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Table ronde de l’UE sur les migrations
 

L’évènement a été co-présidé par Mahamoud Ali Youssouf, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, et Joseph Silva, ambassadeur de l’Union européenne, avec la participation de l’ambassadeur d’Allemagne, Wolfgang Piecha, ainsi que des secrétaires généraux des ministères de l’Intérieur et de la Santé et le coordinateur national pour la migration.

Les principaux points de l’intervention de Joseph Silva
En 2014, 22 000 personnes originaires de la Corne de l’Afrique ont obtenu asile ou protection dans l’UE. En 2014, 92 000 migrants originaires de la Corne de l’Afrique sont arrivés au Yémen depuis Djibouti et la Somalie. La guerre au Yémen n’a pas arrêté ce flux (37 000 personnes au 1er semestre 2015), avec de nombreux cas d’exploitation en route et à destination
Depuis 15 ans, 22 000 de personnes se sont noyées en mer Méditerranée en fuyant les conflits et/ou la pauvreté. Pour 2014 on estime à 3600 le nombre de personnes ayant péri en essayant d’entrer dans l’UE par la mer, soit 300 personnes par mois, 10 personnes par jour !
L’UE a consacré plus d’un milliard d’euros entre 2004 et 2014 au financement de quatre cents projets, dont la moitié en Afrique, dans le domaine de la migration. L’UE ne découvre pas le problème de la migration, elle met en œuvre une coopération gagnant – gagnant avec l’Afrique depuis de nombreuses années. Depuis le début du conflit en Syrie, l’UE a consacré plus de trois milliards d’euros à l’aide humanitaire et l’assistance à la stabilisation de la Syrie et de ses voisins.
La migration est un axe important de la programmation du Fonds européen de développement 2014-2020, nationale (notamment avec Maroc, Nigéria, Éthiopie, Niger), régionale (25 millions d’euros dans une enveloppe transrégionale) et panafricaine (344 millions d’euros avec l’instrument de coopération au développement). L’identification des priorités pour la programmation est faite en accord avec les pays et régions concernées ainsi que l’Union africaine.

Plusieurs projets de l’UE dans ce domaine bénéficient à Djibouti, dont l’UNODC sur la justice pénale contre le trafic des migrants (850 000 euros), l’OIM sur les enfants migrants dans le golfe d’Aden (1 200 000 euros), ainsi que la formation de gardes-côte par EUCAP Nestor.

Lancé en novembre 2014 à Rome sur le modèle du processus de Rabat, le processus de Khartoum est un mécanisme pour améliorer le dialogue sur tous les aspects de la migration et pour identifier des priorités communes en vue de mettre en œuvre des coopérations opérationnelles. Les membres africains sont Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tunisie + Commission de l’UA. Djibouti n’a pas présenté de projet pour l’instant. La prochaine réunion au niveau « hauts fonctionnaires » est prévue le 24 novembre 2015 à Londres. L’UE salue la mise en place à Djibouti d’un groupe de travail interministériel sous la responsabilité d’un coordinateur national.

Les instruments existants pour financer le processus de Khartoum sont le programme panafricain de 17,5 millions d’euros et l’instrument de coopération au développement, de 15 millions d’euros. S’y ajoute le Fonds fiduciaire d’urgence avec 1,8 milliard d’euros dont la première tranche de 450 millions d’euros prévoit 150 millions d’euros pour la Corne de l’Afrique, avec des projets de prévention de la migration irrégulière par le développement économique, l’intégration, la résilience, etc. La première rencontre du comité opérationnel aura lieu en décembre 2015. Le principe est la sélection sur la base de la qualité des projets.
Djibouti a vocation à devenir un partenaire actif du processus de Khartoum et à bénéficier des outils de soutien qui lui sont associés, notamment le fonds fiduciaire d’urgence. Il est urgent pour Djibouti d’identifier des propositions concrètes en ligne avec les priorités du processus de Khartoum.

Le sommet de Malte verra l’adoption de deux textes : une déclaration politique et un plan d’action conjointe dont les grands axes seront :
- augmenter les bénéfices des migrations légales et combattre les migrations irrégulières (économie locale, transferts de fonds, commerce intra-africain) ;
- soutenir la migration légale (plus de bourses d’études et d’échanges académiques, plus d’offres légales d’immigration) ;
- renforcer la protection des réfugiés ; et combattre plus efficacement le trafic d’êtres humains, en développant les plans régionaux et nationaux.
Le sommet de Malte sera l’occasion de montrer que l’UE et l’Afrique sont prêtes à prendre des engagements réciproques, y compris sur des sujets sensibles comme la réadmission.

 
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