Human Village - information autrement
 
43e anniversaire de l’indépendance
 

Mes chers compatriotes,
Nous fêtons cette année l’accès de notre pays à notre souveraineté nationale dans un contexte particulier. Celui de la pandémie de covid-19 qui, pour des raisons de sécurité sanitaire, nous a obligé à annuler toutes les manifestations civiles et militaires de grande ampleur. Pour autant, mes chers compatriotes, nous célébrons tous cette journée avec l’émotion et le caractère solennel qui sied à cette journée qui a vu naitre notre République, fonder notre souveraineté en tant que nation unie dans son expression plurielle et dans ses valeurs ancestrales multiséculaires et musulmanes.
Comme chaque année, nos premières pensées vont à nos morts, à nos martyrs, à nos héros, à nos anonymes, à tous ces Djiboutiens et Djiboutiennes dont le sacrifice suprême a contribué à notre souveraineté. Nos pensées vont également à ceux et celles qui, à l’heure où je vous parle et chaque jour, veillent à son intégrité. Sur tous nos territoires, par les airs et les mers, il s’agit bien évidemment de nos forces de défense et de sécurité. Leur sacrifice ultime pour bâtir notre République, sauvegarder notre unité, notre égalité, notre paix ne saurait jamais être ni remis en question par quiconque ni sujet au révisionnisme.
Enfin, j’adresse une pensée émue à l’endroit de tous nos concitoyens qui nous ont quitté cette année et en particulier à nos aînés qui ont payé un lourd tribu face à cette pandémie de covid-19.

Mes chers compatriotes,
Comme partout dans le monde, cette pandémie a mis à l’épreuve la capacité de résilience de notre pays. Des grands secteurs de notre économie, comme le tourisme, l’hôtellerie ou le transport, ont été gravement impactés. Et continuent de l’être. Beaucoup de Djiboutiens et de Djiboutiennes, travaillant dans le secteur informel, y ont perdu leur gagne-pain.
Devant cette situation d’une gravité sans précédente, le gouvernement a fait son devoir. Il a privilégié avant tout la santé de nos compatriotes en décrétant une période de confinement qui nous a permis de ralentir la progression de l’épidémie. Il a aussi organisé la solidarité nationale pour assister celles et ceux de nos compatriotes qui se sont retrouvés démunis face au nouveau contexte socio-économique créé par la pandémie. Il va sans dire, mes chers compatriotes, que cette situation inédite a été révélatrice de nos fragilités sociales, de notre degré d’exposition aux grands chocs économiques et crises sanitaires mondiales. Partout dans le monde, la pandémie de covid-19 a révélé les failles et les carences d’une économie mondialisée où les États ont perdu des marges de manœuvres dans des secteurs stratégiques pour leur indépendance.

Que ce soit à l’échelle continentale ou du pays, nous en tirons un certain nombre de leçons qui doit, aujourd’hui, nous permettre une mise à jour de nos politiques publiques. Faire le choix d’une économie plus résiliente, localiser les chaines de valeur pour maîtriser la production sur le continent, accélérer l’inclusion à travers la protection sociale sont des sujets qui nécessitent désormais des actions rapides et courageuses.
L’économie informelle est une réalité économique africaine. Ce qui en fait la force, c’est-à-dire sa vitalité, sa souplesse, est aussi une faiblesse à travers l’absence de règles et de filets de sécurité. Le gouvernement devra trouver des mécanismes innovants pour que les acteurs de ce secteur sortent de la précarité sociale et que tous ceux qui y opèrent trouvent les protections nécessaires. Mais je pense aussi à tout un pan de notre économie que nous devons diversifier et restructurer. C’est ce que nous faisons déjà pour notre secteur énergétique.
Le projet des énergies vertes que nous démarrons sur les sites du lac Assal et de Grand Bara, avec notamment l’énergie éolienne et solaire, participe à cette volonté politique de rendre disponible pour nos concitoyens et pour notre économie une énergie accessible et compétitive. Je comprends votre impatience mais vous ne devrez jamais douter de la volonté et l’énergie qui nous animent de mettre en oeuvre les solutions les plus durables.

Mes chers compatriotes,
Les tournées que j’ai pu effectuer dans les régions m’ont permis de me rendre compte du dynamisme des communautés locales. Elles m’ont permis également de mesurer vos attentes en matière d’autonomie locale. A ce propos, j’ai donné pour consigne claire au gouvernement de réaliser toutes les doléances exprimées dans les cinq régions de l’intérieur. C’est d’ailleurs déjà le cas pour certaines.

