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Électricité de Djibouti : ils/elles ont dit
 

Djama Ali Guelleh, directeur général de l’EDD
Notre plus grande richesse, celle qui a donné vie et force à notre entreprise, ce sont les hommes et les femmes qui la composent cinquante ans après, ils sont fiers de leurs actes et de l’utilité de leur engagement...
Ce sont en quelques sortes les héros invisibles de nos conforts domestiques.






Chouckri Abdillahi Doubad, technicienne de surface, née en 1955, mariée et mère de 7 enfants, recrutée en 1995.
Ici, l’état d’esprit qui règne fait que les femmes, même celles qui s’occupent tout simplement de la propreté, sont respectées et peuvent même évoluer dans leurs carrières.







Zamzam Elmi Wabéri, préparation auxiliaire, 29 ans, célibataire, recrutée en 2004.
A l’issue de l’obtention de mon BTS en maintenance industrielle, s’est présentée pour moi la formidable opportunité d’intégrer et d’évoluer dans une entreprise de premier plan telle que l’EDD. Ceci a été possible à la suite d’un accord liant mon établissement universitaire et l’entreprise de recruter les quatre premiers majors de l’année 2003-2004. Le hasard a voulu qu’il y ait une certaine parité dans la composition des premiers reçus cette année-là, puisque deux filles et deux garçons ont été acceptés par l’Etablissement public. L’accueil au sein de l’entreprise a été très chaleureux et j’ai pu aisément m’insérer dans l’équipe de la centrale qui était pourtant composée en majorité d’hommes : la compétence et le savoir sont les seuls critères qui comptent à l’EDD.




Houssein Moussa Guedi, chef du département entretien mécanique, 47 ans, marié et père de 6 enfants, recruté en 1983.
Après être passé par plusieurs services de la centrale pour acquérir une expérience solide, la direction m’a permis de suivre une formation de deux années, entre 1997 et 1999, en Allemagne afin de parfaire mes connaissances. Puis à l’issue de cette formation, je fus nommé à mon poste actuel et je peux vous affirmer que, si par le passé, l’EDD faisait appel à des expatriés pour les visites techniques et la réparation des machines, c’est une chose révolue à l’heure actuelle. Nous assumons en interne l’entretien de nos machines : C’est la culture maison, la formation en continue tout au long de notre carrière a toujours été souhaitée et encouragée par la direction.



Mohamed Said, chef section administrative et du personnel, 50 ans, marié.
Il va de soi que la compétence, la performance, le savoir-faire, le sérieux ainsi qu’une bonne assiduité sont les critères essentiels d’évaluation de la productivité et du potentiel de croissance personnelle des employés.








Mohamed Abdi Belleh, mécanicien, 38 ans, marié et père de 4 enfants, recruté en 1992.
Des techniciens aux employés de bureau, chacun doit être formé pour pouvoir donner son maximum à l’entreprise. Tous les employés devraient être davantage sensibilisés
sur le rôle de chacun au sein de l’entreprise. La responsabilité qui est la nôtre est importante, un pan entier de notre économie dépend de nos performances, cela induit de notre part un engagement fort, et de la part de la direction, des encouragements au mérite. C’est dans l’ordre des choses !




Abdourahman Elmi, contre-maître, 50 ans, marié et père de 9 enfants, recruté en 1982
Il ne fait aucun doute que la main d’œuvre est un des éléments essentiels de l’efficacité de la production et constitue sa principale force à la réalisation harmonieuse de ses objectifs. De la même manière que l’on investit dans les machines, les engins, les moteurs, il faut investir dans l’humain !







