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Hayat Al-Baidhani voudrait obtenir l’asile au Canada
par Mahdi A., août 2020 (Human Village 39).
 

Une jeune femme de nationalité yéménite, accompagnée d’un enfant, a obtenu l’asile des autorités djiboutiennes. Elle a été mise en sécurité dans un lieu tenu secret sous la protection de la gendarmerie. Elle est arrivée à Djibouti mardi 11 août dernier à 23h50, sur le vol de Qatar Airlines en provenance de Doha. Elle aurait immédiatement déclaré craindre d’être déportée au Yémen. Elle fait état de maltraitance de la part de son ex-mari qatari. Il l’aurait répudiée, condamnant sa façon de s’habiller et le fait qu’elle ne porte pas le voile, puis aurait voulu l’envoyer au Yémen où des Houtis seraient chargés de son exécution contre monnaie sonnante et trébuchante. C’est ainsi qu’elle serait passée par Djibouti, un des rares pays entretenant encore une liaison aérienne avec Aden. Notons que son titre de son séjour qatari a été révoqué sans raison du jour au lendemain, l’influence de son époux n’y serait pas pour rien.
L’histoire pourrait faire penser à un polar américain, mais il semble que les menaces soient réelles. Selon elle, son mari était présent dans le même vol qu’elle. Il aurait bénéficié de la complicité des services consulaires yéménites au Qatar mais aussi à Djibouti pour organiser son transfert au Yémen.
L’affaire a été prise suffisamment au sérieux pour que les plus hautes autorités politiques du pays se soient opposées à son transfert. Après une première enquête dans les locaux de la gendarmerie, elle a été logée à l’hôtel Atlantic en centre-ville sous bonne escorte pour la protéger, puis déplacée dimanche matin dans un lieu tenu secret.
Selon une source informée, Hayat Al-Baidhani aurait en sa possession des vidéos confirmant la réalité des sévices subis, ainsi que des images à caractère sexuel de son ex-mari montrant des actes que la religion musulmane réprouve. La détention de ces éléments nuisibles à sa réputation seraient la cause de l’acharnement de son époux.
Un peu sur le modèle de la jeune adolescente saoudienne, Rahaf Mohamed al Qunun, qui avait lancé un appel au secours depuis la Thaillande à Justin Trudeau dans une vidéo devenue virale, Hayat Al-Baidhani sollicite la même mansuétude pour elle et son enfant au Premier ministre du Canada [1]. Sa demande d’asile au Canada aurait été introduite par le bureau du HCR de Djibouti. Bien que Djibouti ait rapidement pris en charge sa protection, la jeune yéménite craint pour sa vie du fait de la présence de nombreux réfugiés yéménites sur le territoire djiboutien, car certains pourraient soutenir son mari et vouloir s’en prendre physiquement à elle.

Les autorités djiboutiennes se sont honorées en offrant l’asile et l’hospitalité à cette femme et son enfant dans la détresse. Cependant, il est possible que dès que cette histoire sera connue, la situation de Hayat Al-Baidhani fasse des émules chez la gente féminine des pays du golfe. Djibouti agira avec la même compassion pour toutes celles qui viennent trouver refuge et fuient des sévices aussi abominables. Une mise en garde toute de même pour certaines d’entre elles : Saoudiennes mariées à un membre de la famille royale, prière de vous adresser ailleurs. Ici, Mahmoud Ali Youssouf et Dya-Eddine Saïd Bamakhrama, pourraient faire des pieds et des mains pour que l’on vous renvoie au pays de Mohamed Ben Salman Al Saoud, commanditaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Comme dit le dicton, on ne pourra pas dire que l’on ne vous a pas prévenu…

Mahdi A.


 
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