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Investiture d’Ismaïl Omar Guelleh
 

Discours d’Ilyas Moussa Dawaleh, secrétaire général du RPP et ministre de l’économie, lors du congrès extraordinaire du RPP, le 9 janvier.

Monsieur le président de la République, président du parti,
Madame la première dame, présidente de l’UNFD,
Monsieur le vice-président du parti,
Mesdames et Messieurs, chers camarades, membres du comité exécutif, 
Membres du Comité central,
Mesdames et messieurs les responsables des partis amis et alliés,
Chers congressistes,
Chers invités,
 
Bismillahi (meilleurs vœux)

L’année 2020 a été pour chacun de nous, une année de douleur et d’imprévus, et cela à tous les niveaux. Une année qui nous a rappelé combien il est urgent de renouveler nos structures politiques, économiques, sociales, culturelles mais aussi psychologiques.
Car le mal, avant d’être matériel, est d’abord mental.

Ensemble, nous avons traversé les tragédies, main dans la main, tel un seul homme, nous avons su composer ensemble,
Nous avons trouvé une grammaire commune pour braver la peur, l’incertitude, mais aussi le confinement, qui, (je dois dire), nous a mis dans une situation sans précédent.
Ensemble, nous avons éprouvé la fragilité humaine et la vulnérabilité de notre monde. 
Je ne peux donc évoquer cette vaillance à braver le mal sans mentionner le nom de celui, qui par son exemple et sa bravoure, nous a indiqué le chemin. 

IOG, mon cher président, ce n’est pas l’ami intime, le fidèle compagnon politique, qui vous parle, Ce n’est pas l’ancien technocrate formé dans votre école, « l’Ecole IOG », qui vous rend hommage, ce n’est pas le SG de ce grand Parti RPP que vous avez façonné et chéri, c’est l’homme tout court. Un Djiboutien doté des yeux et de raison et qui a été là, à vos côtés durant ces dix dernières années, Homme parmi les hommes, au milieu des incertitudes, des fluctuations, des risques et défis. C’est moi, Ilyas Moussa Dawaleh, qui vous dit : bravo, bravo pour la force, pour l’abnégation, mais aussi le sens de la résilience, qui, caractérise (entre autres qualités), les grands hommes, l’homme que vous êtes.
Mais dans cette lutte contre l’adversité, et pour faire face aux nombreux défis, vous n’étiez pas seul. Celle qui a toujours été là pour vous et pour Djibouti, celle qui a concrétisé le rêve de la Djiboutienne éduquée et autonome, à la première dame de ce pays, à votre chère épouse monsieur le président, à la présidente de l’UNFD, à la membre d’honneur permanente, enfin, à la camarade ou hoyo Kadra Mahamoud Haid, je ne peux dédier que ces jolis vers du regretté Tubeec. Vous excuserez mon perfectionnisme linguistique, j’avoue avoir été auparavant grand académicien de la langue somali :

Inkastoo nin geesiyii
Ragg u geed adeeg yahay
Hadaan garabka lala qaban
Guri oodi maayee

Mesdames et messieurs,
 
J’aimerais à présent me hasarder à faire un petit historique du parti pour mieux vous montrer les enjeux véritables de ce « continuons ensemble » auquel je m’associe en toute fierté et lucidité. 
Le RPP, à la différence des autres partis politiques, a su marquer des générations de militants, de sympathisants, et de jeunes gens prêts à prendre le relais. Sa longévité au pouvoir, aux côtés des partis alliés, montre sa clairvoyance, témoigne de sa maturité et est : la preuve évidente que le leadership politique paie. Son idéal, l’égalité entre les citoyens sans distinction aucune. Nous aimons nos populations sans leur imposer quelque diktat que ce soit. Musulmans, nous croyons aux valeurs suprêmes de fraternité humaine et de solidarité. Sa force : l’abnégation de tous ces compatriotes qui ont fait le choix de servir notre pays en faisant abstraction des obstacles et des risques. 

Oui, monsieur le président, faire de la politique, militer sainement pour un idéal est chose difficile dans un monde de plus en plus en proie au repli sur soi et à tous les extrémismes.
Cette jeunesse, que je porte dans mon cœur et qui me donne foi dans l’homme, vous a fait savoir son vœu : elle vous demande de continuer avec elle, elle vous demande d’achever les grands projets, elle vous demande de ne pas laisser le pays aux mains du vide, du néant, elle vous demande de ne pas laisser le pays entre les mains de ceux qui n’acceptent pas la divergence et qui, du haut de leur dogmatisme, obscurantiste, veulent anéantir les acquis sociopolitiques pour installer dans le cœur de nos compatriotes la haine, le tribalisme et le radicalisme. Et cela, nous ne l’accepterons jamais. Nous refusons que nos jeunes soient la cible de groupuscules ténébreux qui prônent le vandalisme et le terrorisme intellectuel et spirituel.

