<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Human Village</title>
	<link>https://human-village.org/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>Le Sahel au bord du gouffre</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2020</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2020</guid>
		<dc:date>2026-05-12T08:13:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ould Amar Yahya</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pendant que le monde se focalise sur le Proche Orient, le Sahel se d&#233;fait de la M&#233;diterran&#233;e &#224; la mer Rouge.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-ould_sahel-0d7da.jpg?1778581685' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat fant&#244;me&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut nommer les r&#233;alit&#233;s sans d&#233;tour, m&#234;me lorsqu'elles d&#233;rangent, l'&#201;tat au Sahel est devenu une anomalie historique faute de viabilit&#233; durable. La racine des conflits arm&#233;s au Sahel n'est ni exclusivement religieuse, ni seulement ethnique ou climatique, elle r&#233;side d'abord dans la faillite de l'&#201;tat comme arbitre l&#233;gitime. Le contrat social s'est bris&#233;. Trop souvent repli&#233; sur la capitale, captur&#233; par des &#171; &#233;lites &#187; pr&#233;datrices, incapable de prot&#233;ger, de redistribuer, de juger &#233;quitablement et d'assurer les services publics &#233;l&#233;mentaires, l'&#201;tat a cess&#233; d'appara&#238;tre comme une promesse commune pour devenir, dans de vastes p&#233;riph&#233;ries, une pr&#233;sence intermittente.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; o&#249; il ne prot&#232;ge plus, d'autres souverainet&#233;s s'installent comme les autorit&#233;s tribales, les r&#233;seaux religieux, les milices communautaires, les groupes arm&#233;s, les trafiquants et entrepreneurs de guerre. La pauvret&#233;, la corruption, l'exclusion de communaut&#233;s enti&#232;res, les rivalit&#233;s pastorales et fonci&#232;res, la pression d&#233;mographique, les chocs climatiques avec la rar&#233;faction de l'eau et des p&#226;turages, la circulation des armes, les trafics transfrontaliers et les ing&#233;rences &#233;trang&#232;res ne sont donc pas des causes isol&#233;es &#8211; ce sont les acc&#233;l&#233;rateurs d'un m&#234;me effondrement politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre promesses de d&#233;veloppement trahies, g&#233;n&#233;rations sacrifi&#233;es, territoires abandonn&#233;s, populations d&#233;plac&#233;es et arm&#233;es devenues arbitres du pouvoir, la fronti&#232;re entre l'&#201;tat faible et l'&#201;tat fant&#244;me a &#233;t&#233; franchie presque partout au Sahel, jusqu'&#224; ce que les ruines rendent l'effondrement visible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque l'&#201;tat &#233;choue trop longtemps, les peuples cessent d'y croire et finissent par accepter n'importe quel ordre, pourvu qu'il donne l'illusion d'une protection. Il serait abusif d'imputer l'&#233;chec de la construction &#233;tatique au Sahel &#224; un rejet suppos&#233; de l'&#201;tat par les soci&#233;t&#233;s sah&#233;liennes, comme si celui-ci n'&#233;tait qu'une anomalie historique &#233;trang&#232;re &#224; leurs r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://human-village.org/IMG/jpg/57-sahel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH226/57-sahel-2ecb7.jpg?1778581685' width='500' height='226' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la fiction administrative &#224; l'arc du chaos&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Du Mali en lambeaux au Soudan d&#233;vast&#233;, du Niger fragilis&#233; &#224; la Libye morcel&#233;e sur les rives m&#233;diterran&#233;ennes, jusqu'en Somalie aux abords de la mer Rouge et de l'oc&#233;an Indien en passant par l'&#201;thiopie, se dessine une vaste continuit&#233; de d&#233;litement &#233;tatique qui reconfigure le flanc sud de l'Europe. Seul Djibouti, pr&#233;serv&#233; des d&#233;chirures qui l'avaient meurtri durant une d&#233;cennie jusqu'en 2001, &#233;chappe aujourd'hui au d&#233;litement tragique des &#201;tats de la r&#233;gion. Par sa stabilit&#233;, sa position strat&#233;gique en face du d&#233;troit de Bab el-Mendeb, du Y&#233;men et de l'Arabie Saoudite, son hospitalit&#233; et son r&#244;le de carrefour entre la mer Rouge et la Corne de l'Afrique, il s'affirme comme une terre de refuge, de paix et d'investissement dans un environnement r&#233;gional gagn&#233; par les conflits arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut regarder cette r&#233;alit&#233; de d&#233;litement sans d&#233;tour, avant que les foyers de crise aujourd'hui dispers&#233;s ne s'agr&#232;gent en un arc d'instabilit&#233; continu, reliant les rivages de l'oc&#233;an Indien &#224; ceux de l'Atlantique, la M&#233;diterran&#233;e &#224; la mer Rouge, faisant de l'Afrique le continent du chaos et de la d&#233;solation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que Paris, Londres et Washington d&#233;crivent comme un simple d&#233;ficit de gouvernance rel&#232;ve en r&#233;alit&#233; d'une crise plus profonde, li&#233;e &#224; l'&#233;puisement d'un mod&#232;le &#233;tatique de fa&#231;ade, faiblement enracin&#233; et toujours concurrenc&#233; par des loyaut&#233;s plus anciennes, tribales, r&#233;gionales, confessionnelles ou claniques. Longtemps maintenu par la rente, l'aide internationale et l'assistance militaire, l'&#201;tat sah&#233;lien voit aujourd'hui ses trois b&#233;quilles s'&#233;crouler en m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les coups d'&#201;tat militaires survenus ces derni&#232;res ann&#233;es au Mali, au Burkina Faso et au Niger constituent des sympt&#244;mes avanc&#233;s d'un affaissement profond de l'autorit&#233; publique, et des signaux d'alerte pour l'ensemble des &#201;tats voisins. Les juntes ont pris le contr&#244;le d'appareils bureaucratiques d&#233;j&#224; fantomatiques, dont l'autorit&#233; est largement contest&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de leurs fronti&#232;res. Ces r&#233;gimes peuvent durer comme appareils de coercition, mais non comme projets politiques viables.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mographie ajoute une dimension explosive que les analyses conventionnelles traitent, par myopie, comme un dividende acc&#233;l&#233;rateur de croissance &#233;conomique, alors qu'elle constitue le multiplicateur des crises. Une population qui double dans des &#201;tats en crise &#233;conomique qui s'affaiblissent, dans un environnement climatique qui se d&#233;sertifie, cette &#233;quation n'a pas de solution pacifique &#224; moyen terme. Le changement climatique n'est pas une menace future au Sahel, c'est un fait pr&#233;sent et cumulatif. La zone de pr&#233;cipitations utiles recule vers le sud de 50 &#224; 80 km par d&#233;cennie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;quation d&#233;mographique et climatique rejoint une loi plus profonde de l'&#233;conomie, les soci&#233;t&#233;s ne divergent pas seulement par leurs richesses, mais par les cercles cumulatifs, vertueux ou destructeurs, dans lesquels elles sont enferm&#233;es. En effet, il existe, dans la th&#233;orie &#233;conomique des nations fragiles, un seuil invisible, point critique o&#249; le revenu r&#233;el, la capacit&#233; productive et la puissance fiscale deviennent suffisants pour transformer la survie &#233;conomique en dynamique cumulative de d&#233;veloppement, mais d&#233;cisif, en de&#231;&#224;, la pauvret&#233; cesse d'&#234;tre un simple retard de d&#233;veloppement pour devenir une force d'aspiration vers le bas ; au-del&#224;, l'accumulation du capital, de la confiance, de l'&#233;ducation, des infrastructures et des institutions peut au contraire produire une dynamique cumulative de prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gunnar Myrdal avait montr&#233; que le sous-d&#233;veloppement n'est pas un &#233;tat immobile, mais un processus circulaire, la faiblesse des revenus r&#233;duit l'&#233;pargne, l'investissement et la qualit&#233; des services publics ; cette faiblesse d&#233;grade &#224; son tour la productivit&#233;, nourrit l'exode des comp&#233;tences, accro&#238;t la d&#233;fiance envers l'&#201;tat, affaiblit la fiscalit&#233;, puis r&#233;duit encore davantage la capacit&#233; publique &#224; prot&#233;ger, instruire, soigner et &#233;quiper le territoire. Le Sahel est pr&#233;cis&#233;ment pris dans cette causalit&#233; cumulative n&#233;gative, des &#201;tats pauvres administrent des territoires immenses, jeunes, fragment&#233;s et climatiquement vuln&#233;rables avec des ressources fiscales d&#233;risoires ; leur impuissance &#233;conomique devient impuissance politique, puis leur impuissance politique aggrave leur impuissance &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant qu'un pays ne franchit pas le seuil critique o&#249; l'investissement public, la s&#233;curit&#233;, l'&#233;ducation, la justice et les infrastructures commencent &#224; se renforcer mutuellement, il risque d'&#234;tre aspir&#233; par une spirale o&#249; chaque retard pr&#233;pare le suivant, et o&#249; la pauvret&#233; devient une architecture durable de la guerre. La question d&#233;cisive est de savoir si l'&#201;tat au Sahel n'est pas, en de&#231;&#224; de ce seuil critique de revenu, de capacit&#233; productive, donc condamn&#233; &#224; devenir un &#201;tat fant&#244;me, non viable, trop pauvre pour prot&#233;ger, trop faible pour administrer, trop absent pour unir, trop discr&#233;dit&#233; pour gouverner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet immense espace sah&#233;lien de pr&#232;s de cinq millions de kilom&#232;tres carr&#233;s, les &#201;tats se d&#233;font sous nos yeux. H&#233;rit&#233;es des conf&#233;rences coloniales de la fin du XIX&#7497; si&#232;cle, ces architectures politiques dont les fronti&#232;res trac&#233;es &#224; l'&#233;querre marquent des d&#233;coupages impos&#233;s &#224; des soci&#233;t&#233;s complexes, indiff&#233;rentes aux r&#233;alit&#233;s ethniques, linguistiques, religieuses et aux conditions m&#234;mes de viabilit&#233; &#233;conomique, n'ont que rarement r&#233;ussi &#224; se transformer en v&#233;ritables nations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les groupes arm&#233;s ne sont plus seulement des acteurs militaires. Ils sont devenus des prestataires de services : justice appliqu&#233;e de fa&#231;on coh&#233;rente l&#224; o&#249; les tribunaux &#233;tatiques ne sont que corruption organis&#233;e, redistribution &#233;conomique l&#224; o&#249; l'&#201;tat pr&#233;l&#232;ve sans donner, protection physique l&#224; o&#249; la s&#233;curit&#233; est inexistante, parfois les arm&#233;es nationales y commettent des atrocit&#233;s. Leur mod&#232;le est l'administration territoriale. Ce sont les talibans de 1994 &#224; 1996, et nous savons o&#249; cette trajectoire conduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des dominos &#224; des stades diff&#233;rents d'inclinaison&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e du cordon sanitair se fracasse sur une r&#233;alit&#233; g&#233;ographique et humaine qui la pr&#233;c&#232;de de plusieurs si&#232;cles, dans cet espace, les fronti&#232;res n'ont jamais &#233;t&#233; des r&#233;alit&#233;s physiques pour les populations y compris les fronti&#232;res maritimes. La Libye est le cas le plus &#233;loquent. Ce n'est pas une victime de l'instabilit&#233; sah&#233;lienne, mais l'amplificateur structurel. La destruction de l'&#201;tat libyen par l'intervention de l'Otan en 2011 a ouvert dans tout le Sahel un immense march&#233; des armes, transformant les arsenaux libyens en carburant militaire du chaos r&#233;gional.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui bic&#233;phale, avec Tripoli soutenue par la Turquie et le Qatar, et Benghazi par les &#201;mirats, l'&#201;gypte et les successeurs de Wagner, la Libye entretient une partition dont chaque parrain tire profit et que personne n'a r&#233;ellement int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;soudre. Ses 1700 kilom&#232;tres de fronti&#232;re commune avec le Niger, le Tchad, le Soudan et l'Alg&#233;rie sont des art&#232;res vitales pour les trafics de migrants, d'armes et de drogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus au Sud, le Nig&#233;ria (230 millions d'habitants, premier producteur p&#233;trolier du continent) vit une guerre civile rampante que les observateurs s'obstinent &#224; traiter comme un probl&#232;me de gouvernance r&#233;gionale. Boko Haram et l'ISWAP (l'&#201;tat islamique Afrique de l'Ouest) contr&#244;lent des portions enti&#232;res des &#201;tats du Nord-Est depuis 2009. Leur connexion avec le GSIM sah&#233;lien est op&#233;rationnelle. Le Sahel et le Nig&#233;ria forment d&#233;sormais un continuum s&#233;curitaire. Un Nig&#233;ria en d&#233;composition partielle serait une recomposition comparable en impact g&#233;opolitique &#224; la d&#233;sint&#233;gration sovi&#233;tique, mais &#224; une &#233;chelle d&#233;mographique dix fois sup&#233;rieure. Les &#201;tats c&#244;tiers qui avaient &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme des succ&#232;s (C&#244;te d'Ivoire, Ghana, S&#233;n&#233;gal) voient leurs r&#233;gions septentrionales p&#233;n&#233;tr&#233;es selon exactement le m&#234;me mod&#232;le de diffusion qu'au Mali d'avant 2012, d'abord les zones rurales frontali&#232;res, ensuite les axes routiers, enfin les villes secondaires. La fen&#234;tre d'action pr&#233;ventive se ferme dans les trois &#224; cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le verrou alg&#233;rien c&#233;dait&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'effondrement de l'Alg&#233;rie, que personne ne souhaite dans la r&#233;gion, concentrerait en un seul choc g&#233;opolitique toutes les catastrophes &#233;voqu&#233;es jusqu'ici, auxquelles les capitales occidentales consacrent une r&#233;flexion strat&#233;gique d&#233;sesp&#233;r&#233;ment insuffisante, consid&#233;rant le pays comme une menace en cas de conflit majeur. Non pas parce qu'une catastrophe est imminente mais parce qu'elle est calculable, et que ses effets seraient proprement incommensurables avec le basculement dans le chaos de plusieurs &#233;tats de la r&#233;gion et au-del&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Alg&#233;rie est un p&#244;le de stabilit&#233; r&#233;gionale dont la continuit&#233; repose sur deux variables : le prix du p&#233;trole et le pari de son d&#233;veloppement industriel. Le pays est engag&#233; dans une transition industrielle r&#233;elle, soutenue par des investissements massifs et des projets structurants, r&#233;duisant &#224; l'horizon 2030 sa d&#233;pendance aux hydrocarbures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les revenus des hydrocarbures financent la paix sociale avec des subventions massives sur les carburants, l'alimentation, et un emploi public assur&#233; &#224; environ 34 % de la population active. Les r&#233;serves de change sont pass&#233;es de 143 milliards de dollars en 2014 &#224; 47 milliards en 2025. La fen&#234;tre de viabilit&#233; financi&#232;re se ferme dans cinq &#224; sept ans, peut-&#234;tre moins si la transition &#233;nerg&#233;tique europ&#233;enne et mondiale vers la d&#233;carbonisation r&#233;duit les prix et achats du gaz alg&#233;rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la menace alg&#233;rienne brandie par une partie des &#233;lites et m&#233;dias en Occident est tripolaire &#8212; et c'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi elle est si difficile &#224; articuler dans les chancelleries occidentales habitu&#233;es &#224; des diagnostics binaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Premier p&#244;le : le risque d'effondrement interne&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Alg&#233;rie est solide, mais si le r&#233;gime vacille sous la pression conjugu&#233;e d'une crise &#233;conomique ou sanctions impos&#233;es et d'une d&#233;stabilisation orchestr&#233;e de l'ext&#233;rieur, ce sont les 6000 kilom&#232;tres de fronti&#232;res avec la Libye, le Niger, le Mali et la Mauritanie qui deviennent des passoires. Si Alger bascule dans une instabilit&#233; ouvrant sur la M&#233;diterran&#233;e, c'est une vague migratoire d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent vers la France, l'Italie et l'Espagne, avec tout ce que cela aura comme impact politique en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Deuxi&#232;me p&#244;le : l'Alg&#233;rie comme menace aux int&#233;r&#234;ts occidentaux&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, il faut dire ce que les diplomates occidentaux ne formulent pas publiquement, que l'Alg&#233;rie est un acteur hostile aux int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques de l'Occident sur plusieurs dossiers. Ses achats d'armements russes massifs (Alger est le troisi&#232;me importateur mondial d'armes russes apr&#232;s l'Inde et la Chine) envoient un signal explicite sur ses alignements strat&#233;giques r&#233;els. La relation entretenue avec Moscou pendant et apr&#232;s l'invasion de l'Ukraine, son refus de condamner la Russie &#224; l'Onu, et sa politique de non-alignement revendiqu&#233;e, consid&#233;r&#233;e comme une couverture diplomatique pour un penchant structurel anti-occidental. En cas de crise majeure, les bases a&#233;riennes et navales alg&#233;riennes pourraient &#234;tre utilis&#233;es ou propos&#233;es &#224; des acteurs hostiles &#224; l'Otan.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Troisi&#232;me p&#244;le : l'Alg&#233;rie dans l'axe des puissances mena&#231;antes&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ici que le tableau g&#233;opolitique prend sa dimension la plus inqui&#233;tante pour l'Occident. L'Alg&#233;rie s'inscrit dans un axe de puissances dont chacune, &#224; des degr&#233;s divers et selon des logiques propres, repr&#233;sente aujourd'hui un d&#233;fi existentiel pour l'ordre occidental en M&#233;diterran&#233;e et en Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Turquie d'Erdogan a construit une pr&#233;sence militaire en Libye, nou&#233; des alliances avec les juntes sah&#233;liennes via la Diyanet et les marchands d'armes, et utilis&#233; les flux migratoires comme levier de chantage sur l'Europe. La Turquie est membre de l'Otan tout en sapant m&#233;thodiquement ses int&#233;r&#234;ts, combinaison paradoxale qui paralyse pour le moment toute r&#233;ponse collective occidentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;gypte du mar&#233;chal Sissi soutient Haftar en Libye, maintient des contacts r&#233;guliers avec Moscou et P&#233;kin, et conduit une politique sah&#233;lienne visant &#224; contrebalancer l'influence europ&#233;enne et &#224; s&#233;curiser son flanc occidental, notamment via le Soudan, aujourd'hui en guerre civile avec des ramifications qui s'&#233;tendent jusqu'&#224; la mer Rouge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois pays ne forment pas un bloc homog&#232;ne, mais ils partagent une caract&#233;ristique strat&#233;gique d&#233;cisive en cas de conflit majeur, ils occupent les positions-cl&#233;s du verrou m&#233;diterran&#233;en, et leur politique &#233;trang&#232;re est, dans les faits, structurellement incompatible avec les int&#233;r&#234;ts de s&#233;curit&#233; europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personne n'a int&#233;r&#234;t &#224; la paix&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie a d&#233;ploy&#233; l'Africa Corps au Mali, au Burkina, au Niger, en Libye et en R&#233;publique centrafricaine, financ&#233; en partie via des concessions mini&#232;res. Elle chasse l'Occident de ses zones d'influence historiques, acc&#232;de &#224; l'or malien, &#224; l'uranium nig&#233;rien, aux diamants centrafricains, et g&#233;n&#232;re d&#233;lib&#233;r&#233;ment des flux migratoires suppl&#233;mentaires qui alimentent les populismes europ&#233;ens et fragilisent l'Union europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Chine prend les ressources sans faire la guerre et sans cr&#233;er d'ennemis. P&#233;kin est le premier partenaire commercial africain depuis 2009, d&#233;ployant une strat&#233;gie d'offre sans conditionnalit&#233;s, des pr&#234;ts sans exigences d&#233;mocratiques et des investissements sans transparence. Elle installe des entreprises d'extraction dans les zones contest&#233;es, n&#233;gocie avec les groupes arm&#233;s aussi facilement qu'avec les gouvernements reconnus.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;alit&#233; la plus difficile &#224; accepter est qu'aucun des acteurs qui aurait le pouvoir de stabiliser la r&#233;gion n'a r&#233;ellement int&#233;r&#234;t &#224; le faire, sauf l'Alg&#233;rie en raison de sa r&#233;gion touaregue. C'est un syst&#232;me d'int&#233;r&#234;ts crois&#233;s, d'une coh&#233;rence perverse, qui maintient le chaos comme &#233;quilibre optimal pour chacun de ses participants, sauf pour les populations sah&#233;liennes qui en paient le prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le drame sah&#233;lien tient pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette convergence monstrueuse. Pour les populations, le chaos est une trag&#233;die ; pour plusieurs acteurs ext&#233;rieurs, il est devenu une ressource. Il ouvre des acc&#232;s miniers, justifie des pr&#233;sences militaires, affaiblit les concurrents et permet &#224; des puissances moyennes ou globales de peser &#224; faible co&#251;t sur l'&#233;quilibre du monde. La guerre devient, dans certains espaces, une modalit&#233; de gestion des rapports de force. Le Sahel n'est donc pas abandonn&#233; par hasard, il est aussi exploit&#233; parce que son d&#233;sordre produit des dividendes strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#226;ge des souverainet&#233;s fant&#244;mes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hypoth&#232;se d'un effondrement total des &#201;tats au Sahel est aussi peu probable que celle d'une stabilisation. Ce qui s'installe est une souverainet&#233; &#224; g&#233;om&#233;trie variable o&#249; l'&#201;tat subsiste comme enveloppe formelle (si&#232;ge &#224; l'Onu, drapeau, monnaie) pendant que le territoire r&#233;el est administr&#233; par une mosa&#239;que d'acteurs. Groupes arm&#233;s, milices ethniques tiennent les axes routiers, juntes militaires dans les capitales, compagnies &#233;trang&#232;res dans les p&#233;rim&#232;tres miniers. Chacun pr&#233;l&#232;ve, chacun prot&#232;ge, chacun gouverne &#224; sa mani&#232;re. C'est un ordre parall&#232;le, fonctionnel et durable, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il rend services l&#224; o&#249; l'&#201;tat a failli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui s'installe est la privatisation de la souverainet&#233; sur le monopole public de la contrainte, de l'imp&#244;t, de la justice et de la protection qui se disperse entre entrepreneurs de guerre, milices identitaires, compagnies &#233;trang&#232;res, r&#233;seaux criminels et appareils militaires concurrents.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'alliance des &#201;tats du Sahel (Mali, Burkina, Niger) est moins une construction politique qu'une posture anticoloniale commune. Les juntes partagent un discours, pas une vision. Elles se heurtent aux m&#234;mes contraintes structurelles que les r&#233;gimes qu'elles ont renvers&#233;s, sans l'aide internationale qui en masquait la fragilit&#233;, ni la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique qui en diff&#233;rait l'implosion. Africa Corps ne peut pas remplacer un &#201;tat. L'or malien et l'uranium nig&#233;rien financeront un temps les appareils s&#233;curitaires, pas le d&#233;veloppement. D'ici 2028-2030, ces r&#233;gimes auront soit n&#233;goci&#233; un retour partiel &#224; une l&#233;gitimit&#233; civile, soit sombr&#233; dans une violence interne que leurs propres arm&#233;es ne ma&#238;triseront plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vrai basculement g&#233;opolitique ne viendra pas du Mali ou du Burkina mais du S&#233;n&#233;gal, du Ghana et surtout de la C&#244;te d'Ivoire. Ces &#201;tats ont servi de contre-exemples, de preuves que la gouvernance pouvait fonctionner en Afrique de l'Ouest. Leur d&#233;stabilisation partielle, d&#233;j&#224; engag&#233;e dans leurs r&#233;gions septentrionales, invaliderait d&#233;finitivement le paradigme du d&#233;veloppement par la gouvernance promu depuis trente ans par les institutions de Bretton Woods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un sc&#233;nario m&#233;rite d'&#234;tre qualifi&#233; de syst&#233;mique, c'est la d&#233;composition partielle du Nig&#233;ria. Avec une &#233;conomie d&#233;j&#224; sous pression, un Nord-Est en guerre depuis quinze ans et une f&#233;d&#233;ration dont les lignes de fracture ethniques et religieuses n'ont jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement sutur&#233;es, le Nig&#233;ria n'est pas un &#201;tat fragile au sens conventionnel &#8212; c'est un agr&#233;gat sous tension dont la rupture provoquerait un d&#233;versement humain sans &#233;quivalent dans l'histoire africaine contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Soudan et la Somalie sont l'exemple de ce que devient un territoire quand l'&#201;tat a d&#233;finitivement cess&#233; d'&#234;tre le cadre de r&#233;f&#233;rence des populations. Deux g&#233;ographies distinctes, deux trajectoires diff&#233;rentes, une m&#234;me conclusion, l'irr&#233;versibilit&#233; &#224; court terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, la stabilisation durable au Sahel est improbable avant plusieurs d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sahel r&#233;v&#232;le ce que devient le monde lorsque l'&#201;tat cesse de prot&#233;ger et d'unir, une souverainet&#233; de fa&#231;ade, livr&#233;e aux milices, aux trafiquants et aux puissances ext&#233;rieures. Ce naufrage est l'&#233;chec d'&#201;tats sans contrat social, sans justice et sans enracinement. Le choix est entre la reconstruction patiente d'&#201;tats l&#233;gitimes, capables de rendre justice et de prot&#233;ger les peuples, ou l'acceptation d'un monde o&#249; la peur remplacera la loi, o&#249; les milices remplaceront les institutions, et o&#249; la souverainet&#233; ne sera plus qu'un mot imprim&#233; sur des cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ould Amar Yahya,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, banquier, financier, ancien administrateur et directeur g&#233;n&#233;ral de la BCIMR/BRED, Djibouti&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans &lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/09/le-sahel-au-bord-du-gouffre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kapitalis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; le 9 mai 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hommage &#224; Andr&#233; Massida</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2019</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2019</guid>
