'un ambassadeur du Somaliland en Isra&#235;l, d&#233;signation d'un consul honoraire isra&#233;lien au Somaliland et multiplication des &#233;changes officiels. Cette visite officielle ne constitue pas un premier contact. D'apr&#232;s les m&#233;dias isra&#233;liens, le pr&#233;sident Abdullahi avait d&#233;j&#224; effectu&#233; un d&#233;placement plus discret en Isra&#235;l. Elle appara&#238;t d&#232;s lors comme l'aboutissement visible d'un processus diplomatique amorc&#233; depuis plusieurs mois et d&#233;sormais assum&#233; publiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de son s&#233;jour, le chef de l'&#201;tat somalilandais doit rencontrer plusieurs hauts responsables isra&#233;liens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahou, ainsi que des repr&#233;sentants du secteur priv&#233;, du monde universitaire et des milieux technologiques. Les discussions annonc&#233;es portent notamment sur la coop&#233;ration &#233;conomique, les technologies de l'eau, les &#233;nergies renouvelables, la cybers&#233;curit&#233; ainsi que les questions li&#233;es &#224; la s&#233;curit&#233; maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Somaliland, ce rapprochement rev&#234;t une importance particuli&#232;re. Depuis sa d&#233;claration d'ind&#233;pendance en 1991, Hargeisa poursuit une strat&#233;gie m&#233;thodique visant &#224; obtenir une reconnaissance internationale qui lui permettrait de consolider son statut politique. Malgr&#233; l'absence de reconnaissance internationale formelle, les autorit&#233;s somalilandaises mettent r&#233;guli&#232;rement en avant la stabilit&#233; de leurs institutions, leurs processus &#233;lectoraux et leur capacit&#233; &#224; maintenir un niveau de s&#233;curit&#233; relativement &#233;lev&#233; dans une r&#233;gion fr&#233;quemment marqu&#233;e par les crises politiques et s&#233;curitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, l'&#233;tablissement de relations officielles avec Isra&#235;l repr&#233;sente une avanc&#233;e diplomatique significative. Pour Hargeisa, il ne s'agit pas uniquement d'ajouter un partenaire &#224; son r&#233;seau de relations ext&#233;rieures, mais &#233;galement de d&#233;montrer sa capacit&#233; &#224; nouer des liens avec des acteurs influents de la sc&#232;ne internationale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH648/57-visite-israel-somaliland-tweet-b1966.jpg?1781526000' width='400' height='648' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Isra&#235;l, les motivations apparaissent d'une autre nature. Situ&#233; sur le golfe d'Aden, &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du d&#233;troit de Bab el-Mandeb, le Somaliland occupe une position g&#233;ographique exceptionnelle sur ce corridor maritime strat&#233;gique pour le commerce mondial. Depuis les attaques r&#233;p&#233;t&#233;es des houthis contre les navires marchands et les int&#233;r&#234;ts occidentaux en mer Rouge, cet espace est redevenu un enjeu majeur de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'int&#233;r&#234;t d'Isra&#235;l ne r&#233;side pas uniquement dans l'&#233;tablissement d'une nouvelle relation diplomatique en Afrique. Il s'inscrit dans une logique plus large de s&#233;curisation de son environnement r&#233;gional &#233;largi. Les attaques men&#233;es depuis le Y&#233;men ont mis en &#233;vidence les limites des dispositifs de surveillance existants dans certaines portions de la mer Rouge et du golfe d'Aden. Selon plusieurs observateurs, le rapprochement avec le Somaliland permettra &#224; Isra&#235;l de renforcer sa compr&#233;hension des dynamiques locales et d'am&#233;liorer ses capacit&#233;s d'anticipation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette dimension s&#233;curitaire appara&#238;t d'autant plus importante que des experts isra&#233;liens consid&#232;rent d&#233;sormais les limites de la seule r&#233;ponse militaire. Dans une analyse publi&#233;e par &lt;i&gt;Haaretz&lt;/i&gt; sous le titre &#171; &lt;i&gt;More than airstrikes : How Israel can beat the Houthis in Yemen&lt;/i&gt; &#187;, le journaliste sp&#233;cialis&#233; dans les questions de s&#233;curit&#233; Yossi Melman estime que les frappes a&#233;riennes ne suffiront pas &#224; modifier durablement les capacit&#233;s des houthis. Selon lui, Isra&#235;l devra davantage miser sur les op&#233;rations de renseignement, les actions clandestines, l'infiltration des r&#233;seaux de soutien et la perturbation des ressources &#233;conomiques qui alimentent le mouvement y&#233;m&#233;nite. La confrontation se jouerait ainsi autant dans les sph&#232;res du renseignement et de l'influence que sur le terrain militaire. Sous cet angle, Hargeisa appara&#238;t moins comme une simple capitale diplomatique que comme un poste d'observation privil&#233;gi&#233; sur les dynamiques de la mer Rouge et du golfe d'Aden&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yossi Melman, &#171; More than airstrikes : How Israel can beat the Houthis in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette logique, Melman &#233;voque l'hypoth&#232;se d'une campagne visant les plantations de khat, culture embl&#233;matique du Y&#233;men et pilier &#233;conomique de nombreuses r&#233;gions du pays. L'utilisation d'herbicides pour d&#233;truire ces cultures est pr&#233;sent&#233;e comme une forme de pression indirecte destin&#233;e &#224; fragiliser l'environnement &#233;conomique et social dans lequel &#233;voluent les houthis. Cette d&#233;marche rel&#232;verait davantage de la guerre &#233;conomique que de l'action militaire conventionnelle et soul&#232;verait d'importantes questions humanitaires compte tenu de la d&#233;pendance de nombreuses familles y&#233;m&#233;nites &#224; cette activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le Somaliland acquiert une importance particuli&#232;re aux yeux des strat&#232;ges isra&#233;liens. Situ&#233; &#224; quelques dizaines de kilom&#232;tres seulement des c&#244;tes y&#233;m&#233;nites, sur la rive africaine du golfe d'Aden, le territoire offre un point d'observation privil&#233;gi&#233; sur l'une des zones les plus sensibles du commerce maritime mondial. Au-del&#224; de la dimension diplomatique, une coop&#233;ration renforc&#233;e pourrait contribuer &#224; am&#233;liorer la connaissance de l'environnement r&#233;gional, le suivi des routes maritimes et l'anticipation des menaces affectant la s&#233;curit&#233; du d&#233;troit de Bab el-Mandeb.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aspect maritime occupe d'ailleurs une place centrale dans les &#233;changes &#233;voqu&#233;s par le &lt;i&gt;Jerusalem Post&lt;/i&gt;. Les deux parties consid&#232;rent la s&#233;curit&#233; des voies de navigation comme un enjeu commun, alors que la mer Rouge est un espace de comp&#233;tition strat&#233;gique entre puissances r&#233;gionales et internationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;volution sera observ&#233;e avec attention dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique. La Somalie continue de consid&#233;rer le Somaliland comme faisant partie int&#233;grante de son territoire national et s'oppose &#224; toute initiative susceptible de renforcer sa reconnaissance internationale. L'&#201;thiopie, les &#201;tats du Golfe, la Turquie ainsi que plusieurs puissances occidentales suivent &#233;galement de pr&#232;s les transformations g&#233;opolitiques qui affectent la fa&#231;ade maritime reliant le golfe d'Aden &#224; la mer Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un simple rapprochement diplomatique, cette visite r&#233;v&#232;le la rencontre entre deux ambitions : la qu&#234;te de reconnaissance du Somaliland et la volont&#233; isra&#233;lienne de consolider sa pr&#233;sence en mer Rouge. Si elle se confirme, cette convergence pourrait redessiner une partie des &#233;quilibres g&#233;opolitiques de la Corne de l'Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette strat&#233;gie comporte &#233;galement des risques. En cherchant en Isra&#235;l un raccourci vers la reconnaissance internationale, le Somaliland associe une partie de son avenir diplomatique &#224; l'acteur le plus polarisant du Proche-Orient. Un pari qui pourrait acc&#233;l&#233;rer sa visibilit&#233; sur la sc&#232;ne internationale, tout en compliquant ses relations avec certains partenaires arabes, africains et musulmans. Dans une r&#233;gion o&#249; les alliances produisent autant de contraintes que d'opportunit&#233;s, la reconnaissance a souvent un prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article571' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le Somaliland, sixi&#232;me &#201;tat f&#233;d&#233;r&#233; de Somalie ?&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amichai Stein et Greer Fay Cashman, &lt;a href=&#034;https://www.jpost.com/israel-news/article-899279&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Somaliland president in Israel to open Jerusalem embassy &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;The Jerusalem Post&lt;/i&gt;, 15 juin 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yossi Melman, &lt;a href=&#034;https://www.haaretz.com/israel-news/2025-06-05/ty-article-magazine/.premium/the-khat-warfare-option-how-israel-can-hit-the-houthis-where-it-truly-hurts/00000197-4048-de48-a1f7-f5de30690000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; More than airstrikes : How Israel can beat the Houthis in Yemen &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Haaretz&lt;/i&gt;, 6 juin 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Instabilit&#233; ma&#238;tris&#233;e et comp&#233;tition dans la Corne de l'Afrique</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2029</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2029</guid>
