La société Great Horn Investment Holdings (GHIH), jusqu’ici constituée sous la forme d’une société par actions simplifiée (SAS), est devenue le 24 août une société anonyme (SA). Son capital reste partagé entre l’Autorité des ports et des zones franches (APZF) de Djibouti, à hauteur de 60 %, et le Fonds souverain de Djibouti pour 40 %. Cette transformation s’accompagne de la mise en place d’un conseil d’administration et de la nomination d’une nouvelle direction.
L’APZF est représentée par son président, Aboubaker Omar Hadi, le secrétaire général de la Présidence, Mohamed Abdillahi Wais, ainsi que Nasro Habib Ibrahim, directrice générale du Fonds de développement économique de Djibouti. Le Fonds souverain de Djibouti est représenté par Hassan Issa Sultan, inspecteur général de l’État, et Deka Ismail Ali, directrice du contrôle et de l’inspection des entreprises publiques au sein de l’Inspection générale de l’État.
L’assemblée générale a également arrêté la composition du conseil d’administration. Celui-ci comprend Aboubaker Omar Hadi, Nasro Habib Ibrahim, Simon Mibrathu, secrétaire général du ministère du Budget, Hassan Issa Sultan, Mohamed Abdillahi Wais, Ahmed Osman Ali, gouverneur de la Banque centrale de Djibouti, et Deka Ismail Ali.
Le nouveau conseil a ensuite procédé à deux nominations importantes : celles de Nasro Habib Ibrahim à la présidence du conseil d’administration et d’Omar Aden Obsieh à la direction générale de la société.
Ce nouvel équilibre appelle toutefois une lecture politique prudente. Aboubaker Omar Hadi demeure président de l’APZF, actionnaire majoritaire de GHIH, et siège au conseil d’administration : il serait donc excessif de parler à ce stade d’une véritable mise à l’écart. Mais le fait qu’il ne prenne pas la présidence de la nouvelle SA, confiée à Nasro Habib Ibrahim, peut néanmoins être interrogé. S’agit-il seulement d’une réorganisation institutionnelle et d’une meilleure répartition des responsabilités entre les structures publiques, ou faut-il y voir l’un des premiers mouvements d’un repositionnement plus large des centres de décision ? Les premières pièces se mettent-elles déjà en place sur l’échiquier de l’après-Guelleh ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer, mais la nouvelle architecture de GHIH donne à cette question une résonance particulière.
Cette transformation de la forme juridique n’entraîne pas la création d’une nouvelle personne morale. Great Horn Investment Holdings conserve donc sa personnalité juridique, son patrimoine, actif et passif, ainsi que l’ensemble de ses engagements. Ses contrats, participations et contrats de travail se poursuivent également de plein droit conformément au Code de commerce.
Cette réorganisation marque surtout une institutionnalisation plus poussée de la gouvernance de GHIH, désormais structurée autour d’un conseil d’administration réunissant plusieurs hauts responsables de l’État et des principales institutions publiques concernées. Elle souligne également le caractère stratégique de cette holding, située à l’intersection de la gouvernance portuaire, du Fonds souverain, du ministère du Budget, de la Banque centrale, de la Présidence et des organes de contrôle de l’État.
Mahdi A.
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