		<dc:date>2026-05-12T08:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdoul-Fatah Moussa Arre</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un chef d'entreprise respect&#233;, un homme attach&#233; &#224; Djibouti.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-massada-a196e.jpg?1778581685' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Djibouti, certains hommes finissent par incarner une partie de la m&#233;moire &#233;conomique et humaine du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Andr&#233; Massida est de ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; &#224; Djibouti depuis plusieurs d&#233;cennies &#224; travers le Groupe Massida, il aura accompagn&#233; l'&#233;volution du pays dans les secteurs du transport, de la logistique, du commerce et des services, avec une constance et une fid&#233;lit&#233; rares.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au-del&#224; du chef d'entreprise respect&#233;, beaucoup retiendront surtout un homme profond&#233;ment attach&#233; &#224; Djibouti et aux Djiboutiens. &#192; une &#233;poque o&#249; nombre d'op&#233;rateurs privil&#233;giaient les expatri&#233;s, Andr&#233; Massida a toujours fait le choix de l'emploi local, de la promotion des comp&#233;tences djiboutiennes et de la confiance accord&#233;e aux cadres et travailleurs nationaux. Des g&#233;n&#233;rations de Djiboutiens ont grandi professionnellement au sein du Groupe Massida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme disponible, accessible et profond&#233;ment humain, il aura &#233;galement marqu&#233; la communaut&#233; franco-djiboutienne par son &#233;coute, sa pr&#233;sence et son engagement constant. Beaucoup de familles fran&#231;aises install&#233;es &#224; Djibouti savent combien il a souvent jou&#233; ce r&#244;le discret mais essentiel d'interface, de facilitateur et de trait d'union entre les communaut&#233;s, les institutions et les r&#233;alit&#233;s du terrain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au sein de la Chambre de Commerce de Djibouti, o&#249; il occupait une place importante et respect&#233;e, Andr&#233; Massida aura aussi &#233;t&#233; l'un des d&#233;fenseurs constants du d&#233;veloppement du secteur priv&#233;, du dialogue &#233;conomique et du renforcement des liens entre Djibouti et ses partenaires. Responsables politiques fran&#231;ais, diplomates, &#233;lus, entrepreneurs ou investisseurs de passage &#224; #Djibouti ont souvent trouv&#233; aupr&#232;s de lui une lecture fine du pays, de son histoire, de ses &#233;quilibres et de ses r&#233;alit&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;placement en France pour raisons m&#233;dicales, nous lui adressons nos pens&#233;es les plus sinc&#232;res ainsi que nos v&#339;ux les plus chaleureux de prompt et complet r&#233;tablissement. Beaucoup &#224; Djibouti esp&#232;rent le revoir tr&#232;s bient&#244;t retrouver sa place parmi les siens, dans ce pays qu'il a choisi depuis longtemps comme sa terre d'adoption et auquel il a tant apport&#233; humainement, &#233;conomiquement et socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde o&#249; les hommes de fid&#233;lit&#233; et de constance deviennent rares, certains noms continuent d'inspirer naturellement le respect. Andr&#233; Massida est de ceux-l&#224;. Respect &#224; un homme de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Abdoul-Fatah Moussa Arre&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Massida avait accord&#233; un entretien &#224; &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; en 2011&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; DCT/PAID : Ils ont dit &#187;, Human Village n&#176; 18, septembre 2011.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L210xH231/18-massida-64f0b.jpg?1778581685' width='210' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; Massida a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1964 par mon p&#232;re. Pour ma part, je l'ai int&#233;gr&#233;e en 1967 avant d'en prendre la direction en 1969. Autant dire que j'ai suivi de tr&#232;s pr&#232;s l'&#233;volution du secteur portuaire &#224; Djibouti et que je peux en parler en parfaite connaissance de cause. &#192; ce titre, je peux affirmer qu'il y a eu des am&#233;liorations consid&#233;rables avec la cr&#233;ation du Doraleh Container Terminal (DCT). &#192; l'&#233;poque du PAID, il n'&#233;tait pas toujours &#233;vident de localiser son conteneur ; il fallait parfois le rechercher soi-m&#234;me. Le port, dans son ancienne configuration, n'&#233;tait plus adapt&#233; au volume actuel du trafic. Je dois reconna&#238;tre qu'il s'agit d'une r&#233;alisation remarquable et d'une v&#233;ritable opportunit&#233; pour Djibouti. C'est un outil performant, particuli&#232;rement pertinent pour le d&#233;veloppement des activit&#233;s de transbordement. Notre entreprise n'op&#232;re pas dans le transbordement, mais il s'agit selon moi d'une activit&#233; compl&#233;mentaire et strat&#233;gique, indispensable au d&#233;veloppement du port. Djibouti a l&#224; une r&#233;elle carte &#224; jouer et a raison de se positionner sur ce secteur o&#249; elle dispose d'importants avantages comp&#233;titifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela &#233;tant dit, si vous me permettez de formuler quelques remarques constructives, je souhaiterais attirer votre attention sur un ou deux points qui p&#233;nalisent, &#224; mon sens, l'ensemble des entreprises du secteur. Le premier concerne la gestion du temps. Les camions perdent &#233;norm&#233;ment de temps &#224; l'entr&#233;e du terminal en raison de proc&#233;dures administratives excessivement longues. &#192; cela s'ajoute une autre source importante de perte de temps : les trajets entre le DCT, PK12 et les si&#232;ges des entreprises. Il faut comprendre qu'une rotation plus rapide des camions permettrait non seulement de r&#233;duire les pertes de temps, mais &#233;galement d'am&#233;liorer significativement la satisfaction de nos clients. Aujourd'hui, les allers-retours sont nombreux pour d&#233;poser les diff&#233;rents documents, effectuer des photocopies, pr&#233;parer les paiements, etc. Je suis convaincu que tout le monde y gagnerait si l'ensemble des d&#233;marches pouvait &#234;tre centralis&#233; en un seul lieu, id&#233;alement en ville ou &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du port.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, dans le m&#234;me esprit de simplification, pourquoi ne pas envisager de prolonger l&#233;g&#232;rement la dur&#233;e de validit&#233; du gate-pass et de supprimer la proc&#233;dure des A-check pour le retour des conteneurs vides ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article5' class=&#034;spip_in&#034;&gt;DCT/PAID : Ils ont dit&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; n&#176; 18, septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Charles-De-Gaulle &#224; Djibouti</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2018</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2018</guid>
		<dc:date>2026-05-12T08:03:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il vient participer &#224; une possible s&#233;curisation du d&#233;troit d'Ormuz.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-charlesdegaulle-c41d6.jpg?1778581685' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le groupe a&#233;ronaval du porte-avions fran&#231;ais Charles-De-Gaulle est arriv&#233; &#224; Djibouti hier, le 11 mai, dans l'espoir de participer &#224; la s&#233;curisation du d&#233;troit d'Ormuz bloqu&#233; depuis le d&#233;clenchement de la guerre isra&#233;lo-am&#233;ricaine contre l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son commandant, le contre-amiral Thibault de Possesse, accompagn&#233; du capitaine de vaisseau Thomas Puga, commandant du porte-avions, se sont rendus au Centre international d'expositions de Djibouti rencontrer les responsables de l'Autorit&#233; des ports et des zones franches de Djibouti (DPFZA).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4916 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://human-village.org/IMG/jpg/57-charles-de-gaulle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH165/57-charles-de-gaulle-c0f7d.jpg?1778581685' width='500' height='165' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH314/57-charles-de-gaulle-dpzfa-e22df.jpg?1778581685' width='400' height='314' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation a salu&#233; l'expertise et le savoir-faire des capitaines djiboutiens dans la r&#233;ussite des op&#233;rations de man&#339;uvre et d'accostage du Charles-De-Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne le &lt;a href=&#034;https://x.com/dpfza/status/2053764615742394570&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;message sur X&lt;/a&gt; de la DPZFA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir en ligne le &lt;a href=&#034;https://x.com/CaVautrin/status/2053854214023979501&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;message sur X&lt;/a&gt; de Catherine Vautrin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article1480' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : Faire rel&#226;che &#224; Djibouti, c'est b&#233;n&#233;ficier d'un soutien strat&#233;gique dans la corne de l'Afrique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique fran&#231;ais&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Investiture d'Ismail Omar Guelleh</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2017</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2017</guid>
		<dc:date>2026-05-10T09:31:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isma&#239;l Omar Guelleh</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle s'est d&#233;roul&#233;e en pr&#233;sence de nombreuses personnalit&#233;s.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-investiture_iog-628b1.jpg?1778421067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s des communiqu&#233;s de la pr&#233;sidence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 9 mai 2026 s'est d&#233;roul&#233;e la c&#233;r&#233;monie d'investiture d'Ismail Omar Guelleh pour son sixi&#232;me mandat &#224; la direction du pays, dans le nouveau centre international de conf&#233;rences de Djibouti.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4909 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://human-village.org/IMG/jpg/57-investiture-salle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH146/57-investiture-salle-93ffd.jpg?1778421067' width='500' height='146' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des membres du gouvernement, dont le Premier ministre Abdoulakder Kamil Mohamed, et du Parlement, dont le pr&#233;sident Dileita Mohamed Dileita, et Kadra Mahamoud Ha&#239;d, pr&#233;sidente de l'Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD), assistaient &#224; la c&#233;r&#233;monie ainsi que de nombreuses personnalit&#233;s &#233;trang&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4912 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH429/57-investiture-tweet_abiy-d8e4f.jpg?1778421067' width='400' height='429' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Abiy Ahmed Ali, Premier ministre &#233;thiopien
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hassan Cheick Mahamoud, pr&#233;sident somalien
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rashad Al-Alimi, pr&#233;sident du Conseil de direction pr&#233;sidentiel du Y&#233;men
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salva Kiir, pr&#233;sident du Soudan du Sud
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Brice Clotaire, pr&#233;sident gabonais, accompagn&#233; de son &#233;pouse, Zita Oligui Nguema
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Malik Agar, vice-pr&#233;sident du Conseil de souverainet&#233; de transition du Soudan
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prosper Bazombanza, vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique du Burundi
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moustapha Madbouli, Premier ministre &#233;gyptien
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Justin Nsangigumva, Premier rwandais &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Catherine Vautrin, ministre fran&#231;aise des Arm&#233;es et des Anciens combattants&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nari Azzouz, pr&#233;sident du Conseil alg&#233;rien de la Nation
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires &#233;trang&#232;res et de la Coop&#233;ration internationale
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aden Barre Douale, ministre kenyan de la Sant&#233;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Khamis Bin Seif Bin Hamood, ministre de l'&#201;conomie d'Oman
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le ministre tanzanien des Affaires &#233;trang&#232;res
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Niale Kaba, ministre ivoirienne aux Affaires &#233;trang&#232;res &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Taher Salem Al Baour, ministre libyen des Affaires &#233;trang&#232;res
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Onishi Yohei, vice-ministre parlementaire japonais charg&#233; des Affaires &#233;trang&#232;res
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Esmeral Da Bravo Da Silva, secr&#233;taire d'&#201;tat angolais aux Relations ext&#233;rieures&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4911 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH392/57-investiture-tweet_au-e50c4.jpg?1778421067' width='400' height='392' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article1770' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mahmoud Ali Youssouf, pr&#233;sident de la Commission de l'Union africaine&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Workneh Gebeyehu, secr&#233;taire ex&#233;cutif de l'IGAD
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Luosung Jiangeun, envoy&#233; sp&#233;cial du pr&#233;sident chinois et vice-pr&#233;sident du Comit&#233; permanent de l'Assembl&#233;e populaire nationale &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Amama Babzi, envoy&#233; sp&#233;cial du pr&#233;sident ougandais
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guang Cong, envoy&#233; sp&#233;cial des Nations unies pour la Corne de l'Afrique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Youssouf Bin Mohamed, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral aux Affaires politiques de l'Organisation de la coop&#233;ration islamique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-Laura Akin, vice-pr&#233;sidente de la Banque africaine de d&#233;veloppement &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cynthia Kierscht, ambassadrice des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rashid bin Shafeea Al-Marri, ambassadeur du Qatar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue de cette c&#233;r&#233;monie, un d&#233;jeuner officiel a rassembl&#233; les chefs d'&#201;tat et de gouvernement &#233;trangers et les membres des d&#233;l&#233;gations officielles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident djiboutien a poursuivi avec une s&#233;rie de rencontres avec des dirigeants &#233;trangers. D'abord le Premier ministre e&#769;thiopien, Abiy Ahmed Ali, et le vice-pre&#769;sident du Conseil de souverainete&#769; de transition du Soudan, Malik Agar, pour un entretien consacr&#233; &#224; la paix et la s&#233;curit&#233; de la r&#233;gion et au r&#244;le de l'IGAD pour y parvenir &#224; travers une meilleure int&#233;gration &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a ensuite rencontr&#233; les pr&#233;sidents sud-soudanais, Salva Kiir, et y&#233;m&#233;nite, Raschad Al-Alimi, le Premier ministre &#233;gyptien, Moustapha Madbouli, le pre&#769;sident du Conseil alge&#769;rien de la Nation, Nasri Azzouz, &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la ministre franc&#807;aise des Arme&#769;es, Catherine Vautrin&lt;/a&gt;, le vice-pre&#769;sident du Comite&#769; permanent de l'Assemble&#769;e populaire nationale chinoise, Luosung Jiangeu et l'envoye&#769; spe&#769;cial des Nations unies pour la Corne de l'Afrique, Guang Cong.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_4908 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH348/57-investiture-iog-316e4.jpg?1778421067' width='400' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discours d'investiture d'Ismail Omar Guelleh&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excellences,&lt;br class='autobr' /&gt;
Messieurs les chefs d'&#201;tat et de gouvernement,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mesdames et Messieurs les pr&#233;sidents des institutions,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mesdames et Messieurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
Chers invit&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes chers compatriotes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permettez-moi, en cet instant solennel, de vous adresser mes salutations les plus respectueuses ainsi que mes remerciements les plus sinc&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais tout d'abord, Messieurs les chefs d'&#201;tat et de gouvernement vous exprimer toute ma gratitude pour l'amiti&#233; constante que vous portez &#224; la R&#233;publique de Djibouti. Votre pr&#233;sence parmi nous aujourd'hui constitue un t&#233;moignage fort de la qualit&#233; des relations qui unissent nos nations et du respect mutuel qui fonde notre coop&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au nom du peuple djiboutien, je souhaite la bienvenue &#224; l'ensemble des d&#233;l&#233;gations, aux repr&#233;sentants des pays amis, ainsi qu'&#224; tous nos partenaires et invit&#233;s. Je forme le v&#339;u que votre s&#233;jour parmi nous soit agr&#233;able et vous permette d'appr&#233;cier pleinement notre Pays, terre de rencontre, d'&#233;change et d'hospitalit&#233;, fid&#232;le &#224; ses traditions d'ouverture et de dialogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais &#233;galement adresser mes remerciements au pr&#233;sident du Conseil constitutionnel, ainsi qu'&#224; l'ensemble des membres de cette institution, pour le r&#244;le essentiel qu'ils ont jou&#233; dans la r&#233;gularit&#233;, la transparence et la cr&#233;dibilit&#233; du processus &#233;lectoral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 avril 2026, le peuple djiboutien s'est exprim&#233; dans le calme, la dignit&#233; et la s&#233;r&#233;nit&#233;. Par sa mobilisation exemplaire, il a une nouvelle fois d&#233;montr&#233; son attachement aux principes d&#233;mocratiques, &#224; la paix civile et &#224; la stabilit&#233; de nos institutions. Avec plus de 97% de suffrages exprim&#233;s en ma faveur, les Djiboutiens ont pl&#233;biscit&#233; sans ambig&#252;it&#233;, et de fa&#231;on simultan&#233;e, le bilan, ainsi que la vision que je porte pour l'avenir de notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
En pr&#234;tant serment aujourd'hui, je mesure pleinement le poids de la responsabilit&#233;. Cette responsabilit&#233; est immense. Elle m'engage devant vous, devant notre nation et devant l'histoire. En toute humilit&#233;, je demande gr&#226;ce au Tout Puisssant pour m'avoir permis d'assumer cette charge. J'exprime &#233;galement ma profonde reconnaissance &#224; ma famille pour son soutien constant et discret. Et je tiens surtout &#224; vous remercier, peuple djiboutien, pour la confiance renouvel&#233;e que vous m'avez accord&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette confiance est un honneur. Elle est aussi une exigence. Elle m'oblige &#224; vous servir avec loyaut&#233;, avec d&#233;termination et avec un sens aigu du devoir. Elle m'oblige aussi &#224; agir avec lucidit&#233;, &#224; d&#233;cider avec courage et &#224; gouverner avec justice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis pleinement conscient que porter les attentes et les esp&#233;rances de toute une nation exige une mobilisation de chaque instant. C'est pourquoi je prends, devant vous, l'engagement de consacrer toutes mes forces, toute mon &#233;nergie et toute mon exp&#233;rience au service du d&#233;veloppement de notre pays et du bien-&#234;tre de chacun de nos concitoyens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4913 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH378/57-investiture-tweet_somalia-c2af6.jpg?1778421067' width='400' height='378' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre peuple se distingue par une identit&#233; forte, forg&#233;e par l'histoire et enrichie par la diversit&#233;. Cette identit&#233; repose sur des valeurs profond&#233;ment ancr&#233;es : la tol&#233;rance, la paix, la fraternit&#233; et la solidarit&#233;. Ces valeurs ne sont pas seulement des principes. Elles sont une r&#233;alit&#233; v&#233;cue. Elles ont permis &#224; notre Nation de surmonter les &#233;preuves, de pr&#233;server son unit&#233; et de consolider sa stabilit&#233; dans un environnement souvent incertain. Notre r&#233;silience collective est l'une de nos plus grandes forces. Elle nous a permis de faire face aux d&#233;fis du pass&#233;. Elle continuera de nous guider dans les transformations &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans cet esprit que s'inscrit l'action diplomatique de Djibouti. Une diplomatie fond&#233;e sur le dialogue, la coop&#233;ration et la recherche permanente de la paix. Car nous savons que sans paix, il ne peut y avoir de d&#233;veloppement durable, et sans stabilit&#233;, il ne peut y avoir de prosp&#233;rit&#233; partag&#233;e. Cependant, et je souhaite le dire sans d&#233;tour : la stabilit&#233; ne doit jamais &#234;tre un pr&#233;texte &#224; l'immobilisme. Elle ne doit pas freiner notre ambition. Elle ne doit pas limiter notre capacit&#233; &#224; nous transformer. Au contraire, la stabilit&#233; doit &#234;tre un levier. Un fondement solide sur lequel b&#226;tir l'avenir. Une condition favorable pour engager les r&#233;formes n&#233;cessaires et r&#233;pondre aux aspirations l&#233;gitimes de notre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;fis auxquels nous faisons face sont nombreux et complexes. Ils exigent de nous une vision claire, une action coh&#233;rente et une d&#233;termination constante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi sanitaire demeure au c&#339;ur de nos priorit&#233;s. Nous allons poursuivre nos efforts pour garantir un acc&#232;s &#233;quitable aux soins, am&#233;liorer la qualit&#233; des services de sant&#233; et renforcer la r&#233;silience de notre syst&#232;me face aux crises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi de l'&#233;ducation et de la formation est tout aussi crucial. L'&#233;ducation est la cl&#233; de notre avenir. Elle est le socle sur lequel repose toute strat&#233;gie de d&#233;veloppement. Nous avons accompli des progr&#232;s importants en mati&#232;re d'acc&#232;s &#224; l'enseignement. Aujourd'hui, notre responsabilit&#233; est d'aller plus loin. Il nous faut am&#233;liorer la qualit&#233; de l'enseignement, moderniser les programmes et, surtout, assurer une meilleure ad&#233;quation entre la formation et les besoins du march&#233; du travail. Car, c'est &#224; cette condition que nous pourrons offrir &#224; notre jeunesse des perspectives concr&#232;tes et durables. C'est &#224; cette condition que nous pourrons r&#233;duire le ch&#244;mage et valoriser les comp&#233;tences nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
La jeunesse djiboutienne est une richesse inestimable. Elle est porteuse d'&#233;nergie, d'id&#233;es et d'ambition. Elle doit &#234;tre accompagn&#233;e, encourag&#233;e et pleinement int&#233;gr&#233;e dans la dynamique de d&#233;veloppement de notre pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes djiboutiennes, quant &#224; elles, jouent un r&#244;le essentiel dans notre soci&#233;t&#233;. Leur contribution est d&#233;terminante, tant sur le plan &#233;conomique que social. Il est de notre devoir de renforcer leur participation &#224; tous les niveaux de responsabilit&#233; et de garantir l'&#233;galit&#233; des chances. Car le progr&#232;s d'une nation se mesure aussi &#224; la place qu'elle accorde &#224; ses femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement que nous poursuivons sera un d&#233;veloppement inclusif. Un d&#233;veloppement qui ne laisse personne de c&#244;t&#233;. Un d&#233;veloppement qui profite &#224; toutes les r&#233;gions, &#224; toutes les cat&#233;gories sociales et &#224; toutes les g&#233;n&#233;rations. C'est pourquoi la solidarit&#233; nationale restera au c&#339;ur de notre action publique. Elle guidera nos politiques &#233;conomiques et sociales. Elle se traduira concr&#232;tement par la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, par le soutien aux plus vuln&#233;rables et par une meilleure r&#233;partition des fruits de la croissance. Car un pays ne peut avancer durablement que s'il progresse de mani&#232;re &#233;quilibr&#233;e. La coh&#233;sion sociale est une condition essentielle de la stabilit&#233; et du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde conna&#238;t aujourd'hui des mutations profondes, notamment dans le domaine des technologies num&#233;riques et de l'intelligence artificielle. Ces transformations offrent des opportunit&#233;s consid&#233;rables pour acc&#233;l&#233;rer notre d&#233;veloppement, am&#233;liorer la productivit&#233; et moderniser notre &#233;conomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons nous inscrire pleinement dans cette dynamique. C'est pourquoi nous allons investir dans les comp&#233;tences, encourager l'innovation et cr&#233;er un environnement favorable &#224; l'&#233;mergence de nouvelles activit&#233;s. Mais nous serons vigilants face aux risques. Car le progr&#232;s technologique doit &#234;tre ma&#238;tris&#233;, encadr&#233; et mis au service de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Il ne doit pas fragiliser notre coh&#233;sion sociale ni remettre en cause nos valeurs fondamentales. Dans le m&#234;me temps, nous continuerons &#224; exploiter pleinement le potentiel &#233;conomique de notre pays. Djibouti dispose d'atouts strat&#233;giques majeurs : une position g&#233;ographique exceptionnelle, des infrastructures modernes et une ouverture sur les march&#233;s internationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces atouts, nous allons les consolider par des r&#233;formes ambitieuses. Nous allons moderniser notre appareil productif, diversifier nos sources de croissance et renforcer l'attractivit&#233; de notre &#233;conomie. Nous allons &#233;galement faire &#233;voluer notre &#233;cosyst&#232;me de communication, afin qu'il soit en phase avec les transformations de notre soci&#233;t&#233; et les exigences de notre d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le monde d'aujourd'hui, aucune nation ne peut prosp&#233;rer dans l'isolement. Les crises r&#233;centes nous ont rappel&#233; &#224; quel point nos destins sont li&#233;s. Les d&#233;fis globaux, qu'ils soient climatiques, sanitaires ou &#233;conomiques, appellent des r&#233;ponses collectives. Pour l'Afrique, l'int&#233;gration constitue une voie essentielle. Elle repr&#233;sente une opportunit&#233; historique pour renforcer nos &#233;changes, d&#233;velopper nos &#233;conomies et affirmer notre place dans le monde. Djibouti continuera de s'engager r&#233;solument en faveur de cette int&#233;gration, dans le respect de ses engagements continentaux et dans un esprit de solidarit&#233; africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes chers compatriotes,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir de notre pays d&#233;pend de notre capacit&#233; &#224; rester unis, &#224; faire preuve de responsabilit&#233; et &#224; agir avec d&#233;termination. Les d&#233;fis sont r&#233;els, mais notre volont&#233; est forte. Les obstacles existent, mais notre ambition est intacte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis convaincu que Djibouti dispose de tous les atouts n&#233;cessaires pour r&#233;ussir. Ensemble, nous allons construire une Nation plus prosp&#232;re, plus juste et plus solidaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#233;affirme aujourd'hui mon engagement &#224; servir la R&#233;publique avec d&#233;vouement et &#224; &#339;uvrer sans rel&#226;che pour le progr&#232;s de notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie de votre attention&lt;br class='autobr' /&gt;