		<dc:date>2026-06-13T19:51:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Naguib Ali Taher</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au c&#339;ur des rivalit&#233;s qui traversent la Corne de l'Afrique, Djibouti appara&#238;t comme un facteur de stabilit&#233; dans un &#233;quilibre r&#233;gional fragile.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-instabilite-d6a2c.jpg?1781389393' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH534/57-instabilite-09b99.jpg?1781389393' width='400' height='534' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La situation dans la Corne de l'Afrique est syst&#233;matiquement qualifi&#233;e d'&#171; instabilit&#233; chronique &#187;, un diagnostic r&#233;ducteur qui occulte davantage les m&#233;canismes structurels qu'il ne les &#233;claire. La r&#233;gion ne fonctionne pas comme un ensemble d'&#201;tats d&#233;faillants, mais plut&#244;t comme un syst&#232;me d'instabilit&#233; ma&#238;tris&#233;e &#8212; un d&#233;sordre calibr&#233; o&#249; fractures internes et pr&#233;dations externes contribuent &#224; la p&#233;rennisation d'entit&#233;s politiques qui ne se consolident jamais pleinement, sans pour autant s'effondrer enti&#232;rement. Le centre de gravit&#233; de ce syst&#232;me est le d&#233;troit de Bab el-Mandeb, par lequel transite approximativement un dixi&#232;me du commerce maritime mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysage strat&#233;gique ne r&#233;sulte pas d'une orchestration unique par une puissance ext&#233;rieure, mais d'une comp&#233;tition multipolaire : les &#201;mirats arabes unis (EAU) ont &#233;difi&#233; un dispositif d'encerclement maritime ; l'Arabie saoudite exerce une autorit&#233; discr&#232;te mais structurante ; la Turquie s'est assur&#233;e une niche militaro-commerciale durable ; et la Chine domine les infrastructures physiques du corridor en tant qu'investisseur et op&#233;rateur, dont les engagements cr&#233;ent une interd&#233;pendance productive, quoique asym&#233;trique. Dans ce contexte concurrentiel, un petit &#201;tat a accompli ce qu'aucune puissance n'a pu imposer par la coercition : un contr&#244;le souverain et durable du point de passage strat&#233;gique, assorti d'un arrangement tacite avec son puissant voisin enclav&#233;, que nul acteur ext&#233;rieur ne peut se permettre de rompre sans risque syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La strat&#233;gie g&#233;o&#233;conomique des &#201;mirats arabes unis&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La posture ext&#233;rieure des EAU prend racine dans une contrainte g&#233;ographique fondamentale. Leur fa&#231;ade maritime s'ouvre sur le golfe Persique, dont l'unique d&#233;bouch&#233;, le d&#233;troit d'Ormuz, demeure sous la menace permanente de la puissance militaire iranienne. Pour Abou Dhabi, cette configuration n'est pas une hypoth&#232;se strat&#233;gique, mais un pi&#232;ge logistique existentiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse &#233;miratie a consist&#233; &#224; &#233;difier un contournement g&#233;o&#233;conomique de l'ensemble de la p&#233;ninsule arabique. L'ol&#233;oduc Habshan-Fuja&#239;rah permet d&#233;j&#224; de d&#233;tourner les exportations de brut vers le golfe d'Oman, au-del&#224; d'Ormuz. Toutefois, les pipelines sont fixes, tandis que les navires sont mobiles. Les EAU ont donc entrepris, sur une d&#233;cennie, de s&#233;curiser un chapelet de positions commerciales fortifi&#233;es encerclant la p&#233;ninsule : Fuja&#239;rah (est), Socotra (sud), Safaga et A&#239;n Sokhna en &#201;gypte (ouest), Aqaba en Jordanie (nord), et le terminal sud du port islamique de Djeddah en Arabie saoudite. L'accord de 35 milliards de dollars pour la ville intelligente de Ras el-Hekma, sur la c&#244;te m&#233;diterran&#233;enne &#233;gyptienne, parach&#232;ve cette architecture en la reliant directement aux march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas d'un portefeuille d'investissements &#224; finalit&#233; commerciale, mais d'une strat&#233;gie de survie nationale dissimul&#233;e sous les apparences du d&#233;veloppement &#233;conomique. Son centre de gravit&#233; demeure la Corne de l'Afrique, o&#249; les EAU recherchent l'objectif qui leur &#233;chappe encore : la ma&#238;trise souveraine de la rive africaine de Bab el-Mandeb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Logiques concurrentes : Arabie saoudite et Turquie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ambitions maritimes &#233;miraties ne s'exercent pas en vase clos. Deux autres puissances, chacune anim&#233;e par une logique strat&#233;gique distincte, compliquent ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'Arabie saoudite : l&#233;gitimit&#233; g&#233;ographique et prudence strat&#233;gique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Arabie saoudite aborde la mer Rouge depuis une position de l&#233;gitimit&#233; g&#233;ographique et de prudence historique. Elle est le plus vaste &#201;tat riverain, dot&#233; d'un littoral de plus de 1 700 kilom&#232;tres, et sa Vision 2030 a fait de la mer Rouge un axe central de transformation &#233;conomique (projets NEOM, tourisme de luxe, expansion du port du roi Abdallah). Riyad partage ainsi l'int&#233;r&#234;t &#233;mirati pour la stabilit&#233; de Bab el-Mandeb, tout en se montrant r&#233;ticent face &#224; l'unilat&#233;ralisme d'Abou Dhabi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le principe des &#201;tats riverains, selon lequel seuls les pays disposant d'une fa&#231;ade sur la mer Rouge devraient en d&#233;terminer la gouvernance, constitue autant une initiative saoudienne qu'&#233;gyptienne. Il vise &#224; contenir l'expansion &#233;miratie sans provoquer de rupture ouverte entre alli&#233;s du Golfe. Parall&#232;lement, Riyad entretient un r&#233;seau de relations prudentes : dialogue avec Asmara et Addis-Abeba, exploration d'investissements &#224; Assab, maintien de canaux ouverts avec Djibouti, tout en restant en retrait sur la question du Somaliland. Son objectif n'est pas de dominer le d&#233;troit, mais d'emp&#234;cher qu'une puissance unique - en particulier un partenaire ambitieux comme les EAU - n'impose seule ses conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;La Turquie : strat&#233;gie pragmatique et solidarit&#233; musulmane&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Turquie suit une trajectoire distincte. &#201;cart&#233;e de l'axe s&#233;curitaire arabo-golfien et en tension croissante avec les EAU et l'&#201;gypte, Ankara a construit son influence &#224; partir de Mogadiscio. Depuis 2017, elle y maintient sa plus grande base militaire &#224; l'&#233;tranger, forme les forces somaliennes et s'int&#233;gre &#224; l'architecture s&#233;curitaire du pays. Ses entreprises g&#232;rent &#233;galement l'a&#233;roport et le port de la capitale, constituant un hub logistique modeste mais symboliquement puissant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En &#201;thiopie, les drones turcs ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant lors du conflit du Tigr&#233;, ouvrant la voie &#224; un approfondissement de la coop&#233;ration militaro-industrielle. L'approche turque est pragmatique, opportuniste, m&#234;lant s&#233;curit&#233;, p&#233;n&#233;tration commerciale et solidarit&#233; musulmane soigneusement mise en avant. Elle offre ainsi &#224; la Somalie et &#224; l'&#201;thiopie des alternatives qui fragilisent la coh&#233;sion du bloc des &#201;tats riverains, sans que la Turquie ait besoin de contr&#244;ler directement un littoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fragmentation comme condition d'ing&#233;rence&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; leurs diff&#233;rences, les puissances ext&#233;rieures exploitent toutes un &#233;l&#233;ment commun : la fragmentation politique de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Somalie et Somaliland&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En Somalie, les EAU ont trouv&#233; un terrain propice. L'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale y demeure fragile, al-Shabaab persiste, et les crises politiques se multiplient. Loin d'&#234;tre un obstacle, cette instabilit&#233; constitue le