Human Village - information autrement
 
Une détresse humaine incommensurable !
par Mahdi A., septembre 2011 (Human Village 18).
 

Il est difficile de décrire les malheurs et les souffrances de nos populations de l’intérieur. La situation n’a bien entendu rien à voir avec le contexte de la Somalie, ou, au problème d’absence de pluie qui est commun à tous pays de la Corne, s’est ajouté une situation de guerre civile qui dure depuis près de vingt ans, laquelle rend encore plus difficile l’acheminement de l’aide d’urgence qui aurait pu sauver des vies humaines… A croire que le mauvais sort s’acharne sur notre région, comme si cela ne suffisait pas, tous les pays de la région connaissent une mortalité de leur bétail élevée, et un prix des céréales en hausse constante : les chiffres sont éloquents, ils parlent d’eux-mêmes, le coût des produits de base aurait augmenté de 68% à Djibouti ces cinq dernières années... Comment tenir les deux bouts dans cette situation inextricable ? Fort heureusement les ressorts de la solidarité active ont fonctionné immédiatement suite à l’appel à la solidarité nationale lancé par le Premier ministre, Dileita Mohamed Dileita. Le contraire n’aurait pas été possible, tendre la main au plus démuni relève du plus élémentaire des devoirs, elle fait partie intégrante de notre mode de vie social. C’est ainsi qu’a pu être envoyé des stocks de denrées alimentaires et autres commodités de base à la population pastorale. C’est dans ce contexte particulier ou tout le gouvernement est mobilisé pour secourir les communautés les plus paupérisées de notre population que le ministre de l’Intérieur, qui a également sous sa responsabilité la lourde mission d’assurer la coordination de la cellule d’urgence, a accepté de prendre un peu de son précieux temps pour nous dresser le tableau de la situation qui prévaut dans les localités impactées par la sécheresse ainsi que nous exposer le dispositif de riposte mis en place par le gouvernement pour faire face à cette calamité. Hassan Darar Houffaneh, est un homme fort aimable, il nous a ouvert la porte de son bureau avec la plus grande courtoisie. Il reçoit, dit-on, tous ses interlocuteurs de la même manière, toujours un petit mot pour dégriser l’atmosphère et créer un climat propice au dialogue et à la compréhension mutuelle. Rapidement, il a repris son sérieux, son visage est devenu plus grave, mais bon il faut reconnaître que le sujet que nous nous apprêtons à aborder, n’est pas des plus réjouissants, une partie de notre population est en grande difficulté. Son temps est compté !
Rencontre avec Hassan Darar Houffaneh…

Excellence, comment expliquer l’ampleur de la crise humanitaire que traverse notre pays ?
Par une sécheresse inouïe : ces quatre dernières années, notre pays est en proie à une pluviométrie quasi nulle. Certains experts vont jusqu’à dire que c’est la plus grave crise alimentaire depuis près de 60 ans qui s’abat sur la Corne de l’Afrique. La République de Djibouti n’est pas épargnée par ce fléau même si notre situation est moins dramatique, moins tragique que celle que vit le peuple frère somalien. Ici, nous avons essayé de conjurer le mauvais sort et de parer au plus urgent, mais nous avons été contraints d’accepter l’inacceptable : on ne peut pas lutter contre la fatalité, contre la nature. Il n’est jamais aisé pour un gouvernement de reconnaître qu’il est dans l’incapacité d’affronter seul une situation, combien même celle-ci serait exceptionnelle. C’est donc le cœur lourd, tant les défis à surmonter pour venir en aide à nos populations sinistrées sont grands, que le Premier ministre, M. Dileita Mohamed Dileita, a prononcé le 14 juillet dernier, un appel solennel à la solidarité internationale. Nous comptons sur le soutien de la communauté internationale pour venir à bout de cette catastrophe.
Certaines localités reculées sont très touchées par ce fléau, je pense bien entendu à Garabtisan, à Balho, à Dorra, à As Esla, à Hindi, à Araha, à Ali Addeh, à Guestir ou encore à Assamo, où les situations sont très préoccupantes. Dans ces villages d’ailleurs nous avons décidé d’agir immédiatement, de ne pas attendre l’aide internationale, c’est la raison pour laquelle nous avons mis sur pied une aide d’urgence pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Les premiers vivres ont été attribués, j’ai tenu à superviser moi-même cette première phase de distribution mais également de m’enquérir directement auprès de ces familles des difficultés qui sont les leurs. J’ai tenu à les rassurer et leur dire que nous sommes à leurs côtés pour les aider à traverser cette épreuve mais également que le gouvernement dans son ensemble, est mobilisé et travaille d’arrache pied pour mettre en place des moyens d’accompagnement et de soutien durable.