Vive la R&#233;publique de Djibouti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vive le peuple djiboutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ismail Omar Guelleh&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article234' class=&#034;spip_in&#034;&gt;C&#233;r&#233;monie d'investiture du pr&#233;sident de la R&#233;publique 2016&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique fran&#231;ais</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2016</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2016</guid>
		<dc:date>2026-05-08T21:25:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette visite s'inscrit dans le cadre du repositionnement strat&#233;gique de la France.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-vautrin_avion-1a1ec.jpg?1778278466' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH363/57-vautrin_favennec-771cb.jpg?1778278466' width='400' height='363' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La visite de la ministre des Arm&#233;es et des anciens combattants &#224; Djibouti, &#224; l'occasion de l'investiture du pr&#233;sident de la R&#233;publique, Isma&#239;l Omar Guelleh, d&#233;passe le simple cadre protocolaire. Arriv&#233;e ce soir sur le territoire djiboutien, elle doit y s&#233;journer jusqu'au 11 mai, dans une s&#233;quence br&#232;ve mais &#224; forte port&#233;e symbolique, marqu&#233;e &#233;galement par de nombreuses r&#233;unions de travail inscrites &#224; son agenda. Cette visite s'inscrit dans un moment charni&#232;re, o&#249; les &#233;quilibres r&#233;gionaux et les formes d'influence internationale se redessinent en profondeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Accompagn&#233;e du d&#233;put&#233; Yannick Favennec-B&#233;cot, pr&#233;sident du groupe d'amiti&#233; France-Djibouti de l'Assembl&#233;e nationale, la ministre sera escort&#233;e d&#232;s son entr&#233;e dans l'espace a&#233;rien national. Son avion - Falcon 900 F-RAFP (CTM004) - devrait &#234;tre encadr&#233; par les chasseurs des Forces fran&#231;aises stationn&#233;es &#224; Djibouti, dans une d&#233;monstration de pr&#233;sence militaire. Les pilotes de la base a&#233;rienne 188 ont multipli&#233; les exercices ces derniers jours autour d'un appareil de type CASA CN-235 afin de peaufiner leurs man&#339;uvres. Une s&#233;quence qui participe &#224; une mise en sc&#232;ne assum&#233;e de la pr&#233;sence fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte r&#233;gional change aussi la port&#233;e de cette visite. Le renouvellement des dispositifs europ&#233;ens de s&#233;curit&#233; maritime, notamment les op&#233;rations Aspides et Atalante, souligne la centralit&#233; de cet espace reliant la mer Rouge au golfe d'Aden&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Accord UE Djibouti - op&#233;ration s&#251;ret&#233; maritime UE libert&#233; de navigation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La pr&#233;sence du porte-avions Charles de Gaulle dans le Bab el-Mandeb, programm&#233;e bien en amont, s'inscrit dans cette logique. Elle vise &#224; d&#233;montrer la capacit&#233; de projection navale fran&#231;aise, &#224; l'occasion des 400 ans de la Marine nationale, &#224; un moment diplomatique cl&#233;, au croisement du sommet &lt;i&gt;Africa Forward&lt;/i&gt; &#224; Nairobi, les 11 et 12 mai, et de la rencontre pr&#233;vue le 13 mai &#224; Addis-Abeba entre le pr&#233;sident Emmanuel Macron et le &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article1770' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;sident de la Commission de l'Union africaine Mahmoud Ali Youssouf&lt;/a&gt;. Djibouti appara&#238;t ainsi, une nouvelle fois, comme un point d'ancrage strat&#233;gique : interface militaire, diplomatique et commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4906 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH434/57-vautrin_tweet-5b39a.jpg?1778278466' width='400' height='434' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une influence fran&#231;aise en red&#233;finition&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de sa dimension militaire, cette visite intervient dans un moment de remise en question de la place de la France en Afrique. La publication du rapport d'information sur l'influence de la France dans un monde postcolonial, port&#233; par les rapporteures Am&#233;lia Lakrafi et Sabrina Sebaihi, en constitue un moment important&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'influence de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ex&#233;cutif fran&#231;ais met en avant une &#233;volution assum&#233;e de sa position sur le continent. Le ministre de l'Europe et des affaires &#233;trang&#232;res, Jean-No&#235;l Barrot, a ainsi d&#233;clar&#233; : &#171; Comme le pr&#233;sident de la R&#233;publique aura l'occasion de le rappeler lundi et mardi prochains lors du sommet &lt;i&gt;Africa Forward&lt;/i&gt;, qu'il copr&#233;sidera avec le pr&#233;sident du Kenya, la relation avec nos partenaires africains a profond&#233;ment &#233;volu&#233; depuis neuf ans. Elle se fonde sur une approche respectueuse de nos int&#233;r&#234;ts mutuels et de la souverainet&#233; de chacun. Elle vise la mise en commun de nos richesses respectives dans un esprit de respect. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; XVIIe l&#233;gislature-Session ordinaire de 2025-2026 - Premi&#232;re s&#233;ance du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette position qui insiste sur une relation renouvel&#233;e et &#233;quilibr&#233;e trouve un &#233;cho direct dans les travaux parlementaires r&#233;cents, o&#249; cette volont&#233; de red&#233;finition est &#224; la fois approfondie et mise en d&#233;bat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, le vice-pr&#233;sident de la commission des affaires &#233;trang&#232;res Alain David soulignait : &#171; De m&#234;me, la perspective du sommet &lt;i&gt;Africa Forward&lt;/i&gt;, qui se tiendra &#224; Nairobi, au Kenya, les 11 et 12 mai prochains &#8211; auquel participera une d&#233;l&#233;gation de notre commission compos&#233;e de Bruno Fuchs, Dieynaba Diop, Sabrina Sebaihi, Mich&#232;le Tabarot, Vincent Ledoux et Aur&#233;lien Tach&#233; &#8211;, constitue une opportunit&#233; majeure pour prolonger ces r&#233;flexions. Il devrait permettre d'illustrer la richesse et le dynamisme des relations entre le continent africain et la France, et la diversit&#233; des acteurs qui y prennent part &#8211; &#201;tats, entreprises, jeunesse, artistes, soci&#233;t&#233;s civiles, diasporas. Ce sommet sera le premier &#224; &#234;tre accueilli et copr&#233;sid&#233; par un pays anglophone, ce qui constitue un symbole fort. Dans ce contexte, le rapport pr&#233;sent&#233; aujourd'hui apporte une contribution pr&#233;cieuse. Il nous invite &#224; d&#233;passer les logiques d'influence h&#233;rit&#233;es du pass&#233; pour construire des partenariats plus horizontaux. C'est &#224; cette condition que la France pourra continuer &#224; jouer un r&#244;le singulier et utile dans un monde en pleine recomposition. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Compte rendu Commission des affaires &#233;trang&#232;res&#8211; Examen, ouvert &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais derri&#232;re cette ambition, les attentes et les critiques restent fortes. La d&#233;put&#233;e Sabrina Sebaihi, membre du groupe &#201;cologiste et social, d&#233;veloppe une analyse approfondie des perceptions africaines : &#171; En nous interrogeant sur les ressorts de cette image parfois d&#233;grad&#233;e de la France, il nous est apparu que notre pays, dans les &#201;tats anciennement colonis&#233;s, et particuli&#232;rement en Afrique, incarne l'Occident, non seulement dans ses valeurs affich&#233;es, mais aussi et peut-&#234;tre surtout dans ses contradictions.&lt;br class='autobr' /&gt;
On renvoie ainsi la France &#224; la fois aux crimes li&#233;s &#224; la colonisation, au maintien de formes d'influence h&#233;rit&#233;es de la p&#233;riode dite de la &#8220;Fran&#231;afrique&#8221;, mais aussi &#224; son positionnement international contemporain. Celui-ci est per&#231;u comme ob&#233;issant &#224; une logique de &#8220;deux poids, deux mesures&#8221; entre le conflit russo-ukrainien, d'une part, et d'autres conflits mondiaux, qu'il s'agisse de Gaza, bien s&#251;r, mais &#233;galement du Soudan ou de la r&#233;gion des Grands Lacs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En parall&#232;le, la conditionnalit&#233; des aides et la volont&#233; d'imposer des r&#233;formes de soci&#233;t&#233; sont de plus en plus v&#233;cues comme des formes renouvel&#233;es d'ing&#233;rence, facilement instrumentalis&#233;es par certains gouvernements, mais aussi profond&#233;ment ressenties par les soci&#233;t&#233;s civiles. J'ai en t&#234;te l'exemple du t&#233;l&#233;ph&#233;rique &#224; Antananarivo, qui est devenu, malgr&#233; lui, le symbole du maintien de la pr&#233;sence fran&#231;aise &#224; Madagascar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, la France n'a, semble-t-il, pas su percevoir les &#233;volutions internes profondes des soci&#233;t&#233;s africaines, marqu&#233;es par une jeunesse politis&#233;e, exigeante, attach&#233;e &#224; sa souverainet&#233;, mais aussi &#224; son histoire et &#224; la coh&#233;rence des partenariats internationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cet &#233;gard, la question de la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise fournit un exemple &#233;clairant. Jusqu'&#224; r&#233;cemment, les pays &#233;taient demandeurs de formations fran&#231;aises et certains ont m&#234;me sollicit&#233; une aide sur le terrain pour lutter contre le terrorisme. Mais notre arm&#233;e est rest&#233;e trop longtemps sur place, sans toujours r&#233;ussir &#224; remplir ses objectifs, au point que sa pr&#233;sence est devenue une cible facile pour certains dirigeants, car il &#233;tait devenu insupportable pour une partie des populations de voir des forces arm&#233;es &#233;trang&#232;res sur leur territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France a &#233;galement d&#233;&#231;u en tardant &#224; mettre en &#339;uvre ses engagements. Le discours du pr&#233;sident de la R&#233;publique &#224; Ouagadougou en 2017 a cr&#233;&#233; des attentes immenses en mati&#232;re de refondation des partenariats, mais les actes n'ont pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur. Le cas des restitutions de biens culturels est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur : il a fallu attendre pr&#232;s d'une d&#233;cennie pour que le Parlement se saisisse d'un cadre l&#233;gislatif adapt&#233;, laissant ainsi s'installer l'id&#233;e que la France h&#233;site encore &#224; tirer toutes les cons&#233;quences de son histoire. Or, comme le souligne notre rapport, la question m&#233;morielle demeure un &#233;l&#233;ment structurant des relations diplomatiques contemporaines &#8211; en la mati&#232;re, nous sommes en retard sur la plupart de nos homologues europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, un sujet concentre aujourd'hui une grande partie des col&#232;res, des frustrations et des incompr&#233;hensions profondes : celui des visas, de la mobilit&#233; &#233;tudiante et du renouvellement des titres de s&#233;jour. Il touche directement les populations dans les pays concern&#233;s, mais aussi les diasporas pr&#233;sentes sur notre territoire, lesquelles sont susceptibles d'&#233;prouver le sentiment d'&#234;tre prises dans la contradiction entre la force des liens humains et les restrictions des politiques administratives. Ces politiques sont d'autant plus mal v&#233;cues qu'elles s'inscrivent dans un contexte o&#249; se multiplient les discours stigmatisants, et o&#249; les obstacles rencontr&#233;s alimentent un sentiment d'injustice durable. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH340/57-vautrin_aspides-50058.jpg?1778278466' width='400' height='340' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage de ces constats, la question de la mobilit&#233; s'impose comme l'un des principaux foyers de crispation, comme le souligne la d&#233;put&#233;e macroniste Am&#233;lia Lakrafi : &#171; Sur les questions de mobilit&#233;, il reste beaucoup &#224; faire. Les interrogations li&#233;es &#224; la proc&#233;dure de traitement des demandes de visa sont sous-estim&#233;es. Ce dispositif est souvent peu satisfaisant, en d&#233;pit de certaines am&#233;liorations constat&#233;es sur le terrain, par exemple au Cameroun, o&#249; le changement de responsable des visas, &#224; l'initiative de la nouvelle directrice des Fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger, a &#233;t&#233; salu&#233; par tous nos interlocuteurs, y compris de nombreux parlementaires dont les demandes &#233;taient auparavant rejet&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les habitants des pays anciennement colonis&#233;s per&#231;oivent tr&#232;s mal les refus de visas, dans des proportions significativement plus &#233;lev&#233;es que les ressortissants de pays sans liens historiques avec la France. Le taux de refus moyen passe en effet de 15 % au niveau mondial &#224; 50 % pour certains pays d'Afrique francophone, sous pr&#233;texte qu'ils pr&#233;senteraient un risque migratoire &#233;lev&#233;. Cela nourrit la frustration et la ranc&#339;ur &#224; l'&#233;gard de la France. J'ai pu l'observer souvent en Afrique : le sentiment antifran&#231;ais commence au consulat. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce diagnostic est partag&#233; par le d&#233;put&#233; socialiste Pierre Pribetich : &#171; Ce rapport de qualit&#233; dresse un constat lucide : la France traverse une phase de red&#233;finition profonde de ses relations avec ses partenaires historiques. L'influence de notre pays est en recul relatif, sous l'effet de nouvelles dynamiques politiques, de la concurrence internationale de nouveaux acteurs tels que la Chine ou la Russie, et d'une remise en cause de notre pr&#233;sence pass&#233;e. Pour autant, il serait erron&#233; de parler de rupture. Les liens humains, culturels, linguistiques et &#233;conomiques restent puissants et structurants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce rapport met en lumi&#232;re le d&#233;calage persistant entre nos discours et nos actes. Nous avons amorc&#233; une &#233;volution &#8211; reconnaissance du pass&#233;, volont&#233; de partenariat d'&#233;gal &#224; &#233;gal &#8211;, mais cette transformation reste incompl&#232;te et la France envoie bien souvent des signaux contradictoires. Les attentes sont fortes, notamment sur la question m&#233;morielle. La politique des visas et la perception d'une ing&#233;rence fran&#231;aise renforcent cette m&#233;fiance. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4907 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH495/57-vautrin_italie-df49c.jpg?1778313689' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rapport sur l'influence de la France dans un monde postcolonial
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mer au c&#339;ur des crises&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;volutions s'inscrivent dans une r&#233;alit&#233; strat&#233;gique plus large, o&#249; la mer devient un prolongement direct des crises terrestres. Lors d'une audition parlementaire, Camille Lons, directrice-adjointe du bureau de Paris du Conseil europ&#233;en pour les relations internationales (ECFR) et sp&#233;cialiste des pays du Golfe, soulignait : &#171; Nous pouvons davantage apporter une contribution int&#233;ressante sur la question maritime. Dans le tr&#232;s court terme, c'est tr&#232;s difficile car monter une coalition dans le d&#233;troit d'Ormuz et prendre le risque de s'exposer alors que nous sommes encore en plein &#233;pisode d'escalade est tr&#232;s compliqu&#233;. Mais, dans un second temps, dans une phase de d&#233;sescalade, il y aura une opportunit&#233; int&#233;ressante &#224; saisir, permettant de bien montrer une forme d'autonomie par rapport &#224; la proposition am&#233;ricaine. Nous l'avons d&#233;j&#224; fait sur d'autres missions maritimes dans la r&#233;gion, comme Agenor et Aspides, o&#249; les Europ&#233;ens ont mont&#233; des missions parall&#232;les &#224; celles des &#201;tats-Unis, qui coop&#232;rent bien s&#251;r mais qui d&#233;montrent aussi cette volont&#233; d'ind&#233;pendance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il sera important de travailler avec les pays de la r&#233;gion, mais aussi avec des puissances asiatiques. Le Japon a fait partie de la r&#233;cente d&#233;claration sur une potentielle coalition mais il faut voir aussi ce qu'il est possible de faire avec des pays comme l'Inde. Je ne pense pas que l'Inde se liera compl&#232;tement &#224; une coalition mais une coordination avec les Indiens sur ces questions constitue l'une des pistes &#224; explorer. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Commission des affaires &#233;trang&#232;res &#8211; Table ronde, ouverte &#224; la presse, sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit, l'amiral Nicolas Vaujour apportait une lecture structurante : &#171; Le premier retour d'exp&#233;rience strat&#233;gique est le suivant : tout conflit terrestre d&#233;borde in&#233;vitablement en mer. La guerre en Ukraine a imm&#233;diatement eu un impact massif sur le commerce du grain, notamment entre l'Ukraine et l'Afrique. La guerre dite des Douze Jours a eu un effet direct sur le d&#233;troit de Bab-el-Mandeb, conduisant &#224; la mise en place de la mission Aspides. Et de m&#234;me, le conflit en Iran a d&#233;sormais un impact imm&#233;diat sur le commerce du p&#233;trole et du gaz, avec des effets perceptibles chaque jour sur l'&#233;conomie mondiale. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Audition, de l'amiral Nicolas Vaujour, chef d'&#233;tat-major de la Marine, sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re de ces analyses, la position de Djibouti appara&#238;t centrale. Situ&#233; &#224; l'entr&#233;e du d&#233;troit de Bab el-Mandeb, le pays se trouve au croisement direct de dynamiques globales o&#249; les conflits terrestres se prolongent imm&#233;diatement en mer. Les crises contemporaines, en Ukraine, au Proche-Orient ou en Iran, ne sont pas lointaines : elles se traduisent concr&#232;tement par des tensions sur les flux commerciaux, &#233;nerg&#233;tiques et s&#233;curitaires qui transitent au large des c&#244;tes djiboutiennes. Dans ce contexte, la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise, les op&#233;rations europ&#233;ennes et les d&#233;ploiements navals prennent une dimension accrue. Djibouti devient ainsi non seulement un point d'appui, mais un v&#233;ritable observatoire des recompositions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4914 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;124&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://human-village.org/IMG/pdf/57-2026_4-rapport_an.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1778581686' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'influence de la France dans un monde postcolonial
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Rapport de la mission d'information de l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;N.B. : L'expression &#171; poign&#233;e de l'&#233;ventail &#187; d&#233;signe un point strat&#233;gique de ravitaillement ou une base d'appui logistique permettant de projeter des forces navales ou a&#233;riennes dans plusieurs directions. Dans un contexte maritime, elle qualifie une zone d'o&#249; rayonnent les lignes de communication et de ravitaillement, &#224; l'image d'un &#233;ventail qui s'ouvre &#224; partir de sa base.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article814' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : Djibouti, la diplomatie de g&#233;ant d'un petit &#201;tat&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article315' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : La d&#233;livrance des visas Schengen &#224; Djibouti... instrument de la diplomatie fran&#231;aise ?&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/ue/pac/EUR000011902.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Accord UE Djibouti - op&#233;ration s&#251;ret&#233; maritime UE libert&#233; de navigation crise en mer rouge (EUNAVFOR ASPIDES)&lt;/a&gt;, S&#233;nat, 17 avril 2026. &#187;, Laurent Lagneau, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.opex360.com/2026/02/24/mer-rouge-lunion-europeenne-prolonge-mandat-loperation-navale-aspides/#google_vignette&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mer Rouge : L'Union europ&#233;enne prolonge d'un an le mandat de l'op&#233;ration navale Aspides&lt;/a&gt; &#187;, OPEX, 24 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_afetr/l17b2683_rapport-information&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'influence de la France dans un monde postcolonial&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 15 avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2025-2026/premiere-seance-du-mercredi-06-mai-2026&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;XVIIe l&#233;gislature-Session ordinaire de 2025-2026 - Premi&#232;re s&#233;ance du mercredi 06 mai 2026&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 6 mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion_afetr/l17cion_afetr2526057_compte-rendu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Compte rendu Commission des affaires &#233;trang&#232;res&#8211; Examen, ouvert &#224; la presse, du rapport d'information sur l'influence de la France dans un monde postcolonial (Mme Am&#233;lia Lakrafi et Mme Sabrina Sebaihi, rapporteures)&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 15 avril 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion_afetr/l17cion_afetr2526049_compte-rendu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commission des affaires &#233;trang&#232;res &#8211; Table ronde, ouverte &#224; la presse, sur les cons&#233;quences r&#233;gionales et g&#233;opolitiques du conflit au Moyen-Orient suite au d&#233;clenchement de l'op&#233;ration am&#233;ricano-isra&#233;lienne Fureur &#233;pique&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 25 mars 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/defense/actualites/actualisation-de-la-programmation-militaire-pour-les-annees-2024-a-2030-audition-de-l-amiral-nicolas-vaujour-chef-d-etat-major-de-la-marine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Audition, de l'amiral Nicolas Vaujour, chef d'&#233;tat-major de la Marine, sur le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les ann&#233;es 2024 &#224; 2030 et portant diverses dispositions int&#233;ressant la d&#233;fense&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 9 avril 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le si&#232;cle des &#171; impuissances &#187; ou le nouvel Atlas</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2015</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2015</guid>
		<dc:date>2026-05-05T15:27:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ould Amar Yahya</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec am&#233;ricain en Iran, le monde entre dans une &#232;re o&#249; les puissances ont la capacit&#233; de d&#233;truire, mais plus celle d'ordonner.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_5-ould_impuissance-88d17.jpg?1778022467' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La puissance n'est pas l'autorit&#233;. La puissance contraint ; l'autorit&#233; fait consentir. La puissance impose un comportement ; l'autorit&#233; fonde une dur&#233;e. Pendant longtemps, l'Occident a confondu les deux parce que sa sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle semblait produire naturellement de la l&#233;gitimit&#233;. Cette illusion est morte. Ce qui s'effondre aujourd'hui est la croyance selon laquelle la victoire militaire peut encore se transformer en ob&#233;issance politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est plus la puissance qui ordonne le chaos ; c'est le chaos qui r&#233;v&#232;le l'impuissance souveraine de la puissance. Nous assistons &#224; l'usure int&#233;rieure de l'empire am&#233;ricain, plus une grande puissance d&#233;pense d'&#233;nergie pour imposer son ordre, plus cet ordre se dissout en d&#233;sordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouvel Atlas est un monde sans puissance capable de le porter sur ses &#233;paules. Les &#201;tats-Unis ne soutiennent plus l'ordre qu'ils pr&#233;tendent d&#233;fendre ; ils le d&#233;chirent. La Chine ne veut pas encore porter ce fardeau ; elle pr&#233;f&#232;re en observer l'usure. La Russie n'a ni les moyens ni le d&#233;sir de stabiliser. Le monde entre dans un &#226;ge o&#249; personne ne veut payer le prix de le gouverner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre Iran et &#201;tats-Unis, aucun des bellig&#233;rants n'a &#233;t&#233; battu au sens classique du terme. Les guerres contemporaines ne se gagnent que rarement. L'&#233;chec est ailleurs, dans l'&#233;cart devenu b&#233;ant entre la performance tactique et le r&#233;sultat strat&#233;gique. Washington et ses alli&#233;s peuvent d&#233;grader des capacit&#233;s militaires, imposer des co&#251;ts ; mais ils ne peuvent ni fabriquer un ordre r&#233;gional accept&#233;, ni garantir la docilit&#233; d'un &#201;tat, ni emp&#234;cher un adversaire affaibli de rendre la victoire politiquement toxique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ormuz ou la revanche de la vuln&#233;rabilit&#233; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Iran a montr&#233; qu'il pouvait imposer des co&#251;ts durables aux march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques mondiaux par des moyens limit&#233;s - drones, mines, missiles - tandis que les &#201;tats-Unis se retrouvent pris dans une forme de &#171; pi&#232;ge de cr&#233;dibilit&#233; &#187;, soit escalader au risque d'enlisement, soit temporiser au risque d'appara&#238;tre impuissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
