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Les ministrables et les pronostics…
 

Depuis la réélection du président Ismail Omar Guelleh à la magistrature suprême pour un quatrième mandat le 8 avril dernier, les Djiboutiens spéculent sur la liste des futurs membres du gouvernement. Dans les mabrazes, dans les restaurants et autres lieux de rencontre, il est question des pronostics des ministrables. Sur les réseaux sociaux, les noms circulent. Les postes ministériels sont attribués au gré des connaissances et des accointances. Untel sera nommé à l’éducation, celui-là à la santé, celle-là aux affaires étrangères, etc. Si bien qu’une liste complète du prochain gouvernement est crée, décriée et renouvelée constamment. Par le temps qui court, tout Djibouti est ministrable. Certains ont déjà commandé des costumes sur mesure, tandis que d’autres attendent avec impatience l’heure fatidique pour voir si leur sort est scellé. Qui sort ? Qui est pressenti ? Tout Djibouti bruit de rumeur ces derniers temps sur la composition du futur gouvernement.
Une question se pose : mais diable pourquoi un engouement pareil pour une responsabilité lourde et combien difficile à exercer ? N’est-il pas possible de servir son peuple et son pays à des échelles plus basses. Le titre « excellence » fait-il seulement tourner la tête aux candidats ministre de ces temps-ci. Non il n’y a pas seulement ça qui fait courir bon nombre de nos compatriotes. Être ministre de la république, il y a de nombreux avantages qui vont avec. En fait c’est toute la vie de la personne concernée qui prend une autre tournure. Une rémunération élevée, justifiées par les responsabilités et la charge de travail considérable d’un membre du gouvernement. Un grand logement de fonction auquel il faut ajouter une voiture de fonction, plus chauffeurs et gardes du corps. La gratuité de l’eau et de l’électricité. Et puis quoi d’autre ? Et bien chez nous, être ministre, c’est parfois aussi se servir avant de servir les autres. Ses proches, ses cousins, sa famille et même sa tribu… C’est ériger plusieurs villas en un temps record. Amasser une fortune insolente. Bref un bon ministre de chez nous a le bras long et un appétit vorace pour tout.
Pourtant être ministre c’est être au service de la République, de ses institutions, de son peuple. C’est faire preuve d’une exemplarité sans faille. C’est être à l’écoute de la population dans sa diversité et singularité. C’est protéger les deniers publics et autres patrimoines de l’État. C’est d’être rassurant et promouvoir l’égalité des chances. C’est enfin adopter un code de bonne conduite.
Depuis l’investiture du président , le dimanche 8 mai, la nomination des nouveaux membres du gouvernement est une question d’heures. Ce temps semble long pour nos politologues du vendredi qui ont épuisé tous les scénarios possibles du prochain gouvernement. Un gouvernement de combat imaginent certains, qui aura la charge de renforcer les institutions, combattre la corruption et redistribuer les fruits de la croissance. Un gouvernement de consensus pour d’autres, qui aura pour mission de rassembler les Djiboutiens autour des valeurs du travail, du mérite, de la fraternité et de l’égalité des chances. « En découvrant la liste de ce gouvernement, nous pourrons faire une lecture des priorités accordés au nouveau mandat du président Guelleh » commente Farhan, un expert en politique nationale.
Pour monsieur tout-le-monde, la date fatidique est déjà fixée, c’est le jeudi 12 mai et certains brouteurs occasionnels ont déjà commandé leur khat pour bien analyser les profils des entrants ce jour là dans les mabrazes.
En tout cas il se murmure ici et là que presque la totalité des membres de l’actuel gouvernement ne sera pas reconduite. De nouvelles têtes vont émerger, avec de nouvelles priorités.

Ah ! « ministrature » quand tu nous tiens !
Quoiqu’il en soit, à Djibouti et nulle part ailleurs, tout le monde ne peut devenir ministre, mais tout le monde peut en rêver, jusqu’à ce que le président dévoile la composition de son gouvernement et ce jour là il y aura certainement de nombreuses surprises.

Kenedid Ibrahim Houssein

 
Commentaires
Les ministrables et les pronostics…
Le 10 mai 2016, par Abdourahman MOHAMED MIYIR.

Excellent article
j’espere que tout le monde va réagir à cet article

 
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