levier strat&#233;gique de leur politique. Au Somaliland, DP World a obtenu une concession de trente ans pour le port de Berbera, accompagn&#233;e d'un investissement de 442 millions de dollars ; au Puntland, un accord a &#233;t&#233; conclu pour Bosaso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces positions offrent &#224; l'&#201;thiopie une alternative maritime longtemps recherch&#233;e. Puissance d&#233;mographique de plus de 120 millions d'habitants, l'&#201;thiopie d&#233;pend depuis trois d&#233;cennies d'un corridor unique pour 95 % de son commerce. Le m&#233;morandum sign&#233; en 2024 avec le Somaliland, &#233;changeant reconnaissance diplomatique contre acc&#232;s naval et commercial &#224; Berbera, constitue la tentative la plus explicite d'Addis-Abeba pour r&#233;duire cette d&#233;pendance. Bien que cet accord reste incertain, sa logique est irr&#233;versible : la croissance d&#233;mographique et les besoins d'importation exigent un pouvoir de n&#233;gociation, non une d&#233;pendance subie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Soudan et &#201;rythr&#233;e&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Soudan illustre l'extr&#234;me de cette fragmentation. Depuis avril 2023, la guerre oppose les forces arm&#233;es soudanaises (SAF) aux Forces de soutien rapide (RSF), dans un contexte d'ing&#233;rences ext&#233;rieures syst&#233;miques. L'&#201;gypte soutient l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, tandis que les EAU sont accus&#233;s d'appuyer les paramilitaires RSF via des bases a&#233;riennes tchadiennes et centrafricaines. L'annulation, en novembre 2024, d'un accord portuaire de six milliards de dollars avec Abou Dhabi t&#233;moigne de ces tensions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'oppos&#233;, l'&#201;rythr&#233;e a choisi de monnayer sa position g&#233;ographique avec prudence. L'accord conclu en 2026 avec l'&#201;gypte pour moderniser le port d'Assab marque son &#233;mergence comme acteur strat&#233;gique, tout en pr&#233;servant une opacit&#233; tactique qui lui permet de tirer profit des rivalit&#233;s sans s'y enliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti : l'exception strat&#233;gique et la neutralit&#233; active&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet &#233;chiquier, Djibouti constitue une anomalie remarquable. Petit &#201;tat de 1,2 million d'habitants, d&#233;pourvu de ressources naturelles significatives, il n'a connu aucun conflit arm&#233; majeur depuis 1994. Cette stabilit&#233; r&#233;sulte d'un choix strat&#233;gique d&#233;lib&#233;r&#233; : consolider ses institutions avant de s'ouvrir aux rivalit&#233;s ext&#233;rieures, et traiter la comp&#233;tition des grandes puissances comme un march&#233; de services g&#233;ostrat&#233;giques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti accueille simultan&#233;ment des bases am&#233;ricaines, chinoises, fran&#231;aises, japonaises et italiennes. Il loue sa g&#233;ographie sans devenir un champ de bataille. Il joue un r&#244;le de m&#233;diateur r&#233;gional (IGAD, tensions &#201;thiopie-Somalie, cessez-le-feu soudanais), pr&#233;cis&#233;ment parce que sa neutralit&#233; est cr&#233;dible et que sa souverainet&#233; n'est pas n&#233;gociable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;troit contr&#244;l&#233; par Djibouti est celui que les EAU ont le plus besoin de ma&#238;triser et qu'ils ne peuvent acheter. La compagnie DP World a &#233;t&#233; expuls&#233;e par Djibouti, qui a d&#233;fendu sa d&#233;cision souveraine &#224; travers sept ans d'arbitrage international, conclus en janvier 2026 par une sentence contraignante de plus d'un milliard de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interd&#233;pendance structurante : &#201;thiopie, Djibouti et Chine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La relation entre Djibouti et l'&#201;thiopie illustre une interd&#233;pendance r&#233;ciproque et sophistiqu&#233;e. Le chemin de fer Addis-Abeba&#8211;Djibouti, financ&#233; et construit par la Chine, assure l'essentiel du commerce &#233;thiopien. Mais cette d&#233;pendance est bidirectionnelle. Djibouti cherche &#224; diversifier sa client&#232;le en s'ouvrant &#224; d'autres march&#233;s r&#233;gionaux (Soudan du Sud, Rwanda), transformant une relation bilat&#233;rale en plateforme logistique r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;La dette chinoise : pari &#233;conomique ou pi&#232;ge g&#233;opolitique ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette architecture repose largement sur des investissements chinois (China Exim Bank, China Merchants Port Holdings). Le chemin de fer, la concession du terminal Doraleh et les zones logistiques repr&#233;sentent un ensemble de plusieurs milliards de dollars de pr&#234;ts et investissements. En r&#233;ponse aux analyses alarmistes sur la &#171; diplomatie de la dette &#187;, il convient de distinguer :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; les pr&#234;ts de consommation (d&#233;penses r&#233;currentes, d&#233;ficits budg&#233;taires) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; les pr&#234;ts d'investissements productifs (infrastructures g&#233;n&#233;rant des revenus).&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti n'a pas accumul&#233; de dette pour financer des d&#233;penses r&#233;currentes, mais pour construire des infrastructures productives qui exploitent son seul avantage comparatif naturel : sa position g&#233;ographique sur l'une des plus importantes routes maritimes mondiales. Ces infrastructures g&#233;n&#232;rent des revenus qui servent la dette, selon une logique commerciale &#233;l&#233;mentaire appliqu&#233;e aux bilans d'entreprise mais fr&#233;quemment ignor&#233;e lorsqu'il s'agit d'&#201;tats africains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les donn&#233;es confirment cette logique : le volume du commerce &#233;thiopien continue de cro&#238;tre ainsi que les revenus des infrastructures djiboutiennes. Le chemin de fer a progressivement augment&#233; sa capacit&#233; de fret, r&#233;duisant le temps et les co&#251;ts pour les importateurs et exportateurs &#233;thiopiens. Les investissements dans les zones franches encore en maturation visent &#224; attirer la fabrication l&#233;g&#232;re et le transbordement, diversifiant les revenus au-del&#224; des simples frais portuaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit donc pas d'une spirale de la dette, mais d'un investissement pr&#233;alable dans un &#233;cosyst&#232;me logistique dont les retours s'accumulent sur des d&#233;cennies, et non sur des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;La Chine : investisseur commercial et non pr&#233;dateur g&#233;opolitique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le de la Chine comme principal investisseur et op&#233;rateur s'interpr&#232;te mieux comme un pari commercial sur la viabilit&#233; du corridor, qui aligne les int&#233;r&#234;ts de P&#233;kin avec le fonctionnement continu des infrastructures qu'elle a construites. China Merchants Port Holdings g&#232;re le port de Doraleh non parce qu'elle a pi&#233;g&#233; un emprunteur vuln&#233;rable, mais parce qu'elle est un partenaire commercial comp&#233;tent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti, rappelons-le, a expuls&#233; DP World apr&#232;s avoir conclu que la compagnie avait outrepass&#233; ses droits ; il a d&#233;fendu sa d&#233;cision souveraine &#224; travers sept ans d'arbitrage international et a obtenu gain de cause. Il a ensuite restructur&#233; le terminal avec des partenaires chinois selon des termes acceptables, tout en maintenant la fonction g&#233;n&#233;ratrice de revenus de l'actif et en continuant d'accueillir des bases am&#233;ricaines, fran&#231;aises, japonaises et italiennes. Un &#201;tat capable d'expulser un op&#233;rateur mondial, de le battre en justice et de le remplacer par un autre selon ses propres termes n'est pas une victime de la diplomatie de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle cartographie du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un bloc &#233;mergent - &#201;gypte, &#201;rythr&#233;e, SAF soudanaises, Somalie et Djibouti, avec l'appui tacite de l'Arabie saoudite - se dessine progressivement. Il ne s'agit ni d'une coalition anti-&#233;miratie ni d'une strat&#233;gie d'endiguement de l'&#201;thiopie, mais d'un m&#233;canisme d'&#233;quilibre visant &#224; pr&#233;server un ordre r&#233;gional fond&#233; sur le consensus des &#201;tats riverains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'Arabie saoudite, ce m&#233;canisme vise &#224; contenir l'aventurisme &#233;mirati sans briser l'alliance du Golfe et assurer que la mer Rouge demeure un espace de consensus. Pour Djibouti, cela renforce son caract&#232;re incontournable sans provoquer Addis-Abeba. Pour l'&#201;gypte, c'est une profondeur strat&#233;gique sur deux fronts : le Nil et la mer Rouge. Pour la Turquie, cela repr&#233;sente un alignement