Mes chers compatriotes,
En cette journée du 27 juin et de l’accession à notre souveraineté, nous célébrons aussi l’acte fondateur de notre État, de notre Nation et de notre République. Depuis ce jour, et pour toujours, c’est sur cette racine trinitaire que nous construisons sans relâche notre avenir et notre développement.
Je veux que les moins jeunes d’entre nous se rappellent ; je veux que les plus jeunes d’entre nous l’apprennent. Notre État, dont le pronostic vital a été engagé par certains commentateurs dès sa naissance, s’est donné progressivement les moyens de sa croissance. Il a puisé son énergie dans les entrailles de ses concitoyens. Pour se transformer, pour se moderniser et pour devenir un État fort, protecteur de son territoire et de ses citoyens.
Ce territoire, ce pays, cette nation djiboutienne si chèrement acquise, nous ne devons jamais les céder, ni les remettre en question. Car si il est nécessaire pour les générations de s’interroger sur les réformes et les politiques publiques qui viendraient améliorer notre quotidien à tous, et c’est un droit démocratique, la République demeure une certitude !
Elle n’est pas à prendre à la légère ni sujette à caution. La République, c’est notre demeure à tous, elle est réelle et ce sont toutes ces institutions dont elle est l’émanation qui nous protègent des dérives et nous permettent de progresser et de vivre ensemble dans l’harmonie.

Mes chers compatriotes,
Je veux également que les moins jeunes d’entre nous le rappellent aux plus jeunes, avec la dignité et la pédagogie nécessaires, qu’en cette journée du 27 juin, nous avons choisi d’être un État mais aussi une nation. Ce choix, nous l’avons fait ensemble, sans esprit de contrainte, de discrimination ou de préjugés.
Les Djiboutiens ont, dans la foulée de l’indépendance nationale, accepté de transcender leur particularisme ou leur appartenance communautaire. Nous sommes devenus Djiboutiens avant tout ! Nous avons opté, proprement, pour le vivre-ensemble de nos communautés au sein d’une nation qui a fait émerger et valoriser une seule identité : l’identité djiboutienne.
Ceux et celles qui veulent aller à l’encontre de notre histoire commune, ceux et celles qui veulent aller dans le sens inverse de notre trajectoire collective, se trompent non seulement d’époque, mais ils se trompent également de combat.
A la faveur d’un contexte régional volatile, ces individus se donnent pour horrible mission de saper le vivre-ensemble de nos communautés. Leur combat est perdu d’avance car les Djiboutiens ne sont pas prêts à écouter les cassandres et les sirènes. Les Djiboutiens ne sont pas prêts à diluer l’identité de leur nation dans le mirage de je ne sais quel étendard !

Cette date nous le rappelle, ô combien ! Notre attachement viscéral à la République.
Une République qui trouvé son chemin à travers les soubresauts de l’histoire. Mais également une République qui a su s’adapter aux contraintes et aux aléas de son histoire. D’avoir su conjuguer la stabilité politique, essentielle à notre pays, avec les changements sociétaux et démocratiques, indispensables à notre développement et à notre avenir, c’est la force de notre République et c’est là sa quiétude.

Pour notre avenir justement, il nous faut entretenir cette alchimie d’une République qui, pour rester stable a besoin de vitalité. Elle a besoin de se mouvoir, de se transformer et de se renouveler, de se réinventer toujours dans la quête de notre idéal. Mais ce chantier, mes chers compatriotes, pour se concrétiser a besoin de vos efforts, de vos énergies et de votre participation. Car après tout, ne l’oubliez pas, notre République n’est que le creuset de vos valeurs, de vos aspirations et de vos engagements. Elle est la somme de ce que nous sommes et le reflet de ce que nous en faisons.

Certes, nous ne accordons pas sur tout, certes les transformations que nous souhaitons ne vont pas toutes au même rythme ni dans la même direction.
Néanmoins, quelles que soient nos valeurs, nos convictions, nos opinions personnelles, une chose doit néanmoins rester inébranlable en chacun de nous, la République, une et indivisible. La République, notre bien commun à tous. Djiboutiens, nous le sommes et le seront avant tout !

Vive la République, vive Djibouti !

Ismaïl Omar Guelleh

 
Commenter cet article
Les commentaires sont validés par le modérateur du site avant d'être publiés.
Les adresses courriel ne sont pas affichées.
 
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 
Human Right Watch et Djibouti
 
Nouvelle explosion à l’ARD
 
Kassim Ali Dini, nouveau président de l’ARD
 
| Flux RSS | Contacts | Crédits |