Quand je vous dis, monsieur le président, que cette jeunesse vous aime et vous veut encore à la tête du pouvoir, je ne mets pas du vernis sur le réel. 
Non, je ne fais que traduire et par conséquent m’associer aux clameurs de ce peuple mature qui est là à vos côtés et qui, souverain, sait que le temps du départ n’est pas encore arrivé. Ce n’est pas du paternalisme, non plus ! Cela a un autre nom : cela s’appelle « déférence ».
Nous sommes un peuple fier et déterminé : quand nous voulons quelque chose, nous défions le monde pour l’obtenir. En remplissant le stade Gouled, en se mobilisant dans les régions de l’intérieur, elle vous a dit « continuons ensemble ».

Mais le RPP, ce n’est pas juste que cela. C’est aussi un rêve, le rêve djiboutien, celui qui a construit le pays. Ce rêve, c’est de faire perdurer la culture de paix de notre pays, et faire de notre diversité, notre marque de fabrique.
Nous avons montré à notre peuple que le seul destin possible est celui de l’amour, de l’entente, du dialogue fraternel, et du respect des aînés. Nomades, incorrigibles nomades, nous croyons dur comme fer que le monde est l’œuvre de l’homme, qui le modèle à sa façon, au gré de ses envies, et que rien ne peut arrêter la volonté humaine, surtout quand elle pense et peut bien faire les choses.
Avec vous, le pays a connu le progrès, et je sais que je n’abuse pas du langage. Vous avez su rêver d’un pays plus grand que cette terre aride que beaucoup décrivaient comme « stérile et inapte au développement ».
En pensant ce pays, vous avez compris les chantiers essentiels, ceux de l’école djiboutienne moderne et inclusive, qui rapproche le savoir des foyers et qui pose les jalons d’une autonomie éducative dont nous venons de célébrer les vingt ans.
La santé n’était pas en reste. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, nos compatriotes se soignent gratuitement.
Le RPP, ce sont aussi les droits des femmes : celles qui attendaient les hommes en tout et subissaient les affres du virilisme,
Elles sont, aujourd’hui, indépendantes et participent pleinement à la vie sociopolitique de notre nation. Nos sœurs, éduquées, intelligentes, et conscientes, vous ont aussi demandé de rester. Elles vous ont demandé de continuer ce combat dans lequel elles vous ont toujours soutenu. J’espère que vous les écouterez.
Le RPP, c’est aussi un transfert continu des compétences. En intégrant les jeunes progressistes dans nos activités politiques et en tendant la main aux jeunes de l’opposition, Oui, vous m’avez bien entendu : l’opposition djiboutienne nous a suivi et nombre de ses jeunes sont aujourd’hui ici avec nous, en opérant ainsi. 
Monsieur le président, vous avez montré tout l’amour que vous portez pour votre peuple. Et ils le savent, ces jeunes, ils le savent très bien,

Le RPP, c’est enfin une école de gestion des crises : ensemble, nous avons aidé, accompagné, et défendu la cause de tous les damnés de cette Corne. Nous avons ouvert nos portes à nos frères somalis, yéménites, éthiopiens.
Des camps des réfugiés modernes, inclusifs, ont vu le jour… où des milliers de jeunes ont pu se loger en toute sécurité, se nourrir, mais aussi développer des compétences professionnelles.

Monsieur le président, je mesure parfaitement les enjeux de ce mandat. Il s’agira de peaufiner les projets, ceux déjà entamés mais aussi de corriger les lacunes et autres disparités. Le courage politique qui vous incarne est celui de la vérité, vous avez, dans un franc parler nomade, reconnu l’existence de contraintes difficiles à surmonter dans le court terme mais corrigibles dans le long terme. Le chômage en fait partie. Le pouvoir d’achat des ménages à Djibouti. La compétitivité de Djibouti, avec en particulier les coûts des facteurs de production comme les tarifs de l’énergie. Mais aussi, la qualité des services publics aux citoyens, qui représentent une préoccupation majeur pour vous, Monsieur le président. 
Tous ces chantiers prioritaires, tous ces défis, nous sommes convaincus que, par la grâce d’Allah, nous serons à vos côtés pour vous aider à les relever inchaallah
Mais nous savons aussi que tout cela ne vous a point arrêté. En encourageant nos jeunes, vous leur avez montré que le défaitisme n’est pas djiboutien et que fils de nomades, ils doivent chérir la fierté et l’effort.
Mais cela ne vous a point arrêté. Vous avez initié l’auto-emploi.