En poursuivant le blocus, les &#201;tats-Unis exercent bien plus de pression sur leur propre &#233;conomie que sur l'Iran qui a prouv&#233; qu'il pouvait endurer la douleur &#233;conomique - il le fait depuis 47 ans. Alors que les familles am&#233;ricaines n'ont qu'environ 40 secondes de patience pour de l'essence aujourd'hui &#224; 6 $ le gallon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ormuz est le symbole d'une d&#233;mocratisation de la vuln&#233;rabilit&#233;. Un &#201;tat moyen, sans flotte, sans arm&#233;e de haute technologie, peut d&#233;sormais tenir en otage l'&#233;conomie plan&#233;taire avec quelques drones et un savoir-faire asym&#233;trique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La globalisation, qui devait &#234;tre l'arme ultime des puissants, s'est retourn&#233;e contre eux, elle a multipli&#233; les points de pression que les faibles peuvent actionner. En fait, la vraie dissuasion est logistique et temporelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mondialisation a multipli&#233; les points de strangulation. Elle a rendu le monde plus int&#233;gr&#233;, donc plus expos&#233; et moins r&#233;silient. L'ancien monde craignait l'invasion de ses fronti&#232;res. Le nouveau craint l'interruption de ses flux. Ce qui fait la souverainet&#233; aujourd'hui, ce sont les c&#226;bles, les ports, les d&#233;troits, les satellites, les semi-conducteurs, les assurances maritimes, les march&#233;s de l'&#233;nergie. La g&#233;opolitique devient l'art d'interrompre la circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dissuasion change de camp&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re cons&#233;quence de l'impuissance souveraine des puissances sera le changement de camp de la dissuasion. La le&#231;on &#224; retenir est qu'il n'est pas n&#233;cessaire de vaincre les &#201;tats-Unis ; il suffit de rendre leur victoire trop ch&#232;re et trop longue. C'est la revanche du politique sur le militaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouveaut&#233; est que les faibles peuvent rendre la victoire des forts inutilisable. Ils n'ont pas besoin de conqu&#233;rir ; il leur suffit de contaminer le sens de la victoire. Une victoire qui ruine les finances, fracture les alliances, &#233;puise les opinions publiques et ne produit aucun ordre stable cesse d'&#234;tre une victoire. Elle devient un &#233;v&#233;nement militaire sans traduction historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tats affaiblis, autonomies de fait et f&#233;d&#233;ralisations contraintes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me cons&#233;quence sera territoriale. L'impuissance souveraine des puissances ne produit pas imm&#233;diatement l'&#233;clatement g&#233;n&#233;ralis&#233; des &#201;tats ; elle produit d'abord leur d&#233;litement int&#233;rieur &#8211; cas de l'Irak, la Syrie, le Liban, le Y&#233;men ou la Libye.&lt;br class='autobr' /&gt;
Demain, cette logique peut s'&#233;tendre. En Iran m&#234;me, le sc&#233;nario le plus probable n'est pas une ind&#233;pendance imm&#233;diate des minorit&#233;s kurdes, baloutches, arabes ou az&#233;ries. Le nationalisme iranien reste profond et ancien. Mais le durcissement du r&#233;gime, la crise &#233;conomique, la militarisation de la soci&#233;t&#233; et l'affaiblissement du centre peuvent ouvrir la voie &#224; des autonomies de fait. L'&#233;clatement juridique est peu probable &#224; court terme ; la f&#233;d&#233;ralisation de facto l'est davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mod&#232;le de transformation en f&#233;d&#233;ration pourrait devenir la forme dominante de la crise &#233;tatique au XXIe si&#232;cle. Le Pakistan, l'Irak, la Syrie r&#233;siduelle, la Libye, le Soudan, le Liban, le Y&#233;men, certains pays africains, voire demain des &#201;tats plus solides mais ethniquement ou r&#233;gionalement tendus, peuvent conna&#238;tre cette &#233;volution : une capitale, un drapeau, un si&#232;ge &#224; l'Onu &#8212; et, sous cette surface, des souverainet&#233;s n&#233;goci&#233;es, arm&#233;es, concurrentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce seront des &#201;tats spectraux, visibles dans les institutions internationales, absents dans une partie de leur propre territoire ; souverains en droit, partag&#233;s en fait ; reconnus &#224; l'ext&#233;rieur, contest&#233;s &#224; l'int&#233;rieur. Le XXIe si&#232;cle ne verra peut-&#234;tre pas seulement la multiplication des nouveaux &#201;tats, mais la prolif&#233;ration d'&#201;tats diminu&#233;s, survivant par leur fa&#231;ade juridique alors que leur substance politique se disperse entre milices, r&#233;gions, clans, partis arm&#233;s, puissances &#233;trang&#232;res et &#233;conomies parall&#232;les.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me cons&#233;quence sera la mont&#233;e des autonomies sans ind&#233;pendance. Car l'ind&#233;pendance co&#251;te cher. Elle suppose une reconnaissance internationale, une monnaie, des fronti&#232;res d&#233;fendables, des parrains ext&#233;rieurs. L'autonomie, elle, peut &#234;tre conquise sans proclamation. Le Kurdistan irakien l'a compris depuis longtemps. Les entit&#233;s kurdes de Syrie l'ont pratiqu&#233;. Des pouvoirs locaux au Y&#233;men, en Libye ou au Soudan le d&#233;montrent chaque jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un monde o&#249; les grandes puissances ne peuvent plus imposer de r&#232;glements d&#233;finitifs, les acteurs locaux n'attendent plus la permission de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant longtemps, les grandes puissances se sont arrog&#233; le monopole de l'avenir, elles d&#233;cidaient quels &#201;tats devaient survivre, quels r&#233;gimes devaient tomber, quelles fronti&#232;res devaient &#234;tre intangibles, quelles r&#233;volutions &#233;taient l&#233;gitimes. Ce monopole est termin&#233;. L'avenir se localise. Il se fabrique d&#233;sormais dans des p&#233;riph&#233;ries arm&#233;es, des provinces oubli&#233;es, des ports secondaires, des montagnes, des d&#233;serts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc s'attendre &#224; moins de trait&#233;s de paix et &#224; plus d'arrangements, moins de fronti&#232;res nouvelles et plus de fronti&#232;res int&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Occident expos&#233;, la Russie attentive, la Chine calculatrice&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La quatri&#232;me cons&#233;quence sera la crise de l'alliance occidentale. L'Europe a subi les impacts &#233;conomiques d'un conflit qu'elle n'avait ni initi&#233; ni souhait&#233;, tandis que la fermeture d'Ormuz et la hausse des prix de l'&#233;nergie ravivent sa d&#233;pendance strat&#233;gique. L'Europe reste divis&#233;e sur la l&#233;galit&#233; de l'op&#233;ration et la perspective d'une &#171; coalition de volontaires &#187; pour l'ouverture du d&#233;troit d'Ormuz.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autonomie strat&#233;gique europ&#233;enne devient une question de survie politique. Si l'Europe suit l'Am&#233;rique, elle paie des guerres qu'elle n'a pas d&#233;cid&#233;es. Si elle s'en s&#233;pare, elle d&#233;couvre l'insuffisance de ses moyens militaires. Si elle tergiverse, elle devient un th&#233;&#226;tre secondaire o&#249; les autres puissances testent leurs rapports de force. L'impuissance souveraine am&#233;ricaine ne lib&#232;re pas automatiquement l'Europe ; elle l'expose.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Europe d&#233;couvre ainsi sa propre contradiction. Elle a voulu &#234;tre une puissance normative, elle a cru que le droit pouvait remplacer la force, que le commerce pouvait d&#233;sarmer la g&#233;ographie, que l'interd&#233;pendance pouvait abolir les trag&#233;dies. L'Europe n'est pas faible parce qu'elle manque seulement d'armes. Elle est faible parce qu'elle peine encore &#224; penser politiquement l'usage de la force.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cinqui&#232;me cons&#233;quence concerne la Russie et la Chine. Moscou n'a pas besoin que l'Iran triomphe ; il lui suffit que les &#201;tats-Unis s'usent. La Russie cherche &#224; exploiter le chaos, &#224; pousser Washington &#224; disperser ses ressources et &#224; observer les m&#233;thodes militaires am&#233;ricaines pour en tirer des le&#231;ons. La guerre d'Iran devient ainsi une annexe indirecte de la guerre d'Ukraine, dans la mesure o&#249; elle disperse l'attention, les ressources et la volont&#233; strat&#233;gique de l'Occident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la Chine, elle ne souhaite pas l'effondrement complet des pays du Golfe, dont elle d&#233;pend &#233;conomiquement, mais elle &#233;tudie la fatigue am&#233;ricaine, la r&#233;action des alli&#233;s, la vuln&#233;rabilit&#233; &#233;nerg&#233;tique de Ta&#239;wan, le comportement des march&#233;s et la solidit&#233; des bases am&#233;ricaines. P&#233;kin peut tirer des b&#233;n&#233;fices de court terme de la diversion am&#233;ricaine, tout en redoutant les cons&#233;quences &#233;conomiques d'une crise prolong&#233;e au Proche-Orient.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Chine pratique une strat&#233;gie de la patience pr&#233;datrice. Elle n'a pas besoin de provoquer chaque crise ; il lui suffit d'apprendre de celles que l'Am&#233;rique s'inflige ou ne parvient plus &#224; r&#233;soudre. L&#224; o&#249; Washington consomme de la cr&#233;dibilit&#233;, P&#233;kin accumule des observations dans la dur&#233;e. La puissance chinoise se mesure &#224; ce qu'elle laisse les autres s'auto-affaiblir eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; toute la nouveaut&#233;, les rivaux des &#201;tats-Unis, au lieu de les affronter, pr&#233;f&#232;rent les regarder &#233;chouer dans des guerres qu'ils ont encore les moyens de commencer, mais plus toujours les moyens de conclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le si&#232;cle des guerres ingagnables&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La sixi&#232;me cons&#233;quence sera int&#233;rieure. Les guerres modernes se perdent dans les stations-service, les supermarch&#233;s, les sondages, les parlements &#8211; pas seulement sur le champ de bataille. Les cons&#233;quences &#233;conomiques, politiques et g&#233;opolitiques de la guerre d'Iran pourraient durer plusieurs ann&#233;es, notamment par le choc &#233;nerg&#233;tique, l'inflation et leurs effets &#233;lectoraux dans les d&#233;mocraties.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'impuissance souveraine des puissances est aussi d&#233;mocratique. Les opinions publiques occidentales ne croient plus aux guerres pour d&#233;fendre un quelconque droit des peuples. Elles rejettent l'engagement long, co&#251;teux, ambigu. Or les adversaires l'ont compris. Ils ne visent plus seulement les bases militaires ; ils visent le consentement social. Ils frappent l'&#233;nergie, les cha&#238;nes logistiques, les infrastructures, l'attention m&#233;diatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;gimes autoritaires ont compris que la faiblesse des d&#233;mocraties est leur vuln&#233;rabilit&#233; au temps. Une d&#233;mocratie supporte mal les co&#251;ts diffus, prolong&#233;s. Ses citoyens demandent une justification, ses march&#233;s exigent une visibilit&#233;, ses &#233;lections imposent une &#233;ch&#233;ance, ses m&#233;dias transforment la dur&#233;e en usure. Les adversaires des d&#233;mocraties cherchent plus &#224; survivre jusqu'&#224; ce que la patience d&#233;mocratique se d&#233;fasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faut-il donc attendre ? Trois sc&#233;narios se dessinent&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est celui de la restauration autoritaire des &#201;tats fragiles. Face au d&#233;sordre, des pouvoirs centraux durcis - en Iran, en &#201;gypte, en Turquie, dans le Golfe, au Sahel - peuvent renforcer leur appareil s&#233;curitaire et neutraliser toute revendication autonomiste. Ce sc&#233;nario ne produit pas la paix et repousse les fractures sans les r&#233;soudre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me est celui de la f&#233;d&#233;ralisation contrainte. Des &#201;tats officiellement unitaires pourraient &#234;tre forc&#233;s d'accepter des autonomies pour survivre avec un partage des revenus, un contr&#244;le local de la s&#233;curit&#233;, une reconnaissance communautaire, des administrations parall&#232;les. Ce sc&#233;nario est le plus r&#233;aliste dans plusieurs pays fragment&#233;s. Il &#233;vite l'&#233;clatement, mais institutionnalise la faiblesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me est celui de la s&#233;cession par effondrement. Il reste moins probable, mais plus dangereux. Il suppose la combinaison de trois facteurs : faillite &#233;conomique du centre, militarisation des p&#233;riph&#233;ries, parrainage ext&#233;rieur. L&#224; o&#249; ces trois conditions se r&#233;uniront, des ind&#233;pendances pourront &#233;merger - comme sous-produit d'une incapacit&#233; g&#233;n&#233;rale &#224; gouverner au sens large.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe est que les grandes puissances redoutent l'&#233;clatement des &#201;tats tout en l'alimentant par leurs propres impasses. Elles sanctionnent, bombardent, financent des alli&#233;s locaux, puis appellent &#224; l'int&#233;grit&#233; territoriale. Elles d&#233;noncent les milices apr&#232;s avoir sous-trait&#233; la s&#233;curit&#233;. Elles invoquent l'ordre international quand elles ne peuvent plus le faire respecter.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;chec am&#233;ricain en Iran n'annonce donc pas simplement le d&#233;clin des &#201;tats-Unis. Ce serait une lecture trop courte. Il r&#233;v&#232;le que la force demeure, mais elle ne fonde plus l'autorit&#233;. Notre monde sera polycentrique, transactionnel, travaill&#233; par des souverainet&#233;s incompl&#232;tes et des conflits sans conclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car la grande inversion est accomplie, les puissants n'&#233;crivent plus l'Histoire, ce sont ceux qui ont compris que la seule force r&#233;elle est la r&#233;silience existentielle. Les arsenaux grossissent, les empires s'essoufflent, et l'Histoire de m&#233;pris et d'humiliation, ironique, se met &#224; sourire &#224; ceux qui n'ont jamais cru qu'elle avait une fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peut-&#234;tre l&#224; la vraie le&#231;on iranienne, la puissance ne sait plus produire la paix. Or, lorsque la force ne parvient plus &#224; engendrer l'ordre, l'histoire cesse d'ob&#233;ir &#224; ceux qui frappent le plus fort ; elle se d&#233;place vers ceux qui savent durer dans le d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ould Amar Yahya,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, banquier, financier, ancien administrateur et directeur g&#233;n&#233;ral de la BCIMR/BRED, Djibouti&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En apart&#233; avec&#8230; Ahmed Robleh Abdillahi</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2014</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2014</guid>
		<dc:date>2026-04-26T20:44:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 56</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#233;decin, le ministre de la sant&#233; est un homme de terrain au service d'une cause fondamentale pour le pays.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Human Village 56&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_4-ahmed_robleh-4c41f.jpg?1777241541' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;P&#233;diatre de formation, Ahmed Robleh Abdillahi incarne un parcours rare dans l'administration djiboutienne : celui d'un homme qui a gravi tous les &#233;chelons du syst&#232;me de sant&#233;, du poste de m&#233;decin-chef en r&#233;gion jusqu'au sommet de l'&#201;tat sanitaire comme ministre de la Sant&#233;. Apr&#232;s vingt-sept ann&#233;es pass&#233;es au service du secteur m&#233;dical, il pilote aujourd'hui l'un des d&#233;partements les plus sensibles du pays : la sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;formes institutionnelles, cr&#233;ation du CHU, modernisation des h&#244;pitaux, centres de dialyse dans les r&#233;gions, lutte contre le paludisme, quasi-&#233;radication de la tuberculose, r&#233;duction spectaculaire de la mortalit&#233; maternelle et infantile, digitalisation du syst&#232;me de sant&#233;, gestion des migrants, m&#233;dicaments, maladies cardiovasculaires, futur h&#244;pital de Douda, m&#233;decine de catastrophe, partenariat public-priv&#233;&#8230; le ministre revient sans d&#233;tour sur son bilan, ses d&#233;fis et sa vision pour la sant&#233; djiboutienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte r&#233;gional instable, marqu&#233; par les crises migratoires, les tensions d'approvisionnement internationales et la hausse continue des besoins sanitaires, il d&#233;fend une conviction simple : la sant&#233; reste l'un des piliers fondamentaux de la souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH329/56-aden_robleh-1-f6fe4.jpg?1777241541' width='400' height='329' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur le ministre, vous &#234;tes p&#233;diatre de formation. Qu'est-ce que cela change d'&#234;tre m&#233;decin avant d'&#234;tre ministre ? Est-ce un avantage r&#233;el pour diriger la Sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, permettez-moi de vous remercier pour cet entretien. Oui, je suis p&#233;diatre de formation, mais avant cela, je suis surtout un homme de terrain. Cela fait aujourd'hui vingt-sept ans que je travaille au minist&#232;re de la Sant&#233;. J'ai commenc&#233; tout en bas de l'&#233;chelle : m&#233;decin-chef &#224; Farahad, puis &#224; Arhiba, ensuite &#224; Dikhil, &#224; Tadjourah, &#224; Obock, &#224; Ali Sabieh.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai dirig&#233; toutes les r&#233;gions sanitaires avant de partir me sp&#233;cialiser quatre ann&#233;es en p&#233;diatrie &#224; Dakar. &#192; mon retour, j'ai &#233;t&#233; chef du service p&#233;diatrique de l'h&#244;pital Peltier, directeur technique, coordinateur du programme national de nutrition, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du minist&#232;re, puis ministre. C'est un parcours complet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent, je dis en plaisantant que si vous me demandez combien de fen&#234;tres poss&#232;de un poste de sant&#233; dans n'importe quelle localit&#233; du pays, je peux probablement vous r&#233;pondre. Cette connaissance du terrain est un atout immense. Elle permet de comprendre les besoins r&#233;els, les difficult&#233;s concr&#232;tes et les urgences prioritaires. Mais en m&#233;decine, il faut rester humble. On apprend tous les jours. Personne ne ma&#238;trise tout. L'humilit&#233; reste la premi&#232;re qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand vous regardez votre mandat, quelles sont les trois r&#233;alisations dont vous &#234;tes le plus fier ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque je suis arriv&#233; &#224; la t&#234;te du minist&#232;re en 2021, nous sortions d'une p&#233;riode extr&#234;mement difficile : le post-Covid. Le monde avait chang&#233;. Les cha&#238;nes d'approvisionnement &#233;taient perturb&#233;es, les m&#233;dicaments devenaient rares, les r&#233;actifs, les &#233;quipements, les consommables&#8230; tout devenait plus compliqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut rappeler que Djibouti importe pratiquement 100 % de ses besoins m&#233;dicaux. Nous d&#233;pendons totalement de l'ext&#233;rieur. La premi&#232;re grande priorit&#233; a donc &#233;t&#233; la r&#233;forme. Des r&#233;formes institutionnelles, administratives, hospitali&#232;res, organisationnelles. Nous avons engag&#233; quatorze projets de lois et d&#233;crets en seulement trois ans. C'est in&#233;dit pour ce minist&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plus importante de ces r&#233;formes reste la cr&#233;ation du CHU. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de Djibouti, nous avons un v&#233;ritable Centre hospitalier universitaire. Avant, les h&#244;pitaux fonctionnaient de mani&#232;re dispers&#233;e. Chacun avan&#231;ait s&#233;par&#233;ment. Aujourd'hui, il existe une coh&#233;rence, une mutualisation des moyens, une meilleure gestion des ressources humaines et une &#233;conomie d'&#233;chelle consid&#233;rable sur les achats. L'h&#244;pital Peltier et l'h&#244;pital de Balbala ne se parlaient presque pas. Aujourd'hui, les comp&#233;tences circulent.&lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me grande fiert&#233;, c'est justement cette r&#233;organisation hospitali&#232;re. Les prestations se sont nettement am&#233;lior&#233;es. Aujourd'hui, m&#234;me une prise de sang peut se faire &#224; domicile gr&#226;ce &#224; notre laboratoire mobile. Un simple appel suffit, une &#233;quipe vient chez vous et les r&#233;sultats sont transmis rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la troisi&#232;me fiert&#233;, c'est l'&#233;quit&#233; territoriale. Nous avons voulu que la sant&#233; ne soit plus un privil&#232;ge r&#233;serv&#233; &#224; Djibouti-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, cette question de l'&#233;quit&#233; territoriale revient souvent. Les r&#233;gions ont-elles longtemps &#233;t&#233; les oubli&#233;es du syst&#232;me de sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne dirais pas qu'elles &#233;taient oubli&#233;es, mais elles disposaient clairement de moins de moyens. Lorsque je suis arriv&#233;, j'ai eu l'opportunit&#233; de n&#233;gocier le nouveau financement de la Banque mondiale. J'ai fait un choix fort : orienter pr&#232;s de 80 % de cette enveloppe vers les r&#233;gions. Nous parlons d'environ 25 millions de dollars inject&#233;s sur trois &#224; quatre ans, c'est consid&#233;rable. Tadjourah dispose aujourd'hui d'un v&#233;ritable h&#244;pital r&#233;gional. Je connais parfaitement ce centre puisque j'y ai &#233;t&#233; m&#233;decin-chef. &#192; l'&#233;poque, il y avait &#224; peine deux services, quelques lits et tr&#232;s peu de moyens. Aujourd'hui, nous parlons de 180 lits, d'une douzaine de m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, de sp&#233;cialistes, d'un plateau technique moderne, de la chirurgie, des c&#233;sariennes, d'une maternit&#233; neuve. Les patients d'Obock ou de Tadjourah n'ont plus besoin de venir syst&#233;matiquement &#224; Djibouti-ville. La m&#234;me dynamique existe &#224; Ali Sabieh et &#224; Dikhil, avec des blocs op&#233;ratoires, des gyn&#233;cologues, des chirurgiens, des services d'urgence renforc&#233;s. &#192; Ali-Sabieh, nous avons m&#234;me un scanner et une banque de sang.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons install&#233; des centres de dialyse dans les r&#233;gions, nous esp&#233;rons ouvrir de nouveaux centres de dialyse &#224; Dikhil et &#224; Obock &#224; l'horizon 2027. Avant, un patient devait quitter sa r&#233;gion &#224; l'aube, parfois trois fois par semaine, pour venir se dialyser &#224; Djibouti-ville avant de repartir dans la m&#234;me journ&#233;e. C'&#233;tait humainement &#233;puisant. Aujourd'hui, ces soins existent sur place. De plus, Djibouti est le seul pays de la r&#233;gion o&#249; la dialyse est totalement gratuite. &#192; Hargeisa, une s&#233;ance co&#251;te entre 15 et 20 dollars, en &#201;thiopie environ 25 dollars, au Kenya jusqu'&#224; 100 dollars par s&#233;ance. &#192; Djibouti, c'est z&#233;ro franc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons aussi inaugur&#233; de nouveaux postes de sant&#233;, comme &#224; God-Daacawo, transform&#233; Yoboki en v&#233;ritable polyclinique, renforc&#233; Holhol, Randa, Adaylou&#8230; Nous avons export&#233; le mod&#232;le des polycliniques jusque dans les r&#233;gions. C'est cela, la justice sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH295/56-aden_robleh-2-1872b.jpg?1777241541' width='400' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez souvent cette logique de proximit&#233;. Est-ce cela qui guide votre politique hospitali&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument. Notre objectif est simple : rapprocher la sant&#233; du citoyen. Nous avons aujourd'hui trois niveaux de prise en charge. Le premier niveau, ce sont les postes de sant&#233; et les centres de sant&#233; : m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, sages-femmes, soins de base. Le deuxi&#232;me niveau, ce sont les polycliniques : laboratoire, radiologie, dentiste, maternit&#233;, consultations sp&#233;cialis&#233;es. Le troisi&#232;me niveau, ce sont les h&#244;pitaux et le CHU, o&#249; l'on retrouve les sp&#233;cialit&#233;s lourdes, la chirurgie, les urgences complexes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis cinq ans, nous avons r&#233;habilit&#233; l'ensemble des sept polycliniques de Djibouti-ville. Dans les r&#233;gions, tous les centres m&#233;dicaux hospitaliers ont &#233;t&#233; modernis&#233;s. &#192; Tadjourah, nous avons transform&#233; le CMH en v&#233;ritable h&#244;pital r&#233;gional. &#192; Obock et &#224; Dikhil, nous avons renforc&#233; les urgences multidisciplinaires, les blocs op&#233;ratoires, la chirurgie visc&#233;rale, la gyn&#233;cologie et l'obs&#233;trique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons &#233;galement commenc&#233; &#224; anticiper l'expansion urbaine. Les futures polycliniques de Balbala, de la Cit&#233; Hodane et du nouveau quartier Nassib r&#233;pondent &#224; cette logique : lorsqu'un quartier grandit, il faut penser imm&#233;diatement aux infrastructures sanitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;j&#224; consid&#233;rablement r&#233;duit la mortalit&#233; maternelle et infantile. Gr&#226;ce aux maternit&#233;s r&#233;gionales, aux sages-femmes form&#233;es et aux blocs obst&#233;tricaux disponibles sur place, la situation a profond&#233;ment chang&#233;. Le futur h&#244;pital m&#232;re-enfant de Bouffard sera une avanc&#233;e majeure. Je me souviens qu'il y a quinze ans d&#233;j&#224;, lorsque j'&#233;tais p&#233;diatre, je d&#233;fendais l'id&#233;e d'un grand centre m&#232;re-enfant. Aujourd'hui, ce projet devient r&#233;alit&#233;. Ce nouvel h&#244;pital permettra de traiter &#224; la fois toute la maternit&#233; mais aussi la chirurgie p&#233;diatrique, qui n'existait pas v&#233;ritablement chez nous. Nous avons d&#233;j&#224; form&#233; des sp&#233;cialistes au Maroc en gyn&#233;cologie, p&#233;diatrie, radiologie. Ils sont revenus. Tout est pr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons &#233;galement inaugurer le nouveau d&#233;partement des urgences du CHU Peltier. Avant, les urgences fonctionnaient avec une dizaine de lits, aujourd'hui, nous parlons de 64 lits, avec scanner, &#233;chographie, laboratoire, radiologie, urgences vitales, urgences p&#233;diatriques ouvertes 24h/24. L'organisation est d&#233;sormais beaucoup plus claire et efficace. Elle s'articule autour de deux pavillons distincts : le pavillon rouge pour les urgences vitales &#8212; accidents graves, d&#233;tresses respiratoires, AVC, urgences chirurgicales lourdes &#8212; et le pavillon vert pour les urgences classiques ainsi que les consultations moins critiques. Le syst&#232;me a &#233;t&#233; totalement repens&#233;. Cela change profond&#233;ment la qualit&#233; des soins, tout en maintenant un forfait tr&#232;s accessible et symbolique pour les patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;cole de m&#233;decine a &#233;galement profond&#233;ment chang&#233; le paysage sanitaire. Quel a &#233;t&#233; son v&#233;ritable impact ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;cole de m&#233;decine a &#233;t&#233; une r&#233;volution silencieuse. Elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par le minist&#232;re de la Sant&#233; afin de former localement nos propres m&#233;decins. Pendant longtemps, nous d&#233;pendions presque enti&#232;rement de l'&#233;tranger pour la formation m&#233;dicale, ce qui limitait &#233;norm&#233;ment nos capacit&#233;s. Aujourd'hui, cette &#233;cole nous a permis de multiplier par cinq nos effectifs qualifi&#233;s. Nous sommes pass&#233;s d'environ 400 m&#233;decins au d&#233;but des ann&#233;es 2000 &#224; plus de 1 000 aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;sormais d&#233;pass&#233; les recommandations de l'OMS avec un ratio sup&#233;rieur &#224; un m&#233;decin pour 10 000 habitants. Peu de pays africains peuvent dire cela, mais nous voulons aller encore plus loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; la cr&#233;ation du CHU et au partenariat avec le minist&#232;re de l'Enseignement sup&#233;rieur, nous lan&#231;ons d&#233;sormais la formation de certaines sp&#233;cialit&#233;s directement &#224; Djibouti. La gyn&#233;cologie, la p&#233;diatrie, la chirurgie, la m&#233;decine interne&#8230; plusieurs fili&#232;res prioritaires seront progressivement form&#233;es ici. L'objectif est que nos jeunes m&#233;decins n'aient plus besoin de partir syst&#233;matiquement &#224; l'&#233;tranger pour se sp&#233;cialiser. Former sur place, stabiliser les comp&#233;tences, renforcer notre autonomie, sont des &#233;tapes essentielles pour la souverainet&#233; sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, certaines pathologies lourdes continuent encore d'&#234;tre &#233;vacu&#233;es &#224; l'&#233;tranger, notamment les AVC ou certains cancers&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, parce qu'il faut &#234;tre lucide : certaines pathologies n&#233;cessitent encore une m&#233;decine de tr&#232;s haute technicit&#233;. Les AVC graves, certaines pathologies neurologiques complexes, l'oncologie lourde&#8230; demandent des &#233;quipes multidisciplinaires tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;es ainsi que des &#233;quipements de pointe que nous n'avons pas encore totalement. Mais la liste se r&#233;duit fortement. Aujourd'hui, nous n'&#233;vacuons plus qu'une poign&#233;e de pathologies, moins de cinq grandes cat&#233;gories. Et cela continue de diminuer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, nous aurons bient&#244;t un grand centre d'oncologie financ&#233; &#224; hauteur de 50 millions de dollars par la Banque islamique de d&#233;veloppement. Ce centre verra le jour dans moins de deux ans. Dans le domaine cardiovasculaire aussi, nous avons &#233;norm&#233;ment progress&#233;. Il y a quelques mois, nous avons inaugur&#233; &#224; Peltier un centre de prise en charge des maladies cardiovasculaires. Nous r&#233;alisons d&#233;sormais des angiographies et des cath&#233;t&#233;rismes, c'est-&#224;-dire des interventions permettant de d&#233;boucher les art&#232;res directement sur place. Des cardiologues djiboutiens form&#233;s en France sont revenus et pratiquent aujourd'hui cette chirurgie interventionnelle. Il y a encore quelques ann&#233;es, cela &#233;tait impensable. Notre objectif est clair : r&#233;duire progressivement les &#233;vacuations m&#233;dicales et renforcer la m&#233;decine sp&#233;cialis&#233;e &#224; Djibouti.