qui complique ses ambitions, bien que son pragmatisme lui permette de traiter avec les deux camps selon les opportunit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Chine observe depuis les infrastructures qu'elle a financ&#233;es et construites, pr&#233;f&#233;rant cet ordre ma&#238;tris&#233; &#224; tout r&#233;alignement dramatique qui pourrait compromettre le service de la dette ou la logistique. Son silence n'est pas une absence, mais le calme d'un actionnaire dont le capital est d&#233;j&#224; engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Corne de l'Afrique ne s'effondrera pas, mais ne se stabilisera pas davantage. Elle persistera comme un espace de d&#233;sordre ma&#238;tris&#233;, disput&#233; entre b&#226;tisseurs de ports, diplomates prudents, entrepreneurs militaires et investisseurs de long terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti en demeure l'ancrage central, non par sa puissance militaire, mais par sa capacit&#233; &#224; mon&#233;tiser sa position sans ali&#233;ner sa souverainet&#233;. La question demeure ouverte : l'&#233;quilibre tacite entre un &#201;tat pivot, un g&#233;ant enclav&#233; et un investisseur lointain pourra-t-il r&#233;sister aux pressions croissantes des ambitions r&#233;gionales et de l'instabilit&#233; structurelle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;troit de Bab el-Mandeb n'a pas encore livr&#233; son verdict. Les puissances qui en convoitent les rivages commencent &#224; peine &#224; mesurer la solidit&#233; d'un &#233;quilibre fond&#233; non sur la contrainte ou la charit&#233;, mais sur la convergence lucide des int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Naguib Ali Taher,&lt;/strong&gt; responsable de la communication &#224; la pr&#233;sidence djiboutienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'urgence d'une croissance inclusive</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2028</link>
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		<dc:date>2026-06-13T19:40:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Mohamed Elmi</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une &#233;volution n&#233;cessaire au vu de la crise &#233;nerg&#233;tique mondiale.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-inclusive-889db.jpg?1781389393' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; Isma&#239;l Omar Guelleh entame un sixi&#232;me mandat, Djibouti se trouve &#224; un moment de v&#233;rit&#233;. Le pays affiche encore un taux de croissance enviable, port&#233; par les ports, la logistique, les zones franches et la rente strat&#233;gique. Mais derri&#232;re cette fa&#231;ade macro&#233;conomique se cache une &#233;conomie fragile, peu inclusive, lourdement endett&#233;e et expos&#233;e aux chocs g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre au Proche-Orient et les perturbations du d&#233;troit d'Ormuz rappellent brutalement que Djibouti vit au c&#339;ur des lignes de fracture mondiales. Le d&#233;troit d'Ormuz est un passage vital pour l'&#233;nergie mondiale ; les tensions r&#233;centes ont provoqu&#233; une forte volatilit&#233; de cours du p&#233;trole et des inqui&#233;tudes sur l'approvisionnement mondial. Pour un pays qui importe l'essentiel de son &#233;nergie, de ses biens alimentaires et de ses produits manufactur&#233;s, un choc prolong&#233; sur les prix du p&#233;trole, du fret et de l'assurance maritime se traduit directement par une hausse du co&#251;t de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte particuli&#232;rement tendu, la r&#233;cente visite de plusieurs jours &#224; Djibouti de Catherine Vautrin, ministre fran&#231;aise des Arm&#233;es et des Anciens combattants, illustre le regain d'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique de l'ancienne puissance coloniale pour la Corne de l'Afrique et la mer Rouge. Cette pr&#233;sence politique et militaire intervient alors que le porte-avions Charles de Gaulle et son groupe a&#233;ronaval se positionnent en mer Rouge dans le contexte des tensions croissantes au Proche-Orient et de la s&#233;curisation des routes maritimes internationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France, historiquement implant&#233;e &#224; Djibouti, red&#233;couvre ainsi l'importance g&#233;ostrat&#233;gique de ce territoire situ&#233; &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du d&#233;troit de Bab el-Mandeb, passage vital entre la mer Rouge et l'oc&#233;an Indien. Cette r&#233;affirmation de la pr&#233;sence fran&#231;aise intervient &#233;galement dans un contexte de comp&#233;tition croissante entre puissances internationales : &#201;tats-Unis, Chine, France, Japon, Turquie, Isra&#235;l et pays du Golfe renforcent tous leur pr&#233;sence ou leurs int&#233;r&#234;ts dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Djibouti, cette situation constitue &#224; la fois une opportunit&#233; et un risque. Opportunit&#233;, car la multiplication des int&#233;r&#234;ts militaires et commerciaux consolide sa rente g&#233;ostrat&#233;gique. Risque &#233;galement, car le pays pourrait se retrouver expos&#233; aux cons&#233;quences d'une confrontation r&#233;gionale ou d'une escalade entre puissances rivales pr&#233;sentes sur son territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une croissance forte, mais socialement d&#233;cevante&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti est une petite &#233;conomie avec environ 4,3 milliards de dollars de PIB en 2024, mais son positionnement g&#233;ographique lui donne une importance strat&#233;gique disproportionn&#233;e. Sa croissance repose largement sur les services, notamment les activit&#233;s portuaires, la logistique, le commerce de transit et les r&#233;exportations vers l'&#201;thiopie. La Banque mondiale souligne que l'&#233;conomie djiboutienne reste fortement d&#233;pendante de l'activit&#233; portuaire et donc expos&#233;e aux chocs commerciaux et g&#233;opolitiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette croissance a pourtant peu transform&#233; la vie quotidienne de la majorit&#233; de la population. Depuis plus de deux d&#233;cennies, Djibouti a investi massivement dans les infrastructures : ports, chemin de fer Djibouti&#8211;Addis-Abeba, zones franches, ol&#233;oduc Hadagalla-Djibouti, terminal polyvalent, ports de Goubet et de Tadjourah. Mais ces projets, souvent financ&#233;s par des emprunts ext&#233;rieurs co&#251;teux, ont cr&#233;&#233; peu d'emplois durables et n'ont pas suffisamment &#233;largi la base productive nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe djiboutien est l&#224; : le pays cro&#238;t, mais la pauvret&#233; demeure ; les ports s'&#233;tendent, mais le ch&#244;mage reste massif ; les infrastructures se modernisent, mais l'&#233;cole, la sant&#233;, le logement, l'eau, l'assainissement et les services publics restent sous tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s vingt-cinq ann&#233;es de pouvoir &#171; iogien &#187;, le mod&#232;le &#233;conomique djiboutien appara&#238;t davantage comme une &#233;conomie de rente et de transit que comme une &#233;conomie productive. Les bases militaires &#233;trang&#232;res, les revenus portuaires et les monopoles publics ont permis &#224; l'&#201;tat de maintenir une croissance relativement &#233;lev&#233;e sans pour autant transformer profond&#233;ment les structures &#233;conomiques et sociales du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bilan &#233;conomique des cinq pr&#233;c&#233;dents mandats&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le secteur priv&#233; national reste &#233;troit, souvent d&#233;pendant de la commande publique ou domin&#233; par des r&#233;seaux proches du pouvoir. Les entreprises publiques contr&#244;lent des secteurs essentiels : ports, &#233;lectricit&#233;, eau, t&#233;l&#233;communications, zones franches. Ce mod&#232;le a permis d'obtenir des taux de croissance &#233;lev&#233;s, parfois sup&#233;rieurs &#224; 6 %, mais il n'a pas cr&#233;&#233; une &#233;conomie nationale inclusive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ch&#244;mage, notamment celui des jeunes, reste end&#233;mique. Dans un pays o&#249; la jeunesse repr&#233;sente une part importante de la population, l'absence massive d'emplois repr&#233;sente un risque &#233;conomique mais aussi social et politique. La pauvret&#233; demeure &#233;lev&#233;e. Le co&#251;t de la vie p&#232;se lourdement sur les m&#233;nages, particuli&#232;rement dans les quartiers populaires de Djibouti-ville o&#249; les prix des loyers, de l'&#233;lectricit&#233;, de l'eau et des produits alimentaires absorbent une part croissante des revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les importations alimentaires rendent &#233;galement le pays extr&#234;mement vuln&#233;rable aux crises internationales. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), Djibouti importe pr&#232;s de 90 % de ses besoins alimentaires. Cette d&#233;pendance expose directement les m&#233;nages aux hausses des prix mondiaux de la farine, du riz, des huiles alimentaires ou du carburant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La croissance djiboutienne reste donc une croissance de flux, de corridors et de ports, mais pas encore une croissance de production nationale, de transformation industrielle ou de cr&#233;ation massive d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une conjoncture dangereuse : mer Rouge, Ormuz&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre au Proche-Orient change profond&#233;ment l'&#233;quation r&#233;gionale. Djibouti b&#233;n&#233;ficie, dans une certaine mesure, des tensions en mer Rouge gr&#226;ce &#224; une r&#233;orientation de certains flux maritimes et &#224; l'augmentation du transbordement. Mais cette opportunit&#233; demeure fragile. Les perturbations dans le d&#233;troit d'Ormuz et les risques s&#233;curitaires en mer Rouge pourraient rapidement transformer cet avantage en vuln&#233;rabilit&#233;. Une hausse durable du p&#233;trole toucherait Djibouti &#224; plusieurs niveaux : carburants, production &#233;lectrique thermique, transport routier, fret maritime, assurances, co&#251;t des importations et finances publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si l'inflation officielle reste relativement mod&#233;r&#233;e gr&#226;ce &#224; l'ancrage du franc djiboutien au dollar et au maintien de certains prix administr&#233;s, la perception populaire est tout autre. Pour une grande partie de la population, la vie quotidienne devient de plus en plus co&#251;teuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti peut temporairement tirer profit de sa position de hub logistique r&#233;gional, mais il peut aussi devenir victime d'un choc g&#233;opolitique mondial qu'il ne ma&#238;trise pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dette devenue insoutenable&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le point le plus pr&#233;occupant reste la dette. Le FMI consid&#232;re que Djibouti demeure en situation de surendettement avec une dette jug&#233;e insoutenable qui n'a pas commenc&#233; &#224; &#234;tre rembours&#233;e. Une grande partie de cette dette est li&#233;e aux infrastructures financ&#233;es par des emprunts ext&#233;rieurs, notamment chinois. Le probl&#232;me n'est pas seulement le niveau de la dette, mais la faible rentabilit&#233; &#233;conomique et sociale de certains projets. Lorsque les infrastructures ne g&#233;n&#232;rent pas suffisamment de recettes, lorsque les entreprises publiques reversent peu de dividendes &#224; l'&#201;tat et lorsque la fiscalit&#233; demeure faible, la dette devient un pi&#232;ge structurel. Cette situation r&#233;duit les marges budg&#233;taires, limite les d&#233;penses sociales et rend le pays d&#233;pendant de n&#233;gociations permanentes avec ses cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La feuille de route n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti n'a pas seulement besoin de croissance. Il a besoin d'un nouveau pacte &#233;conomique, social et institutionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re priorit&#233; est de ren&#233;gocier la dette de mani&#232;re transparente. Le gouvernement doit publier une photographie claire de la dette publique, des garanties accord&#233;es aux entreprises publiques et des &#233;ch&#233;ances financi&#232;res &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me priorit&#233; est de r&#233;former les entreprises publiques. Les ports, l'&#233;lectricit&#233;, l'eau, les routes, les t&#233;l&#233;communications et les zones franches doivent devenir de v&#233;ritables instruments de d&#233;veloppement national et non uniquement des centres de rente ou de monopoles peu performants.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me priorit&#233; est de diversifier l'&#233;conomie. Djibouti ne peut plus d&#233;pendre presque exclusivement du transit &#233;thiopien, des bases militaires &#233;trang&#232;res et des activit&#233;s portuaires. Le pays doit investir dans les &#233;nergies renouvelables, les services num&#233;riques, la p&#234;che, l'agriculture, la logistique &#224; valeur ajout&#233;e (LVA), le tourisme r&#233;gional, les industries l&#233;g&#232;res et la formation professionnelle. La LVA offre des services tels que le reconditionnement, l'&#233;tiquetage ou l'assemblage qui cr&#233;eraient de nombreux emplois. &lt;br class='autobr' /&gt;
La quatri&#232;me priorit&#233; est sociale. Une part plus importante de la richesse nationale doit &#234;tre orient&#233;e vers l'&#233;cole, la sant&#233;, le logement, l'eau, l'assainissement et les infrastructures urbaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la cinqui&#232;me priorit&#233; est la gouvernance. Sans transparence, sans lutte efficace contre la corruption, sans concurrence &#233;conomique r&#233;elle et sans modernisation de l'administration publique, aucune r&#233;forme &#233;conomique ne pourra produire ses effets durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : sortir de l'&#233;conomie de rente&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti ne manque ni d'atouts ni d'intelligence strat&#233;gique. Sa position g&#233;ographique, son r&#244;le logistique, sa proximit&#233; avec l'&#201;thiopie, sa place dans la mer Rouge et la concentration exceptionnelle de bases militaires lui donnent des avantages consid&#233;rables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ces avantages ont trop longtemps &#233;t&#233; transform&#233;s en rente plut&#244;t qu'en d&#233;veloppement partag&#233;. Le sixi&#232;me mandat d'Isma&#239;l Omar Guelleh ne peut &#234;tre la simple continuit&#233; des cinq pr&#233;c&#233;dents. Il doit &#234;tre celui d'une transformation &#233;conomique r&#233;elle capable de r&#233;duire la dette, cr&#233;er des emplois, am&#233;liorer les services publics et renforcer la r&#233;silience nationale face aux crises internationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre au Proche-Orient et les tensions autour du d&#233;troit d'Ormuz constituent un avertissement strat&#233;gique majeur. Un pays trop d&#233;pendant des ports, des importations, des bases &#233;trang&#232;res et de la dette ext&#233;rieure reste vuln&#233;rable aux secousses du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti doit d&#233;sormais passer d'une &#233;conomie de position &#224; une &#233;conomie de production, d'une croissance de rente &#224; une croissance de transformation, et d'un &#201;tat rentier &#224; un v&#233;ritable &#201;tat de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Omar Mohamed Elmi,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, essayiste et analyste g&#233;opolitique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Banque mondiale, &lt;i&gt;Djibouti's Economy Shows Resilience Amid Global Uncertainty&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.worldbank.org/ext/en/country/djibouti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; FMI, &lt;i&gt;Djibouti&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.imf.org/en/countries/dji&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Banque africaine de d&#233;veloppement, &lt;i&gt;Djibouti&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.afdb.org/fr/countries/east-africa/djibouti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Programme alimentaire mondial, &lt;i&gt;Djibouti&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.wfp.org/countries/djibouti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>David Hall : le diplomate britannique qui s'appr&#234;te &#224; d&#233;couvrir Djibouti</title>
		<link>https://human-village.org/spip.php?article2027</link>
		<guid isPermaLink="true">https://human-village.org/spip.php?article2027</guid>
