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77 entreprises de transit sont autorisées à travailler dans les ports de Djibouti
par Mahdi A., juin 2015 .
 

Si les grandes fortunes de ce pays se font dans les importations alimentaires et le transit [1], ce dernier secteur est fort méconnu de la plupart des Djiboutiens. L’État a décidé de se pencher sur ce domaine désorganisé et d’instaurer de nouvelles règles du jeu : ceux qui sont autorisés à exercer ce métier tireront évidemment leur épingle du jeu.

Une volonté de mettre en place un environnement assaini
Le gouvernement semble avoir enfin pris le sujet à bras le corps, la décision prise au Conseil des ministres du 17 février 2015 va dans le bon sens puisqu’il modifie l’arrêté n° 2002-01109/PR/MET fixant les cautions des différentes professions d’auxiliaires de transport maritime. Ledit décret, signé par le chef de l’État, a été promulgué le 12 mars 2015, il fixe de nouvelles conditions à remplir pour être transitaire et obtenir une homologation ; toutes les sociétés avaient un mois pour se conformer aux nouvelles conditions fixées par le nouveau décret si elles souhaitaient procéder au renouvèlement de leur agrément. En outre le décret de 2001 régissant les activités d’auxiliaires de transport a été modifié par celui du 7 mars 2015. Ce dernier attribue dorénavant compétence en ce qui concerne le secteur de la logistique à l’Autorité des ports et des zones franches de Djibouti (APZFD).
Auparavant, les transitaires devaient uniquement justifier de la propriété de trois véhicules de transport et de deux élévateurs, soit un de sept tonnes et un second de trois tonnes, ainsi qu’un dépôt d’un million de FD auprès du Trésor. Il n’y avait aucune condition requise de formation ou de compétence professionnelle ni de condition financière permettant de s’assurer de la pérennité des entreprises. Aujourd’hui les conditions financières ont été accrues, puisqu’il est demandé à tous les transitaires en activité de déposer quinze millions de francs de garantie au Trésor public mais également de justifier de trente millions de trésorerie.
La moisson a été très bonne pour le Trésor public, elle a permis de récolter 1 155 000 000 FD uniquement auprès des transitaires, à cela s’ajoute les agences maritimes, les manutentionnaires, et les avitailleurs qui ont été eux aussi soumis à des dépôts à effectuer au Trésor.
Il était urgent de réorganiser le système de la logistique, mais pour cela il était avant tout essentiel de distinguer le bon grain de l’ivraie ; notamment en écartant les transitaires, qui ne font que louer leur cachet, les « ambulants » qui n’ont pas de structures ni d’employés et qui ont été très nuisibles à la profession en provoquant entre autres une importante baisse des tarifs pratiqués par la profession.
Maintenant que les dés ont été jetés, soixante-dix-sept sociétés ont passé le filtre de l’APZFD, la seconde étape, la plus importante pour les transitaires, est de s’organiser pour parler d’une seule voix et favoriser le dialogue public/privé afin de mieux représenter les intérêts de la profession, et avoir l’écoute des pouvoirs publics. Pour ce faire il faut que le secteur du transit s’organise en association, en groupement professionnel puisqu’il n’existe aucune entité syndicale de représentation des intérêts professionnels des transitaires à Djibouti. Contrairement à ce que l’on croit, l’Association des transitaires djiboutiens (ATD), n’est pas une entité syndicale représentative des intérêts de la profession mais un groupement d’intérêts économiques ayant une activité commerciale privée.
C’est la raison pour laquelle les soixante-dix-sept sociétés agréées par l’APZFD doivent rapidement s’unir afin de créer une entité syndicale puissante qui regrouperait l’ensemble des transitaires agréés afin qu’ils puissent exprimer d’une même et seule voix les intérêts de la corporation. La corporation devra veiller également à ce que les démons du passé ne ressurgissent et qu’aucun des soixante-dix-sept transitaires ne soit tenté de louer à nouveau son cachet…
Enfin maintenant que le secteur est assaini et qu’un grand ménage a été fait il faut que les banques jouent mieux leur rôle de soutien à un secteur prioritaire pour le développement du pays.
Concernant le conflit larvé entre les GIE ATD et GIE TTI, les deux parties sont au tribunal ; les délibérés auront lieu le 21 juin 2015. La justice statuera quant à savoir si GIE ATD est en situation de monopole et sur les 500 millions de dommages et intérêts réclamés par le GIE TTI pour le préjudice subi par ses membres.

Mahdi A.