Monsieur le Ministre ne pensez-vous pas que c’est une forme d’échec pour le gouvernement auquel vous appartenez de ne pas avoir su anticiper cette crise ? On a l’impression que vous vous seriez réveillés un beau matin et que vous vous seriez rendus compte que les populations de l’intérieur souffraient de la sécheresse ?
C’est vraiment grotesque ! Cette crise, nous l’avions annoncée : les dangers qui se profilaient étaient connus, et le gouvernement a agit en conséquence puisqu’un premier appel à la solidarité internationale a été lancé en novembre 2010 par le Premier ministre à Genève. Nous demandions 39 millions de dollars pour la mise en oeuvre d’un plan national de lutte contre les affres de la soif sur deux ans (17 novembre 2010-mars 2012, ndlr). Ce plan prévoyait déjà l’assistance à nos populations sinistrées, en termes de santé publique, d’assistance alimentaire et d’approvisionnement en eau. Sur cet appui sollicité, 11 millions de dollars ont pu être récoltés à travers les différentes agences de développement du système des Nations unies. Aussi, vous comprendrez que ce nouvel appel du 14 juillet, est donc, plus qu’un appel à la consolidation, une véritable relance pour mobiliser les ressources additionnelles indispensables pour nous permettre de venir à bout de cette épreuve. D’ailleurs le document humanitaire de consolidation du gouvernement qui a été préparé avec le concours du système des Nations unies n’est qu’une version légèrement actualisée de celle de novembre 2010. A ce propos, permettez-moi de saisir l’opportunité de rendre un hommage appuyé à la représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et coordinatrice du système des Nations unies à Djibouti, Mme Hodan A. Haji-Mohamud, et à travers elle, à toutes les agences du système, qui se sont toutes engagées et mobilisées à nos côtés et ont fait montre d’un appui considérable. Nous travaillons, également sur un autre volet, en étroite collaboration avec ces agences, notamment à mieux préparer l’avenir, en renforçant les moyens de notre pays et plus particulièrement de notre secrétariat exécutif des risques et des catastrophes, à améliorer le système d’évaluation des situations d’urgence et d’information sur l’agriculture, et ainsi lui permettre d’estimer avec plus d’exactitude les besoins en aide alimentaire et autres, facilitant par là même, aux secours d’urgence de parvenir jusqu’aux régions et aux groupes qui en ont le plus besoin dans les meilleurs délais. Concrètement, nous avons dans une première phase mis sur pied un groupe d’experts constitué de plusieurs partenaires. Ce dernier travaillera sur les normes de pratique dans les évaluations de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire, et sur l’élaboration de systèmes d’information en direct pour diffuser l’information sur les régions vulnérables, les évaluations des besoins et l’impact des interventions d’aide aux différents services concernés. C’est un vaste chantier mais il est primordial de le mener à bien, des situations pénibles pouvant être ainsi évitées.

Pensez-vous réellement qu’il soit possible d’anticiper et donc de prévoir ces fléaux ?
La nature étant ce qu’elle est, il sera toujours difficile d’évaluer précisément la pluviométrie attendue d’une année à l’autre. Mais on peut sérieusement penser, à l’aune des données de ces trois dernières décennies, qu’il pleuvra, dans nos contrées de moins en moins… Ce constat s’impose : les sécheresses sont de plus en plus régulières et de plus en plus dures avec le temps. Les climatologues expliquent d’ailleurs ce bouleversement météorologique par le phénomène du réchauffement de la planète : les pluies sont de moins en moins importantes, le sol n’est plus en mesure de conserver cette humidité, ce qui a pour conséquence que nos nappes phréatiques se remplissent moins. Le phénomène serait dû en partie à El Niño, un courant chaud venu de l’océan Indien ; et plus l’océan est chaud, comme c’est le cas sous nos tropiques, moins il y a d’évaporation et donc moins de pluie. Il faut se faire une raison et ne plus se cacher la vérité. Je crois qu’il ne serait pas inutile, après avoir jugulé cette crise, que nous ouvrions un large débat national, une réflexion sur cette problématique de l’eau : comment mieux préserver et mieux valoriser cette richesse inestimable ? Ce qui est certain c’est que nous devrons tous faire des efforts, mais je suis confiant, des solutions locales existent, et il nous appartient de les rechercher ensemble.