		<dc:date>2026-06-08T17:47:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il prendra ses fonctions comme ambassadeur dans le pays en octobre 2026.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_6-david_hall-e0787.jpg?1780944048' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH402/57-david_hall-cf337.jpg?1780947468' width='400' height='402' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Royaume-Uni a choisi son prochain repr&#233;sentant &#224; Djibouti. &#192; partir d'octobre 2026, le Dr David Hall prendra les fonctions d'ambassadeur de Sa Majest&#233; dans la R&#233;publique de Djibouti, succ&#233;dant &#224; Vinay Talwar apr&#232;s quatre ann&#233;es marqu&#233;es par un renforcement constant des relations entre Londres et Djibouti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son nom est encore peu connu dans le pays, David Hall appartient &#224; cette g&#233;n&#233;ration de diplomates britanniques sp&#233;cialis&#233;s dans les dossiers strat&#233;giques et les grands enjeux internationaux. Son parcours l'a conduit &#224; travailler sur des questions aussi sensibles que la s&#233;curit&#233; internationale, la coop&#233;ration multilat&#233;rale et la non-prolif&#233;ration nucl&#233;aire, autant de sujets qui r&#233;sonnent particuli&#232;rement dans une r&#233;gion devenue l'un des carrefours g&#233;opolitiques les plus observ&#233;s au monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son arriv&#233;e &#224; Djibouti intervient &#224; un moment o&#249; la Corne de l'Afrique traverse de profondes mutations. Entre les tensions en mer Rouge, les d&#233;fis s&#233;curitaires r&#233;gionaux, les transformations &#233;conomiques et la comp&#233;tition croissante entre puissances internationales, Djibouti occupe plus que jamais une position centrale. Pour Londres, maintenir un dialogue &#233;troit avec la R&#233;publique de Djibouti constitue un enjeu strat&#233;gique majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur ambassadeur semble d&#233;j&#224; mesurer l'importance de sa nouvelle mission. R&#233;agissant &#224; sa nomination, David Hall s'est dit honor&#233; de repr&#233;senter le Royaume-Uni &#224; Djibouti et enthousiaste &#224; l'id&#233;e de d&#233;couvrir le pays et sa population. Un message simple, mais qui traduit la volont&#233; d'inscrire son mandat dans la continuit&#233; d'une relation bilat&#233;rale fond&#233;e sur le respect mutuel et la coop&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des dossiers diplomatiques, le nouveau chef de mission britannique aura &#233;galement pour mission de renforcer les liens humains, &#233;ducatifs et culturels entre les deux pays. Ces derni&#232;res ann&#233;es, la coop&#233;ration entre Djibouti et le Royaume-Uni s'est d&#233;velopp&#233;e dans plusieurs domaines, notamment la s&#233;curit&#233; maritime, la formation, le d&#233;veloppement &#233;conomique et les &#233;changes institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreux observateurs, le d&#233;fi de David Hall sera de conjuguer les priorit&#233;s strat&#233;giques de Londres avec les aspirations d'un Djibouti en pleine transformation. Une mission qui n&#233;cessitera autant d'&#233;coute que d'expertise diplomatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quelques mois, le diplomate britannique d&#233;couvrira donc les rives du golfe de Tadjourah, les quais du port de Djibouti et le rythme singulier d'un pays qui, malgr&#233; sa taille, continue d'exercer une influence bien au-del&#224; de ses fronti&#232;res. Son mandat s'ouvrira dans une r&#233;gion o&#249; chaque partenaire compte, et o&#249; Djibouti demeure un acteur incontournable du dialogue entre l'Afrique, le Proche-Orient et le reste du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle page des relations djibouto-britanniques s'appr&#234;te ainsi &#224; s'&#233;crire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Un pays trop grand pour son mod&#232;le dirigiste</title>
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		<dc:date>2026-05-31T06:28:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Transports</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;thiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De la p&#233;nurie de devises &#224; la bataille des corridors : les enjeux de la r&#233;forme logistique &#233;thiopienne.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-pays_trop_grand-6d245.jpg?1780212716' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, la directive adopt&#233;e le 30 mai 2026 par le minist&#232;re &#233;thiopien des Transports ressemble &#224; une r&#233;forme technique parmi d'autres : les seuils financiers impos&#233;s aux op&#233;rateurs de transport multimodal sont abaiss&#233;s, les exigences fonci&#232;res all&#233;g&#233;es, les crit&#232;res de qualification assouplis et les obligations administratives simplifi&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ashenafi Endale, &#171; Ethiopia Lowers Entry Barriers in Logistics Sector, Cuts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, ces ajustements r&#233;glementaires masquent un point beaucoup plus important. Cette r&#233;forme n'est pas seulement logistique, elle r&#233;v&#232;le la mani&#232;re dont l'&#201;tat &#233;thiopien tente de r&#233;pondre &#224; un probl&#232;me devenu central pour son d&#233;veloppement : comment continuer &#224; faire cro&#238;tre une &#233;conomie de plus de 120 millions d'habitants alors que les instruments qui ont soutenu cette croissance depuis deux d&#233;cennies montrent aujourd'hui leurs limites ? Si l'on examine les r&#233;formes engag&#233;es depuis plusieurs ann&#233;es, un constat s'impose. L'ouverture du transport multimodal, l'assouplissement r&#233;cent des r&#232;gles relatives aux devises, la mont&#233;e en puissance du rail, ou encore la recherche de nouveaux corridors maritimes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Les difficult&#233;s de l'&#201;thiopie &#224; Lamu &#187;, Human Village, juin 2024&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pondent tous &#224; une m&#234;me pr&#233;occupation : l'&#201;tat ne peut plus financer seul les besoins logistiques et commerciaux d'une &#233;conomie devenue trop vaste pour les capacit&#233;s financi&#232;res dont il dispose.&lt;br class='autobr' /&gt;
La directive publi&#233;e &#224; quelques jours seulement des &#233;lections l&#233;gislatives du 1er juin 2026 appara&#238;t ainsi comme l'aboutissement provisoire d'une transformation engag&#233;e plusieurs ann&#233;es auparavant. Elle traduit la difficult&#233; des autorit&#233;s &#224; concr&#233;tiser les ambitions affich&#233;es en 2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Big Bang dans la logistique en &#201;thiopie &#187;, Human Village, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Faute d'avoir attir&#233; les partenaires internationaux esp&#233;r&#233;s et face aux limites financi&#232;res des op&#233;rateurs locaux, le gouvernement a choisi de revoir &#224; la baisse ses exigences devenues contre-productives. Cette r&#233;vision constitue une v&#233;ritable main tendue au secteur priv&#233;, invit&#233; &#224; jouer un r&#244;le plus important dans le financement et l'organisation du commerce ext&#233;rieur. Mais son calendrier n'est pas neutre. Annonc&#233;e &#224; la veille du scrutin, elle offre &#233;galement au pouvoir l'opportunit&#233; de mettre en sc&#232;ne son volontarisme r&#233;formateur et de se pr&#233;senter comme l'artisan d'une &#233;conomie plus ouverte, plus flexible et davantage tourn&#233;e vers l'initiative priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le mod&#232;le atteint ses limites&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour comprendre la port&#233;e de cette r&#233;forme, il faut revenir &#224; 2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; R&#233;forme logistique en &#201;thiopie &#187;, Human Village, d&#233;cembre 2021.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#201;thiopie traverse alors une p&#233;riode particuli&#232;rement difficile : la pand&#233;mie de Covid-19 a profond&#233;ment perturb&#233; les cha&#238;nes logistiques mondiales ; les co&#251;ts du transport maritime explosent ; la guerre au Tigr&#233; absorbe une part importante des ressources nationales tandis que les r&#233;serves de change diminuent rapidement. Dans le m&#234;me temps, Ethiopian Shipping &amp; Logistics Services Enterprise (ESL), principal op&#233;rateur logistique du pays, se retrouve confront&#233; &#224; des contraintes croissantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tsegaye Nega (PhD), The System Is Down : Ethiopia's Most Powerful Public (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'entreprise demeure indispensable au fonctionnement du commerce ext&#233;rieur &#233;thiopien mais ses capacit&#233;s financi&#232;res ne suffisent plus &#224; accompagner les besoins d'une &#233;conomie en pleine expansion. C'est dans ce contexte qu'Addis-Abeba d&#233;cide d'ouvrir progressivement le secteur du transport multimodal &#224; de nouveaux op&#233;rateurs priv&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif officiel consiste &#224; accro&#238;tre la concurrence et am&#233;liorer l'efficacit&#233; logistique, mais l'objectif r&#233;el est plus profond. Le Premier ministre, Abiy Ahmed, cherche &#224; transf&#233;rer vers le secteur priv&#233; une partie du fardeau financier li&#233; au commerce ext&#233;rieur. Il ne s'agit pas seulement de transporter les marchandises mais aussi de mobiliser les devises n&#233;cessaires &#224; leur acheminement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme repose sur un pari ambitieux : attirer des investisseurs &#233;trangers capables d'apporter capitaux, expertise et acc&#232;s aux march&#233;s financiers internationaux. Pour y parvenir, les autorit&#233;s mettent en place un cadre r&#233;glementaire exigeant. Les candidats doivent disposer d'importantes capacit&#233;s financi&#232;res, fonci&#232;res et op&#233;rationnelles. Mais les r&#233;sultats restent en de&#231;&#224; des attentes. Lorsque les premi&#232;res licences sont finalement attribu&#233;es en 2024 &#224; Panafric Global, Tikur Abay Transport et Cosmos Multimodal Operation, aucun investisseur &#233;tranger majeur n'appara&#238;t dans le capital des soci&#233;t&#233;s s&#233;lectionn&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Trois nouveaux op&#233;rateurs logistiques en &#201;thiopie &#187;, Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, l'ouverture du secteur avait &#233;t&#233; con&#231;ue pour favoriser l'arriv&#233;e de partenaires internationaux capables d'apporter capitaux, expertise logistique et acc&#232;s aux march&#233;s financiers internationaux. Les trois op&#233;rateurs retenus sont des acteurs &#233;thiopiens certes importants mais ils ne disposent pas, &#224; eux seuls, des capacit&#233;s financi&#232;res que les autorit&#233;s esp&#233;raient attirer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus r&#233;v&#233;lateur encore, ces nouveaux op&#233;rateurs jugent eux-m&#234;mes les exigences impos&#233;es par la r&#233;glementation de 2021 excessivement ambitieuses. Les conditions ont &#233;t&#233; pens&#233;es pour des groupes internationaux fortement capitalis&#233;s. Elles correspondent beaucoup moins &#224; la r&#233;alit&#233; d'entreprises &#233;thiopiennes confront&#233;es aux difficult&#233;s d'acc&#232;s aux devises, &#224; l'incertitude &#233;conomique et &#224; un environnement financier particuli&#232;rement contraint.