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Fête de la musique 2010
 

Nomade Blues Man, guitariste, chanteur, compositeur, marié, 30 ans
Piqué par le virus de la musique depuis l’âge de 10 ans, je chante, joue de la guitare et compose mes chansons. Je me suis entièrement dévoué à perfectionner mon talent d’artiste j’ai appris tout seul ce métier. Je suis heureux d’avoir pu réussir à réaliser mon rêve avec aucun moyen. Vous savez la vie d’artiste n’est pas facile à Djibouti, on ne perçoit pas grand-chose lors de nos concerts, en tout cas pas suffisant pour en vivre.
Aujourd’hui je travaille en tant que professeur de musique à l’IDA depuis 3 ans sans aucun diplôme et j’estime que ceci est le fruit de beaucoup d’efforts et je remercie l’IDA d’avoir pris en compte pour mon recrutement de mon expérience, de mon parcours mais également de mon professionnalisme. J’avoue que dans la vie il n’y a pas mieux que d’enseigner sa passion à ceux qui la partagent avec toi.


Omar Ahmed Omar, spectateur, 40 ans, marié, 2 enfants
C’est agréable d’accompagner ces artistes, ils jouent tous très bien. Je pense que la seule façon de les soutenir serait au moins d’écouter leurs concerts. Car le domaine artistique est au plus bas de l’échelle sociale dans notre pays contrairement à d’autre pays du monde. Le groupe Arhotaba joue ici chaque soir après le match et j’assiste à ce spectacle, c’est divertissant. Cela nous permet aussi de voir où en sont les artistes et la culture de notre pays.

Khairer Daher, chanteur, 29 ans, célibataire
Moi je chante depuis 1998, cela fait douze ans que je suis dans ce monde. Je me rappelle j’avais chanté la première fois au Club cheminot ensuite au Centre culturel. Je ne ressens surtout aucun regret d’avoir choisi ce métier, j’aime la musique et c’est tout. Même si parfois il est souffrant de savoir à quel point nos compatriotes négligent les artistes et leurs oeuvres. Je travaille actuellement dans une société de transit de la place parce que c’est indispensable d’avoir des petits à coté pour pouvoir vivre et pourtant cela ne m’empêche pas de vivre pleinement ma vie d’artiste.

Amand, artiste, 49 ans, marié, 5 enfants
Je suis le doyen du groupe, si je puis me permettre. J’ai commencé ma carrière de compositeur en 1987 avec l’épopée Dinkara 87-94 un groupe unique dans son style, musique et chant, qui avait réussi à cette époque à séduire un important public. Le milieu artistique est difficile dans notre pays, on ne gagne pas assez pour vivre, moins encore pour nourrir une famille. Dieu merci, j’ai pu me casser à l’ONEAD pour y arriver.
Le droit d’auteur n’existe pas à Djibouti donc cela mène à ce que ta chanson soit reprise sans obstacle par n’importe qui voudra la chanter, il n’y a aucune loi, aucune règle,. Artiste c’est d’abord un métier passionnant, mais c’est aussi un métier qui doit faire vivre. Nous, les artistes, vivons dans une jungle parce que c’est le seul endroit où rien n’est privé.


Saad Saïd, logisticien, 40 ans, célibataire
Responsable de logistique du groupe Arhotaba membre de cette association je veille à chaque production sur scène au bon déroulement de l’événement. La logistique consiste à l’ajustement de tous les matériels nécessaires à la réalisation du concert à commencer par les chaises des invités à la mise en place des instruments de musique ainsi que les jeux de lumières aux branchements des câbles. Donc le travail se fait en amont aussi bien qu’en aval mais également pendant le spectacle de ce fait c’est un travail harassant, fatiguant et très stressant parce que un câble peut péter en plein concert. En complément de ma vie d’artiste je suis fonctionnaire dans une institution et ainsi va la vie on se débrouille comme on peut.

Guedi Bob, guitariste, 56 ans
Je suis heureux d’être ici ce soir. Je n’ai pas joué depuis 15 ans et je considère cet événement mondial comme l’occasion de renaître de mes cendres et de m’exposer aux lumières des projecteurs. Je joue de la guitare depuis 1971 à l’époque j’étais membre du famous club Black & Girls nous n’étions pas très populaire en ce temps car le nom de notre groupe consistait notre principale handicap les gens disaient que les termes Blacks et Girls étaient en parfaite contradiction avec la culture du pays et je crois c’était la raison pour laquelle nous nous sommes heurtés a mi chemin. Plus récemment j’étais membre du groupe Harlem Soul. C’est un réel plaisir une fois de plus d’être non seulement parmi ces jeunes artistes d’Arhotaba.

Julien Quentin, ami des artistes, 29 ans, célibataire
Je suis professeur à la Nativité, et tous ces artistes sur scène sont mes amis. J’ai la chance de les connaître j’apprécie leur musique. Ce sont des professionnels je peux même dire que j’admire ce qu’ils font. Les Djiboutiens doivent assister en grand nombre aux concerts de ce genre qu’offrent les artistes et par la même manifester un intérêt convivial aux réalisations et oeuvres des artistes du pays. A mon avis un pays sans artiste est une ville sans lumières, les artistes représentent tout le monde sur scène. Ils expriment le souhait et le vécu de chacun de nous, ainsi que les points forts et les points faibles de l’être humain. C’est le domaine le plus libertin, le seul qui permet de s’exprimer sans complexe sur les sujets tabous qu’on vit tous les jours. Tout simplement un artiste est très important pour un pays et son peuple.

Samra Ali Dileita, spectatrice, 12 ans
Je suis avec mon papa, mon frère et ma sœur pour regarder le match de football et il y a les chanteurs qui prennent le relais après le match. La soirée est bien animée. C’est très amusant, il joue bien et en plus ça me permet de sortir un peu de la maison comme l’école est fermée.

Propos recueillis par Bilane . Photos Eric Baudoin .

 
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