Daher Ibrahim Cheick, chef de section auxiliaire, 58 ans, doyen des employés de l’EDD, marié et père de 6 enfants
Ayant eu la chance d’avoir pu connaître et travaillé dans l’ancienne centrale du Marabout, d’avoir pu assister à son transfert vers l’actuel site en 1976, et aujourd’hui d’assister au 50ème anniversaire de cette entreprise, mon sentiment profond est avant tout la fi erté. Cette entreprise est passée par des moments diffi ciles, des épisodes déchirants. Je pense évidemment au grave incident de 1998. Moralement ce
triste évènement m’a profondément affecté. Voir son outil de travail partir en fumée est assez difficile à vivre, mais grâce au courage de la direction et à la ténacité et l’abnégation des employés, nous avons pu relever le défi … Aujourd’hui grâce à Dieu, les projets en vue d’augmenter la capacité de production sont nombreux, je crois que l’épopée de cette grande entreprise n’est pas prête de prendre fin de si tôt !

Kadra Abdoulkader Guedi, chef du département contrôle technique
Travailler en tant que femme dans un domaine technique et aussi complexe que la centrale de Boulaos, alors réservée uniquement aux hommes, a surpris plus d’un à mes débuts. Mais le temps aidant, les choses ont évolué d’elles mêmes positivement. Je pense que mes collègues ont su apprécier à leur juste valeur mon investissement et mon professionnalisme bien que je dois tout de même reconnaître qu’il a fallu un temps d’adaptation mutuel et de compréhension réciproque. Je suis à la tête du département contrôle technique qui a pour rôle l’assistance technique ainsi que la préparation des pièces et procédures avant de les transmettre aux départements exploitation et entretien : On peut dire que c’est un service à mi-chemin entre ces deux derniers. Par ailleurs s’il est vrai que la condition de la femme djiboutienne dans le monde du travail suit son cours d’évolution et qu’on constate qu’il y ait de plus en plus de femmes à occuper des fonctions administratives d’encadrement et de direction, il reste néanmoins à celles-ci de s’investir davantage, de renforcer encore plus leur présence dans ce milieu technique où leur existence souffre d’insuffisance quantitative puisque seulement 4 femmes, sur un effectif de 230 employés, évoluent à la centrale de Boulaos, ce qui est très peu significatif en terme de représentativité.
Ma présence à la tête d’un des six départements composant la centrale électrique de l’EDD peut témoigner si c’est encore nécessaire de la bonne politique volontariste d’intégration et de promotion féminine de la part de la direction de l’établissement mais aussi de la capacité de la femme à s’affirmer en introduisant et imposant un certain style aux relations de la vie professionnelle pour éliminer les handicaps sociaux dans un milieu où prévalent encore les inégalités et la sous-représentation.

Loïta Abass Moussa, chef de service Production, 46 ans, père de 4 enfants, recruté en 1986
Le service production répond à une logique économique. En effet, il faut que le rapport entre l’offre et la demande d’énergie soit marquée par un certain équilibre. Aujourd’hui, il faut reconnaître qu’en période estivale, la capacité actuelle de l’EDD est tout juste limitée à la demande de notre clientèle. Mais que le Djiboutien se rassure, car un projet d’augmentation de la capacité de production électrique est en cours avec l’installation de deux groupes PA6 de 4,5 Mw chacun, qui seront opérationnels pour cet été. Par ailleurs, la direction de l’EDD travaille sur des projets de diversifi cation des sources d’énergie, d’une part, pour répondre à la demande croissante en énergie et d’autre part, pour diminuer le coût de la facture énergétique.
Pour répondre à la question de certains de nos concitoyens sur la sécurité des centrales suite à l’incendie de 1998, il a été créé un département dédié à ces questions de sécurité. L’EDD ne ménage aucun effort pour mettre en place tous les moyens nécessaires pour sécuriser les hommes et les équipements de production.

Aboubaker Hassan Guessod, chef de l’exploitation de la centrale Marabout 2, 38 ans, marié et père de 2 enfants, recruté en 1998
Le département exploitation travaille en roulement de 3 fois 8 heures. Il a pour prérogatives d’assurer la conduite de l’ensemble des installations de la centrale dans les conditions requises de sécurité, de qualité et d’économie. De constater et d’analyser toutes les anomalies, d’intervenir aux différents niveaux d’urgence et enfin de satisfaire la demande en temps réel, chose qui est très complexe. En cas de diminution de la fréquence c’est la demande qui augmente. On procède donc au démarrage des groupes en sommeil et dans le cas contraire, leur arrêt s’impose. C’est dire que ce département est le coeur même du processus de production de l’énergie de la centrale.



