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Djibouti, 173e en matière de liberté de la presse
par Mahdi A., avril 2019 (Human Village 35).
 

Sur les 180 États classés par Reporter sans frontières (RSF), Djibouti se maintient en 2019 à la 173e place, comme en 2018 [1]. En 2013, le pays affichait un classement un peu plus honorable, 167e. La liberté d’expression serait malmenée et n’aurait cessé de se détériorer ces dernières années, puisque dégringolant en 2015 à la 170e et en 2016 à la 172e place.

« Harcèlement judiciaire, perquisitions illégales, condamnations à des amendes exorbitantes entraînant la détention pour impayé… L’arsenal répressif déployé contre les journalistes à Djibouti fait régner une véritable terreur médiatique. Aucun média privé ou indépendant n’est installé sur le territoire [2]. Les seuls médias existants sont utilisés à des fins de propagande par le gouvernement d’Ismaël Omar Guelleh. La loi sur la liberté de la communication de 1992 est elle-même une entrave à la liberté d’expression et au pluralisme médiatique puisqu’elle prévoit, entre autres, des peines de prison pour les délits de presse et des contraintes d’âge et de nationalité pour créer un média. La Voix de Djibouti, qui est la seule radio de Djibouti émettant depuis l’Europe, y est régulièrement bloquée et brouillée. »

Il faut souligner le progrès spectaculaire de quarante places réalisé par l’Éthiopie, passée de la 150e en 2018 à la 110e en 2019. La note de RSf met clairement sur le compte du nouveau Premier ministre, Abiy Ahmed, le virage démocratique qu’a connu le pays en à peine un an. « Après avoir été située pendant des années dans la dernière partie du classement mondial de la liberté de la presse, l’Éthiopie effectue une progression spectaculaire à la faveur d’un changement de pouvoir. Depuis sa prise de fonction en avril 2018, le nouveau Premier ministre Abiy Ahmed a permis la libération de plusieurs journalistes et blogueurs. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, aucun professionnel de l’information ne se trouvait en prison dans le pays à la fin de l’année 2018. Les nouvelles autorités ont également débloqué plus de 200 sites d’information et de blogs, bannis depuis des années, et autorisé des télévisions en exil à travailler librement dans le pays. Une commission chargée de réformer les lois répressives contre la presse, dont la loi antiterroriste de 2009, largement utilisée pour placer les journalistes en détention, a été mise sur pied. Mais la réforme de ce cadre légal très répressif tarde à se concrétiser, et des coupures internet ponctuelles sont encore régulièrement enregistrées, ce qui rend la couverture de certains événements et le contact avec les sources difficiles pour les journalistes. »

La Corne de l’Afrique apparait cependant comme le mouton noir du continent, pour ne pas dire du globe : le Soudan est 175e, l’Érythrée 178e, le Sud-Soudan 139e, la Somalie 164e… On ne manquera pas de rester circonspect sur le classement de l’Arabie saoudite (172e place) ou du Rwanda (155e), ce qui signifierait, selon RSF, que la liberté d’opinion, de pensée et d’expression se porterait mieux dans ces deux pays qu’en République de Djibouti.

Mahdi A.


[2Human Village est cependant un média indépendant djiboutien, mais il n’est disponible qu’en ligne.

 
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