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Lanceurs d’alerte en danger
 

Fathi Mohamed Guelleh est un patriote qui aime son pays. Homme de caractère, intelligent, doté d’une grande culture générale et passionné de lecture. C’est à la fois un homme engagé et un natif du quartier 4, où toutes les composantes nationales cohabitent dans un brassage multiculturel, et que tous les Djiboutiens connaissent bien.
Toutefois, Monsieur Fathi est un patriote lucide et pragmatique, plus réformateur que révolutionnaire. Il est convaincu qu’il faut servir le pays au lieu de s’en servir. Il a une indépendance d’esprit et un franc parler légendaire dont il ne s’est jamais départi et qui lui valent bien des soucis.
Il a reçu le courrier ce mardi 5 août 2020, une lettre de la direction générale du port lui notifiant « sa suspension jusqu’à nouvel ordre » sans en donner les motifs. Depuis le 5 août, Fathi Mohamed Guelleh ne fait plus partie des effectifs du port. Embauché comme expert à la sécurité, celui qui se décrit comme un « lanceur d’alerte »​ est l’une des rares personnes ayant l’expérience et la compétence en matière de sécurité et des produits toxiques et dangereux. Il ne compte pas en rester là et va contester sa suspension.
« Je m’y attendais et je m’y étais préparé », témoigne Monsieur Fathi. « L’intention de la direction était claire. Les responsables voulaient sortir le lanceur d’alerte. Il ne voulait plus me voir intervenir dans les dossiers ».
Depuis quelques temps, l’homme s’est taillé une réputation de rebelle. Il avait identifié des « anomalies » dans la gestion et les stockages des produits dangereux et explosifs comme les nitrates d’ammoniac ou encore des produits toxiques.
« Il faut respecter les mesures de sécurité et les consignes. Il faut s’inquiéter de ces non-respects des mesures de sécurité pour les usagers et pour les infrastructures ». Ces prises de parole sur les réseaux sociaux, pour alerter l’opinion et la direction du port sur les risques, ont sans doute poussé la direction à se pencher sur son cas. « Ce n’est pas pour moi qu’il faut s’inquiéter mais pour les usagers. Nous prenions trop de risques en ne respectant pas les consignes de sécurité. Le message est clair : il ne faut pas faire de vagues. Mes collègues vont devoir fermer les yeux et ce sera pire qu’avant ».

L’autre personne, c’est le président de la coopérative des pêcheurs d’Obock, Ibrahim Mougaq. Il dénonce depuis quelques années la présence de chalutiers sur les rivages d’Obock et des îles des Sept Frères (Siyan), qui ravagent nos maigres ressources halieutiques et même notre eco-système.
Pourtant le code de pêche djiboutien interdit le chalutage aux larges de nos côtes, et les autorités djiboutiennes devraient tout mettre en œuvre pour l’interdire et pour traduire les auteurs en justice. Au lieu de faire respecter la loi, elles font le contraire et font pression sur le président de la coopérative, Ibrahim Mougaq, qui ne fait que défendre les intérêts des pêcheurs obockois.
Il est dans son rôle et entend défendre les intérêts matériels et moraux des pêcheurs obockois contre les chalutiers interdits. Toute la population de la région d’Obock s’est mobilisée pour le soutenir et pour dénoncer les chalutiers présents sur leur côte.
Il a été arrêté et on lui a intimé de bien vouloir se taire. On lui demande de ne plus dénoncer la présence clandestine des chalutiers.
Inacceptable et intolérable. Ce genre de pratique d’intimidation et de chantage doit cesser et Ibrahim Mougaq doit être libéré immédiatement et sans condition.

Bolock Mohamed Abdou
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Réactions

Communiqué du Model, 16 août
En ligne sur Facebook.

Pêche illégale et illicite aux larges d’Obock : après les chalutiers chinois, la société Djib-Clean s’y met aussi
Depuis quelques jours, les habitants d’Obock, ville littorale située au nord-est de la république de Djibouti, crient haro sur la société Djib-Clean et dénoncent l’inaction et la passivité du gouvernement djiboutien contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Les chalutiers chinois aussi bien que les tapouilles de Djib-Clean continuent leurs pêches clandestines en toute impunité.
En principe, les autorités compétentes qui devraient sanctionner ces pilleurs et protéger nos seules ressources halieutiques ne lèvent pas le petit doigt. Pire, elles vont même jusqu’à arrêter et emprisonner tous les natifs d’Obock qui ont tiré la sonnette d’alarme sur cette exploitation halieutique illégale et absolument inadmissible.
L’action collective doit être la seule réponse à apporter face à la pêche illégale car c’est nous les Djiboutiens qui en payons les frais humainement, écologiquement et même financièrement.

 
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