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle directive, n&#176; 1140/2026 publi&#233;e en mai 2026, constitue donc moins une nouvelle r&#233;forme qu'une adaptation du projet initial. L'&#201;tat ne remet pas en cause la lib&#233;ralisation, il reconna&#238;t simplement que le mod&#232;le imagin&#233; en 2021 n'a pas produit les r&#233;sultats esp&#233;r&#233;s. Cette &#233;volution est importante car elle t&#233;moigne d'un pragmatisme croissant des autorit&#233;s &#233;conomiques. Face aux contraintes du terrain, Addis-Abeba choisit d'ajuster ses ambitions plut&#244;t que d'abandonner la r&#233;forme. Mais la v&#233;ritable nouveaut&#233; de 2026 se situe peut-&#234;tre ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la Banque centrale change de doctrine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours avant l'annonce de la r&#233;forme logistique, la Banque nationale d'&#201;thiopie adoptait une d&#233;cision pass&#233;e relativement inaper&#231;ue. Les institutions disposant de comptes en devises &#233;trang&#232;res n'ont d&#233;sormais plus besoin d'obtenir une approbation pr&#233;alable pour certaines lettres de cr&#233;dit et op&#233;rations &#171; Cash Against Documents &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir en ligne l'avis de la National Bank of Ethiopia sur X.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour les entreprises concern&#233;es, cela signifie une r&#233;duction significative des d&#233;lais et des proc&#233;dures administratives n&#233;cessaires au lancement d'op&#233;rations d'importation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'importance de cette d&#233;cision d&#233;passe largement son caract&#232;re technique. Depuis des ann&#233;es, les autorit&#233;s tentent de g&#233;rer administrativement la p&#233;nurie de devises. Les contr&#244;les sont nombreux, les proc&#233;dures longues et les capacit&#233;s de financement de l'&#233;conomie demeurent limit&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ethiopian Policy Institute, &#171; Behind the Currency Curtain : The Hidden (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle mesure traduit une &#233;volution notable. Sans le dire explicitement, l'&#201;tat reconna&#238;t qu'il ne peut plus &#234;tre l'unique organisateur de l'acc&#232;s aux devises n&#233;cessaires au commerce ext&#233;rieur.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; L'&#201;thiopie confront&#233;e &#224; une s&#233;v&#232;re crise de devises &#187;, Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus encore, il admet indirectement le r&#244;le devenu incontournable des ressources d&#233;tenues par le secteur priv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Diaspora, exportateurs, investisseurs, d&#233;tenteurs de comptes en devises &#8212; y compris une partie des devises circulant dans les r&#233;seaux informels &#8212; et r&#233;seaux commerciaux constituent aujourd'hui une source essentielle de financement de l'&#233;conomie. Cette mesure pr&#233;sente d'ailleurs un autre avantage pour les autorit&#233;s : elle permet de capter et de r&#233;injecter dans l'&#233;conomie l&#233;gale une partie des devises accumul&#233;es sur le march&#233; parall&#232;le. En pratique, l'&#201;tat semble privil&#233;gier, pour l'instant, la mobilisation des ressources disponibles plut&#244;t que la traque de leur provenance. Plus discr&#232;tement, les autorit&#233;s reconnaissent ainsi qu'une fraction non n&#233;gligeable des r&#233;serves en devises du pays se trouve aujourd'hui en dehors du syst&#232;me bancaire traditionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce pragmatisme r&#233;pond &#224; une urgence &#233;conomique : mobiliser tous les dollars disponibles pour soutenir le commerce ext&#233;rieur et att&#233;nuer la contrainte qui p&#232;se sur les r&#233;serves officielles. Il ne constitue toutefois pas n&#233;cessairement une r&#233;gularisation d&#233;finitive. Les d&#233;tenteurs de ces devises pourraient, &#224; terme, demeurer expos&#233;s &#224; des v&#233;rifications fiscales, &#224; des contr&#244;les r&#233;glementaires ou &#224; d'autres formes de surveillance administrative.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme du multimodal et l'assouplissement des r&#232;gles relatives aux devises poursuivent donc le m&#234;me objectif : permettre &#224; la croissance &#233;conomique de continuer alors que les capacit&#233;s financi&#232;res de l'&#201;tat atteignent progressivement leurs limites.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4937 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH615/57-pays_trop_grand-tweet-117fd.jpg?1780233718' width='400' height='615' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bataille pour les corridors&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la question des devises n'explique pas tout. Depuis plusieurs ann&#233;es, l'&#201;thiopie cherche &#233;galement &#224; r&#233;cup&#233;rer une part croissante de la valeur g&#233;n&#233;r&#233;e par son propre commerce ext&#233;rieur. Cette ambition appara&#238;t clairement dans les d&#233;bats qui entourent le corridor Djibouti&#8211;&#201;thiopie. Pendant longtemps, le fonctionnement de ce corridor reposait sur un &#233;quilibre relativement stable. Djibouti fournissait l'acc&#232;s maritime et les infrastructures portuaires. L'&#201;thiopie apportait les volumes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, Addis-Abeba souhaite davantage qu'un simple acc&#232;s &#224; la mer. Elle cherche progressivement &#224; mieux contr&#244;ler les activit&#233;s logistiques qui accompagnent ses flux commerciaux. Les controverses autour des NVOCC, des connaissements et des licences multimodales attribu&#233;es &#224; Panafric Global, Tikur Abay Transport et Cosmos Multimodal Operation s'inscrivent dans cette dynamique. Il en va de m&#234;me des ambitions croissantes d'EDR Logistics, filiale de l'Ethio-Djibouti Railway (EDR). Initialement cr&#233;&#233;e pour accompagner les op&#233;rations du corridor ferroviaire, l'entreprise cherche progressivement &#224; &#233;tendre son r&#244;le dans la cha&#238;ne logistique r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re des d&#233;bats r&#233;glementaires se joue en r&#233;alit&#233; une question beaucoup plus strat&#233;gique : qui contr&#244;lera demain la cha&#238;ne de valeur logistique associ&#233;e au commerce ext&#233;rieur des pays du COMESA ? Du point de vue &#233;thiopien, il s'agit d'une question de souverainet&#233; &#233;conomique. Mais derri&#232;re la logistique se dessine &#233;galement une ambition politique plus vaste : celle d'aligner l'influence r&#233;gionale du pays sur son poids d&#233;mographique et &#233;conomique. Deuxi&#232;me pays d'Afrique par sa population et l'une des plus grandes &#233;conomies du continent, Addis-Abeba estime de plus en plus l&#233;gitime de revendiquer un r&#244;le central dans l'organisation des &#233;changes r&#233;gionaux. Cette aspiration &#224; une forme de leadership r&#233;gional se heurte n&#233;anmoins &#224; plusieurs r&#233;alit&#233;s : d&#233;pendance aux corridors maritimes &#233;trangers, p&#233;nurie chronique de devises et multiples vuln&#233;rabilit&#233;s internes. En ce sens, la bataille pour la cha&#238;ne logistique ne vise pas seulement &#224; capter davantage de valeur &#233;conomique ; elle participe &#233;galement &#224; la construction d'une puissance r&#233;gionale dont les fondations demeurent encore incompl&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gulaid Yusuf Idaan, From Logistics to Sovereignty : Ethiopia's evolving (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du point de vue djiboutien, il s'agit &#233;galement d'une question de souverainet&#233; &#233;conomique. Cette divergence explique en grande partie les tensions observ&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es. Elle explique &#233;galement pourquoi la r&#233;forme logistique de 2026 d&#233;passe largement le cadre du transport multimodal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rail, gagnant inattendu des crises r&#233;centes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les performances r&#233;cemment mises en avant par Takele Uma, directeur g&#233;n&#233;ral de l'Ethio-Djibouti Railway, illustrent parfaitement cette p&#233;riode de transition.