Vous avez lancé en compagnie des ministres concernés un appel à la solidarité nationale à l’endroit des commerçants de la place ? Comment comptez-vous utiliser les fonds récoltés à travers cette vaste campagne ?
Effectivement, nous avons tenu une réunion avec la communauté djiboutienne des affaires et les ministres concernés à la Chambre de commerce pour sensibiliser les acteurs économiques locaux sur la situation tragique que vivent une partie de nos compatriotes. Je suis heureux de vous annoncer, que la générosité des commerçants locaux ne nous a pas fait défaut. Le chef de l’État a décidé que le gouvernement devait faire le premier geste, c’est ainsi qu’une première contribution de l’État de 1,2 million de dollars a été effectuée, elle va nous permettre de répondre aux urgences. Je tiens par ailleurs, à le souligner, le président de la République, a fait un geste exemplaire, en ayant été, le premier à contribuer sur ces deniers personnels, à l’effort de solidarité demandé, à tout un chacun, pour venir en aide aux poches les plus vulnérables de notre communauté. Pareillement je voudrais mettre en lumière l’engagement solidaire de la première dame ainsi que de l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD), elles ont répondu immédiatement à l’appel. Elles ont versé sur le compte ouvert à cet effet à la BCIMR/BRED, 60 millions de francs. Je dois dire que ces gestes, ont fait boule de neige ! Nous nous félicitons de l’attention que les Djiboutiens ont accordé à cet appel crucial. Cela prouve, que dans les moments les plus difficiles, notre population sait se montrer soudée et affronter solidairement les défis. Nous pouvons nous en réjouir car c’est une grande fierté pour notre pays.

