Human Village - information autrement
 
« Villa Camille », hymne à la vie et jardin d’expression
par Mahdi A., janvier 2019 (Human Village 35).
 

Human Village souhaite se saisir de la visite, le 11 mars prochain, du président de la République Française, Emmanuel Macron à Djibouti pour questionner la relation entre les deux pays, à travers des portraits de français établis à Djibouti-ville, des rencontres avec des poètes, auteurs, universitaires locaux qui publient dans la langue de Molière, mais aussi, sous un angle plus politique, un entretien avec l’ambassadeur de France à Djibouti, Christophe Guilhou.

Une chose est sûre, Villa Camille ne laisse pas indifférent. Lassées de ne pas trouver un lieu auquel elles pourraient s’identifier, alliant ambiance zen et culture plurielle, un duo de femmes s’est jeté à la mer pour créer de toutes pièces un lieu comme on les aime. Mélanie Hempel-Chenot et Delphine Saint-Martin, les deux protagonistes de notre histoire, sont liées par une belle amitié, nouée autour de passions communes, et d’un attachement particulier à cette contrée où elles se sentent enracinées, pour le pire comme pour le meilleur. Leur démarche entrepreneuriale s’inscrit dans ce cheminement : faire partager au plus grand nombre leurs rêves, leur amour de ce pays, de ses habitants. Ce lieu où elles ont inventé les contours autour d’une idée fondatrice, un fil rouge qui a guidé leurs pas : la volonté de concilier plusieurs arts, une sorte de bouquet floral, culinaire, littéraire, pictural, enveloppé délicatement autour d’une feuille de bien-être - d’esprit et de corps -, le tout enroulé par des fils blancs, sur lesquels des figures des produits locaux et régionaux ont été finement dessinées au pinceau… Le résultat est frappant : le cadre est enchanteur, on est bercé par le calme et la sérénité de l’endroit, le ressenti est qu’il fait bon vivre dans cette antre, presque un petit air de bohème… à Djibouti.

De prime abord l’endroit paraît convivial, chaleureux, avec de grandes superficies, des plafonds hauts, beaucoup de lumière, des murs en partie en madrépore recouverts d’œuvres d’art, puisque le lieu, fait aussi office d’expositions éphémères. Une part essentielle du charme de l’endroit réside dans le fait qu’il se prête à merveille à la méditation, à la relaxation ; ce qui en fait, à la fois un mignon petit café où chacun ne manquera pas d’apprécier s’y retrouver pour déguster les meringues faites maison ou les salées traditionnelles locales, à partager de préférence dans le jardin d’expression – où des citations sont semées comme des graines – ombragé, aménagé avec soin et délicatesse à l’arrière d’une bâtisse du patrimoine architectural et rudement bien conservée. L’ensemble contribue à renforcer le sentiment de quiétude et de plénitude qui habite les lieux, c’est son cachet… L’on ne peut être que conquis ! Rencontre avec Mélanie et Delphine…

Villa Camille ?
« C’est un concept store dont l’activité principale est le salon de thé. Nous accueillons tout le monde dans le but est de proposer des produits faits maison autour de thé, de café, de pâtisseries et de quelques produits salés du pays. On voudrait vraiment valoriser ce que l’on trouve ici », nous confie Delphine Saint-Martin. Pour la petite histoire elle débarqua sur le rivage de Tadjourah dans les années 2000 pour enseigner. Le hasard de la vie a fait qu’elle y rencontra son âme sœur, un natif de la localité, dont elle partage la vie depuis.

Pourquoi cette dénomination, Villa Camille ?
« Tout simplement parce que Camille est le prénom de la propriétaire de la maison, la mère d’une amie. Par ce prénom, avec mon associée nous avons voulu d’une certaine manière rendre hommage à cette dame, en conservant le nom de la résidence familiale, d’avant notre prise de possession. D’ailleurs on prépare un petit texte pour présenter l’historique et le caractère exceptionnel de l’endroit. Au delà, Villa Camille, on trouvait que cela sonnait mélodieusement. On a voulu en faire un lieu pour valoriser la culture et les artistes en règle générale, d’ici et d’ailleurs. Nous tenions avec Mélanie à ce que notre projet comprenne une boutique ethnique et chic qui valorise les produits locaux, où serait exposées à la vente les réalisations locales, qu’elles soient en vanneries, en tissus, en broderies, en perles, à la fois de chez nous, Djibouti, mais aussi issus de la région. Toujours dans ce désir de partager et d’échanger, nous étions attachées à organiser des expositions artistiques, pour les promouvoir aussi les artistes, les créateurs, et leur offrir la possibilité de faire découvrir leurs œuvres à un public plus large qui aura la possibilité de les acquérir si le cœur lui en dit. En ce moment nous exposons trois artistes peintres qui ont tous une histoire, une forme de communion avec le pays pour des raisons diverses mais surtout très touchantes, que cela soit Thierry Laval, François Dolambi, ou encore Dominique Prevost. Fin janvier, une exposition de photos sur Djibouti viendra habiller les murs de Villa Camille. Le bouche à oreille fonctionne, d’autres artistes, très désireux de faire connaître leur travail dans un cadre différent nous ont contacté, nous en sommes très heureuses.

