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Financement de projets par l’Union européenne
 

A l’occasion de la venue à Djibouti de Stefano Manservisi, directeur général de la coopération internationale et du développement de l’Union européenne, trois protocoles ont été signés le 24 mai à la Primature, en présence du ministre de l’Economie et des finances chargé de l’industrie, Ilyas Moussa Dawaleh, du ministre de l’Agriculture, de l’eau, de la pêche, de l’élevage et des ressources halieutiques, Mohamed Ahmed Awaleh, et de l’ambassadeur de l’Union européenne à Djibouti, Adam Kulach.

Résilience des populations rurales à Djibouti
Il s’agit d’un projet qui vise à accroître durablement la résilience des populations rurales, vivant dans les régions de l’intérieur du pays, face aux changements climatiques et à la sécheresse.
Depuis 2000, Djibouti connaît une croissance économique soutenue avec un taux d’environ 6%, portée principalement par l’afflux important d’investissements directs étrangers et le développement des activités portuaires. L’agriculture est peu développée - 4,2% du PIB - et l’élevage contribue à hauteur de 75% au PIB agricole. La population de Djibouti était de 818 159 habitants en 2009 dont 70,6% vivaient en milieu urbain et 58,1% dans la capitale, Djibouti ville.
Cependant, cette croissance économique soutenue ne s’est pas traduite par une amélioration des conditions de vie de la population djiboutienne notamment celle vivant dans les régions de l’intérieur du pays. En effet, le taux de chômage s’élève à 48.2% avec une incidence majeure parmi les femmes (67%) et les jeunes (63%), et la pauvreté reste endémique, environ 41% de la population est touchée par la pauvreté extrême au niveau national et 62,5% dans les zones rurales.
Le problème de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition chronique demeurent toujours préoccupant dans le pays. La proportion des ménages en insécurité alimentaire se situe à 14,5% ; environ 32,1% des ménages sont en insécurité alimentaire limite donc vulnérables, tandis que seulement 53,5% vivent en conditions de sécurité alimentaire. En milieu rural, 46,1% des ménages sont en insécurité alimentaire, dont 11% en insécurité alimentaire sévère.
L’action prévoit la construction d’infrastructures hydroagricoles et l’aménagement de périmètres agropastoraux et de pistes de desserte, ainsi que l’augmentation de façon durable de la production agricole et le développement des filières agro-pastorales, accompagnées par la mise en place d’activités de prévention et prise en charge de la malnutrition. Tout en améliorant l’accès à l’eau et son utilisation pour le développement de l’agropastoralisme, cette action aura un impact sur l’alimentation humaine mais aussi du bétail en période de soudure. Ceci permettra aux populations dépendantes de l’élevage de s’adapter au changement climatique, en leur donnant la possibilité de continuer leurs activités économiques. L’action permettra de diversifier l’alimentation des populations agropastorales ainsi que les sources de revenu des ménages vulnérables, et en parallèle aura un impact en matière de stabilisation des populations en milieu rural. Les activités de projet seront réalisées en adoptant une approche participative avec les communautés agropastorales ciblées selon le principe de subsidiarité afin de susciter la mobilisation des populations rurales dans une démarche de développement durable.

