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Bataille judiciaire gagnée !
 

Après des mois d’instruction, les juges du tribunal du contentieux administratif ont rendu leur verdict mardi dernier 2 avril 2019 : il a été ordonné au ministère de l’Intérieur de délivrer un récépissé au nouveau président de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD), Hassan Mohamed Hassan.
Cette victoire judiciaire est la conclusion d’une lutte aussi acharnée que multiforme : courriers au ministère de l’Intérieur auxquels aucune réponse n’a été donnée, siège improductif des mois durant du ministère de l’Intérieur, grève de la faim pour sensibiliser contre cet abus de pouvoir, etc. C’est pourquoi cette victoire uniquement judiciaire mérite quelques brefs commentaires pour en mesurer à la fois l’importance et les limites.

Importance, car il y a lieu de féliciter des juges qui ont fait honneur à leur serment en disant le droit. Nous n’en avons pas douté un instant, dès lors qu’ils avaient déclaré recevable notre requête. Ils honorent leur profession et nous espérons que leur droiture inspirera toute la magistrature, ainsi que le Barreau qui rechigne à défendre un opposant. L’exception étant bien sûr Me Zakariah, ex-député MRD. Ce n’est pas un privilège exceptionnel qui nous est ainsi accordé, car il serait ingrat d’oublier que, grâce à d’autres juges, nombreux sont les opposants libérés et protégés contre l’abus de pouvoir.

Maintenant, pour appréciable que cela soit, il ne s’agit là que d’une bataille remportée sur le terrain judiciaire, la guerre continuera tant que le ministère de l’Intérieur refusera de respecter cette décision de justice en s’obstinant à ne pas établir un récépissé au nom du nouveau président élu de l’ARD. Une tradition solidement établie de déni de droit nous incite malheureusement à la plus grande prudence, qui montre aussi les limites de ce verdict.
La première de ces limites, c’est évidemment l’application à géométrie variable de la loi. Est-il besoin de rappeler que le MRD a été délégalisé de façon arbitraire et que sa restauration dans la légalité n’est pas à l’ordre du jour, alors que le chef de l’État a chaleureusement embrassé le président de l’Érythrée, dont le MRD aurait soi-disant sollicité le soutien pour envahir notre pays, lorsque d’héroïques enfants sont tombés au champ d’honneur lors des trois glorieuses journées de Doumeira !
La seconde de ces limites, c’est le refus de légaliser au moins deux autres formations politiques : le Model et le RADDE. Intolérable atteinte à un droit pourtant constitutionnellement garanti. De quoi inciter à la pudeur et à la solidarité tous les autres partis politiques légalisés, qui doivent prendre conscience qu’ils n’existent que parce que l’arbitraire en a voulu ainsi, qui de ce fait jouent le jeu de ce régime, à l’insu de leur plein gré.
Ce qui nous amène à la troisième limite, qui nous impose retenue et vigilance : à quoi sert une formation politique, légalisée ou pas, dans un environnement institutionnel assurant l’impunité à la fraude généralisée lors de chaque scrutin électoral, au service d’un parti-État qui détourne le bien public (médias comme argent) afin de perpétuer son hégémonie dictatoriale ? A quoi peut-elle bien servir quand font défaut d’autres pans essentiels de la société civile : syndicats indépendants, associations libres de défense des citoyens, consommateurs, parents d’élèves, usagers de l’administration, etc. ?
Au moins à une chose : il n’est pas besoin de conscientiser contre les méfaits de ce régime, il faut rassurer en se montrant digne d’incarner et de représenter une alternance crédible. Pour cela, il n’y a pas de miracle : le travail de terrain acharné, dans une unité respectueuse de sa diversité et de celle de nos concitoyens. Cela est impossible si chaque formation politique ne commence pas par le sine qua non : respecter ses propres militantes et militants. Comme à l’ARD, depuis novembre 2014.

Au nom des militantes et des militants, des membres du Conseil national, ceux du Comité exécutif de l’ARD et en mon nom personnel, je tiens à remercier toutes celles et ceux, innombrables, qui ont soutenu notre combat et contribué à cette première victoire judiciaire. La lutte continue, restons unis et mobilisés, jusqu’à la victoire, in cha Allah.

Hassan Mohamed Hassan (président de l’ARD)

 
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