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH338/56-aden_robleh-3b-8c4bf.jpg?1777283074' width='400' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez souvent d'un changement de paradigme sanitaire. Aujourd'hui, quelles sont les principales menaces pour la sant&#233; publique ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti conna&#238;t une v&#233;ritable transition &#233;pid&#233;miologique. Autrefois, les principales menaces &#233;taient les maladies transmissibles : tuberculose, paludisme, infections respiratoires, grandes fi&#232;vres, maladies infectieuses. Aujourd'hui, gr&#226;ce aux efforts r&#233;alis&#233;s, ces pathologies ont fortement recul&#233;. La tuberculose est pratiquement &#233;radiqu&#233;e, le paludisme a chut&#233; de mani&#232;re spectaculaire, le VIH est sous contr&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, nous faisons d&#233;sormais face &#224; une explosion des maladies non transmissibles. Le diab&#232;te, l'hypertension, les maladies cardiovasculaires, les AVC, l'insuffisance r&#233;nale&#8230; c'est le nouveau d&#233;fi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons men&#233; l'&#233;tude STEPWISE qui l'a confirm&#233; : Djibouti pr&#233;sente d&#233;sormais une signature &#233;pid&#233;miologique comparable &#224; celle des pays d&#233;velopp&#233;s. Nous avons pr&#232;s de 25% de diab&#233;tiques dans la population. La s&#233;dentarit&#233;, la consommation excessive de sucre, de sel, le khat, le manque d'activit&#233;s physiques&#8230; tout cela alimente cette situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons fait de 2026 l'ann&#233;e de la lutte contre les maladies cardiovasculaires et non transmissibles. Nous avons ouvert un centre de diab&#233;tologie &#224; Hodane, qui offre des prestations gratuites pour la prise en charge du diab&#232;te. Nous avons lanc&#233; une campagne appelant au d&#233;pistage. Il agissons aussi pour la pr&#233;vention, d&#233;velopper la pratique sportive et l'activit&#233; physique, agir pour une meilleure alimentation. C'est d&#233;sormais l'un de nos grands combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paludisme reste tr&#232;s pr&#233;sent dans l'imaginaire collectif. Vous annoncez aujourd'hui une baisse spectaculaire des cas de paludisme. Comment expliquez-vous ce r&#233;sultat ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a encore deux ans, en 2023, nous avions enregistr&#233; pr&#232;s de 73 700 cas de paludisme. En 2025, nous sommes descendus &#224; environ 7 200 cas. Nous avons donc divis&#233; par dix les cas de paludisme en seulement deux ans. C'est un r&#233;sultat majeur, reconnu d'ailleurs au niveau international, obtenu avec une strat&#233;gie combinant pr&#233;vention, d&#233;pistage rapide, traitement imm&#233;diat et surveillance permanente. Les campagnes de pulv&#233;risation, la distribution de moustiquaires impr&#233;gn&#233;es, la sensibilisation communautaire et surtout le renforcement du diagnostic ont permis d'obtenir des r&#233;sultats tr&#232;s solides.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons recens&#233; les 130 g&#238;tes larvaires de Djibouti-ville, c'est-&#224;-dire les points d'eau o&#249; les moustiques peuvent pondre. &#192; chaque &#233;pisode de pluie, nos &#233;quipes interviennent imm&#233;diatement avec des produits sp&#233;cifiques comme l'Aquabac, qui permettent de neutraliser les larves avant m&#234;me la prolif&#233;ration des moustiques. Ensuite, nous avons men&#233; des pulv&#233;risations intra-domiciliaires, ce que l'on appelle la PID. Maison par maison, nous avons trait&#233; les habitations avec des produits adapt&#233;s sur les murs int&#233;rieurs afin d'emp&#234;cher le d&#233;veloppement des moustiques. Ce travail a couvert l'ensemble de Djibouti-ville. Nous avons &#233;galement recours &#224; l'&#233;pandage a&#233;rien, gr&#226;ce &#224; l'avion qui appartenait auparavant au minist&#232;re de l'Agriculture pour la lutte antiacridienne et qui est aujourd'hui utilis&#233; dans certaines op&#233;rations sanitaires, notamment apr&#232;s les pluies.&#192; cela s'ajoute la distribution gratuite de pr&#232;s d'un million de moustiquaires sur l'ensemble du territoire. Enfin, nous travaillons aussi sur des projets innovants comme celui de Douda autour du contr&#244;le g&#233;n&#233;tique des moustiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre le paludisme est une guerre de pr&#233;vention. Si vous laissez les larves se d&#233;velopper, vous perdez la bataille en amont. Nous avons aujourd'hui des p&#233;riodes enti&#232;res sans transmission locale significative. Bien s&#251;r, le risque demeure, c'est pourquoi nous ne parlons jamais de victoire d&#233;finitive, mais de vigilance permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la tuberculose ? Vous affirmez qu'elle est presque &#233;radiqu&#233;e &#224; Djibouti.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, et c'est l'un des r&#233;sultats dont nous sommes particuli&#232;rement fiers. Pendant longtemps, la tuberculose repr&#233;sentait un v&#233;ritable d&#233;fi de sant&#233; publique. Aujourd'hui, gr&#226;ce au travail de fond men&#233; sur plusieurs ann&#233;es, elle est pratiquement &#233;radiqu&#233;e, les indicateurs montrent une chute tr&#232;s importante des cas actifs, avec un suivi beaucoup plus rigoureux. Nous avons &#233;t&#233; f&#233;licit&#233;s pour cela par les grandes institutions internationales, notamment l'OMS. Le centre Chakib Saad Omar, ancien Paul Faure, qui &#233;tait historiquement d&#233;di&#233; &#224; la prise en charge de la tuberculose, sera d'ailleurs bient&#244;t red&#233;ploy&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce succ&#232;s repose sur plusieurs &#233;l&#233;ments : le d&#233;pistage pr&#233;coce, la continuit&#233; th&#233;rapeutique, le suivi des patients et surtout la coop&#233;ration r&#233;gionale. Avec l'&#201;thiopie notamment, nous avons mis en place un syst&#232;me de continuit&#233; des soins. Si un patient commence son traitement en &#201;thiopie et arrive &#224; Djibouti, il peut le poursuivre ici sans rupture. Et inversement. Nos documents de suivi existent m&#234;me en fran&#231;ais et en amharique pour &#233;viter toute interruption. La tuberculose ne se combat pas uniquement dans un pays ; elle se combat dans tout l'espace r&#233;gional. C'est cette approche coordonn&#233;e qui a permis d'obtenir des r&#233;sultats aussi forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question des m&#233;dicaments revient souvent dans les critiques des patients : ruptures de stock, disponibilit&#233;, co&#251;t&#8230; quelle est r&#233;ellement la situation ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je comprends parfaitement cette inqui&#233;tude, et elle est l&#233;gitime. Mais il faut aussi replacer les choses dans leur contexte, car la perception de rupture g&#233;n&#233;ralis&#233;e ne correspond pas toujours &#224; la r&#233;alit&#233; du terrain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque j'ai pris mes fonctions en 2021, nous faisions face &#224; une situation particuli&#232;rement critique. Le principal hangar de stockage de la CAMME, situ&#233; derri&#232;re le CHU Peltier, avait &#233;t&#233; ravag&#233; par un incendie. Nous avions perdu pr&#232;s de 800 millions de francs djiboutiens de m&#233;dicaments, de consommables m&#233;dicaux et de produits essentiels. Au m&#234;me moment, nous sortions de la crise du Covid-19, avec une perturbation mondiale sans pr&#233;c&#233;dent des cha&#238;nes logistiques et d'approvisionnement pharmaceutique. Certains pays producteurs avaient limit&#233; leurs exportations, les d&#233;lais de livraison avaient explos&#233;, et les co&#251;ts internationaux avaient fortement augment&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette situation, avec le soutien direct du Chef de l'&#201;tat, nous avons pris des d&#233;cisions imm&#233;diates, &#224; la fois sur le plan organisationnel et sur le plan l&#233;gislatif. Nous avons fait adopter plusieurs textes structurants, notamment la Loi n&#176;14/AN/23/9e L relative &#224; la strat&#233;gie nationale d'approvisionnement en m&#233;dicaments et consommables m&#233;dicaux, la Loi n&#176;15/AN/23/9e L portant sur la nouvelle politique pharmaceutique nationale, ainsi que l'Arr&#234;t&#233; n&#176;2023-171/PR/MS fixant la nouvelle liste des m&#233;dicaments essentiels, qui n'avait pas &#233;t&#233; r&#233;actualis&#233;e depuis pr&#232;s de vingt ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces r&#233;formes ont permis de moderniser profond&#233;ment notre syst&#232;me d'approvisionnement, de renforcer la tra&#231;abilit&#233; et surtout d'anticiper les risques de rupture. Parall&#232;lement, nous avons construit un nouveau hangar central de stockage &#224; PK12, r&#233;pondant aux normes modernes de conservation pharmaceutique, et deux autres hangars r&#233;gionaux verront le jour prochainement &#224; Ali Sabieh et Tadjourah afin de d&#233;centraliser davantage les stocks strat&#233;giques vers l'int&#233;rieur du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, malgr&#233; les tensions li&#233;es &#224; la guerre au Proche-Orient, aux perturbations de Bab el-Mandeb et aux contraintes du commerce international, nous disposons de stocks suffisants en produits pharmaceutiques et les m&#233;dicaments vitaux restent s&#233;curis&#233;s. Il faut &#233;galement distinguer deux types de m&#233;dicaments : les m&#233;dicaments hospitaliers, souvent injectables et utilis&#233;s dans les urgences, les blocs op&#233;ratoires, la r&#233;animation, la dialyse ou l'oncologie, qui ne souffrent pratiquement jamais de rupture ; et les m&#233;dicaments oraux prescrits &#224; la sortie des h&#244;pitaux, qui sont davantage expos&#233;s aux fluctuations du march&#233; international et aux contraintes de distribution. L'Inspection g&#233;n&#233;rale des services de Sant&#233; contr&#244;le les pratiques des pharmacies, et r&#233;cemment, certaines ont &#233;t&#233; ferm&#233;es pour abus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un pays o&#249; la population est habitu&#233;e &#224; une quasi-gratuit&#233; des soins, cette confusion entre disponibilit&#233; hospitali&#232;re et disponibilit&#233; commerciale en pharmacie priv&#233;e est fr&#233;quente. Il faut aussi rappeler une r&#233;alit&#233; essentielle : Djibouti reste l'un des rares pays d'Afrique o&#249; la dialyse est enti&#232;rement gratuite, o&#249; les patients des r&#233;gions peuvent &#234;tre op&#233;r&#233;s sans frais, et o&#249; l'acc&#232;s aux soins lourds demeure largement pris en charge par l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre objectif reste clair : garantir que la sant&#233; ne devienne jamais un luxe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L341xH474/56-aden_robleh-4b-91e48.jpg?1777283074' width='341' height='474' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains patients d&#233;noncent aussi les longues attentes et la saturation dans les h&#244;pitaux publics. Comment r&#233;pondre &#224; ce sentiment ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une critique que nous entendons souvent, et il faut l'entendre avec s&#233;rieux, car lorsqu'un patient attend, il vit cela comme une injustice. Mais il faut aussi regarder la r&#233;alit&#233; avec objectivit&#233; et comparer ce qui est comparable. Dans les urgences des h&#244;pitaux publics djiboutiens, la dur&#233;e moyenne d'attente n'exc&#232;de g&#233;n&#233;ralement pas trente minutes pour la prise en charge initiale, ce qui reste extr&#234;mement comp&#233;titif si l'on compare avec de nombreux pays africains, mais aussi avec certains grands h&#244;pitaux europ&#233;ens. &#192; l'&#233;tranger, notamment dans certains h&#244;pitaux fran&#231;ais ou africains tr&#232;s sollicit&#233;s, il n'est pas rare qu'un patient passe plusieurs heures, parfois une journ&#233;e enti&#232;re, aux urgences avant d'&#234;tre totalement pris en charge. De la m&#234;me mani&#232;re, obtenir un rendez-vous chez un sp&#233;cialiste peut parfois prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La situation est donc tr&#232;s diff&#233;rente chez nous, m&#234;me si bien s&#251;r nous devons continuer &#224; nous am&#233;liorer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque jour, nos structures publiques re&#231;oivent des milliers de patients. L'h&#244;pital Peltier &#224; lui seul supporte une pression consid&#233;rable, notamment sur les urgences, la maternit&#233;, la p&#233;diatrie et la m&#233;decine interne. Pendant longtemps, tout passait par les m&#234;mes circuits, avec des infrastructures devenues insuffisantes face &#224; la croissance d&#233;mographique. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela que nous avons engag&#233; la r&#233;forme hospitali&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau service des urgences du CHU change profond&#233;ment la situation : 64 lits, un triage modernis&#233;, des urgences vitales s&#233;par&#233;es, des urgences p&#233;diatriques ouvertes 24h/24, un scanner, un laboratoire, la radiologie, l'&#233;chographie&#8230; tout cela fluidifie &#233;norm&#233;ment les parcours de soins. Les polycliniques jouent &#233;galement un r&#244;le essentiel pour d&#233;sengorger les grands h&#244;pitaux. Si une consultation simple peut &#234;tre prise en charge &#224; Balbala, Arhiba ou Ali-Sabieh, elle ne doit pas syst&#233;matiquement arriver &#224; Peltier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous recevons &#233;galement de nombreux patients venus des pays voisins, notamment d'&#201;thiopie, de Somalie, du Somaliland ou encore du Y&#233;men. Leur regard est souvent tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur : ils sont souvent surpris par la rapidit&#233; de prise en charge, mais aussi par le faible co&#251;t de nos prestations, voire leur gratuit&#233; dans certains cas. Quand un patient d&#233;couvre qu'une dialyse est gratuite &#224; Djibouti, ou qu'une c&#233;sarienne peut &#234;tre prise en charge sans co&#251;t insupportable, cela change totalement sa perception.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous travaillons aussi sur la digitalisation des rendez-vous, la tra&#231;abilit&#233; des dossiers m&#233;dicaux et l'am&#233;lioration de l'accueil. La modernisation ne se limite pas aux b&#226;timents. Elle passe aussi par l'organisation, la fluidit&#233; des parcours et la dignit&#233; accord&#233;e au patient. Notre objectif reste simple : moins d'attente, plus d'efficacit&#233; et une sant&#233; publique accessible &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de la digitalisation. En quoi la technologie peut-elle transformer la sant&#233; publique &#224; Djibouti ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La digitalisation n'est plus un luxe, c'est une n&#233;cessit&#233; absolue. Un syst&#232;me de sant&#233; moderne ne peut plus fonctionner uniquement sur le papier, avec des registres dispers&#233;s et des d&#233;cisions prises sans visibilit&#233; en temps r&#233;el. Nous avons donc engag&#233; une transformation progressive mais profonde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier chantier a concern&#233; la surveillance &#233;pid&#233;miologique. Aujourd'hui, nous disposons d'&#233;pid&#233;miologistes de terrain pr&#233;sents dans toutes les r&#233;gions, jusque dans les petites localit&#233;s. Ils signalent imm&#233;diatement tout ph&#233;nom&#232;ne inhabituel : plusieurs cas de fi&#232;vre, une suspicion de contamination, un regroupement anormal de sympt&#244;mes. Toutes ces informations remontent en temps r&#233;el gr&#226;ce &#224; des tablettes connect&#233;es directement &#224; l'INSPD, au cabinet du ministre et au secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral. Chaque semaine, nous produisons ce que nous appelons le Bulletin &#233;pid&#233;miologique hebdomadaire (BEH), qui permet m&#234;me au chef de l'&#201;tat d'&#234;tre inform&#233; de la situation sanitaire nationale. Cela nous permet d'intervenir avant qu'une &#233;pid&#233;mie ne devienne une crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me chantier majeur, c'est le circuit des m&#233;dicaments. Gr&#226;ce au logiciel M-Supply, nous savons d&#233;sormais en temps r&#233;el ce qu'il reste dans chaque poste de sant&#233;, chaque centre m&#233;dical, chaque polyclinique, chaque h&#244;pital. Avant, certains m&#233;dicaments expiraient dans une r&#233;gion alors qu'ils manquaient ailleurs. Aujourd'hui, nous pouvons r&#233;affecter, anticiper et commander au bon moment. Cela nous a permis de r&#233;duire d'environ un tiers certaines d&#233;penses li&#233;es aux m&#233;dicaments simplement gr&#226;ce &#224; une meilleure gestion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons aussi commenc&#233; la digitalisation des laboratoires, de certains services hospitaliers comme Dar Hanan, ainsi que des structures de suivi des maladies chroniques. Demain, nous voulons aller plus loin : dossiers m&#233;dicaux num&#233;ris&#233;s, t&#233;l&#233;m&#233;decine, meilleure coordination entre r&#233;gions et capitale. La qualit&#233; des soins d&#233;pend aussi de la qualit&#233; de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La t&#233;l&#233;m&#233;decine pourrait-elle aider les m&#233;decins en r&#233;gion &#224; mieux prendre en charge certains cas complexes ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument, et c'est une direction que nous voulons renforcer. Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore totalement au niveau de la vid&#233;oconf&#233;rence m&#233;dicale permanente, mais le principe existe d&#233;j&#224;. Un m&#233;decin en r&#233;gion doit pouvoir &#233;changer rapidement avec un confr&#232;re sp&#233;cialiste &#224; Djibouti-ville sans forc&#233;ment transf&#233;rer imm&#233;diatement le patient. Cela permet de gagner du temps, de sauver des vies et d'&#233;viter des d&#233;placements inutiles. Mais pour cela, il faut une connectivit&#233; stable, des infrastructures num&#233;riques solides et des syst&#232;mes s&#233;curis&#233;s. Nous avan&#231;ons &#233;tape par &#233;tape. D&#233;j&#224;, le fait que les structures soient connect&#233;es pour les m&#233;dicaments, pour les donn&#233;es &#233;pid&#233;miologiques et pour certains laboratoires change &#233;norm&#233;ment les choses. La t&#233;l&#233;m&#233;decine viendra naturellement dans cette continuit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre ambition est qu'un patient &#224; Randa, Yoboki ou Obock puisse b&#233;n&#233;ficier d'un avis sp&#233;cialis&#233; presque aussi rapidement qu'un patient &#224; Djibouti-ville. C'est cela, la vraie &#233;quit&#233; sanitaire moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti fait aussi face &#224; une forte pression migratoire. Quel impact cela a-t-il sur le syst&#232;me de sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'impact est consid&#233;rable, et il est souvent sous-estim&#233;. Chaque jour, entre 1 000 et 1 500 migrants traversent Djibouti. Une grande partie reste temporairement sur notre territoire pour travailler, attendre ou poursuivre son parcours. &#192; cela s'ajoutent les r&#233;fugi&#233;s pr&#233;sents dans les diff&#233;rents camps. Au total, nous parlons de 400 000 &#224; 450 000 personnes par an qui transitent ou s&#233;journent sur notre territoire, soit pratiquement l'&#233;quivalent de la moiti&#233; de la population djiboutienne. C'est &#233;norme pour un pays de notre taille. Et pourtant, nous continuons &#224; assurer les soins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans nos structures publiques, nous ne faisons pas de distinction entre un Djiboutien, un migrant ou un r&#233;fugi&#233; lorsqu'il s'agit de sauver une vie. Une femme peut accoucher gratuitement, un patient peut &#234;tre dialys&#233; gratuitement, une urgence peut &#234;tre op&#233;r&#233;e sans condition. Dans les r&#233;gions, cette r&#233;alit&#233; est encore plus visible. &#192; Tadjourah, &#224; Ali-Sabieh, &#224; Obock, dans les centres proches des routes migratoires, nos &#233;quipes prennent en charge quotidiennement des patients qui ne sont pas toujours nationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques ann&#233;es, nous avions davantage d'appui du HCR, de l'USAID et de certains partenaires internationaux. Aujourd'hui, beaucoup de ces soutiens ont diminu&#233;, alors que les flux, eux, continuent d'augmenter. Le minist&#232;re de la Sant&#233; doit donc g&#233;rer &#224; la fois une baisse des ressources et une hausse des besoins. C'est un d&#233;fi immense. Mais cela montre aussi quelque chose d'essentiel : Djibouti est l'un des rares pays o&#249; la sant&#233; publique reste profond&#233;ment humaine. Nous soignons parce que c'est notre devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment maintenir cette gratuit&#233; des soins alors que les charges augmentent sans cesse ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; tout le d&#233;fi du financement de la sant&#233;. La sant&#233; est un secteur extr&#234;mement co&#251;teux. Contrairement &#224; d'autres administrations, nous consommons tous les jours : m&#233;dicaments, r&#233;actifs, sang, oxyg&#232;ne, consommables, &#233;quipements, maintenance, urgences&#8230; Un poste de sant&#233; ne fonctionne pas uniquement parce qu'il a &#233;t&#233; construit. Il doit vivre chaque jour. Il faut du personnel, des m&#233;dicaments, des analyses, des sp&#233;cialistes, des gardes de nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le financement ne s'arr&#234;te jamais et les co&#251;ts changent constamment. Un m&#233;dicament que vous commandez aujourd'hui pour 100 millions peut co&#251;ter 120 millions quelques semaines plus tard simplement parce que le march&#233; international a chang&#233;, que le transport maritime a augment&#233; ou qu'un fournisseur s'est retir&#233;. Nous g&#233;rons plus de 531 m&#233;dicaments essentiels qui doivent &#234;tre disponibles en permanence sur le territoire national. Pas un seul ne doit manquer. C'est pourquoi la planification devient strat&#233;gique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La digitalisation nous aide &#233;norm&#233;ment : nous surveillons les seuils de stock, nous anticipons les commandes, nous &#233;vitons les ruptures. Mais malgr&#233; cela, la sant&#233; reste un gouffre financier permanent. C'est pourquoi je dis souvent que le premier d&#233;fi du minist&#232;re, ce n'est pas la m&#233;decine, c'est le financement durable de la m&#233;decine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti est l'un des rares pays d'Afrique o&#249; la sant&#233; publique conserve un niveau de gratuit&#233; aussi &#233;lev&#233;. La dialyse est gratuite. Les c&#233;sariennes sont prises en charge. Les urgences lourdes, les soins en r&#233;gions, de nombreuses op&#233;rations chirurgicales sont assur&#233;es sans que le patient soit &#233;cras&#233; financi&#232;rement. Les Djiboutiens ne r&#233;alisent pas toujours la valeur de ce syst&#232;me parce qu'ils y sont habitu&#233;s, mais lorsqu'ils voyagent, lorsqu'ils comparent avec les pays voisins ou m&#234;me avec certains pays d&#233;velopp&#233;s, ils comprennent que cette protection sociale est une v&#233;ritable richesse. Le vrai d&#233;fi aujourd'hui est donc simple : pr&#233;server ce mod&#232;le sans compromettre sa qualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH326/56-aden_robleh-5-48856.jpg?1777241541' width='400' height='326' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gouvernance du minist&#232;re a souvent &#233;t&#233; critiqu&#233;e par le pass&#233;. En quoi pensez-vous avoir transform&#233; la mani&#232;re de g&#233;rer la Sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La gouvernance est absolument centrale. Un minist&#232;re comme celui de la Sant&#233; ne peut pas fonctionner sans &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; fort, sans rigueur et sans transparence. Le premier principe, c'est le &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; qui nous vient d'abord du chef de l'&#201;tat. C'est sa volont&#233; politique qui place la sant&#233; parmi les priorit&#233;s nationales. Sans cela, aucune r&#233;forme profonde n'est possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, il y a la transparence. La transparence vis-&#224;-vis de nos partenaires, vis-&#224;-vis des citoyens, vis-&#224;-vis de l'utilisation des fonds publics. Nous devons expliquer les difficult&#233;s, rendre compte des r&#233;sultats, assumer les contraintes. Je n'ai jamais h&#233;sit&#233; &#224; venir m'exprimer publiquement sur les sujets sensibles, justement parce que la confiance passe par la clart&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me principe, c'est l'&#233;quit&#233;. Un Djiboutien vivant &#224; Djibouti-ville ne doit pas avoir plus de droit &#224; la sant&#233; qu'un Djiboutien vivant &#224; Obock, &#224; Randa ou &#224; Yoboki. Cette justice territoriale fait partie int&#233;grante de la bonne gouvernance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les r&#233;sultats sont l&#224;. Pendant longtemps, sur les trois grandes maladies prioritaires, VIH, tuberculose et paludisme, la gestion des financements internationaux avait &#233;t&#233; retir&#233;e au minist&#232;re et confi&#233;e au PNUD. Pourquoi ? Parce qu'il fallait r&#233;tablir la confiance. Aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; la rigueur de gestion, &#224; la transparence et &#224; la cr&#233;dibilit&#233; retrouv&#233;e, le minist&#232;re de la Sant&#233; est redevenu r&#233;cipiendaire principal. Ce sont d&#233;sormais nos &#233;quipes qui g&#232;rent directement ces financements. C'est une reconnaissance extr&#234;mement importante. Cela prouve que la gouvernance a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez m&#234;me pr&#233;sid&#233; l'Assembl&#233;e mondiale de la Sant&#233; &#224; Gen&#232;ve. Quelle port&#233;e cela a-t-il eu pour Djibouti ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'abord un honneur immense pour le pays. En 2023, j'ai eu l'honneur de pr&#233;sider l'Assembl&#233;e mondiale de la Sant&#233; &#224; Gen&#232;ve, c'est-&#224;-dire la r&#233;union des ministres de la Sant&#233; du monde entier. C'&#233;tait une premi&#232;re pour Djibouti. Mais je tiens &#224; le dire clairement : ce n'est pas une r&#233;ussite personnelle, c'est une reconnaissance du travail collectif du pays, du minist&#232;re, de mes pr&#233;d&#233;cesseurs, de nos &#233;quipes, et surtout de la vision port&#233;e par le chef de l'&#201;tat. Cela signifie que Djibouti est aujourd'hui reconnu sur la sc&#232;ne internationale comme un pays cr&#233;dible en mati&#232;re de sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand un petit pays comme le n&#244;tre arrive &#224; pr&#233;sider une telle institution mondiale, cela envoie un message fort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela montre que malgr&#233; nos moyens limit&#233;s, nous avons su b&#226;tir des r&#233;sultats solides. C'est aussi une responsabilit&#233; suppl&#233;mentaire, car &#234;tre reconnu oblige &#224; maintenir le niveau d'exigence et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que nous essayons de faire chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le futur h&#244;pital de Douda suscite beaucoup d'attentes. Quelle sera sa v&#233;ritable vocation ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Douda est un projet absolument majeur pour l'avenir de notre syst&#232;me de sant&#233;. Ce ne sera pas simplement un nouvel h&#244;pital suppl&#233;mentaire. Ce sera une structure de nouvelle g&#233;n&#233;ration, pens&#233;e pour r&#233;pondre aux besoins sanitaires des prochaines d&#233;cennies. Sa vocation principale sera la m&#233;decine de catastrophe et la m&#233;decine de haute sp&#233;cialisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti occupe une position g&#233;ographique strat&#233;gique, au c&#339;ur d'une r&#233;gion expos&#233;e aux crises humanitaires, aux mouvements migratoires, aux accidents industriels, aux urgences maritimes et aux catastrophes naturelles. Nous devons &#234;tre capables de r&#233;pondre rapidement &#224; ce type de situations. Douda sera con&#231;u pour cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il ne s'agira pas uniquement d'un h&#244;pital d'urgence. Nous y int&#233;grerons &#233;galement plusieurs sp&#233;cialit&#233;s lourdes : traumatologie avanc&#233;e, chirurgie complexe, m&#233;decine intensive, oncologie, m&#233;decine cardiovasculaire, ainsi que des capacit&#233;s de r&#233;ponse rapide en cas de crise sanitaire majeure. Ce sera aussi un centre de formation, de simulation m&#233;dicale et de pr&#233;paration aux urgences sanitaires. Nous voulons construire un &#233;tablissement capable de r&#233;pondre aux standards internationaux. C'est un projet structurant, qui accompagnera la mont&#233;e en puissance du CHU et la modernisation globale du syst&#232;me hospitalier national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains &#233;voquent aussi une ouverture plus forte au partenariat public-priv&#233; dans la sant&#233;. Est-ce une piste s&#233;rieusement envisag&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, bien s&#251;r, mais avec beaucoup de prudence. La sant&#233; reste avant tout une mission r&#233;galienne. L'&#201;tat ne peut pas se d&#233;sengager de ses responsabilit&#233;s fondamentales. Cependant, il faut &#234;tre r&#233;aliste : les besoins augmentent plus vite que les ressources publiques. Le partenariat public-priv&#233; peut donc &#234;tre un levier utile, notamment sur certains &#233;quipements lourds, certains laboratoires sp&#233;cialis&#233;s, l'imagerie m&#233;dicale ou encore certaines infrastructures hospitali&#232;res. Mais cela doit se faire dans un cadre extr&#234;mement clair.