En encourageant nos jeunes, vous leur avez montré que le défaitisme n’est pas djiboutien et que, fils de nomades, ils doivent chérir la fierté et l’effort.
Ces jeunes, vous demandent aujourd’hui de rester. Je suis heureux, et salue chaleureusement votre réponse à leur vœu. Vous leur avez répondu « Continuons ensemble ». 
J’aimerais, monsieur le président, terminer mon discours par ce rappel : le défi qui nous attend ne permet aucune hésitation ou abstinence.
Monsieur le président, vous m’excuserez, mais nous allons devoir continuer ensemble inchaallah !

Par conséquent, et conformément à l’article 119 de notre règlement intérieur, et sur proposition du CE du RPP, j’ai l’insigne honneur de vous proposer, le candidat officiel de notre formation politique, M. Ismail Omar Guelleh, président du RPP et président de la République en exercice, à la prochaine élection présidentielle, le 9 avril 2021. 

Mesdames et Messieurs, 
Chers congressistes,

Je vous demande solennellement de vous lever et d’acclamer notre candidat officiel, notre camarade, notre président, Monsieur Ismail Omar Guelleh.

Allocution d’Ismail Omar Guelleh

Louange à Dieu que la paix et la bénédiction soient sur le prophète, sa famille et ses compagnons,

Mesdames et Messieurs les congressistes
Mes chers compatriotes

Aujourd’hui, à l’occasion de ce congrès durant lequel vous venez de me renouveler votre confiance en m’investissant une nouvelle fois, je voudrais m’adresser à toutes les Djiboutiennes et à tous les Djiboutiens. Je tiens à dire à chacun d’eux, partisan ou non, que ce que j’ai toujours entrepris pour notre pays, notre République, cette demeure qui nous abrite, je l’ai toujours fait avant tout pour le bien de tous. Garantir notre souveraineté, sauvegarder la paix et la sécurité, rechercher le progrès et le développement par tous les moyens ont, toutes ces années, guidé mon action.
Quant à mes convictions, vous les connaissez : ne pas transiger sur l’unité nationale, le vivre-ensemble sans quoi rien n’arrive et rien n’est possible. Comme je l’ai dit, un pays c’est comme une maison. Cela se construit sur des fondations qui se doivent d’être les plus solides possibles afin de permettre à chaque génération de continuer à bâtir, toujours plus haut. Ces fondations sont nos valeurs communes, celles qui garantissent à chaque Djiboutienne et Djiboutien sa place à part entière dans la société. Les projets de société, sont, quant à eux, comme ces briques qui forment les murs. Dans le Rassemblement populaire pour le progrès, notre projet politique se veut un foyer, large, accueillant, aux fondements solides : un foyer qui rassure. Un foyer rassurant par les valeurs qu’il défend, rassurant par la constance de ses dirigeants et qui laisse à chacun, grâce au respect du pluralisme, le soin d’apporter sa pierre à l’édifice. Notre plateforme politique, par ses idées, par sa base populaire, a aussi façonné notre pays. Notre engagement a produit des réformes économiques et sociales importantes qui ont toujours eu à cœur de traduire et de donner forme aux aspirations de notre peuple. Que ce soit l’éducation supérieure, la formation, l’accès au travail, l’accès à la propriété, au logement, l’augmentation du pouvoir d’achat et dans bien d’autres domaines, nous travaillons inlassablement à la quête de solutions pour proposer et bâtir des lendemains meilleurs. Car ce qui nous caractérise auprès de nos concitoyens, c’est l’action et non pas le verbe et la parole !