Liste des soixante-dix-sept sociétés de transit agréées

Adal Transit, Air Sea Land, Barakat Transit, Bolloré Africa Logistics, Chab Express Transit, Challenge Transit Service, Clation Shewall, Continetal Transit, Sail Transport, Dita Tansit and Logistics, Djib Odda Transit, Djib Transport and Logistic and Tradinf Co, Doran International Logistic, Dorra Transit Service, Fast Regional Transit, Galaxy Transit Service, Global Transit and Transport Service, Go Transit, Goda Transit Express, Group Transit & Logistics Services, Guedi Transit, Hanawi Logistics and Transport Services, Houda Express Transit, Ideal Transit and Transport, Ikram International Transit Service, Iman, International Transit Services, JJ Khotari & Cie, Le Havre, Logistics Services, Mada Transit, Maj Transit, Madhallah Transit, Massida Logistics, Medid, Mer Rouge Service, Millenium Omni Transit Service, Maritime Transport International, Maritime Transit Services, Multimodal Transit and Transport, Nifan Transport and Transit, Nile Transit Services, Nurie Express Transit Service, Oriental African Logistics, Premier Shipping Agency, Rapid Transit Shipping and Transport, Rayane Transit Services, Rift Valley, Saba Transit and Trading, Société maritime L. Savon & Ries, Silver Transit, Simme Transit, Sirraj Logistics, Siyan Trens Express, Société africaine de transit, Société de transit moderne, Société internationale de grand routier, Sougueh Truck and Transit Service, Star Shine Transit & Trading, Star Transit Services, Steder Goupe Djibouti, Taco Transit, Tyo Commercial Service, Techno-Trans Service, Togorri Transit, Tower Transit and Transport Service, Trans African Transit Service, Transit Marill, Transit Ougoul, Trand-Logistics 2000, Unistar Logistics, Universal Transit Service, Viking Logistics, Vlast Prom, Warson, Waruf Transit.


[1L’appellation transitaire désigne un professionnel qui conseille, organise, exécute ou fait exécuter un déplacement de marchandises avec franchissement de frontières, à l’occasion d’opérations de commerce international. Il a une obligation de moyens. Le client du transitaire peut être le chargeur ou le commissionnaire. Le commissionnaire organise le transport pour le compte du chargeur et choisit lui même le mode de transport. Il a une obligation de résultat. Du point de vue technique, cela implique l’utilisation de connaissances administratives, juridiques, fiscales, bancaires, d’assurances en transport, ainsi que la mise en œuvre de moyens industriels pour l’entreposage, l’emballage, le stockage, le groupage, tout ou partie de la manutention, les opérations d’approche et de transport final de la marchandise.

 
Commentaires
77 entreprises de transit sont autorisées à travailler dans les ports de Djibouti
Le 14 juin 2015, par bogson.

Bonjour,

je suis impressionné par votre sens de clarté. Je suis concerné par cet article, et j’avoue que tout est parfaitement bien expliqué. Même un enfant comprendrai sans effort. Je tiens à vous féliciter en public pour votre engagement dans la volonté à vouloir toujours nous fournir l’argumentation qu’il faut en temps et en heure.

Merci mahdi


77 entreprises de transit sont autorisées à travailler dans les ports de Djibouti
Le 15 juin 2015, par Me ABAYAZID.

Bonsoir Mon cher Mahadi,

Merci tout d’abord pour partager l’actualité sur ce sujet qui est d’une importance capital pour les transitaires Djiboutiens surtout pour les représentants du GIE TTI qui ont épousés la noble cause à savoir de lutter contre le monopole caché d’une puissance étrangère. En effet, cet article avec le précédent mettent d’une manière objective le problématique affectant l’activité de transit sur la marché Djiboutien.
Merci de réserver une place exceptionnelle dans ta magasine pour ce sujet ignoré par le grand public et négligé par les journalistes locaux.


77 entreprises de transit sont autorisées à travailler dans les ports de Djibouti
Le 15 décembre 2016, par Zakaria Hassan.

I have a baccalaureat degree of economics and I did a university year in the field of logistics. Waiting and thanking you in advance for the attention you have given to this approach, I ask you to accept, Sir, the expression of my respectful greetings.


77 entreprises de transit sont autorisées à travailler dans les ports de Djibouti
Le 14 juillet 2017, par Keugue Eliadelle.

Bonjour, je suis étudiante en 2eme année de logistique pétrolière au Cameroun. Je voudrais savoir si je peux trouver du travail dans une entreprise logistique à Djibouti. Merci

 
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