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le priv&#233; ne doit jamais remplacer le service public ; il doit venir en compl&#233;ment. Nous refusons toute logique o&#249; la qualit&#233; des soins d&#233;pendrait uniquement du niveau de revenu du patient. La sant&#233; ne peut pas devenir un march&#233; pur, notre priorit&#233; reste l'acc&#232;s &#233;quitable. En revanche, lorsqu'un partenariat permet d'acc&#233;l&#233;rer l'acc&#232;s &#224; une technologie, de r&#233;duire un d&#233;lai de prise en charge ou d'am&#233;liorer la qualit&#233; du service, il faut savoir &#234;tre pragmatique. Le r&#244;le de l'&#201;tat est alors de r&#233;guler, d'encadrer et de prot&#233;ger l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. C'est cette ligne d'&#233;quilibre que nous d&#233;fendons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin, lorsque vous regardez les prochaines ann&#233;es, quel est selon vous le grand chantier qui d&#233;finira votre action ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je dirais qu'il y en a un au-dessus de tous les autres : la souverainet&#233; sanitaire. Cela r&#233;sume tout. Former nos m&#233;decins ici, r&#233;duire les &#233;vacuations m&#233;dicales &#224; l'&#233;tranger, produire davantage de capacit&#233;s sp&#233;cialis&#233;es sur place, s&#233;curiser l'approvisionnement en m&#233;dicaments, renforcer la m&#233;decine r&#233;gionale, moderniser les urgences, digitaliser le syst&#232;me, anticiper les crises&#8230; Tout cela participe d'une seule id&#233;e : faire en sorte que Djibouti puisse r&#233;pondre lui-m&#234;me &#224; ses propres besoins de sant&#233;. Nous avons d&#233;j&#224; beaucoup avanc&#233;, mais nous ne sommes qu'au milieu du chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vrai succ&#232;s ce n'est pas qu'un ministre inaugure un b&#226;timent ou signe un d&#233;cret. Le vrai succ&#232;s c'est qu'un citoyen, o&#249; qu'il vive dans le pays, puisse recevoir rapidement un soin de qualit&#233;, sans &#234;tre oblig&#233; de partir ailleurs, sans &#234;tre &#233;cras&#233; par le co&#251;t, sans se sentir abandonn&#233;. C'est cela, la dignit&#233; sanitaire. Et c'est cela, &#224; mes yeux, la vraie souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH297/56-aden_robleh-6-d4b6f.jpg?1777241541' width='400' height='297' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s vingt-sept ann&#233;es dans le syst&#232;me de sant&#233;, du poste de m&#233;decin-chef en r&#233;gion jusqu'au minist&#232;re, avez-vous le sentiment d'avoir accompli votre mission ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas, je suis fier du chemin parcouru. J'ai commenc&#233; tout en bas de l'&#233;chelle, dans les postes de sant&#233;, dans les r&#233;gions, au contact direct des patients, des urgences quotidiennes, des difficult&#233;s concr&#232;tes du terrain. Aujourd'hui, me retrouver &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de la Sant&#233; repr&#233;sente d'abord une responsabilit&#233; immense, mais aussi une forme de r&#233;ussite profond&#233;ment djiboutienne. Cela prouve qu'&#224; Djibouti, on peut commencer modestement et progresser par le travail, par la comp&#233;tence et par l'engagement. Je le dis souvent : c'est l'excellence &#224; la djiboutienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai connu une &#233;poque o&#249; nous n'&#233;tions que deux p&#233;diatres dans tout le pays. Aujourd'hui, nous avons plus de mille m&#233;decins. J'ai connu un Djibouti o&#249; il n'existait pratiquement qu'un seul grand h&#244;pital, Peltier. Aujourd'hui, nous parlons de CHU, d'h&#244;pitaux r&#233;gionaux, de centres de dialyse, de scanners, d'IRM, de chirurgie interventionnelle, de maternit&#233;s modernes, des blocs op&#233;ratoires de pointes. Le chemin parcouru est immense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, je suis fier d'avoir apport&#233; ma pierre &#224; l'&#233;difice. Mais un ministre ne termine jamais vraiment sa mission. La sant&#233; est un chantier permanent. Chaque avanc&#233;e ouvre de nouveaux d&#233;fis. Ce que je souhaite aujourd'hui, c'est continuer &#224; achever ce que nous avons commenc&#233;. Parce que servir son pays &#224; ce niveau est &#224; la fois une fiert&#233; et un devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les critiques ? Lorsqu'on est ministre de la Sant&#233;, comment vit-on les attaques, notamment sur les r&#233;seaux sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'on devient un homme public, il faut accepter les critiques. Cela fait partie des r&#232;gles du jeu. Je ne le vis pas mal. Mais je pense souvent que beaucoup de critiques naissent d'une m&#233;connaissance de la r&#233;alit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens ne voient pas toujours l'immensit&#233; des contraintes, la complexit&#233; de la gestion quotidienne, les urgences silencieuses, les arbitrages permanents. Ils comparent parfois Djibouti &#224; des pays beaucoup plus puissants financi&#232;rement, sans voir les moyens r&#233;els dont nous disposons. Pourtant, lorsqu'un Djiboutien voyage dans les pays voisins, il r&#233;alise souvent la valeur de ce que nous avons ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
La sant&#233; gratuite, l'&#233;ducation gratuite, la dialyse gratuite, la prise en charge des urgences sans distinction&#8230; m&#234;me dans certains pays tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s, cela devient difficile. &#192; Djibouti, une personne peut &#234;tre op&#233;r&#233;e, dialys&#233;e, accoucher ou recevoir un traitement lourd sans &#234;tre &#233;cras&#233;e financi&#232;rement. Cela, il faut le pr&#233;server.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement, je ne suis pas sur les r&#233;seaux sociaux. Je n'ai ni Facebook ni autres plateformes. Je pr&#233;f&#232;re faire mon travail. Et lorsqu'il y a une alerte s&#233;rieuse d&#233;nonc&#233;e, bien s&#251;r, nous agissons imm&#233;diatement, mais il faut aussi distinguer les vraies urgences des exag&#233;rations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un h&#244;pital public n'est jamais identique &#224; un h&#244;pital priv&#233;, dans aucun pays du monde. Notre r&#244;le est justement de r&#233;duire cet &#233;cart au maximum et d'offrir au public la meilleure qualit&#233; possible. C'est cela qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dernier mot pour conclure ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais simplement rappeler une chose essentielle : la sant&#233; djiboutienne a connu, ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, une transformation profonde. Ce n'est pas uniquement mon bilan, ni celui d'un seul ministre. C'est un travail collectif, inscrit dans la dur&#233;e, port&#233; par plusieurs &#233;quipes successives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'accession au pouvoir du chef de l'&#201;tat, la sant&#233; a toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme une priorit&#233; nationale. Les indicateurs le prouvent. La mortalit&#233; maternelle est pass&#233;e de plus de 530 d&#233;c&#232;s pour 100 000 naissances vivantes &#224; environ 162. La mortalit&#233; infantile des enfants de moins de cinq ans est pass&#233;e de 94 pour 1 000 naissances vivantes &#224; 31. Nous avons pratiquement &#233;radiqu&#233; la tuberculose et divis&#233; les cas de paludisme par dix. Nous avons multipli&#233; les infrastructures, les comp&#233;tences, les centres de soins, les sp&#233;cialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des m&#233;decins cubains diminue progressivement. Il y a quelques ann&#233;es, ils &#233;taient pr&#232;s d'une centaine. Aujourd'hui, ils sont environ soixante-dix, et nous continuerons &#224; r&#233;duire cet effectif &#224; mesure que nos propres sp&#233;cialistes reviendront de formation. Nous avons actuellement plus de soixante m&#233;decins djiboutiens en sp&#233;cialisation &#224; l'&#233;tranger. C'est une immense fiert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avan&#231;ons progressivement, mais nous avan&#231;ons s&#251;rement. Il reste encore beaucoup &#224; faire, bien s&#251;r, mais je crois sinc&#232;rement que Djibouti a franchi un cap historique en mati&#232;re de sant&#233; publique. Et si nous continuons sur cette trajectoire, avec rigueur, avec humilit&#233; et avec ambition, nous pourrons b&#226;tir un syst&#232;me de sant&#233; encore plus fort, plus juste et plus souverain. C'est cela, notre engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt;, photos &lt;strong&gt;Mathieu Balavoine, Agence Recless&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://human-village.org/IMG/jpg/56-aden_robleh-bilan.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH885/56-aden_robleh-bilan-38eb8.jpg?1777283074' width='500' height='885' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En apart&#233; avec&#8230; Yonis Ali Guedi</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2013</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2013</guid>
		<dc:date>2026-04-26T08:24:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 56</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec le ministre de l'&#201;nergie, charg&#233; des ressources naturelles.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Human Village 56&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_4-yonis_ali-2a20b.jpg?1777194429' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te d'un minist&#232;re strat&#233;gique au c&#339;ur des enjeux de souverainet&#233; nationale, Yonis Ali Guedi pilote depuis plusieurs ann&#233;es les politiques &#233;nerg&#233;tiques et mini&#232;res de Djibouti dans un contexte r&#233;gional et international particuli&#232;rement mouvant. Par son dynamisme, son sens de l'innovation et sa volont&#233; de transformation, il a donn&#233; une nouvelle dimension au minist&#232;re de l'&#201;nergie, longtemps per&#231;u comme une administration essentiellement cantonn&#233;e &#224; la tutelle de l'&#201;lectricit&#233; de Djibouti (EDD). Sous son impulsion, le d&#233;partement s'est progressivement affirm&#233; comme un v&#233;ritable minist&#232;re de souverainet&#233; &#233;conomique, au centre des grands projets structurants du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre &#233;lectrification rurale, transition vers les &#233;nergies renouvelables, ambitions g&#233;othermiques, d&#233;veloppement du port p&#233;trolier de Damerjog, corridor &#233;nerg&#233;tique avec l'&#201;thiopie, tensions d'approvisionnement r&#233;gionales, projets miniers structurants, dessalement de l'eau de mer, hydrog&#232;ne vert, nouvelles infrastructures institutionnelles et grands investissements internationaux, le ministre de l'&#201;nergie, charg&#233; des Ressources naturelles, d&#233;fend une vision claire : faire de Djibouti un hub &#233;nerg&#233;tique r&#233;gional.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours apr&#232;s la &lt;a href='http://human-village.org/spip.php?article2008' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;&#233;lection d'Isma&#239;l Omar Guelleh le 10 avril 2026&lt;/a&gt;, il revient pour Human Village sur son bilan, les r&#233;formes engag&#233;es, les d&#233;fis persistants et les grandes priorit&#233;s &#224; venir, dans un contexte marqu&#233; par la crise du d&#233;troit d'Ormuz, la volatilit&#233; des prix du p&#233;trole, les difficult&#233;s d'approvisionnement en carburant en &#201;thiopie et les enjeux croissants de souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur le ministre, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es &#224; la t&#234;te de ce portefeuille strat&#233;gique, quel bilan tirez-vous aujourd'hui de votre action ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;] Concernant notre action au minist&#232;re de l'&#201;nergie, charg&#233; des Ressources naturelles, je peux dire que le bilan est globalement tr&#232;s satisfaisant. Nous avons atteint une grande partie des objectifs fix&#233;s dans la feuille de route gouvernementale, aussi bien sur le plan &#233;nerg&#233;tique que minier. Notre priorit&#233; a toujours &#233;t&#233; claire : garantir la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique du pays, acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables et permettre un meilleur acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; pour tous les Djiboutiens, y compris dans les localit&#233;s les plus recul&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une des r&#233;alisations dont je suis le plus fier reste le raccordement gratuit de plus de 14 000 m&#233;nages vuln&#233;rables &#224; l'&#233;lectricit&#233;, dans la capitale comme dans les r&#233;gions de l'int&#233;rieur, soit plus de 100 000 personnes directement impact&#233;es. Pour moi, la r&#233;ussite d'une politique publique se mesure d'abord &#224; sa capacit&#233; &#224; am&#233;liorer concr&#232;tement la vie quotidienne des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4891 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH397/56-yonis-mahdi-9d55e.jpg?1777194429' width='400' height='397' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez engag&#233; plusieurs r&#233;formes importantes dans le secteur &#233;nerg&#233;tique. Lesquelles consid&#233;rez-vous comme les plus structurantes ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons men&#233; plusieurs r&#233;formes de fond qui transforment durablement le paysage &#233;nerg&#233;tique national. Parmi les plus importantes, il y a l'adoption de la loi sur le partenariat public-priv&#233; (PPP), qui encadre les investissements internationaux dans le secteur de l'&#233;nergie. Cette r&#233;forme a notamment permis la concr&#233;tisation du premier grand projet &#233;nerg&#233;tique d'envergure r&#233;alis&#233; sur le sol djiboutien : le parc &#233;olien de Ghoubet, inaugur&#233; en septembre 2023, avec une capacit&#233; de production de plus de 60 m&#233;gawatts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons &#233;galement adopt&#233; la loi sur les producteurs ind&#233;pendants d'&#233;lectricit&#233; (IPP), qui ouvre la production &#233;lectrique aux investisseurs priv&#233;s, ainsi que la loi sur l'&#233;lectrification rurale, qui constitue un levier essentiel pour r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s territoriales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous travaillons aussi sur un autre chantier important : l'autoproduction &#233;nerg&#233;tique pour l'autoconsommation, notamment dans le solaire r&#233;sidentiel. L'objectif est de permettre aux m&#233;nages et aux entreprises de produire eux-m&#234;mes leur propre &#233;nergie. Nous avan&#231;ons avec prudence sur ce dossier, car il faut s&#233;curiser le cadre juridique, prot&#233;ger l'&#233;quilibre du syst&#232;me et anticiper les impacts sur l'EDD. Notre ambition reste la m&#234;me : construire un mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique moderne, plus autonome, plus ouvert et plus r&#233;silient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti affiche de fortes ambitions dans les &#233;nergies renouvelables, notamment autour de l'hydrog&#232;ne vert. Le projet avec la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine CWP Global semble particuli&#232;rement strat&#233;gique.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument, et je dirais m&#234;me qu'il s'agit de l'un des projets les plus ambitieux pour l'avenir &#233;nerg&#233;tique de Djibouti. Le partenariat engag&#233; avec la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine CWP Global d&#233;passe largement le cadre d'un simple projet de production d'&#233;lectricit&#233;. Nous parlons ici d'un programme structurant autour de l'hydrog&#232;ne vert, avec une vision industrielle, portuaire et g&#233;ostrat&#233;gique de long terme. L'objectif est de d&#233;velopper, dans le Nord du pays, un vaste complexe &#233;nerg&#233;tique capable de produire de l'&#233;lectricit&#233; renouvelable &#224; grande &#233;chelle &#8212; principalement &#224; partir du solaire et de l'&#233;olien &#8212; pour alimenter ensuite la production d'hydrog&#232;ne vert destin&#233; &#224; l'exportation. Ce projet implique des investissements colossaux, estim&#233;s entre 5 et 10 milliards de dollars &#224; terme, ce qui en ferait l'un des plus importants investissements &#233;nerg&#233;tiques jamais envisag&#233;s &#224; Djibouti. Il ne s'agit pas uniquement de produire de l'&#233;nergie, mais de b&#226;tir tout un &#233;cosyst&#232;me industriel. Cela comprend notamment le d&#233;veloppement d'infrastructures portuaires nouvelles, avec un projet de quai strat&#233;gique du c&#244;t&#233; d'Obock pour faciliter l'exportation future de l'hydrog&#232;ne vert et de ses d&#233;riv&#233;s, notamment l'ammoniac vert, vers les march&#233;s internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous parlons aussi d'infrastructures de transport, de lignes de raccordement, de capacit&#233;s de stockage, ainsi que de la cr&#233;ation de milliers d'emplois directs et indirects.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc bien plus qu'un projet &#233;nerg&#233;tique : c'est une nouvelle vision de d&#233;veloppement pour le Nord de Djibouti. Notre ambition est claire : faire de Djibouti non seulement un hub &#233;nerg&#233;tique r&#233;gional, mais aussi un futur exportateur d'&#233;nergie propre vers les march&#233;s internationaux. Dans un monde qui acc&#233;l&#232;re sa transition &#233;nerg&#233;tique, nous avons l'opportunit&#233; de nous positionner d&#232;s maintenant parmi les pays qui compteront demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; les avanc&#233;es, certaines zones restent encore insuffisamment desservies. Comment expliquez-vous ces disparit&#233;s persistantes ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lectrification rurale demeure une priorit&#233; absolue de l'action gouvernementale. Il faut rappeler que Djibouti compte de nombreuses localit&#233;s &#233;loign&#233;es du r&#233;seau national, parfois dans des zones difficiles d'acc&#232;s, o&#249; l'extension classique du r&#233;seau &#233;lectrique n'est ni simple ni imm&#233;diate. Cela impose des solutions adapt&#233;es, principalement bas&#233;es sur l'&#233;nergie solaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce au budget de l'&#201;tat et au soutien de nos partenaires techniques et financiers, nous avons d&#233;j&#224; &#233;lectrifi&#233; plusieurs villages comme As-Eyla, Assamo, Adaillou, Omar Jaggaa, Leyta, Moumina 1, ainsi que plusieurs autres localit&#233;s de l'int&#233;rieur. D'autres infrastructures sont finalis&#233;es ou en cours dans des villages comme Dorra et Yoboki. Nous avons &#233;galement r&#233;habilit&#233; plusieurs centrales existantes en augmentant leurs capacit&#233;s gr&#226;ce &#224; l'installation de syst&#232;mes de stockage sur batteries, afin d'assurer une alimentation continue et plus fiable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, nous voulons passer &#224; une nouvelle &#233;tape : l'installation de centrales solaires dans plus de quinze nouveaux villages sur l'ensemble du territoire national. Les &#233;tudes pr&#233;liminaires sont termin&#233;es et nous attendons les financements de la Banque africaine de d&#233;veloppement et de la Banque mondiale, notamment dans le cadre de l'Initiative Mission 300.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre objectif est simple : aucune localit&#233; ne doit rester &#224; la marge. Nous travaillons &#233;galement avec des partenaires techniques comme Proxy Group et Huawei qui nous permettent d'assurer un suivi &#224; distance intelligent de l'ensemble des centrales solaires rurales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plusieurs anciens projets solaires ont parfois rencontr&#233; des difficult&#233;s de maintenance. Comment &#233;vitez-vous aujourd'hui ces erreurs ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est effectivement l'un des grands d&#233;fis. Le probl&#232;me n'est pas toujours l'installation des infrastructures, mais leur maintenance dans la dur&#233;e. Dans notre pays, nous avons pr&#232;s de 180 forages. Certains fonctionnent au solaire, d'autres avec des syst&#232;mes thermiques. Tr&#232;s souvent, l'erreur a &#233;t&#233; d'intervenir uniquement lorsque la panne survient, alors qu'il faudrait un v&#233;ritable syst&#232;me de maintenance pr&#233;ventive, avec un planning r&#233;gulier et des &#233;quipes d&#233;di&#233;es. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que nous avons mis en place sur nos projets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les centrales solaires villageoises, nous ne remettons pas simplement les cl&#233;s avant de partir. Nous gardons un contr&#244;le permanent. Nous disposons aujourd'hui d'un service d&#233;di&#233; &#224; l'&#233;lectricit&#233; solaire avec une &#233;quipe sp&#233;cialis&#233;e qui assure un suivi &#224; distance de toutes les centrales du pays. Gr&#226;ce &#224; un tableau de bord consultable m&#234;me depuis un t&#233;l&#233;phone portable, nous savons imm&#233;diatement lorsqu'une installation pr&#233;sente une d&#233;faillance. En parall&#232;le, nous formons aussi du personnel local dans chaque village : techniciens, agents de gardiennage et gestionnaires charg&#233;s du suivi de la consommation et de la facturation. Cette proximit&#233; permet d'assurer la durabilit&#233; r&#233;elle des projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, ces services sont-ils gratuits pour les habitants ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, il n'y a pas de gratuit&#233; totale, mais nous avons mis en place une tarification sociale adapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s locales. Les m&#233;nages paient g&#233;n&#233;ralement autour de 1 000 francs djiboutiens par mois, avec un syst&#232;me bas&#233; sur des compteurs intelligents permettant un suivi pr&#233;cis de la consommation. Ce tarif permet aux familles d'avoir acc&#232;s &#224; l'&#233;clairage, aux ventilateurs, aux prises &#233;lectriques, &#224; la t&#233;l&#233;vision, au r&#233;frig&#233;rateur et aux besoins essentiels du quotidien. Ce qui &#233;tait gratuit, en revanche, ce sont les raccordements initiaux : les r&#233;seaux et les connexions des maisons ont &#233;t&#233; enti&#232;rement pris en charge. L'objectif n'est pas de faire du profit, mais d'assurer un service durable, accessible et responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arriv&#233;e de l'&#233;lectricit&#233; transforme-t-elle r&#233;ellement la vie des villages ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, de mani&#232;re spectaculaire. Prenons l'exemple d'As-Eyla. Lorsque nous avons install&#233; la premi&#232;re centrale solaire, elle &#233;tait pr&#233;vue pour environ 300 maisons avec une capacit&#233; de 150 kilowatts. Mais tr&#232;s rapidement, la population a fortement augment&#233;. Le village est pass&#233; &#224; pr&#232;s de 750 logements. Pourquoi ? Parce que l'&#233;lectricit&#233; attire naturellement le d&#233;veloppement. De nouvelles &#233;coles ont &#233;t&#233; construites, un lyc&#233;e a vu le jour, des petits commerces se sont d&#233;velopp&#233;s, les familles se sont install&#233;es durablement. C'est ce que nous appelons l'effet d'entra&#238;nement de l'&#233;nergie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons aussi appris de cette exp&#233;rience. Aujourd'hui, nous anticipons davantage. &#192; Omar Jaggaa, par exemple, nous avons install&#233; 330 kilowatts avec une capacit&#233; de stockage de 1 m&#233;gawatt. &#192; Adaylou et Dorra, nous sommes pass&#233;s &#224; 600 kilowatts. Cela permet une alimentation continue, y compris toute la nuit, sans interruption. L'&#233;lectricit&#233; ne change pas seulement le confort. Elle change la structure m&#234;me du d&#233;veloppement local.