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Quand l’opposition descend dans l’arène !
par Mohamed Ahmed Saleh, janvier 2015 (Human Village 22).
 

Comme stipulé dans l’accord-cadre sur le dialogue politique conclu avec la majorité dont est issue le gouvernement, les députés de l’opposition regroupés sous la bannière de l’Union pour le salut national (USN) ont occupé leurs sièges aujourd’hui dans l’hémicycle. C’était à l’occasion de la première séance plénière de l’Assemblée nationale pour la nouvelle année 2015.
En ce moment qu’il a qualifié d’historique, car c’est bien la première fois qu’une opposition parlementaire siège dans l’hémicycle, le leader des députés de l’opposition, M. Ismael Guedi Hared, a pris à témoin les membres du gouvernement, la représentation nationale et les invités des deux bords, ainsi que les personnalités de la société civile, présents dans les travées de l’hémicycle, pour réaffirmer la détermination de l’opposition à jouer pleinement son rôle dans une démarche attentive et constructive. Le pataquès politique qui a secoué, durant près de 20 longs mois, la scène publique vient de s’achever. Dès aujourd’hui, mercredi 7 janvier 2015, le débat et la contradiction politique prendront une autre tournure. Une forme plus sereine, plus apaisée et sûrement plus démocratique et républicaine. C’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre pour le système politique djiboutien. A partir d’aujourd’hui, toutes les sensibilités politiques djiboutiennes sont réunies sous les voûtes du nouvel et flamboyant hémicycle que nous ont légué nos amis iraniens, comme un beau cadeau d’amitié et de fraternité. Aujourd’hui, l’occasion était belle en ce moment des plus solennels où les ténors de la majorité comme de l’opposition se sont engagés à assumer leurs responsabilités républicaines devant la Nation tout entière, dont ils sont les premiers défenseurs des droits et les garants du progrès et de la prospérité.
C’est tout le fond de pensée exprimé lors de leurs interventions respectives du haut de la tribune du parlement djiboutien. À commencer par le président de l’Assemblée nationale par interim, M. Mohamed Ali Houmed, par ailleurs premier vice président du Parlement, et le leader de l’opposition parlementaire, M. Ismail Guedi Hared, qui n’ont pas mâché leurs mots pour dire haut et fort leurs engagements résolus et ferme afin de faire avancer dans la sérénité la cause de la démocratie et du pluralisme dans l’intérêt supérieur de la Nation. Les deux hommes se sont fendus d’abord de formules de politesses bien senties et surtout de remerciements chaleureux aux différents acteurs qui ont facilité le dialogue et fait aboutir la signature de l’accord-cadre, conclu dans la douleur. Puis, l’un comme l’autre, ils ont redit l’importance et la portée des responsabilités qui reposent sur les épaules des élus du peuple djiboutien, investis des plus hautes charges après l’exécutif dont ils doivent surveiller et contrôler l’action au quotidien.
Pour le tenant du perchoir, Mohamed Ali Houmed, ce grand moment ouvre la voie à une nouvelle ère parlementaire car, bien malgré « les nombreuses métamorphoses qui ont façonné l’hémicycle national, dont notamment le multipartisme intégral, l’entrée des femmes au parlement », c’est bien la première fois qu’une majorité et une opposition se retrouve côte à côte au sein de l’hémicycle. Cette nouveauté, comme il a l’appelée, est une richesse qui devra aider à cimenter encore plus le substrat républicain qui unie la classe politique djiboutienne, a-t-il dit.
Le chef de file des députés de l’Union pour le salut national, Ismail Guedi Hared a largement partagé les déclarations du président de l’Assemblée nationale, par intérim en rappelant que « c’est la première fois que les députés de l’opposition siègent à l’Assemblée nationale djiboutienne ». Ismail Guedi Hared a fait une large rétrospection sur les étapes qui ont jalonné le chemin vers la conclusion de l’accord-cadre sur le dialogue politique entre gouvernement et opposition, le 30 décembre 2014, au Palais du peuple. Il a surtout chaleureusement remercié et rendu un bel hommage au président de la République, Ismail Omar Guelleh, qui s’était personnellement investit et n’a ménagé aucune peine pour obtenir cet accord. Accord, qui a été très difficile à obtenir mais qui a la force de ressouder les leaders politiques djiboutiens autour de l’essentiel, comme l’unité, la paix, la stabilité et l’ouverture démocratique.
Le président du parti d’opposition « Union pour la démocratie et la justice » (UDJ), s’est aussi prêté à un exercice de philosophie politique en rappelant les bases du processus démocratique qui reposent sur la patience et la persévérance. À ce titre, il a rappelé les nombreuses et sinueuses étapes qui ont fait le lit de l’évolution vers la démocratie à Djibouti, depuis le multipartisme limité qui s’est mué à une forme intégrale, puis l’arrivée aujourd’hui dans l’hémicycle d’une opposition unifiée issue d’un scrutin national.
De « ce bon pas en avant pour notre démocratie », Ismail Guedi Hared a dit attendre, le début d’un « processus qui devra aboutir sur le renforcement de la paix et de la stabilité à travers la discussion constructive et le rassemblement autour de l’intérêt supérieur de la Nation ». Il a conclu en assumant les ambitions de l’USN qui sont de jouer un rôle constructif dans la marche en avant du pays, et partant, le respect des règles démocratiques tout en faisant valoir les principes propres à son statut d’opposition parlementaire. « Monsieur le président de l’Assemblée nationale, sachez que les députés de l’USN seront fidèles à leur mission et seront une opposition attentive et constructive » a-t-il fini.

Rappelons tout de même l’ordre du jour de cette 4e séance publique de la 2e session ordinaire de la 7e législature de l’Assemblée nationale, consacrée à la ratification de deux accords, l’un portant financement de projet sous forme de prêt accordé par le FADES, et l’autre portant ratification d’un protocole sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leurs utilisations. L’ordre du jour comportait également un projet de loi portant réorganisation du ministère de l’équipement et des transports. Après débats et réflexions, la représentation nationale a adopté l’ensemble des projets de loi inscrits à l’ordre du jour.
C’est le cas de le dire, la nouvelle année démarre sous de bons auspices sur le plan politique à Djibouti. Les Djiboutiens s’en félicitent et attendent de la classe politique dans toutes ses composantes et ses sensibilités de traduire dans la réalité ses engagements en faveur de la démocratie et du pluralisme et ce pour l’intérêt supérieur de la Nation. Dont acte.

Mohamed Ahmed Saleh

 
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