Human Village - information autrement
 
Les antilopes à Djibouti
par Houssein Rayaleh, décembre 2021 (Human Village 43).
 

Le territoire de Djibouti, d’une superficie de 23 200 km2, est composé à 90% d’espaces désertiques. Il est situé dans la dépression de l’Afar, une branche de la vallée du Rift. Les paysages sont composés de montagnes et de plateaux rocheux, de vallées sèches profondes et de plaines, avec des élévations allant de 155 m sous le niveau de la mer, au lac Assal le point terrestre le plus bas d’Afrique, à 2021 m au mont Moussa Ali. Malgré ces conditions climatiques extrêmes, de semi-arides à arides, le pays est caractérisé par une grande variété d’écosystèmes terrestres et marins qui abritent des espèces rares de faune et de flore, peu ou pas encore étudiées.

Gazelle de Soemmerring au Grand Barra
photo D. Mallon

Les informations sur les antilopes proviennent d’East (1999), et de la vaste enquête sur la faune de Djibouti (Künzel et al., 2000 ; Laurent et Laurent, 2002), qui a fait le point sur la situation des mammifères à Djibouti. Il n’y a pas eu de recherche scientifique détaillée sur les antilopes de Djibouti, à l’exception du Dorcatragus megalotis de Beira [1].

Situation actuelle
Bien qu’il n’y ait pas eu d’enquêtes ciblées, on peut dire que les antilopes sont largement réparties dans le pays. On en trouve jusque dans des zones proches des habitats humains, y compris Djibouti-ville et les autres villes et villages. Cette « conservation naturelle » sans intervention humaine est liée à la pratique djiboutienne, marquée par un mode de vie pastoral, où l’on ne chasse ni ne piège les animaux sauvages pour se nourrir. On y trouve actuellement sept espèces d’antilopes, dont certaines sont endémiques à la Corne de l’Afrique. Deux autres espèces, le petit koudou Tragelaphus imberbis et le grand koudou Tragelaphus strepciseros, étaient autrefois présentes dans la partie sud du pays, mais il n’existe aucune trace récente de leur présence.

Gerenuk
photo Houssein Rayaleh

Descriptif rapide de la situation des antilopes à Djibouti [2]
 Gazelle de Soemmerring Nanger soemmerringii
On les trouve en savane, dans tout le pays, y compris les plaines du Grand Barra, de Petit Barra, de Goba’ad, du Hanle, de Doda, d’Andaba, les plaines du nord-est et le plateau de Gouda.
 Gazella Dorcas
Répandues dans les collines, les plaines et la brousse. On en rencontre jusqu’à 155 m au-dessous du niveau de la mer dans la dépression du lac Assal.
 Gerenuk Litocranius walleri
Se trouvent dans de petites zones d’Acacia-Commiphora au sud du pays.
 Oryx beisa
Connu sur le plateau de Gammaré, à l’est de Djibouti, à la frontière avec l’Éthiopie.
 Klipspringer Oreotragus oreotragus
Se trouvent dans le Gouda, les Mablas et généralement les montagnes au nord du golfe de Tadjoura, y compris la forêt protégée du Day.
 Beira Dorcatragus megalotis
Se trouvent uniquement dans les montagnes autour d’Assamo, à la frontière avec l’Éthiopie et le Somaliland. Cette zone constitue la limite nord-ouest de leur aire de répartition.
 Dikdik de Salt Madoqua saltiana
Se trouvent en particulier dans les zones de buissons et de broussailles.

Klipspringer
photo Houssein Rayaleh

Données récentes
Des enregistrements opportunistes d’espèces d’antilopes observées ou signalées par les habitants ont été collectés lors des expéditions de terrain de l’Association Djibouti Nature pour des recherches scientifiques ou des excursions ornithologiques d’avril 2012 à mars 2020. Étant donné que ces données ont été recueillies de manière irrégulière et que la collecte a été rapide et surtout soumise à une limitation de temps, je ne suis pas en mesure de formuler des estimations de population. Cependant, ces résultats peuvent suggérer que la population de cinq des sept espèces d’antilopes présentes à Djibouti semble diminuer dans la plupart des zones où des observations ont été faites.
Je n’ai pas observé d’antilope de Beira ni d’oryx de Beisa, mais les populations locales confirment que ces espèces sont encore présentes dans leurs habitats naturels, respectivement à Ali-Sabieh au sud et à Dikhil à l’ouest. Cette brève note peut aider à documenter la distribution actuelle des antilopes et fournir une base de référence pour un travail d’inventaire plus détaillé et aider à identifier les zones naturelles qui ont une importance pour la conservation à Djibouti, qui est en plein développement.

Houssein Rayaleh, association Djibouti Nature
Contact : naturedjibouti@gmail.com.
Texte extrait de « Recent sightings of antelopes in Djibouti », GnusLetter, vol. 38, n° 1&2 12/2021, p. 25-30.
Traduction Human Village avec DeepL.

Gazelle Dorcas
photo Houssein Rayaleh
Dikdik de Salt
photo Houssein Rayaleh

Références
 East, R., 1999, African antelope database 1998, IUCN/SSC Antelope Specialist Group, Gland, Switzerland
 Giotto, N., Obsieh, D., Joachim, J. & Gerard, J-F., 2009, « Population size and distribution of the threatened beira antelope Dorcatragus megalotis in Djibouti », Oryx 43 : 552-555.
 Giotto, N., Laurent, A. & Künzel, T., 2013, « Dorcatragus megalotis », in J. S. Kingdon et M. Hoffmann (éd.). The Mammals of Africa. VI. Pigs, Hippopotamuses, Chevrotain, Giraffes, Deer, and Bovids, p. 315-318. Bloomsbury Publishing, London, UK.
 Heckel, J-O., Rayaleh, H.A., Hammer, S., Hammer, C. & Künzel, T. Status of the Beira antelope (Dorcatragus megalotis) in the Republic of Djibouti, International Symposium on the Ecology and Conservation of Mini-Antelope Blue Bay Beach Resort, Kiwengwa, Zanzibar 17-19/2/2004.
 Künzel, T., Rayaleh, H.A. & Künzel, S., 2000, Status Assessment Survey on Wildlife in Djibouti. Final Report, Zoological Society for the Conservation of Species and Populations (Z.S.C.S.P.) and Office National du Tourisme et de l’Artisanat (O.N.T.A.).
 Künzel, T. & Künzel, S., 1998, « An overlooked population of the beira antelope Dorcatragus megalotis in Djibouti », Oryx 32:75-80
 Laurent, A. & Laurent, D. , 2002, Djibouti : Les mammifères d’hier à aujourd’hui pour demain, Beira, Toulouse.


[1Künzel & Künzel, 1999 ; Heckel et al. 2004, Giotto et al. 2009, 2013

[2Cette description est basée sur Kunzel et al. (2000), Laurent et Laurent (2002), et quelques observations récentes.

 
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