Human Village - information autrement
 
Le FMI analyse la situation djiboutienne
décembre 2021 (Human Village 43).
 

Communiqué du FMI du 21 décembre 2021 [1], à la suite d’une mission d’experts.

Principaux points
 Les grands investissements dans les infrastructures portuaires des dernières années ont stimulé la croissance, mais ont également accru les facteurs de vulnérabilité macroéconomique tout en générant peu d’emplois et de recettes fiscales.
 La pandémie de COVID-19 et le conflit dans l’Éthiopie voisine ont eu un impact significatif sur l’activité économique et ont révélé les vulnérabilités macroéconomiques de Djibouti.
 Une politique budgétaire visant à augmenter les recettes intérieures et une surveillance plus stricte des entreprises publiques contribuerait à restaurer la viabilité de la dette et à aménager un espace pour les dépenses sociales.

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Brett Rayner, a effectué une mission à distance pour mener des consultations au titre de l’article IV. Elle s’est conclue le 20 décembre. À la fin de la mission, M. Rayner a fait la déclaration suivante :

« Les investissements à grande échelle de Djibouti dans ses infrastructures ont insufflé une forte croissance économique ces dernières années, mais les bénéfices n’ont pas été largement partagés. Djibouti a investi dans d’importantes infrastructures portuaires, ce qui a généré une croissance annuelle de près de 7 pour cent entre 2013 et 2019, avant la crise de la COVID. Cependant, ces investissements centrés sur des projets à forte intensité de capital ont généré peu d’emplois nationaux et peu de recettes fiscales, et le chômage reste élevé. Par conséquent, les progrès en matière de résultats sociaux ont été lents.
Par ailleurs, l’augmentation des investissements portuaires a accru les facteurs de vulnérabilité macroéconomique. La dette publique a augmenté pour atteindre environ 70 pour cent du PIB. En outre, les investissements étant de plus en plus réalisés par des entreprises publiques et le nouveau fonds souverain, une grande partie de l’activité budgétaire est désormais hors budget.
Plus récemment, la pandémie de COVID-19 et le conflit dans l’Éthiopie voisine ont eu un impact significatif sur l’activité économique et révélé les vulnérabilités macroéconomiques de Djibouti. L’activité portuaire a chuté, d’abord en raison des perturbations du commerce mondial liées à la pandémie, puis en raison du recul de la demande en Éthiopie. Par conséquent, la croissance de la production a ralenti pour atteindre environ 1 pour cent en 2020.
Les perspectives économiques sont assombries par le conflit en Éthiopie. La croissance devrait se redresser en 2021 pour atteindre environ 4 pour cent grâce à un rebond des investissements et de la construction, mais les perspectives pour 2022 sont moins favorables et sujettes à des risques baissiers en raison du conflit en Éthiopie et d’une possible recrudescence de la pandémie. Une fois la sécurité régionale et la situation sanitaire rétablies, les perspectives de croissance sont solides, avec un secteur portuaire compétitif bien placé pour bénéficier d’un redressement du commerce régional et mondial.
Le principal défi de Djibouti est de soutenir une reprise durable et inclusive après la crise du COVID-19 et le conflit en Éthiopie voisine. Djibouti devrait donner la priorité à la mobilisation des recettes intérieures pour restaurer la viabilité de la dette et aménager un espace pour les dépenses sociales. Pour augmenter les recettes, les autorités devraient réduire les exonérations fiscales, y compris pour les entreprises publiques. Des réformes de la gouvernance et de la gestion des finances publiques seront également de mise pour préserver la stabilité économique.
Les réformes structurelles devraient contribuer à créer des emplois. Des améliorations du système éducatif devraient permettre de remédier aux asymétries entre la main-d’œuvre et les compétences. Les investissements actuels dans la production solaire et éolienne devraient permettre de réduire le prix de l’électricité et de stimuler la compétitivité du pays. En outre, la privatisation partielle de Djibouti Télécom, récemment annoncée, pourrait contribuer à réduire le prix des TIC et à élargir l’accès aux services de téléphonie mobile.
Les services du FMI tiennent à remercier les autorités pour leur étroite collaboration et leurs discussions franches et instructives. »


 
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