Human Village - information autrement
 
Moteur demandé… Cadré… Action
par Lula Ali Ismaël, août 2018 (Human Village 34).
 

Kalasha International TV & Film Market est un événement qui s’est déroulé à Nairobi du 27 au 29 mars 2018. J’ai eu l’opportunité d’y participer. C’est un marché où sont invités tous les différents protagonistes de l’industrie de la télévision et du cinéma, du producteur au réalisateur, et tout ce qu’il y a au milieu… C’est événement se déroule à l’initiative de la Commission de film du Kenya et de l’institut culturel français à Nairobi.

Ce fut bénéfique pour moi à au moins deux titres :
1) J’ai pu rencontrer divers producteurs dont deux qui ont retenu mon attention :
- Un producteur kenyan avec qui j’espère pouvoir co-produire dans un avenir rapproché ;
- Un producteur indien (Bollywood) ; 
 Sans oublier les échanges avec les différents invités et les ateliers.
2) J’ai brièvement discuté avec certains membres de la Kenyan Film Commission notamment monsieur Chris Foot, CEO.
Ce qui s’avèrera très important pour Djibouti quand viendra le moment de mettre en place une commission.

Entre parenthèses, qu’est-ce qu’une commission du film ?
Dans une commission du film, il doit y avoir trois composantes essentielles et obligatoires si on veut faire décoller le cinéma sur notre territoire :
- Un fond de soutien, c’est à dire un fond qui permet aux porteurs de projets l’accès à différents types d’aide : aide à l’écriture, à la production et à la postproduction. Ça, c’est pour les Djiboutiens de l’intérieur et de l’extérieur (bien sûr il faudrait avoir la nationalité djiboutienne et tourner à Djibouti).
- Un bureau de tournage pour faciliter les tournages d’équipe extérieures comme locales sur tout le territoire (autorisations de tournage, locations de matériel, d’équipes locales, annuaire des compétences, des sites de tournages disponibles, des hébergements et des transports disponibles, tax rebate scheme selon le niveau d’investissement).
- Un service de développement de la filière en fonction des compétences disponibles au niveau national et aussi créer des liens avec des pays où tout est déjà en place pour de la coopération et de la formation.
- Et bien sûr une équipe, et un budget pour gérer tout cela.

Revenons à nos moutons.
Essayer de promouvoir Djibouti pour attirer les productions cinématographiques étrangères.
Voyez-vous, c’est uniquement en étant dans des tels marchés (networking) que notre industrie cinématographique embryonnaire pourra se développer. C’est possible de croire que la culture peut être un des moteurs du développement, surtout quand il s’agit de créer des emplois. Cela va de soi que la réussite de notre industrie dépendra entièrement des actions concrètes de nos institutions, et de chaque département en ce qui le concerne, dans la promotion d’un espace cinématographique djiboutien.

Partageons un petit exemple concret. J’ai travaillé sur un tournage qui s’est déroulé à Djibouti en 2016 à titre de directrice de casting et de deuxième assistante du réalisateur allemand Wim Wenders, pour son film intitulé Submergence. Ce projet devait se tourner au Kenya mais le réalisateur est tombé sous le charme de nos paysages notamment du Lac Assal, de Sagalou, de l’île Moucha, etc. La société de production qui faisait la production exécutive, Blue Sky Films, était bien entendue kenyane. J’ai donc demandé à ladite société le montant dépensé sur notre sol pendant le repérage/tournage du film, soit du 20 mai au 16 juin. Tenez-vous prêt… 1,1 million de dollars US.
Bien entendu, il ne faut pas oublier qu’il avait des Djiboutiens qui ont travaillé sur ce plateau comme figurants, techniciens, chauffeurs, etc. Magnifique plateforme pour la création d’emplois et la formation.
Submergence était en compétition officielle au festival de Toronto en 2017. J’ai échangé via mail avec le réalisateur et ce dernier me dit : « The film played well on its premiere, Djibouti looks very impressive ».
N’est-ce pas une vitrine magnifique pour notre pays ?

Coupez !

Lula Ali Ismaël

 
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