Communiqué du Committee to Protect Journalists [1].
Le 13 août, des hommes masqués portant des uniformes militaires auraient enlevé Yonas Amare, qui travaille pour le journal privé The Reporter, à son domicile de Sheger City, dans la banlieue de la capitale Addis-Abeba, selon plusieurs médias et collègues, qui se sont entretenus avec le CPJ sous couvert d’anonymat invoquant des raisons de sécurité. Selon The Reporter, des témoins oculaires ont déclaré que les hommes qui ont enlevé Yonas ont d’abord confisqué les téléphones portables dans le quartier, ordonnant aux habitants de rester chez eux. La police d’Addis-Abeba a déclaré à The Reporter qu’elle ne détenait pas Yonas. On ignore toujours où il se trouve [2].
« L’Éthiopie, un pays qui a déjà un bilan médiocre en matière de liberté de la presse, devient de plus en plus hostile aux journalistes », a déclaré Muthoki Mumo, coordinatrice du programme Afrique du CPJ. « Les autorités doivent enquêter de toute urgence sur l’enlèvement de Yonas Amare, traduire les auteurs en justice et libérer sans condition les journalistes Khadar Mohamed Ismael et Aduselmed Mohammed. »
Le 5 août, la police de la région somalienne d’Éthiopie a arrêté Khadar, journaliste à la télévision régionale somalienne (SRTV), propriété de l’État. Il est toujours derrière les barreaux sans avoir été officiellement inculpé, selon un reportage du média en ligne VOSS TV et un proche de Khadar qui s’est entretenu avec le CPJ sous couvert d’anonymat invoquant des raisons de sécurité.
Le 9 août, Khadar a comparu devant le tribunal sans représentation juridique et a été interrogé au sujet d’une publication datée du 4 août et supprimée depuis sur la page Facebook de SRTV, concernant des membres de la communauté locale qui critiquaient le gouvernement, selon un proche.
Le 11 août, Abdulsemed, qui anime une émission économique sur la radio privée Ahadu Radio et gère la chaîne YouTube Salon Tube, a disparu à Addis-Abeba après avoir reçu les résultats d’un examen du permis de conduire, selon des informations parues dans la presse, une déclaration de sa société de production media et un proche d’Abdulsemed, qui s’est entretenu avec le CPJ sous couvert d’anonymat, invoquant des raisons de sécurité. Abdulsemed a été vu le 14 août en compagnie de policiers qui ont perquisitionné son bureau dans le quartier de Haya Hulet Mazoria à Addis-Abeba, selon ce proche et un communiqué de sa société de production. On ignore où il se trouve actuellement.
Le CPJ n’a pas reçu de réponse aux questions envoyées via une application de messagerie à la police fédérale et à la police d’Addis-Abeba, ni du bureau des communications de la région somalienne.
[1] Voir en ligne sur le site du CPJ : « Ethiopian journalist abducted by masked men ; 2 others detained », 20 août 2025.
[2] Voir sur le site de The Reporter : « Ethiopian Reporter’s Yonas Amare Abducted by Masked Men », 16 août 2025.