Human Village - information autrement
 
Sabotages de la voie ferrée Djibouti - Éthiopie
par Mahdi A., juillet 2021 (Human Village 42).
 

Selon des informations recueillies auprès de plusieurs sources, la voie de chemin de fer reliant Djibouti à l’Éthiopie a été sabotée en plusieurs endroits à proximité de Shinileh, rendant la circulation des trains de marchandises et de passagers momentanément impossible. Sur des vidéos en ligne, on aperçoit de jeunes hommes qui desserrent des boulons pour désassembler éclisses et rails, ce qui pourrait entraîner le déraillement d’éventuels trains qui circuleraient. A d’autres endroits, d’énormes pierres ont été posées sur la voie.

Un conflit local en Éthiopie
Ces sabotages interviennent deux jours après l’attaque, samedi 24 juillet, de la localité de Garba Issa/ Gadamaytou par des hommes armés venus de la région Afar afin de déloger par la force les habitants, majoritairement Somalis, de cette ville.
Cette zone frontalière entre les régions Afar et Somalie en Éthiopie est revendiquée par les deux communautés qui se sont affrontées à de nombreuses reprises par le passé pour la possession de ce territoire. Le différend est si profond que, lors des législatives, les trois localités contestées n’ont pas participé au scrutin pour éviter d’exacerber les conflits. Il n’a pas été possible de trouver un accord sur la région administrative qui serait en charge de compter les bulletins.

Ces sabotages cherchent à mettre le pouvoir éthiopien sous pression pour l’amener à intervenir rapidement et régler ce différend frontalier qui oppose depuis 2014 les deux États régionaux.

Un premier coup de semonce avait été adressé la veille à Addis Abeba avec le blocage d’un tronçon du corridor routier Galilé - Dire Dawa. D’importantes quantités de terre ont été déversées sur la route rendant la voie impraticable depuis hier après-midi. Les fruits et légumes importés par camions de marchandises d’Ethiopie tous les lundis matin n’ont pas pu l’être ce lundi 26 juillet du fait de ces blocages de protestation pour dénoncer l’inaction du gouvernement fédérale contre les violences dont ils sont victimes. En sabotant à la fois la voie ferrée et le corridor routier, ces jeunes originaires de la région Somalie espèrent attirer l’attention d’Addis Abeba de manière plus convaincante.
Quelques clés à molette pour dévisser les boulons suffisent à mettre une voie ferrée de 4 milliards de dollars complètement à l’arrêt. Ce sabotage, bien que rudimentaire, a suffit à interrompre la circulation des trains dans les deux sens.

Est-il possible que ce mode d’action de protestation fasse des émules, notamment ceux qui voudraient peser dans d’autres négociations, par exemple entre le gouvernement fédéral et le Tigré ?

Mahdi A.

 
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