Abdourahman Ahmed Abdillahi, 27 ans, célibataire, recruté en 2007 en qualité d’ingénieur de projet, chargé de la supervision des postes
L’initiative et la conception de ce projet font suite à un impératif international. Partout dans le monde, la tendance est à la constitution d’ensembles régionaux pour faire face aux nombreux défis auxquels sont confrontés les États. La recherche de solutions alternatives donne tout son sens à la théorie économique des avantages comparatifs et accentue l’intégration régionale.
Il faut voir dans le projet d’interconnexion entre Djibouti et l’Ethiopie une première étape, car des études actuarielles sont en cours quant à la faisabilité de projets similaires entre cette fois-ci l’Ethiopie et le Soudan ainsi que Djibouti et le Yémen, l’objectif poursuivi étant d’aboutir à la création d’un marché régional offrant toutes les garanties nécessaires en matière de stabilité de réseaux.


Bakal Yacin Abdi, 34 ans, célibataire, recruté en 2008, comptable du projet
Les espoirs placés dans ce projet sont tout simplement énormes. Ce projet est synonyme de changement et de progrès. L’énergie, qui constitue aujourd’hui un handicap, sera une fois ce projet achevé, un vecteur de développement offrant à nos décideurs politiques, ainsi qu’aux potentiels investisseurs des réelles perspectives.







Halgal Mohamed Waïs, marié 2 enfants, ingénieur chargée de la planification pour le projet interconnexion Djibouti-Ethiopie.
Je peux vous dire que cela fait dix années que je travaille pour l’Électricité de Djibouti. Je suis intervenue sur le G17 et le G 21 à l’époque. Mes recherches concernant mon master 2 en système électrique renouvelable m’ont donné l’opportunité de faire partie de cette aventure. Ce projet d’interconnexion est le premier du genre. D’un point de vue professionnel, il constitue pour moi une expérience nouvelle et très enrichissante, d’un point de vue socio-économique, il aura un impact positif et immédiat sur l’économie nationale. Personnellement, j’essaie d’apporter mon aide et mon soutien de part mon expérience pour accomplir ce chantier colossal.
Mais ceci n’est pas le seul aspect de mon métier, il faut savoir que les nombreuses interventions qu’on effectue sur le terrain donne lieu à des échanges avec la population locale curieuse. La communication et le contact sont primordiaux et nécessaires au bon déroulement de tout le projet, car le projet d’interconnexion vise aussi à renforcer la coopération régionale, puisqu’il traverse tous le pays jusqu’en Ethiopie. Il faut penser à tous les progrès en développement que cela va susciter dans des régions enclavées où la cherté excessive de l’énergie ne permet pas une croissance économique stable et viable.
Le point capital qu’il faut noter est que les travaux avancent bien et que nous comptons remplir toutes nos échéances.


Bachir Daher, ingénieur, adjoint chef projet.
Le projet Interconnexion s’inscrit dans une logique d’intégration régionale. Il demeure, avec l’énergie éolienne et la géothermie, un renforcement et une diversification de la capacité de production de l’EDD.









Charmaké Ismael Ahmed, chef de cellule n° 8, 34 ans, marié, 3 enfants, recruté en 1999.
Avec le projet d’interconnexion qui tire à sa fin, la future centrale électrique prévue à Djaban-Has et les autres projets en étude tels que l’énergie solaire, la géothermie ou encore éolienne, l’équation électricité sera résolue : Djibouti peut espérer avoir un avenir souriant devant lui.








Propos recueillis par Dirieh Hassan Ali

 
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