Mes chers concitoyens,
Nous savons depuis fort longtemps à quel point la paix est fragile, à quel point la stabilité peut être menacée du jour au lendemain par le fanatisme et la haine. Nous le voyons chaque jour dans notre région, mais plus récemment aussi dans certaines démocraties que l’on croyait inébranlables. Nous avons connu la violence du colonialisme, les tensions fratricides. Aujourd’hui, face à ceux qui cherchent à se réinventer à travers leurs opinions mortifères, nous disons que, ici, dans la maison Djibouti, nous n’aurons jamais de temps à perdre dans le ressentiment. La maison Djibouti est amour. La maison Djibouti est paix. Elle est un havre de douceur pour ses enfants et un refuge pour tous ceux qui sont à la recherche d’un répit. Je voudrais ici rendre un hommage appuyé à son excellence feu El Hajj Hassan Gouled Aptidon, père de notre nation, qui nous a insufflé ce caractère à une période charnière de notre histoire. Il nous laisse ce précieux leg et cette leçon qui prévaut pour tout homme d’État de ce merveilleux pays, que le plus grand chantier est celui de veiller à la stabilité, de protéger les institutions et de sauvegarder l’intégrité des frontières.
Car si chaque Djiboutienne et chaque Djiboutien mérite le meilleur que peut lui offrir son pays, il est un devoir sacré de lui assurer la paix et la sécurité ; sans cela rien de bien ne peut se concrétiser. Pour ma part, cette leçon est devenue un viatique, consolider cette unité nationale garante de notre vivre ensemble tout en m’attelant à faire de Djibouti un pays émergent, avec une économie prospère et des opportunités pour tous.

Mes chers concitoyens,
Quarante ans dans la vie cela peut paraître long mais ce n’est rien à l’échelle d’un pays, au temps qu’il faut à le construire ; au temps et à l’énergie qu’il faut à ériger, à partir de rien, des infrastructures, développer des secteurs sociaux auparavant démunis, à se défaire des influences étrangères pour garder sauf notre libre-arbitre et à tracer notre propre chemin dans une région troublée. Notre impatience de voir le grand développement arriver et s’installer ne doit pas cependant déprécier nos efforts et nos progrès. Au contraire, nous devons être fiers de notre capacité à agir et à accomplir ensemble.
Notre avenir dépendra de notre appétence pour le travail et l’effort, de notre concordance dans ce qui est essentiel à nos yeux en tant qu’individus et en tant que peuple. Pour notre jeunesse, nous continuerons à nous mobiliser, à travailler plus durement, à multiplier les projets pour créer plus d’opportunités d’emploi, pour lui assurer des logements décents et une énergie pérenne à des prix abordables. Si nous voulons solidifier les acquis et sauvegarder notre République, il nous faudra également continuer à travailler sur les deux grands chantiers que sont la gouvernance et la consolidation de nos institutions pour que nul ne puisse menacer les fondements de notre nation. L’année qui vient de s’écouler, malgré la difficulté qui l’a caractérisée, a démontré la résilience de notre pays. Notre économie, les valeurs d’unité et de solidarité de notre République, nos jeunes institutions dont le ministère de la solidarité, l’assurance maladie, la faculté de médecine et l’institut supérieur des sciences de santé de Djibouti dont sont issus les soignants qui sont intervenus en première ligne dans la lutte contre la pandémie, bref, tout ce que nous avons patiemment bâti ensemble, ont pu être mobilisés comme ressource pour soutenir les djiboutiens dans cette épreuve.
C’est dans les moments de difficulté que se révèlent les États et les institutions. Qu’ensemble nous y soyons parvenus, c’est un espoir et un signal que tous nos sacrifices ne sont pas vains et que très bientôt nous cueillerons les fruits de notre labeur. Je pense que notre jeunesse l’a compris et l’a montré en se mobilisant de manière aussi massive et impressionnante le 17 décembre dernier.

Mes chers concitoyens,
être appelé à la responsabilité par la jeunesse djiboutienne n’est pas une chose que je prends à la légère. J’ai toujours, depuis ma propre jeunesse, servi notre pays sans jamais dévier dans l’amour et la reconnaissance que je lui porte. Cependant avec le poids des années et l’expérience du pouvoir, vient le temps de la réflexion et de l’analyse. Néanmoins, lorsque les jeunes Djiboutiennes et Djiboutiens ont fait part de leur souhait de me voir continuer à leurs côtés, je n’ai pas pu les décevoir. Ils ont demandé du leadership et une vision du Djibouti que nous partageons, que nous proposons. Si à l’issue du scrutin à venir, ils concrétisent, par leurs voix, la confiance qu’ils souhaitent placer en moi, je répondrais avec le dévouement et la hauteur qui sied. Je répondrais également avec le courage nécessaire à prendre les actions qu’il faut, sans faillir.

Vive la jeunesse de notre pays
Vive notre parti et les forces de notre alliance,
Vive la République
Vive Djibouti !

 
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