Comment cet argent va être utilisé ?
Tout d’abord permettez-moi de vous dire que cela se fera de la manière la plus transparente possible : nous avons mis en place très rapidement un comité de pilotage, comprenant tous les ministères concernés, les principaux services clés de l’État, des membres de la société civile et le PAM, afin de coordonner les efforts de lutte. Nous avons rapidement entrepris les premières actions. Pour aller vite, nous avons procédé à un appel d’offre aux principaux commerçants-importateurs de la capitale afin de procéder à l’achat sur place de denrées alimentaires et autres produits de première nécessité, pour assurer les premiers secours. Dans une seconde étape nous avons lancé une large opération d’approvisionnement en eau. Des équipes mobiles vont sillonner les sites touchés de l’arrière pays afin de réparer là où c’est nécessaire les forages, et là où, c’est l’eau qui fait défaut, d’en acheminer par camions citernes, aussi bien pour les populations nomades touchées mais également pour leur cheptel. Il nous importe de sauver le mode de vie pastoral. C’est la raison pour laquelle il faut sauver leur capital, leur bétail et donc ce qui constitue de fait leur identité. Il est important de ne pas les déraciner de leur terroir, il est primordial de leur apporter assistance là où ils vivent. Nous voulons éviter de provoquer un exode rural, aux conséquences à long terme, encore plus dramatiques pour eux. Car faute à une absence de pâturages, ils ont connu une surmortalité phénoménale de leur cheptel : les données à notre disposition font état de pertes allant entre 70 et 100%. Comment pourraient-ils produire avec une telle hécatombe ? Ils ont perdu les économies de toute une vie ! Auparavant, il faut savoir qu’en période de disette, nos nomades avaient pour habitude d’acheter des aliments pour nourrir leur bétail, à défaut de pâturages, aujourd’hui ce n’est plus possible, les prix du marché sont inabordables ce qui les a malheureusement obligés à rester les bras croisés, et à regarder impuissants périr leurs bêtes, les unes après les autres. Ce n’était pas acceptable. Il fallait lutter contre la fatalité et rendre, l’espoir à nos populations. C’est la raison pour laquelle nous avons imaginé, un projet pilote d’aide à l’intention de ces populations vulnérables. Sur la base des rapports et des évaluations qui ont été réalisées conjointement par les conseils régionaux et les préfets des régions touchées nous avons sélectionné, dans un premier temps, 300 familles issues des régions les touchées, chacune d’entre elles, s’est ainsi vue remettre 20 têtes de petits ruminants. Une seconde campagne est prévue mais compte tenu de la canicule nous avons décidé de reporter cette forme d’appui à peu plus tard, lorsque le climat sera plus clément, sans doute vers la fin de l’année. Pour rien vous cacher nous sommes pas peu fiers de ce dernier projet car il permet aux familles de se reconstruire à partir de ce qu’ils savent le mieux faire, c’est un gage de succès pour l’avenir, mais aussi surtout car cela leur évite, l’exode rural, et donc d’avoir à grossir les rangs des bidonvilles périurbains avec tous les maux que cela peut impliquer pour eux, au-delà d’un déracinement certain.
La troisième action, qui a été lancée, aura été celles d’unités mobiles et médicales qui viennent en appui au programme nutritionnel national. Elle est vitale ! Des pics en matière de malnutrition ont été signalés chez les plus jeunes, ceux-ci sont la conséquence directe, à la fois de la réduction des apports caloriques et l’absence d’une alimentation variée. Elles ont entrainé un état de malnutrition et de carence en oligoéléments aigue chez nos enfants. C’est la raison pour laquelle il a été décidé de porter une attention particulière à cette maladie en forte propagation. C’est ainsi qu’une cellule mobile de veille aux malades, surtout parmi les plus jeunes enfants qui sont affaiblis par la malnutrition, a été mise sur pied puisque ce dernier élément est souvent précurseur de l’apparition de foyers de maladies, telles que le choléra, la diarrhée, ou bien encore la rougeole. J’ajouterais que nous sommes d’autant plus prudents qu’un cas de choléra a été diagnostiqué, à Dikhil. Je sais que mon collègue à la Santé, M. Ali Yacoub, a pris cette information très au sérieux : il a diligenté un programme de vaccination et de traitement. Ses services concernés sont à pied d’oeuvre afin de prévenir une nouvelle calamité. Comme vous le voyez, c’est l’ensemble du gouvernement qui est mobilisé. Enfin, la dernière action engagée concerne l’appui aux éleveurs, qui sont, selon moi, les plus durement touchés par la sécheresse. Il s’agit de leur fournir du fourrage, de l’eau, et des soins vétérinaires pour éviter que des épidémies ne déciment plus encore leurs troupeaux. Vous comprendrez bien qu’il nous importait d’agir sur les zones sinistrées le plus rapidement possible. Dans une seconde phase nous allons essayer de soutenir les populations déplacées vivant dans les zones périurbaines afin qu’ils puissent eux aussi, passer ce mois de ramadan dans des conditions décentes.