Enfin, le troisième thème développé est celui du bien-être, avec un espace yoga.
Un cadre qui permettrait de partager sa culture, sa façon de vivre, un lieu pour apprendre à mieux se connaître, pour promouvoir la mixité... J’ai l’impression que cela fonctionne bien, les gens se croisent, discutent plus aisément ici, que dans un hôtel ou un café en ville, car c’est aussi l’esprit de Villa Camille. Nous accueillons nos clients comme si ils étaient des amis et qu’ils passaient prendre un verre chez nous. Nous considérons nos clients comme des convives que nous recevons dans un cadre familial.
Ici, j’en suis très heureuse, c’est presque une œuvre d’art que nous occupons, un lieu exceptionnel et historique. Pareillement le jardin, nous y sommes aussi très attachées, et du coup, là, on a la chance d’avoir un espace pour créer des compositions originales. Voilà, c’est tout ce que l’on aime qui est réunit ici, pour le bien-être du corps mais aussi et surtout de l’esprit. L’idée a germé dans notre esprit il y a longtemps, mais bon il fallait l’endroit propice pour que le projet puisse éclore.

Les gens viennent sans publicité, c’est le plus surprenant. D’ailleurs, il y a toujours une place pour quelqu’un quelque part et c’est ça qui est très agréable, nous voulons en faire un lieu de convivialité. Et surtout avec Mélanie, on tient beaucoup à accueillir personnellement les clients qui arrivent un peu comme ça au fil de la journée. On aimerait que le lieu inspire des artistes. D’ailleurs, des propositions nous ont été faites pour animer des ateliers artistiques, littéraires, musicaux. On l’avait en tête mais on ne pouvait pas le faire toutes seules et nous sommes très heureuses que les clients s’approprient ainsi les lieux.

Ce n’est pas un lieu réservé, dédié à un groupe, ou à un sérail, mais ouvert à toutes, et à tous, et particulièrement, aux épicuriens, aux amoureux de Djibouti, de sa terre, et de sa population.

L’idée c’est aussi que les gens se promènent dans le jardin. Nous avons parsemé le chemin de proverbes. Et pour que chacun s’y retrouve, ils sont en français, en anglais et en langues locales. C’est amener les gens à se poser, à réfléchir, à changer d’air, à construire aussi. C’est un lieu qui inspire, je pense. Je constate que nos clients s’attachent beaucoup au lieu, j’en suis très heureuse. Nous disposons d’une salle privée, élégante, pour organiser de petits déjeuners sur réservation uniquement, et adaptée aussi pour la tenue de réunions professionnelles en petit comité – au maximum douze personnes. C’était une suggestion de notre clientèle à laquelle nous avons adhéré avec Mélanie.

Nous produisons notre marque d’objets Villa Camille. C’est important à souligner. Moi, par exemple, je travaille les paniers, les tissus, les bijoux que je customise, c’est une passion chez moi. En réalité, on fait ici tout ce que l’on aime, tout ce que l’on pratique dans la vie et que l’on veut partager. Par exemple Mélanie est très branché par la pâtisserie, la création culinaire, c’est sa passion et elle a un talent évident. Moi c’est l’artisanat mon dada, et donc on a mis nos compétences en commun, et cela semble plaire aux habitués de la Villa Camille ».

Mélanie Hempel-Chenot nous en dit plus sur Villa Camille, et les goûts qu’elle partage avec Delphine…
« Depuis le début de cette aventure avec Delphine, c’est comme un rêve que l’on pensait impossible à réaliser et aujourd’hui ce rêve est là ! C’est un lieu un peu différent de ce que l’on peut trouver à Djibouti. On prend plaisir à innover, à surprendre à partager. L’autre aspect qui me plaît dans ce projet, c’est le concept boutique avec des produits locaux, régionaux.
Concernant le yoga les cours sont dispensés par trois professeurs, sur huit plages horaires hebdomadaire ; tous types de yoga, du plus doux au plus dynamique. Et enfin on propose un pavillon dédié au bien-être, où six intervenants dispensent des séances de médecines traditionnelles, comme la réflexologie, l’aromathérapie, la gemmothérapie, la sophrologie, le drainage lymphatique, du reiki usui, etc.
Nous voulons en faire une sorte de club pour des personnes de tous les milieux, de tous les horizons ; dénicher des artistes locaux qui travaillent dans leur atelier et de faire découvrir leur création, c’est aussi l’idée derrière Villa Camille ».

Villa Camille va rapidement s’affirmer comme un arrêt obligatoire pour les amoureux de la vie, de la découverte et du multiculturalisme… Bon vent très chères gentes dames !

Propos recueillis par Mahdi A.

La Villa Camille est ouverte du dimanche au jeudi, de 8h à 12h et de 16h à 18h30, et le samedi de 15h30 à 18h30 (les horaires seront modifiées en février).
Villa Camille, plateau du Serpent, (253) 21 35 74 58.




 
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