Programme d’assainissement liquide et solide
Ce deuxième programme d’investissements de l’Union européenne pour l’assainissement de la ville de Djibouti permettra d’améliorer les conditions de vie des habitants de la ville de Djibouti à travers une meilleure gestion de l’assainissement solide et liquide.
Avec une population de 820 000 habitants dont 70,6% vivent en milieu urbain (58,1% dans la capitale), Djibouti est un des pays africains les plus urbanisés. Ce contexte place le développement de l’assainissement liquide et solide, notamment dans la capitale, comme un levier important pour l’amélioration des conditions de vie des populations, souvent défavorisées, du pays.
L’UE a voulu accompagner à long terme, la République de Djibouti dans les secteurs du développement urbain et de l’assainissement. En effet, ce projet du 11ème FED vient dans la continuité des financements octroyés par l’UE sous les 9e et 10e FED qui ont permis à la ville de Djibouti de se doter d’infrastructures modernes pour la collecte et le traitement de ses déchets : une station d’épuration des eaux usées (STEP) par boues activées de 40 000 équivalents habitants (EH) et un centre d’enfouissement technique (CET) d’une capacité de 300 000 m3, tous deux mis en service en 2013.
L’action prévoit, d’une part, la construction d’une nouvelle STEP à Balbala de 30 000 EH et l’extension du réseau principal d’eaux usées de la ville de Djibouti vers la commune de Balbala. D’autre part, le projet portera sur l’amélioration de la gestion des déchets solides de la ville de Djibouti à travers l’extension de la capacité du CET avec la construction d’un nouveau casier et des infrastructures dédiés au traitement des déchets spéciaux et le développement des filières de recyclages.
Ce programme d’assainissement est un programme de développement durable avec ses dimensions sociale, environnementale et économique puisqu’il contribuera à la fois à l’amélioration des conditions vies des Djiboutiens et leur santé publique, à la protection de l’environnement en général et des ressources phréatiques en particulier ainsi qu’à la création d’emplois.
Enfin, le projet permettra de poursuivre des synergies déjà mises en place avec le développement de l’agriculture urbaine à travers la réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation des cultures et des boues de STEP comme amendement agricole.

Usine de dessalement à Doraleh
Le contrat marque le lancement du projet PEPER, qui consiste en la réalisation d’une usine de production d’eau potable par dessalement de l’eau de mer pour contribuer notamment à l’indépendance hydrique du pays. Ce projet est financé par l’Union européenne pour plus de 65 millions d’euros et par le gouvernement djiboutien à hauteur de 5.5 millions d’euros.

Au cours de cette cérémonie de signatures, le directeur général, Stefano Manservisi a déclaré : « Avec la station d’épuration de Douda et les nombreux forages en milieu urbain comme en milieu rural financés par l’Union européenne, le projet PEPER vient confirmer la volonté de l’Union Européenne à appuyer une nouvelle fois le gouvernement djiboutien pour la production d’une eau de qualité, en quantité suffisante et à un prix abordable, au bénéfice direct de la population djiboutienne ». Il a rappelé que « La résilience et la sécurité alimentaire demeurent des secteurs de concentration primordiaux de l’aide au développement de l’Union européenne dans le cadre du 11e fonds européen de développement pour Djibouti, couvrant la période 2014-2020 et doté de 105 millions d’euros ».
Dans sa première phase, le projet PEPER va consister en la réalisation d’une usine de dessalement pour une production de 22 500 m3/jour avec la réalisation de l’ensemble des ouvrages pour une capacité finale de 45000 m3/jour. D’autre part, la construction d’un réservoir de 5 000 m3 à Balbala et d’une conduite d’environ 8.5 km, dimensionnée à 45 000 m3/j, est prévue pour connecter l’usine au réseau de distribution d’eau potable de la ville. Le projet PEPER prévoit, en outre, la formation des agents de l’ONEAD, maitre d’œuvre du projet, ainsi que le raccordement au réseau électrique de l’usine de dessalement, avec pour objectif l’amélioration de la gestion des services d’approvisionnement en eau. Les travaux, qui débuteront cette année, dureront trois ans, avec une période d’exploitation par l’entreprise d’une durée de cinq ans.
Par ailleurs, l’Union européenne a également contribué au financement des études techniques pour le lancement du projet et soutient financièrement l’assistance technique pour la supervision des travaux. L’Union européenne, à travers ce projet, finance également un volet « soutien aux réformes dans les secteurs de l’eau et de l’énergie ». Le gouvernement, quant à lui, s’engage à entreprendre les reformes nécessaire pour la viabilité du projet.
Le projet PEPER répond aux priorités de l’Union européenne, en se présentant notamment comme une réponse au déficit hydrique chronique en eau potable pour la ville de Djibouti et en permettant la production d’une eau saine à un prix raisonnable pour les populations les plus vulnérables, en particulier dans le quartier de Balbala.

Ilwad Elmi

 
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