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L399xH394/56-yonis-2-e19d1.jpg?1777194429' width='399' height='394' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez souvent la dimension sociale de votre minist&#232;re. L'exemple du dessalement au lac Assal semble particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a &#233;t&#233; mis en place ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cas du lac Assal illustre parfaitement ce que nous appelons une politique &#233;nerg&#233;tique &#224; vocation sociale. Pendant longtemps, les populations vivant autour du lac Assal &#233;taient approvisionn&#233;es en eau potable uniquement par camions-citernes depuis PK-50 jusqu'aux villages de Karta, Moumina 1, Le&#239;ta ainsi que l'ensemble des campements nomades de la zone. C'&#233;tait un syst&#232;me extr&#234;mement co&#251;teux, lourd &#224; g&#233;rer et surtout peu durable. Les citernes consommaient &#233;norm&#233;ment de carburant, les rotations &#233;taient permanentes, et il fallait remplir quotidiennement les r&#233;servoirs de stockage situ&#233;s en hauteur. &#192; long terme, ce mod&#232;le n'&#233;tait ni rentable ni viable.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2021, les habitants ont directement saisi le pr&#233;sident de la R&#233;publique pour exprimer leur besoin urgent d'un acc&#232;s durable &#224; l'eau potable. Nous avons alors re&#231;u l'instruction de trouver une solution d&#233;finitive. La premi&#232;re r&#233;ponse a &#233;t&#233; de mobiliser Red Sea Power, la soci&#233;t&#233; qui exploite le parc &#233;olien de Ghoubet, dans le cadre du volet social de son projet. Nous leur avons demand&#233; de contribuer &#224; la mise en place d'une unit&#233; de dessalement d'eau de mer fonctionnant &#224; l'&#233;nergie solaire. Aujourd'hui, cette station est pleinement op&#233;rationnelle. Elle est install&#233;e &#224; proximit&#233; du port de Ghoubet et alimente directement les villages du lac Assal ainsi que Moumina 1, situ&#233; en altitude, gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me de pompage, de stations interm&#233;diaires et de r&#233;servoirs. Chaque village a &#233;t&#233; dot&#233; de r&#233;servoirs de 40 000 litres, et nous avons m&#234;me construit un second r&#233;servoir suppl&#233;mentaire pour Moumina 1 et Le&#239;ta, o&#249; la densit&#233; d'habitation est plus importante. Au total, nous atteignons aujourd'hui une capacit&#233; de pr&#232;s de 80 000 litres d'eau potable par jour, enti&#232;rement produite gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie solaire, sans consommation de carburant, avec uniquement de la maintenance &#224; assurer. C'est un mod&#232;le autonome, durable et &#233;conomiquement beaucoup plus rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce mod&#232;le va-t-il &#234;tre &#233;tendu &#224; d'autres localit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument, et c'est m&#234;me l'objectif principal. Gr&#226;ce &#224; un partenariat avec Qatar Charity, nous avons lanc&#233; deux nouveaux projets de dessalement pour d'autres villages c&#244;tiers confront&#233;s aux m&#234;mes difficult&#233;s. Le premier concerne Daliyya, situ&#233; entre les r&#233;gions de Tadjourah et d'Obock. Le second concerne Sagalou, o&#249; les puits et les forages existants sont aujourd'hui largement &#233;puis&#233;s, alors m&#234;me que la localit&#233; poss&#232;de une activit&#233; agricole importante et des besoins en eau beaucoup plus &#233;lev&#233;s. Sagalou &#233;tait devenu une urgence absolue. Ces deux projets sont actuellement en cours de r&#233;alisation et devraient &#234;tre op&#233;rationnels dans les prochains mois. L&#224; aussi, nous parlons de capacit&#233;s comprises entre 80 000 et 100 000 litres par jour. Cela montre que le minist&#232;re de l'&#201;nergie ne se limite pas uniquement &#224; l'&#233;lectricit&#233;. Il joue aussi un r&#244;le social direct sur l'acc&#232;s &#224; l'eau, au d&#233;veloppement rural et &#224; l'am&#233;lioration concr&#232;te des conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; reste centrale pour les m&#233;nages comme pour les entreprises. Peut-on esp&#233;rer une baisse prochaine ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je tiens d'abord &#224; rappeler que le co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; &#224; Djibouti doit &#234;tre analys&#233; avec objectivit&#233;. Contrairement &#224; certaines perceptions, nous ne sommes pas le pays o&#249; l'&#233;lectricit&#233; est la plus ch&#232;re en Afrique. Le co&#251;t actuel s'explique par plusieurs facteurs : le prix &#233;lev&#233; des hydrocarbures import&#233;s, les investissements lourds r&#233;alis&#233;s dans les infrastructures &#233;nerg&#233;tiques, ainsi que les impay&#233;s de certaines entit&#233;s publiques qui p&#232;sent sur l'&#233;quilibre financier de l'EDD.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;duire durablement cette facture, nous avons engag&#233; une strat&#233;gie claire : d&#233;velopper massivement les &#233;nergies renouvelables, notamment le solaire, l'&#233;olien et la g&#233;othermie. Nous encourageons &#233;galement la sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique, l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et la r&#233;duction de la consommation inutile dans les administrations publiques. &#192; mesure que ces investissements seront rentabilis&#233;s et que notre d&#233;pendance aux &#233;nergies fossiles diminuera, nous pourrons progressivement all&#233;ger la facture &#233;nerg&#233;tique. Nous savons que cette question touche directement le pouvoir d'achat des m&#233;nages et la comp&#233;titivit&#233; des entreprises. C'est pourquoi elle reste au c&#339;ur de notre action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti affiche de fortes ambitions dans la g&#233;othermie. O&#249; en est concr&#232;tement ce dossier ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti poss&#232;de un potentiel exceptionnel en ressources renouvelables, notamment dans le solaire, l'&#233;olien et surtout la g&#233;othermie. Notre ambition est de faire de Djibouti un hub &#233;nerg&#233;tique r&#233;gional conform&#233;ment &#224; la Vision Djibouti 2035.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant la g&#233;othermie, cela fait plusieurs ann&#233;es que nos &#233;quipes, avec l'EDD et l'ODDEG, travaillent sur des sites comme Fial&#233;, Gaala-le-Koma et Garabayis, avec l'appui de partenaires comme la JICA japonaise, la soci&#233;t&#233; kenyane KenGen ainsi que plusieurs partenaires techniques internationaux. Les r&#233;sultats sont tr&#232;s encourageants. Plusieurs forages ont confirm&#233; la pr&#233;sence de ressources g&#233;othermiques importantes, avec un potentiel estim&#233; &#224; plusieurs milliers de m&#233;gawatts. Nous entrons d&#233;sormais dans la phase d&#233;cisive : celle de l'exploitation, avec la future construction de la premi&#232;re centrale &#233;lectrique g&#233;othermique du pays. C'est un projet majeur pour l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de Djibouti. Je tiens ici &#224; saluer l'appui constant du Japon, dont l'accompagnement technique et financier a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans l'avancement de ce dossier strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pays reste encore partiellement d&#233;pendant de sources d'&#233;nergie ext&#233;rieures. Comment concilier coop&#233;ration r&#233;gionale et souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme beaucoup de pays, Djibouti d&#233;pend encore en partie de sources d'&#233;nergie ext&#233;rieures, notamment des hydrocarbures import&#233;s depuis les pays du Golfe et de l'hydro&#233;lectricit&#233; en provenance d'&#201;thiopie. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, notre strat&#233;gie n'est pas la d&#233;pendance, mais la diversification. Notre coop&#233;ration &#233;nerg&#233;tique avec l'&#201;thiopie est essentielle et mutuellement b&#233;n&#233;fique. L'interconnexion &#233;lectrique entre nos deux pays a permis de r&#233;soudre une grande partie des probl&#232;mes de d&#233;lestage que nous connaissions par le pass&#233;, et la future deuxi&#232;me ligne d'interconnexion viendra encore renforcer cette stabilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe entre Djibouti et l'&#201;thiopie une interd&#233;pendance &#233;conomique et strat&#233;gique naturelle. Nous devons l'assumer intelligemment. Mais en m&#234;me temps, il ne faut jamais mettre tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier. C'est pourquoi nous d&#233;veloppons parall&#232;lement nos propres capacit&#233;s nationales : parc &#233;olien de Ghoubet, future centrale solaire du Grand Bara, projets g&#233;othermiques, biomasse, &#233;nergie mar&#233;motrice, sans oublier les perspectives autour de l'hydrog&#232;ne vert. Notre objectif final reste clair : atteindre l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, voire la souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;veloppement du nouveau port p&#233;trolier de Damerjog est pr&#233;sent&#233; comme un projet structurant. O&#249; en est concr&#232;tement ce dossier ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de Damerjog est l'un des plus importants chantiers &#233;nerg&#233;tiques et logistiques de Djibouti pour les ann&#233;es &#224; venir. Notre ambition est claire : faire de Djibouti un v&#233;ritable p&#244;le &#233;nerg&#233;tique r&#233;gional de premier plan et un centre de transbordement des produits p&#233;troliers et gaziers pour toute l'Afrique de l'Est. Aujourd'hui, une grande partie des infrastructures de base a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e. Les quais existent, plusieurs installations sont op&#233;rationnelles et les capacit&#233;s initiales sont en place. Le reste des travaux se poursuit progressivement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le v&#233;ritable enjeu d&#233;sormais, ce sont les investissements massifs n&#233;cessaires pour d&#233;velopper les capacit&#233;s de stockage &#224; grande &#233;chelle. Nous parlons ici de plusieurs centaines de millions de dollars. Il serait irr&#233;aliste de vouloir mobiliser imm&#233;diatement 300 ou 400 millions de dollars en une seule phase. C'est pourquoi nous avons choisi une approche progressive. Nous avan&#231;ons par &#233;tapes : une premi&#232;re phase d'environ 100 millions de dollars pour d&#233;velopper pr&#232;s de 200 000 m&#232;tres cubes de stockage, puis des extensions successives en phase 2 et phase 3. L'objectif final est simple : faire de Damerjog une plateforme r&#233;gionale majeure de stockage et de distribution des hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une coop&#233;ration avec l'&#201;thiopie sur ce projet est-elle envisag&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, bien s&#251;r, et la porte reste totalement ouverte. Nous avons r&#233;cemment sign&#233; une convention qui ouvre la possibilit&#233; d'une participation &#233;thiopienne dans le d&#233;veloppement des capacit&#233;s de stockage strat&#233;giques. Nos partenaires &#233;thiopiens montrent un r&#233;el int&#233;r&#234;t, notamment &#224; travers leur agence d'investissement ainsi que plusieurs discussions engag&#233;es avec des op&#233;rateurs priv&#233;s. Il faut comprendre une chose : &#224; Damerjog, il n'y aura pas un seul op&#233;rateur, mais plusieurs. Le site est vaste, les besoins r&#233;gionaux sont &#233;normes, et notre ambition est justement de cr&#233;er un v&#233;ritable hub logistique &#233;nerg&#233;tique r&#233;gional capable d'attirer plusieurs grandes soci&#233;t&#233;s internationales. Nous voulons accueillir quatre, cinq, voire davantage d'investisseurs capables de stocker, distribuer et alimenter toute la r&#233;gion. Si l'&#201;thiopie souhaite participer &#224; cette dynamique, cela s'inscrit naturellement dans notre logique d'int&#233;gration &#233;conomique r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L399xH371/56-yonis-1-67a45.jpg?1777194429' width='399' height='371' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet d'acheminement ferroviaire des produits p&#233;troliers vers l'&#201;thiopie est pr&#233;sent&#233; comme strat&#233;gique. O&#249; en est-il aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet est effectivement strat&#233;gique. Djibouti demeure la porte naturelle d'entr&#233;e et de sortie de l'&#201;thiopie. Aujourd'hui, les produits p&#233;troliers transitent principalement par le terminal Horizon Djibouti Terminals Limited (HDTL) de Doraleh avant d'&#234;tre achemin&#233;s par camions-citernes. Or, les r&#233;centes difficult&#233;s d'approvisionnement en carburant en &#201;thiopie ont consid&#233;rablement renforc&#233; la pression sur ce corridor &#233;nerg&#233;tique. Avec la guerre au Soudan, les perturbations r&#233;gionales et l'augmentation continue des besoins &#233;nerg&#233;tiques &#233;thiopiens, les volumes ont fortement progress&#233;. Le nombre de camions-citernes disponibles ne suffit plus toujours &#224; absorber seul cette demande croissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons demand&#233; aux responsables du terminal HDTL d'augmenter les capacit&#233;s de chargement afin de r&#233;pondre &#224; cette pression. Cela a &#233;t&#233; fait. Nous avons &#233;galement mis en place un groupe de travail permanent r&#233;unissant les parties djiboutiennes, &#233;thiopiennes et HDTL afin d'assurer un suivi quotidien des flux. Les chiffres sont communiqu&#233;s chaque jour en toute transparence, ce qui permet une meilleure coordination. La prochaine &#233;tape, absolument essentielle, est la connexion ferroviaire directe entre le rail et les d&#233;p&#244;ts p&#233;troliers de Doraleh. Le transport ferroviaire permettra d'augmenter consid&#233;rablement les volumes, de r&#233;duire les d&#233;lais, de d&#233;sengorger le corridor routier et surtout de mieux s&#233;curiser l'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique de l'&#201;thiopie. Nous sommes aujourd'hui dans la phase finale de ce projet, qui renforcera consid&#233;rablement notre comp&#233;titivit&#233; r&#233;gionale et consolidera davantage notre position de corridor &#233;nerg&#233;tique naturel pour l'&#201;thiopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; la flamb&#233;e mondiale des prix du p&#233;trole, Djibouti n'a pas augment&#233; les prix &#224; la pompe. Comment cela a-t-il &#233;t&#233; possible ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avant tout une d&#233;cision politique forte du pr&#233;sident de la R&#233;publique. Depuis les tensions g&#233;opolitiques qui affectent le d&#233;troit d'Ormuz et les approvisionnements en hydrocarbures venus du Golfe, nous assistons &#224; une forte volatilit&#233; des march&#233;s p&#233;troliers mondiaux. Partout dans le monde, les prix explosent : en Europe, en &#201;gypte, au Liban, en Asie, y compris dans certains grands pays producteurs eux-m&#234;mes. &#192; Djibouti, l'instruction pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; tr&#232;s claire : les citoyens ne doivent pas subir directement cette flamb&#233;e des prix. L'&#201;tat a donc absorb&#233; une grande partie du manque &#224; gagner afin d'&#233;viter un choc social brutal sur les m&#233;nages. Nous faisons partie des rares pays o&#249; le prix &#224; la pompe n'a pas augment&#233; d'un seul franc malgr&#233; la crise internationale. C'est un choix profond&#233;ment social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons &#233;galement s&#233;curis&#233; nos approvisionnements. Aujourd'hui, nous disposons de stocks suffisants jusqu'a la fin du mois de juin, avec de nouvelles cargaisons attendues pour couvrir nos besoins du prochain trimestre, c'est &#224; dire, juillet, ao&#251;t et septembre. Il n'y a donc ni risque de p&#233;nurie ni raison d'inqui&#233;tude. Notre priorit&#233; reste la protection du pouvoir d'achat des Djiboutiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secteur minier semble &#233;galement prendre une place de plus en plus importante dans votre strat&#233;gie. O&#249; en est-on aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le secteur minier repr&#233;sente aujourd'hui un axe majeur de diversification &#233;conomique pour Djibouti. Pendant longtemps, nos ressources mini&#232;res ont &#233;t&#233; sous-exploit&#233;es, alors m&#234;me que leur potentiel est consid&#233;rable. Notre ambition est d&#233;sormais claire : faire de ces ressources un v&#233;ritable levier de croissance, de cr&#233;ation d'emplois et de recettes durables pour l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons l'exemple de l'or. Nous travaillons actuellement avec des partenaires chinois sur un projet structurant qui mobilise plus de 50 millions de dollars d'investissement. Les conventions ont &#233;t&#233; sign&#233;es, les &#233;quipes sont d&#233;j&#224; sur le terrain, et nous avan&#231;ons sur un projet qui pourrait cr&#233;er de nombreux emplois directs et indirects. L'objectif, &#224; terme, n'est pas uniquement l'extraction, mais aussi la possibilit&#233; d'installer une raffinerie d'or sur place, afin que la transformation se fasse ici, &#224; Djibouti, et non uniquement &#224; l'&#233;tranger. Cela changerait totalement l'impact &#233;conomique du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaucoup de rumeurs circulent autour du lithium au lac Assal. Existe-t-il r&#233;ellement un potentiel important ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut &#234;tre tr&#232;s clair sur cette question : contrairement &#224; certaines rumeurs largement relay&#233;es, il n'existe pas aujourd'hui de gisement strat&#233;gique de lithium &#233;conomiquement exploitable au lac Assal. L'ann&#233;e derni&#232;re, nous avons fait venir une mission du BRGM, le Bureau de recherches g&#233;ologiques et mini&#232;res, l'un des plus grands laboratoires g&#233;ologiques fran&#231;ais. Ils ont travaill&#233; pendant pr&#232;s de deux mois avec nos &#233;quipes pour mener des &#233;tudes tr&#232;s pouss&#233;es. Leurs conclusions sont pr&#233;cises : il existe bien des traces de lithium, d'or, voire de diamant, mais uniquement tr&#232;s limit&#233;es, sans viabilit&#233; &#233;conomique r&#233;elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant le lithium, les experts nous ont expliqu&#233; que m&#234;me en exploitant l'ensemble des d&#233;p&#244;ts disponibles, nous atteindrions &#224; peine environ 2 400 kilos, ce qui reste insignifiant &#224; l'&#233;chelle industrielle. Cela permet de mettre fin aux fausses informations selon lesquelles certains op&#233;rateurs &#233;trangers viendraient &#171; voler le lithium &#187; de Djibouti. Ce discours est faux. Ce qui est r&#233;ellement exploit&#233; aujourd'hui au lac Assal, c'est le sel et ses d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, le sel semble devenir une ressource strat&#233;gique. Quelle est votre ambition sur ce dossier ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sel du lac Assal constitue une richesse exceptionnelle pour Djibouti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous parlons d'un produit naturel qui se renouvelle en permanence, avec une puret&#233; exceptionnelle de plus de 90 %, parmi les meilleures au monde selon les analyses de laboratoire. La production est continue, naturelle, et les quantit&#233;s disponibles sont extr&#234;mement importantes. Le lac se renouvelle pratiquement toutes les 24 heures. Aujourd'hui, nous d&#233;veloppons plusieurs segments : le sel industriel, les d&#233;riv&#233;s chimiques comme le bromure de sodium ou le bromure de calcium, mais aussi le sel alimentaire et le sel de d&#233;neigement destin&#233; &#224; l'exportation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous travaillons actuellement sur un test logistique important avec des navires de 12 000 tonnes pour organiser l'exportation maritime directe depuis le port de Ghoubet. Si ce test est concluant, nous passerons ensuite &#224; des navires de 60 000 &#224; 80 000 tonnes. Cela permettra au port de Ghoubet d'entrer pleinement en activit&#233; et de renforcer sa rentabilit&#233;, tout en participant au remboursement des investissements lourds engag&#233;s sur cette infrastructure. Le sel n'est donc pas simplement une ressource naturelle ; il devient un v&#233;ritable levier strat&#233;gique pour notre &#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le minist&#232;re revendique aussi un r&#244;le &#233;conomique direct pour l'&#201;tat. Avez-vous d&#233;j&#224; des r&#233;sultats concrets ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, et ils sont tr&#232;s concrets. Pendant longtemps, les ressources mini&#232;res ne g&#233;n&#233;raient pratiquement aucun revenu significatif pour le Tr&#233;sor public. Aujourd'hui, gr&#226;ce aux conventions sign&#233;es depuis 2021, notamment sur le sel et ses d&#233;riv&#233;s, nous avons compl&#232;tement chang&#233; cette r&#233;alit&#233;. En seulement trois ans, plus de 20 millions de dollars de redevances ont &#233;t&#233; revers&#233;s au Tr&#233;sor national par la soci&#233;t&#233; exploitante chinoise. C'est une &#233;volution majeure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant, l'&#201;tat percevait quasiment z&#233;ro revenu sur ces ressources. Aujourd'hui, nous parlons de recettes r&#233;elles, tra&#231;ables, qui participent directement au financement public. Et au-del&#224; des redevances, toute la cha&#238;ne logistique b&#233;n&#233;ficie de cette activit&#233; : transporteurs, manutentionnaires, op&#233;rateurs portuaires, entreprises de conteneurs&#8230; toute une &#233;conomie se d&#233;veloppe autour de cette ressource. C'est pourquoi je dis souvent que notre minist&#232;re n'est pas uniquement un minist&#232;re de gestion. C'est aussi un minist&#232;re qui cr&#233;e de la richesse, de l'innovation et de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;galement lanc&#233; une nouvelle activit&#233; autour du bitume. C'est un projet moins connu mais tr&#232;s ambitieux.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument, et c'est un projet dont nous sommes particuli&#232;rement fiers. Depuis deux ans, nous avons lanc&#233; une nouvelle activit&#233; autour du bitume &#224; travers la Soci&#233;t&#233; Internationale des Hydrocarbures de Djibouti (SIHD), avec l'objectif de transformer Djibouti en plateforme r&#233;gionale d'importation, de stockage et de redistribution. Aujourd'hui, nous importons d&#233;j&#224; les produits bitumineux, que nous revendons principalement &#224; l'&#201;thiopie, mais aussi &#224; la Somalie et &#224; d'autres march&#233;s r&#233;gionaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons pris un important hangar en zone franche pour le stockage, et nous avons &#233;galement acquis l'ancien site de Mobil Oil dans le port de Djibouti, soit pr&#232;s de 50 000 m&#232;tres carr&#233;s, afin d'y installer des unit&#233;s industrielles. L'objectif est d&#233;sormais de fabriquer localement les f&#251;ts de bitume, plut&#244;t que de les importer. Cela r&#233;duit les co&#251;ts de mani&#232;re spectaculaire &#8212; parfois jusqu'&#224; quarante fois moins sur certains postes &#8212; tout en cr&#233;ant de l'emploi local. Nous avons d&#233;j&#224; identifi&#233; les premiers profils &#224; recruter : ing&#233;nieurs, &#233;lectrom&#233;caniciens, soudeurs, logisticiens, techniciens sp&#233;cialis&#233;s. &#192; terme, ce projet g&#233;n&#233;rera plusieurs dizaines d'emplois directs et permettra &#233;galement d'am&#233;liorer l'entretien routier dans tout le pays. C'est un projet industriel, social et strat&#233;gique &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH402/56-yonis-ministere-6ef29.jpg?1777194429' width='400' height='402' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En visitant votre nouveau si&#232;ge, on comprend imm&#233;diatement qu'il ne s'agit pas simplement d'un b&#226;timent administratif, mais d'un v&#233;ritable symbole institutionnel. Pourquoi ce projet vous tient-il autant &#224; c&#339;ur ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'au-del&#224; de l'architecture, ce b&#226;timent incarne une vision. Pendant de nombreuses ann&#233;es, le minist&#232;re de l'&#201;nergie et la Soci&#233;t&#233; internationale des hydrocarbures de Djibouti (SIHD) exer&#231;aient leurs missions dans des locaux &#233;troits, dispers&#233;s et souvent peu adapt&#233;s &#224; l'ampleur des responsabilit&#233;s que nous portions. Il existait un v&#233;ritable d&#233;calage entre l'importance strat&#233;gique du secteur &#233;nerg&#233;tique pour Djibouti et les conditions mat&#233;rielles dans lesquelles travaillaient nos &#233;quipes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons estim&#233; qu'un minist&#232;re charg&#233; de piloter des projets aussi structurants pour l'avenir du pays devait disposer d'un cadre de travail &#224; la hauteur de ses ambitions. Le terrain existait d&#233;j&#224;. Il appartenait au minist&#232;re depuis plusieurs ann&#233;es, mais il n'avait jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement valoris&#233;. Nous avons donc d&#233;cid&#233; de transformer cette simple r&#233;serve fonci&#232;re en un projet institutionnel fort. Nous avons propos&#233; &#224; la Soci&#233;t&#233; internationale des hydrocarbures de Djibouti (SIHD) de porter cet investissement avec une logique claire : construire &#224; la fois un si&#232;ge moderne pour la soci&#233;t&#233; et un nouveau b&#226;timent pour le minist&#232;re de l'&#201;nergie. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a imm&#233;diatement saisi la port&#233;e strat&#233;gique de cette initiative et a valid&#233; le projet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, nous disposons d'un ensemble de plus de 10 000 m&#232;tres carr&#233;s : un b&#226;timent principal de huit &#233;tages pour la SIHD, un second immeuble d&#233;di&#233; au minist&#232;re, un auditorium moderne, une grande salle de r&#233;ception, des espaces de formation, des bureaux adapt&#233;s aux standards internationaux ainsi que des locaux ouverts &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s. Nous avons voulu cr&#233;er ce que nous appelons aujourd'hui l'Energy Park : un p&#244;le qui rassemble l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me &#233;nerg&#233;tique national, des hydrocarbures aux &#233;nergies renouvelables. Ce n'est pas seulement un si&#232;ge administratif. C'est une affirmation institutionnelle. Lorsqu'un investisseur international, un partenaire technique ou une d&#233;l&#233;gation &#233;trang&#232;re franchit ces portes, il comprend imm&#233;diatement que le secteur &#233;nerg&#233;tique djiboutien est organis&#233;, cr&#233;dible et tourn&#233; vers l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce projet a aussi une dimension humaine essentielle. Nos collaborateurs y trouvent une reconnaissance concr&#232;te de leur engagement. Ils travaillent dans un environnement digne de leurs responsabilit&#233;s, ce qui renforce naturellement leur motivation. Un minist&#232;re performant repose aussi sur la consid&#233;ration accord&#233;e &#224; celles et ceux qui le font vivre au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on dire que ce nouveau si&#232;ge participe aussi &#224; construire une nouvelle identit&#233; du minist&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, tr&#232;s clairement. Un minist&#232;re ne se r&#233;sume pas &#224; la gestion administrative de dossiers. Il doit aussi incarner une image, une cr&#233;dibilit&#233; et une capacit&#233; &#224; inspirer confiance. Autrefois, nous recevions nos partenaires dans de petits bureaux de la cit&#233; minist&#233;rielle. Aujourd'hui, nous les accueillons dans un espace con&#231;u pour les grandes n&#233;gociations, les conf&#233;rences strat&#233;giques et les rencontres de haut niveau. Cela peut sembler symbolique, mais dans notre environnement r&#233;gional, l'image institutionnelle joue un r&#244;le majeur. Elle participe directement &#224; la cr&#233;dibilit&#233; du pays. Lorsque vous recevez un investisseur dans un cadre qui refl&#232;te l'ambition nationale, le rapport change imm&#233;diatement. Il ne per&#231;oit plus seulement un minist&#232;re, mais une institution capable de porter de grands projets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouveau si&#232;ge envoie aussi un message fort &#224; l'int&#233;rieur : celui d'un minist&#232;re qui innove, qui produit de la valeur et qui se projette dans l'avenir. Nous voulons que nos jeunes cadres se sentent pleinement concern&#233;s par cette dynamique. Nous voulons leur dire qu'ils peuvent construire ici, r&#233;ussir ici et porter ici les grandes transformations du pays. Au fond, ce b&#226;timent n'est pas seulement un si&#232;ge. C'est une mani&#232;re de mat&#233;rialiser notre ambition collective. Et cela, &#224; mes yeux, a autant de valeur qu'un grand projet &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH243/56-yonis-memorial-2-c25ea.jpg?1777194429' width='400' height='243' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes originaire d'Arta, et l'on sait votre attachement particulier &#224; cette r&#233;gion. Le M&#233;morial de la Paix d'Arta semble aussi porter une forte dimension symbolique. Pourquoi ce projet vous tient-il autant &#224; c&#339;ur ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Arta occupe une place particuli&#232;re dans l'histoire nationale de Djibouti. C'est une terre de dialogue, de rencontre et de r&#233;conciliation. Lorsque l'on &#233;voque Arta, on pense imm&#233;diatement au processus historique de paix et de r&#233;conciliation somalienne de l'an 2000, qui a offert &#224; notre pays une reconnaissance internationale importante en mati&#232;re de m&#233;diation et de diplomatie r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet du M&#233;morial de la Paix s'inscrit pr&#233;cis&#233;ment dans cette m&#233;moire et dans cette continuit&#233;. Je tiens d'ailleurs &#224; rappeler que l'initiative de ce m&#233;morial revient au chef de l'&#201;tat, Isma&#239;l Omar Guelleh, qui a toujours accord&#233; une importance particuli&#232;re &#224; la valorisation de notre histoire diplomatique et de notre r&#244;le r&#233;gional en faveur de la paix. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e n'est pas simplement de construire un b&#226;timent suppl&#233;mentaire, mais de cr&#233;er un lieu institutionnel fort, porteur de sens, capable de pr&#233;server cette m&#233;moire historique tout en projetant Djibouti vers l'avenir. Ce m&#233;morial devra &#234;tre &#224; la fois un espace de m&#233;moire, de formation, de dialogue et de r&#233;flexion strat&#233;gique sur les questions de paix, de m&#233;diation et de stabilit&#233; r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant qu'originaire d'Arta, bien s&#251;r, ce projet me touche personnellement. Mais au-del&#224; de l'attachement affectif, il s'agit avant tout d'un projet national. Arta ne symbolise pas uniquement une r&#233;gion ; elle symbolise une contribution majeure de Djibouti &#224; la stabilit&#233; de toute la Corne de l'Afrique, ce que Ismail Omar Guelleh d&#233;signe comme &lt;i&gt;l'esprit d'Arta&lt;/i&gt;. Nous avons la responsabilit&#233; de pr&#233;server cet h&#233;ritage et de le transmettre aux nouvelles g&#233;n&#233;rations. Pour moi, ce M&#233;morial de la Paix est aussi une mani&#232;re de rappeler que le d&#233;veloppement ne se mesure pas uniquement en infrastructures &#233;conomiques. Il se mesure aussi dans notre capacit&#233; &#224; prot&#233;ger notre m&#233;moire collective et &#224; faire vivre nos symboles nationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Construire pour l'avenir, c'est aussi savoir honorer ce qui a fond&#233; notre cr&#233;dibilit&#233; dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on dire que ce projet d&#233;passe largement la seule dimension locale d'Arta ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument, et c'est m&#234;me l'essentiel. Il ne faut surtout pas r&#233;duire ce projet &#224; une simple infrastructure locale ou &#224; un projet r&#233;gional. Ce serait une erreur. Le M&#233;morial de la Paix d'Arta porte une vocation nationale, mais aussi internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti est reconnu pour sa stabilit&#233; dans une r&#233;gion souvent marqu&#233;e par les crises et les tensions. Cette stabilit&#233; n'est pas le fruit du hasard ; elle repose sur une vision politique, sur des institutions solides et sur une culture du dialogue que notre pays a su d&#233;fendre depuis des d&#233;cennies. Arta repr&#233;sente parfaitement cette identit&#233;. Ce m&#233;morial pourra accueillir des conf&#233;rences internationales, des programmes de formation diplomatique, des rencontres r&#233;gionales, des initiatives de m&#233;diation et des travaux de recherche sur les questions de paix et de s&#233;curit&#233;. Il pourra devenir une v&#233;ritable r&#233;f&#233;rence dans la r&#233;gion. Nous voulons que lorsqu'on parle de paix, de dialogue et de m&#233;diation dans la Corne de l'Afrique, Arta continue d'&#234;tre naturellement associ&#233;e &#224; cette image. C'est une ambition forte, mais elle est parfaitement l&#233;gitime. Et pour moi, participer &#224; la concr&#233;tisation de ce projet constitue &#224; la fois une responsabilit&#233; institutionnelle et une fiert&#233; personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt;, photos &lt;strong&gt;Hani Khiary&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ATD face &#224; une exigence de clarification</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2012</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2012</guid>
		<dc:date>2026-04-24T12:45:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amina Abdi</dc:creator>


		<dc:subject>Transports</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 56</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec Adonis Ahmed Doualeh sur la crise de l'association des transitaires.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Transports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Human Village 56&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_4-atd-hanad_adonis-bd590.jpg?1777036364' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, l'Association des transitaires de Djibouti (ATD) traverse une p&#233;riode de fortes turbulences. Contestation de la gouvernance, interrogations sur la r&#233;gularit&#233; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, projets structurants engag&#233;s dans un climat de fragilit&#233; juridique : le malaise d&#233;passe d&#233;sormais le simple cadre interne pour toucher l'ensemble du secteur du transit, pilier strat&#233;gique de l'&#233;conomie nationale et du corridor Djibouti-&#201;thiopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette situation, des transitaires contestataires r&#233;clament un retour strict aux fondamentaux : transparence, l&#233;galit&#233; et l&#233;gitimit&#233;. Leur porte-parole, Adonis Ahmed Doualeh, directeur de Kavkaz Logistics SARL, d&#233;fend une d&#233;marche de clarification institutionnelle plut&#244;t qu'un affrontement personnel. Human Village l'a rencontr&#233; pour comprendre l'origine du diff&#233;rend, les enjeux de cette crise et les solutions qu'il estime indispensables pour &#233;viter une d&#233;stabilisation durable du secteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH479/56-hanad-adonis-6c04f.jpg?1777036364' width='400' height='479' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Adonis Ahmed Doualeh
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis plusieurs mois, l'ATD traverse une zone de fortes turbulences. Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Adonis Ahmed Doualeh&lt;/strong&gt; : Pour comprendre la situation actuelle, il faut &#233;viter les lectures simplistes. Ce que nous vivons aujourd'hui n'est ni un incident ponctuel, ni un simple d&#233;saccord entre personnes. Il s'agit d'un processus progressif au cours duquel certains m&#233;canismes essentiels de gouvernance n'ont pas &#233;t&#233; appliqu&#233;s avec toute la rigueur n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un groupement d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique comme l'ATD, l'&#233;quilibre repose sur des principes fondamentaux : la r&#233;gularit&#233; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, la transparence dans la gestion, la validation collective des d&#233;cisions et la formalisation rigoureuse des actes. Or, sur les exercices 2024 et 2025 ces m&#233;canismes n'ont pas toujours &#233;t&#233; respect&#233;s dans les conditions pr&#233;vues par les statuts et les exigences r&#233;glementaires. Une organisation ne se fragilise jamais brutalement, elle se d&#233;s&#233;quilibre lorsque ses r&#232;gles cessent d'&#234;tre appliqu&#233;es avec constance. Ce d&#233;calage a progressivement install&#233; une zone d'incertitude sur le fonctionnement global du groupement. Notre d&#233;marche ne rel&#232;ve donc pas de la confrontation, mais d'une volont&#233; claire de r&#233;tablir les fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en sont aujourd'hui les d&#233;marches engag&#233;es pour obtenir cette clarification ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation suit une chronologie juridique claire. Une premi&#232;re proc&#233;dure en r&#233;f&#233;r&#233; a &#233;t&#233; engag&#233;e afin de faire constater certaines irr&#233;gularit&#233;s li&#233;es &#224; la gouvernance ainsi que la n&#233;cessit&#233; d'une clarification imm&#233;diate. Cette proc&#233;dure a donn&#233; lieu &#224; une premi&#232;re d&#233;cision reconnaissant l'existence d'un trouble n&#233;cessitant une intervention. Cette d&#233;cision a ensuite &#233;t&#233; contest&#233;e en appel. La juridiction d'appel a estim&#233; que plusieurs aspects devaient &#234;tre examin&#233;s sur le fond, ce qui a conduit &#224; une proc&#233;dure plus approfondie. Aujourd'hui, une proc&#233;dure en cassation a &#233;t&#233; engag&#233;e, tandis qu'une action au fond est en cours de finalisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, de nouveaux &#233;l&#233;ments sont apparus : l'absence de tenue conforme des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de 2024 et 2025, l'engagement de projets structurants dans un cadre juridiquement fragile, ainsi que des interrogations persistantes sur la formalisation des d&#233;cisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;marche juridique ne constitue pas une opposition. Elle reste avant tout un outil de clarification au service de la stabilit&#233; et de la p&#233;rennit&#233; du groupement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi la question des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales 2024 et 2025 est-elle devenue centrale ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales constituent le c&#339;ur m&#234;me de la l&#233;gitimit&#233; collective. C'est &#224; ce niveau que se valident les comptes, que se prennent les d&#233;cisions majeures et que se consolide la l&#233;gitimit&#233; des organes de gouvernance. Or, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales relatives aux exercices 2024 et 2025 n'ont pas &#233;t&#233; tenues dans des conditions permettant une validation claire, formelle et incontestable. Cela entra&#238;ne une cons&#233;quence directe : une incertitude sur la validit&#233; des d&#233;cisions prises durant cette p&#233;riode. Sans assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale conforme, la cha&#238;ne de validation collective est interrompue et la s&#233;curit&#233; juridique devient fragile. La l&#233;gitimit&#233; d'une organisation repose avant tout sur la r&#233;gularit&#233; de ses instances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous insistez beaucoup sur la formalisation des d&#233;cisions. Pourquoi les proc&#232;s-verbaux sont-ils si importants ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'en mati&#232;re de gouvernance, la forme prot&#232;ge toujours le fond. Les proc&#232;s-verbaux assurent la tra&#231;abilit&#233; des d&#233;cisions, leur opposabilit&#233; et leur reconnaissance par les tiers. Lorsqu'ils ne sont pas &#233;tablis, valid&#233;s ou enregistr&#233;s dans les conditions requises, la d&#233;cision peut exister dans les faits, mais elle devient juridiquement contestable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fragilise non seulement les d&#233;cisions pass&#233;es, mais &#233;galement celles &#224; venir. Dans une organisation structur&#233;e, rien ne doit reposer sur l'approximation ou l'informel. La forme garantit la p&#233;rennit&#233; du fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet de fusion ATD/RTA suscite aussi beaucoup d'interrogations. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'une fusion n'est jamais une op&#233;ration ordinaire. Elle engage durablement le patrimoine, la gouvernance et la responsabilit&#233; des membres. C'est une d&#233;cision lourde, structurante, qui exige une base irr&#233;prochable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte o&#249; certaines fondations n&#233;cessitent encore des clarifications, engager une fusion peut exposer l'organisation &#224; des contestations futures, &#224; des risques juridiques importants et &#224; des d&#233;s&#233;quilibres durables. Avant de construire plus grand, il faut d'abord s&#233;curiser les fondations. Une fusion r&#233;ussie commence toujours par une base parfaitement clarifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette crise interne peut-elle affecter l'ensemble du secteur du transit ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument. Le secteur du transit repose sur la confiance, la coordination et la cr&#233;dibilit&#233; des acteurs. Toute fragilit&#233; interne au sein d'un groupement aussi strat&#233;gique que l'ATD peut avoir des r&#233;percussions directes sur la perception du secteur, sur la confiance des partenaires et sur la stabilit&#233; globale du corridor r&#233;gional.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le corridor Djibouti-&#201;thiopie est un espace hautement concurrentiel. La moindre incertitude institutionnelle peut affaiblir notre position strat&#233;gique et fragiliser l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me logistique. La cr&#233;dibilit&#233; externe d&#233;pend toujours de la coh&#233;rence interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle sortie de crise vous semble aujourd'hui la plus r&#233;aliste ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La sortie de crise doit &#234;tre m&#233;thodique, et non &#233;motionnelle. Elle passe d'abord par une phase transitoire encadr&#233;e : audit complet, r&#233;gularisation des actes, s&#233;curisation juridique et clarification institutionnelle. Ensuite seulement peut venir le retour &#224; la pleine l&#233;gitimit&#233; : assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales conformes, r&#233;tablissement de la transparence et organisation d'&#233;lections dans un cadre incontestable. L'objectif n'est pas de remplacer un d&#233;s&#233;quilibre par un autre, mais de reconstruire un cadre stable, cr&#233;dible et durable. Une organisation se reconstruit dans la m&#233;thode, jamais dans la pr&#233;cipitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Amina Abdi&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle</title>
		<link>http://human-village.org/spip.php?article2008</link>
		<guid isPermaLink="true">http://human-village.org/spip.php?article2008</guid>
		<dc:date>2026-04-21T09:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;lections</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 56</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ismail Omar Guelleh est proclam&#233; vainqueur du scrutin qui s'est d&#233;roul&#233; le 10 avril 2026.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;&#201;lections&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://human-village.org/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Human Village 56&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026-resultat_presidentielle-1b3b7.jpg?1775902306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique sortant, Ismail Omar Guelleh, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu lors du scrutin du 10 avril 2026 &#224; la quasi unanimit&#233; des suffrages exprim&#233;s (97,81%). L'autre candidat, Mohamed Farah Samatar, pr&#233;sident du Centre d&#233;mocrate unifi&#233; (CDU), un parti sans &#233;lu au Parlement et personnalit&#233; peu connue, rassemble seulement 2,19% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident a vot&#233; &#224; Djibouti accompagn&#233; de son &#233;pouse, Kadra Mahamoud Ha&#239;d, pr&#233;sidente de l'Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mission d'observation de l'Union africaine dirig&#233;e par Bernard Makuza, ancien Premier ministre du Rwanda, a assist&#233; au processus. Mahmoud Ali Youssouf, pr&#233;sident de la Commission de l'Union africaine et ancien ministre djiboutien des Affaires &#233;trang&#232;res, a f&#233;licit&#233; Ismail Omar Guelleh pour sa r&#233;&#233;lection et &#171; le peuple djiboutien pour sa participation pacifique au processus &#233;lectoral [et] son engagement continu en faveur de la gouvernance d&#233;mocratique, de la coh&#233;sion nationale et de la stabilit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur X le communiqu&#233; de l'UA.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kaha, une enseignante djiboutienne, a &#233;galement f&#233;licit&#233; le pr&#233;sident en lui proposant un programme d'action :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; F&#233;licitations Monsieur le Pr&#233;sident. J'esp&#232;re que ces 5 ann&#233;es qui viennent seront celles de l'emploi des jeunes, de la propret&#233; de la ville, de la lutte contre la corruption, de la r&#233;forme de l'administration, de l'&#233;cole, de l'universit&#233;. J'esp&#232;re que vous nous d&#233;barrasserez d'une grande majorit&#233; de vos ministres, et que ceux qui viendront seront jug&#233;s sur les r&#233;sultats &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le post sur X.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://human-village.org/IMG/jpg/56-conseil_constitutionnel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH271/56-conseil_constitutionnel-40c70.jpg?1776871087' width='500' height='271' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proclamation des r&#233;sultats par le Conseil constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
21 avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour du 21 avril 2026 et en ma qualit&#233; de pr&#233;sident du Conseil constitutionnel, il m'appartient, au nom de cette haute juridiction, de proclamer les r&#233;sultats d&#233;finitifs de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui s'est tenue le 10 avril 2026 sur l'ensemble du territoire national.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce scrutin constitue un moment essentiel de la vie d&#233;mocratique de notre nation. Il permet au peuple souverain d'exprimer librement sa volont&#233; et de d&#233;signer, conform&#233;ment &#224; la Constitution, le pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je tiens, &#224; cet &#233;gard, &#224; saluer le civisme et le sens des responsabilit&#233;s du peuple djiboutien, qui s'est mobilis&#233; dans le calme et la dignit&#233; pour accomplir son devoir citoyen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Conseil constitutionnel, saisi conform&#233;ment aux dispositions l&#233;gales, a proc&#233;d&#233; &#224; l'examen minutieux de l'ensemble des proc&#232;s-verbaux, des r&#233;sultats transmis ainsi que tous les autres documents relatifs aux op&#233;rations de vote.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a veill&#233;, avec rigueur et impartialit&#233;, &#224; la r&#233;gularit&#233; des op&#233;rations &#233;lectorales et &#224; la sinc&#233;rit&#233; du scrutin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au terme de ce contr&#244;le, il ressort que les op&#233;rations de vote se sont d&#233;roul&#233;es dans des conditions conformes aux lois et r&#232;glements en vigueur, et que les r&#233;sultats issus du recensement g&#233;n&#233;ral des suffrages exprim&#233;s sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l0'&gt;&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Djibouti-ville&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Ali Sabieh&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Arta&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Dikhil&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Obock&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l0'&gt;&lt;strong&gt;Tadjourah&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l1'&gt;Inscrits&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;243 208&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;150 903&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;19 255&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;14 326&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;24 333&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;12 451&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l1'&gt;21 940&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l2'&gt;Votants&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;215 393&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;124 701&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;19 027&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;13 910&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;23 900&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;12 250&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l2'&gt;21 605&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l3'&gt;Participation&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;88,56%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;82,64%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;98,22%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;97,10%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;98,22%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;98,39%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l3'&gt;98,47%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l4'&gt;Bulletins nuls&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;4201&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;3 276&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;359&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;153&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;133&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;140&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l4'&gt;140&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l5'&gt;Suffrages exprim&#233;s&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;211 192&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;121 425&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;18 668&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;13 757&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;23 767&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;12 110&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l5'&gt;21 465&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l6'&gt;Ismail Omar Guelleh&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;204 874&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;116 613&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;18 377&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;13 578&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;23 364&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;11 818&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l6'&gt;21 124&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l7'&gt;&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;97,01%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;96,04%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;98,44%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;98,70%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;98,30%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;97,59%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l7'&gt;98,41%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l8'&gt;Mohamed Farah Samatar&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;6 318&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;4 812&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;291&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;179&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;403&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;292&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l8'&gt;341&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idfeb0_l9'&gt;&lt;/th&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;2,99%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;3,96%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;1,56%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;1,30%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;1,70%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;2,41%&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idfeb0_l9'&gt;1,59%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, et conform&#233;ment &#224; la Constitution, le Conseil constitutionnel proclame &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique de Djibouti : Monsieur Ismail Omar Guelleh, ayant obtenu la majorit&#233; requise des suffrages exprim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui adresse, au nom du Conseil constitutionnel, nos f&#233;licitations r&#233;publicaines. Je forme le v&#339;u que le mandat qui lui est confi&#233; par le peuple djiboutien soit plac&#233; sous le signe de l'unit&#233; nationale, de la paix, du progr&#232;s et du respect des institutions de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais &#233;galement saluer l'autre candidat Monsieur Mohamed Farah Samatar pour son engagement d&#233;mocratique, ainsi que toutes les institutions et acteurs qui ont contribu&#233; au bon d&#233;roulement du processus &#233;lectoral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, j'invite tous les Djiboutiens &#224; se rassembler autour des valeurs fondamentales de notre R&#233;publique, afin de consolider la coh&#233;sion nationale et de poursuivre ensemble la construction de notre avenir commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la R&#233;publique.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Modification le 21 avril : retrait des chiffres provisoires et ajout de la d&#233;claration du Conseil constitutionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur X le &lt;a href=&#034;https://x.com/_AfricanUnion/status/2042886825895743730&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; de l'UA&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le &lt;a href=&#034;https://x.com/kahasane/status/2042839612998009026&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;post sur X&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