A combien estime le gouvernement les populations touchées ?
On estime à un peu près à 120 000, le nombre de personnes atteints par la sécheresse dans les régions de l’intérieur, même s’il nous a été amené de constater que les zones périurbaines autour de la capitale sont également touchées, comme je le disais précédemment. Il faut bien comprendre, c’est un cycle infernal : sécheresse, mauvaises récoltes, perte de bétail, et si ce n’était pas suffisant, flambée des cours des principales denrées alimentaires de première nécessité, c’est la conjugaison de tous ces malheurs qui a engendré une véritable insécurité alimentaire. Une situation sans précédent ! Comme vous le savez nos populations sont habitués à vivre avec les affres de la soif et s’organisaient dans la gestion de leur quotidien afin d’y faire face dans la vie de tous les jours. Mais ces effets conjugués leur ont porté un rude coup. Plus encore, ce qui rend la situation plus critique, c’est que les populations rurales ne peuvent plus compter sur le soutien et la solidarité de leurs proches travaillant dans la capitale, eux-mêmes étant durement touchés par le coût exorbitant des denrées de base. Je me répète mais c’est réellement une situation inédite à laquelle nous sommes confrontés ! Vous le savez bien, lorsqu’il pleut, les nomades vivent et cela se voit : les petits ruminants mettent bas, lorsqu’ils ont du pâturage, les nomades s’autosuffisent. Ils produisent du lait, du beurre, ils vendent si le besoin s’en fait ressentir une partie de leur cheptel. C’est ainsi qu’allait la vie il y a encore peu. Ce n’était déjà plus le cas depuis ces deux ou trois dernières années ! C’est à l’aune de cette situation difficile que nous avons pris, il y a de cela quelques mois, des mesures immédiates afin d’assister les nomades et leur permettre de passer ce cap difficile, notamment avec la mise en oeuvre d’un programme dénommé Emergency Program, avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM), et qui a consisté à soutenir 60 000 personnes, en leur fournissant une dotation alimentaire mensuelle.

Est–il vrai que le gouvernement a pris la décision d’ouvrir un nouveau camp de réfugiés dans la localité de Holl Holl ?
La situation de la Somalie, est malheureusement toujours aussi instable : nos frères somaliens sont victimes d’une sécheresse record, mais plus encore, fragilisée par un interminable conflit fratricide. Ils sont donc doublement victimes. Nous sommes très touchés par leur sort, d’ailleurs beaucoup d’entre eux, fuient la guerre, et essaient de se rendre dans les pays limitrophes que sont l’Éthiopie, le Kenya et Djibouti. Mais le camp d’Ali Addeh est surchargé, il a été initialement prévu pour accueillir 15 000 personnes, aujourd’hui il en compte près de 18 000. Tous les jours il faut faire face à de nouveaux arrivants (350/mois selon Drought Appeal 2011, ndlr), qui viennent trouver refuge dans notre pays. Il était urgent de le désengorger, et surtout d’anticiper sur le risque qui est grand, de voir arriver, à moyen terme, un afflux de réfugiés plus important. Par ailleurs nous tenons également à endiguer un phénomène inquiétant qui commence à prendre de l’ampleur : la présence d’une population flottante de plus en plus importante dans les rues de la capitale. Vous conviendrez que la vie dans les villes pour les réfugiés et les demandeurs d’asile n’est pas des plus adaptée, elle comporte de nombreux défis : ils y rencontrent des obstacles quotidiens pour gagner leur vie et se nourrir. Sans compter qu’ils sont confrontés à une procédure longue pour obtenir le statut de réfugiés et à des difficultés pour accéder aux services publics d’éducation et de santé. C’est de notre devoir de tout faire pour améliorer les conditions de vie de ces populations meurtries et déplacées. Mais cet élan de compassion, de solidarité ne peut justifier que des populations réfugiées dorment, vivent et errent dans la capitale sans toit et assistance. Il ne sera plus toléré dès l’ouverture de la structure de Holl Holl (courant octobre 2011, ndlr) que les personnes réfugiées sur notre sol élisent domicile sur les trottoirs, ce qui par ailleurs, pose évidemment un problème de sécurité et de salubrité publique. Je suis convaincu que cette nouvelle unité d’accueil du Haut commissariat aux réfugiés, permettra d’apporter des solutions plus appropriées pour soulager cette souffrance humaine. Tous les réfugiés accueillis dans le camp bénéficieront de moyens d’existence plus solides, d’activités éducatives, ou de formations débouchant sur l’autosuffisance, et surtout de plus de sécurité. Mais tout ceci n’aurait pas été possible sans le soutien constant de la représentante du HCR à Djibouti, Mme Marie-Antoinette Okimba-Bousquet, à laquelle je tiens à rendre hommage pour ses efforts multiples pour soutenir ces personnes, doublement victimes d’une sécheresse effroyable et d’une guerre sans fin. Enfin permettez-moi d’ajouter que les Djiboutiens, veulent exprimer en ce mois de ramadan, à travers ce nouveau dispositif, qui augmentera considérablement la capacité d’accueil de notre pays, notre solidarité avec tous les peuples de la Corne.
Mahdi A.

 
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