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Confort thermique et thermique du bâtiment
par Bernard Lips, mars 2013 (Human Village 20).
 

Tout bâtiment, qu’il soit à usage administratif ou personnel se doit d’être un lieu de vie donc présenter un niveau de confort optimal. A Djibouti, pays chaud, le confort est en grande partie lié à la température et, au moins pendant la période chaude, la climatisation est indispensable pour atteindre le confort thermique. De ce fait, le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) est le principal consommateur d’électricité, la climatisation représentant la part largement prépondérante de cette consommation. Malgré cette consommation importante, force est de constater que le confort thermique n’est pas assuré dans la plupart des locaux.
Les conséquences de cet état sont particulièrement importantes :
- Pour l’État djiboutien qui doit investir dans des centrales de production électrique et importer des hydrocarbures dont le prix est de plus en plus haut ;
- Pour les entreprises et les structures d’état qui ont une facture d’électricité, due à la climatisation, extrêmement importante, amputant ainsi leurs autres budgets de fonctionnement ou d’investissement ;
- Pour les particuliers qui payent très cher leur très relatif confort thermique ou qui sont obligés de vivre en inconfort thermique.

Le manque de confort thermique a également des répercussions particulièrement fortes au niveau de l’état sanitaire de la population. Aussi bien le manque de climatisation, qu’une climatisation trop froide ou trop hétérogène, provoquent maladie ou décès prématurés. Djibouti connaît actuellement une phase de développement économique, se traduisant par des programmes ambitieux de construction de logement ou de bâtiments. Un bâtiment a une durée de vie de plusieurs décennies. Une mauvaise conception au départ va avoir des répercussions économiques, sociales et sanitaires durant toute la période d’utilisation du bâtiment. Pourtant, actuellement, la construction de la plupart des bâtiments se fait sans étude des caractéristiques thermiques et aucune norme de qualité thermique n’est exigible pour obtenir un permis de construire. La situation apparaît comme similaire à celle qui prévalait en France au moment du premier choc pétrolier en 1973.
Depuis, des normes de qualité thermique, de plus en plus contraignantes ont été mises en place. Conséquence de cette politique d’amélioration progressive : les constructions actuelles consomment dix fois moins d’énergie de chauffage que les constructions des années ’70. En associant des sources d’énergie renouvelable aux bâtiment dès leur conception, il est prévu qu’en 2020, chaque bâtiment sera, non plus un consommateur d’énergie mais une source d’énergie. Des incitations fiscales, et plus récemment, des audits énergétiques obligatoires lors de la vente d’un appartement, ont également permis d’améliorer les qualités thermique des bâtiments existants.
Chaque pays a ses caractéristiques et il serait vain d’appliquer des recettes élaborées dans d’autres pays.Tout en utilisant l’ensemble des études techniques déjà réalisées et les expériences menées dans d’autres pays, il paraît important que Djibouti définisse, le plus rapidement possible, une politique d’amélioration de la qualité thermique des constructions. Le problème est certes d’ordre technique mais également d’ordre social et économique. Les appartements doivent rester économiquement abordables pour la population djiboutienne et des normes de qualité trop sévères seront certainement inapplicables. Il faut donc étudier précisément les diverses solutions techniques en estimant leur coût mais également les économies réalisées. Ces études pourront se faire en collaboration entre les structures d’État en charge du dossier, les entrepreneurs privés du domaine du bâtiment et les chercheurs universitaires. D’autres études devront s’intéresser à l’amélioration des qualités thermiques du parc immobilier existant. Enfin une campagne de sensibilisation, aussi bien en direction des constructeurs que des utilisateurs permettrait probablement aux différents acteurs de faire le choix d’un confort thermique à un prix soutenable. Outre des économies financières pour le pays et les particuliers et une amélioration sanitaire, une telle politique devrait permettre la création de nombreux emplois.

Les quelques considérations ci-dessus montrent la complexité du dossier et les avancées nécessiteront l’effort d’un grand nombre d’intervenants dans des domaines extrêmement variés. Entre autres, un groupe de recherche, associant des chercheurs du CERD et des enseignants-chercheurs de l’université de Djibouti, est prêt à travailler dans ce domaine. Il est possible d’envisager un travail de modélisation des bâtiments et d’étude des divers paramètres ainsi qu’un travail de mesures physiques sur les bâtiments existants. Pour que des chercheurs soient productifs, il faut cependant leur donner, d’une part des objectifs précis, d’autre part des moyens de mener le travail. Les bâtiments dans l’avenir seront plus confortables et moins énergétivores que les bâtiments actuels. Le gisement d’économie et d’amélioration de la qualité de vie est particulièrement riche. Reste à définir le rythme de cette amélioration et l’effort que pourra consentir la nation djiboutienne pour arriver à ce résultat.

Bernard Lips

 
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