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Takele Uma Banti sur X.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais attribuer la progression spectaculaire du fret ferroviaire uniquement aux r&#233;formes logistiques serait r&#233;ducteur. Depuis la crise des hydrocarbures provoqu&#233;e par les tensions autour du d&#233;troit d'Ormuz, le transport routier &#233;thiopien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ethiopia enforces fuel-saving measures as shortages disrupt transport, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; traverse une p&#233;riode particuli&#232;rement difficile. Les difficult&#233;s d'approvisionnement en carburant ont fortement affect&#233; une partie importante de la flotte de transport. Selon plusieurs estimations relay&#233;es par les professionnels du secteur, jusqu'&#224; pr&#232;s de 60 % des v&#233;hicules habituellement mobilis&#233;s sur certains segments du corridor auraient &#233;t&#233; temporairement immobilis&#233;s ou fortement ralentis. Cette situation est venue s'ajouter &#224; une p&#233;nurie de camions d&#233;j&#224; observ&#233;e au d&#233;but de l'ann&#233;e 2026&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque, plusieurs acteurs &#233;conomiques signalaient des difficult&#233;s croissantes &#224; trouver des poids lourds disponibles. Certains observateurs reliaient cette situation &#224; la mobilisation d'une partie du parc de transport dans le contexte des tensions croissantes entre Addis-Abeba et Asmara. Le PDG d'Ethiopian Shipping &amp; Logistics reconnaissait lui-m&#234;me l'existence d'un d&#233;ficit de camions lourds pour certaines op&#233;rations strat&#233;giques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; P&#233;nurie de camions en &#201;thiopie &#187;, Human Village, f&#233;vrier 2026.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ces conditions, une partie importante du trafic s'est naturellement report&#233;e vers le rail. Le succ&#232;s actuel du corridor ferroviaire r&#233;sulte donc &#224; la fois des investissements r&#233;alis&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et des difficult&#233;s rencontr&#233;es par le transport routier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;alit&#233; ne diminue en rien les performances du rail. Elle rappelle simplement que les mutations observ&#233;es aujourd'hui sont le produit de facteurs &#224; la fois structurels et conjoncturels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une transformation qui d&#233;passe la logistique. Pris isol&#233;ment, chacun de ces d&#233;veloppements peut sembler technique, ensemble, ils dessinent une transformation profonde du mod&#232;le &#233;conomique &#233;thiopien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis plusieurs ann&#233;es, Addis-Abeba tente simultan&#233;ment de mobiliser davantage de devises priv&#233;es, de r&#233;duire sa d&#233;pendance &#224; certains monopoles historiques, de diversifier ses corridors commerciaux, d'attirer de nouveaux op&#233;rateurs logistiques et de r&#233;cup&#233;rer une part croissante de la valeur g&#233;n&#233;r&#233;e par son commerce ext&#233;rieur. Cette &#233;volution illustre surtout la rapidit&#233; avec laquelle les &#233;quilibres logistiques de la r&#233;gion sont en train de se transformer. Longtemps domin&#233;s par quelques acteurs publics et par des sch&#233;mas d'organisation relativement stables, les &#233;changes commerciaux de la Corne de l'Afrique entrent progressivement dans une nouvelle phase caract&#233;ris&#233;e par une implication croissante du secteur priv&#233;, une concurrence accrue entre op&#233;rateurs logistiques et une red&#233;finition du partage de la valeur au sein des principaux corridors r&#233;gionaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La directive du 30 mai 2026 n'est pas une simple r&#233;forme du transport multimodal, elle r&#233;v&#232;le la mani&#232;re dont l'&#201;thiopie tente d'adapter son mod&#232;le &#233;conomique &#224; une nouvelle r&#233;alit&#233; : un pays dont les besoins commerciaux augmentent plus rapidement que la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; les financer.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouverture progressive du secteur logistique, l'assouplissement des r&#232;gles relatives aux devises, la recherche de nouveaux corridors et la mont&#233;e en puissance du rail r&#233;pondent tous au m&#234;me objectif : permettre &#224; la croissance &#233;thiopienne de se poursuivre malgr&#233; les contraintes financi&#232;res et logistiques qui limitent d&#233;sormais son d&#233;veloppement. Reste &#224; savoir si cette strat&#233;gie permettra de r&#233;duire les vuln&#233;rabilit&#233;s du pays ou si elle d&#233;placera simplement une partie des risques vers un secteur priv&#233; encore fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ashenafi Endale, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.thereporterethiopia.com/50909/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ethiopia Lowers Entry Barriers in Logistics Sector, Cuts Capital Requirements&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporter Ethiopia&lt;/i&gt;, 30 mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://human-village.org/spip.php?article1680' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les difficult&#233;s de l'&#201;thiopie &#224; Lamu&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, juin 2024&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href=&#034;https://human-village.org/spip.php?article1337&#034;&gt;Big Bang dans la logistique en &#201;thiopie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href=&#034;https://human-village.org/spip.php?article1343&#034;&gt;R&#233;forme logistique en &#201;thiopie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tsegaye Nega (PhD), &lt;a href=&#034;https://www.thereporterethiopia.com/50788/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The System Is Down : Ethiopia's Most Powerful Public Official&lt;/a&gt;, Reporter Ethiopia, 23 mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href=&#034;https://human-village.org/spip.php?article1650&#034;&gt;Trois nouveaux op&#233;rateurs logistiques en &#201;thiopie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, avril 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir en ligne l'avis de la &lt;a href=&#034;https://x.com/NBEthiopia/status/2058800732321513527&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;National Bank of Ethiopia&lt;/a&gt; sur X.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ethiopian Policy Institute, &#171; &lt;a href=&#034;https://ethiopianpolicy.com/2025/08/09/ethiopias-forex-crisis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Behind the Currency Curtain : The Hidden Forces Driving Ethiopia's Forex Crisis&lt;/a&gt; &#187;, 9 ao&#251;t 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href=&#034;https://human-village.org/spip.php?article1595&#034;&gt;L'&#201;thiopie confront&#233;e &#224; une s&#233;v&#232;re crise de devises&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gulaid Yusuf Idaan, &lt;a href=&#034;https://addisstandard.com/from-logistics-to-sovereignty-ethiopias-evolving-maritime-ambitions-fragmenting-red-sea-order/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;From Logistics to Sovereignty : Ethiopia's evolving maritime ambitions, fragmenting Red Sea order&lt;/a&gt;, Addis Standard, 26 mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Takele Uma Banti &lt;a href=&#034;https://x.com/TakeleUma/status/2058118400874803378&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur X&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://addisstandard.com/ethiopia-enforces-fuel-saving-measures-as-shortages-disrupt-transport-mandates-annual-leave-for-non-essential-staff/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ethiopia enforces fuel-saving measures as shortages disrupt transport, mandates annual leave for non-essential staff&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Addis Standard&lt;/i&gt;, 30 mars 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href=&#034;https://human-village.org/spip.php?article1977&#034;&gt;P&#233;nurie de camions en &#201;thiopie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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