Human Village - information autrement
 
En aparté avec… Sunil Saigal
par Hasna Bourhan, mai 2008 (Human Village 2).
 

M. Saigal, vous êtes représentant résident du programme des Nations-unies pour le développement, plus connu sous l’acronyme de PNUD, à Djibouti depuis 2005. Vous êtes donc un observateur privilégié de la situation djiboutienne. Pourriez-vous nous donner un aperçu ou en quelque sorte un bilan de l’action du PNUD à Djibouti ?
Tout d’abord j’aimerai vous souhaiter la bienvenue dans nos locaux et vous remercier de me donner l’occasion de faire le point sur notre organisation et son action à Djibouti. Comme vous le savez déjà le PNUD est l’une des premières agences de développement qui s’est installée et mise au service de la République de Djibouti en 1979, peu après son accession à l’indépendance. Depuis cette époque le PNUD a appuyé la toute jeune république dans un grand nombre de domaines clés comme la planification du développement, le renforcement des capacités ou encore l’organisation de table ronde de donateurs comme en 1983.
Depuis lors, il est permis d’affirmer sans exagération aucune que le PNUD est aujourd’hui l’un des partenaires au développement les plus privilégiés et écoutés par le gouvernement notamment grâce à son crédit, sa neutralité et son engagement sans failles pour le développement national.
En ce qui concerne son action actuelle, elle s’inscrit dans un cadre stratégique qui se focalise sur cinq domaines de pratiques ou de concentration définis au niveau global, qui comprennent la lutte contre la pauvreté et la promotion des Objectifs du millénaires (OMD), la promotion de la gouvernance démocratique, la prévention des crises et le relèvement, la lutte contre le VIH/SIDA, et la protection de l’environnement et la promotion du développement durable.
De ce cadre programmatique, issu des réformes engagées par le PNUD pour renforcer l’efficacité de son action et son impact au niveau des pays, est dérivé le programme spécifique pour Djibouti pour la période 2008-2012. Le processus d’élaboration de notre programme du pays a compris plusieurs étapes qui ont toutes été participatives et élaborées en étroite coopération et coordination avec le gouvernement par le biais des ministères et organismes sectoriels. A l’issue de ce processus, qui a abouti à la signature d’un document stratégique quinquennal appelé Plan d’action de programme pays et qui organise les domaines prioritaires de coopération retenus par le gouvernement de Djibouti et le PNUD pour la période indiquée, deux axes de coopération ont été identifiés en commun à savoir la lutte contre la pauvreté et la promotion de la bonne gouvernance et du partenariat.
Grâce à ce plan, le PNUD et le gouvernement concentrent en commun leurs énergies et leurs ressources dans des domaines capitaux pour la réduction de la pauvreté et le développement humain comme l’élaboration et la mise en œuvre de l’initiative nationale pour le développement social (INDS) lancée par le président de la République en 2007 pour améliorer d’une part le partage et la redistribution des richesses nationales et d’autre part promouvoir un développement et une croissance inclusives tenant compte des groupes les plus vulnérables.
Dans le domaine de la promotion de la bonne gouvernance, notre appui continue à viser, comme il l’a fait dans le passé, le renforcement de l’état de droit et la transparence dans l’administration publique. Nous travaillons étroitement avec les institutions centrales, telle que l’Assemblée nationale, l’inspection générale de l’État, le secrétariat du gouvernement ou le ministère de la Justice afin de renforcer leurs capacités à mieux jouer leur rôle dans la gouvernance du pays.
Naturellement notre appui ne se limite certainement pas à ces seules activités là. Nous sommes actifs dans d’autres axes transversaux indissociables du développement durable comme la société civile, l’environnement, la promotion de l’égalité du genre ou encore le développement de l’énergie solaire.

De quelle manière vos interventions contribuent-elles donc au développement national des ressources humaines à Djibouti ?
Notre action est tributaire de plusieurs approches qui ont recours à plusieurs méthodes dans la mise en œuvre de nos programmes de coopération. En effet, l’approche la plus privilégiée, qui est le développement des capacités nationales, découle d’un constat global défini dans le cadre des évaluations de la situation du pays effectuées par les agences du système des Nations unies conjointement avec le gouvernement sur les lacunes et priorités nationales lors de l’exercice de planification des interventions coordonnées de l’ensemble du système des Nations-unies dans le pays. Ce constat est traduit en effets et activités concrets dans le cadre de l’assistance au développement des Nations-unies (connu sous le sigle anglais d’UNDAF) et les programmes d’appuis sectoriels.
D’ailleurs, en matière de promotion de la bonne gouvernance, comme je l’ai expliqué tantôt, notre appui vise encore et toujours au renforcement de l’état de droit et ceci est fait par des actions de renforcement des capacités humaines ou institutionnelles au niveau des institutions nationales de gouvernance que j’ai mentionnées. Autre exemple, en matière de mise en œuvre des stratégies de lutte contre la pauvreté, le constat commun établi par le gouvernement et le PNUD identifie le besoin de renforcer des capacités nationales et des mécanismes nationaux en matière de coordination, de suivi et évaluation des politiques de développement. Un appui technique conséquent ciblant le renforcement des capacités et la mise en à disposition des intrants requis est fourni par le PNUD.
Particulièrement dans le cadre de l’appui à la mise en en œuvre de l’INDS, le PNUD a fourni, en concertation avec d’autres partenariats internationaux, un appui de fond à la création de l’Agence djiboutienne pour le développement social (ADDS) ainsi que l’Agence nationale de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’insertion professionnelle (ANEFIP) qui visent toutes deux à renforcer les ressources humaines du pays, soit par la création d’un filet de sécurité sociale, soit par la création d’opportunités de formation et d’emploi en faveur de la population en général et la partie la plus démunie en particulier.
Ce n’est pas tout, car le PNUD tente aussi régulièrement de promouvoir le dialogue au niveau national sur des problématiques clés pour le pays, le plus souvent sur une base périodique biannuelle à travers ses rapports nationaux, régionaux et mondiaux. Le dernier en date, le rapport national sur le développement humain lancé à Djibouti officiellement le 3 avril 2008 conjointement avec la ministre chargée de la coopération internationale et la directrice régionale des pays arabe au PNUD qui a fait le déplacement pour l’occasion, se focalise sur le thème fondamental pour Djibouti de l’adéquation emploi formation-emploi au moment où le pays est le théâtre d’un mouvement de capitaux et d’investissements directs étrangers de la part de pays du Golfe dans un secteur très compétitif et demandeur d’une main d’œuvre très qualifiée souvent dans des disciplines assez techniques comme la manipulation d’engins lourds, ou encore la soudure professionnelle…
Ce rapport national 2007, élaboré par des cadres nationaux et enseignants avec la collaboration du PNUD et des départements ministériels et qui traite d’une problématique reconnue aujourd’hui comme prioritaire par l’ensemble des acteurs nationaux, a suscité donc un grand intérêt de la part des lecteurs et ne manquera certainement pas de susciter des débats fructueux.

Propos recueillis par Hasna Bourhan

 
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