Human Village - information autrement
 
Licenciement d’un enseignant ?
mai 2019 (Human Village 36).
 

Une tempête agite ces derniers jours les réseaux, à propos du sort d’un agent du ministère de l’Education et de la formation professionnelle, Mohamed Moussa Mohamed, contre lequel son employeur a engagé une procédure en radiation de la fonction publique au motif de manquements répétés aux règles en vigueur. Pour ses défenseurs d’autres raisons, discriminatoires, seraient à l’origine de cette sévère sanction. On retiendra que le poids des réseaux sociaux est tel dans notre pays que le directeur de la communication de ce département ministériel, pour tenter de dégonfler la baudruche, s’est fendu d’un communiqué sur la page Facebook du MENFOP pour « clarifier et mettre toute la lumière sur le cas de cet enseignant ». Cette démarche prud’hommale n’est pas commune, mais il faut s’y habituer, le procédé fera florès …

Communiqué du MENFOP [1]

Depuis quelques temps, des informations totalement erronées et foncièrement malintentionnées à l’encontre du MENFOP circulent sur les réseaux sociaux à propos de la situation professionnelle de l’enseignant Mohamed Moussa Mohamed. Face à ces divagations éhontées et calomnieuses , nous avons jugé utile de réagir pour apporter une clarification et mettre toute la lumière sur le cas de cet enseignant.
Il est établi en l’espèce que bien avant que celui-ci ne se retrouve en situation d’abandon de poste, il s’absentait régulièrement sans autorisation préalable de l’administration et ne présentait aucune pièce justificative de ses absences répétées. Il a toujours voulu utiliser son métier d’enseignant comme une sinécure qui lui procure salaire et avantage sans fournir trop d’effort, sans qu’il n’ait à se soucier de l’avenir des élèves dont il avait la charge.
De même, il a été établi qu’après vérification ce dernier exerçait parallèlement à sa fonction principale celle d’interprète assermenté auprès des juridictions djiboutiennes. À cet égard, il ne pouvait ignorer qu’au terme de l’article 7 de la loi n°48/AN/83/1ère L du 26 Juin 1983 portant sur le statut général des fonctionnaires, « il est interdit à tous fonctionnaires en position d’activité d’exercer à titre professionnel une autre activité lucrative de quelque nature que ce soit ».
Par ailleurs, il est également important de mettre en exergue que M. Moussa a non seulement perturbé par ses absences répétées le bon fonctionnement de l’établissement où il était affecté, compromettant ainsi gravement la scolarité de ses élèves, mais qu’ au bout de compte il a complètement abandonné son poste d’affectation depuis janvier 2018.
L’administration centrale a été saisie de son dossier par le directeur de l’école de Q5 (où il exerçait) par courrier en date du 3 janvier 2018. Malgré une mise en demeure adressée dès la réception du dossier et malgré de nombreuses remontrances et mise en garde, force est de souligner que celui-ci n’a jamais daigné donner suite aux injonctions de sa hiérarchie. C’est tout naturellement que des procédures administratives ont été engagées à son encontre pour abandon de poste et cumul de fonctions.
Tout récemment, malgré les manquements graves et répétés et en dépit de nombreuses tournures et péripéties que l’intéressé a donné à cette affaire, le MENFOP a fait preuve d’indulgence à son encontre, pour lui donner une nouvelle affectation.
Dans cette perspective, il y a lieu de souligner que nous avons également été saisi par le médiateur de la République, le président de la commission nationale des droits de l’homme ainsi que le ministère du travail. De ce fait, il a été jugé judicieux de lui accorder une nouvelle chance pour se conformer à son devoir et à ses obligations professionnelles. Dans cette démarche, une reprise de service dûment signée lui a été notifiée par voie d’huissier afin de la lui remettre en main propre. Cependant, M. Moussa a purement et simplement refusé de réceptionner le document. La notification avec observation de l’huissier fait foi de ce refus.
En conséquence, constatant le peu de cas que ce dernier faisait de l’opportunité qui lui a été donnée de saisir une nouvelle chance pour reprendre son service, le MENFOP n ’a eu d’autres choix que d’engager la procédure administrative en vigueur en saisissant l’ancien ministre du Travail et de la Réforme administrative.

Mohamed Barkat Siradj


Un témoignage sur Facebook, Isman Omar [2]

Un homme lié par toutes ses fibres à la tribu ou au clan, on en a connu à la tête du MENFOP dans un passé récent. Non, M. Moustapha n’est pas de cette espèce. On peut lui reprocher tout ce que l’on voudra, mais pas ça, pas ça, pas ça… Personne ne m’a mandaté pour écrire cela ou défendre qui que ce soit, d’autant que je ne cherche pas ici à passer sous silence les injustices qui sont légion au MENFOP. Quant à l’affaire qui fait grand bruit en ce moment, je ne connais pas personnellement le fond du dossier. Où est la vérité ? Où est le mensonge ? Je me le demande moi-même.


Et clap de fin, la réponse de Mohamed Moussa, le 30 mai 2019 [3]

Objet : lettre d’excuses.

Je, soussigné, viens par la présente présenter mes excuses les plus sincères à son Excellence Moustapha Mahamoud, ministre de l’éducation nationale par rapport à tout ce qui s’est dit autour de ma mise à l’écart et de la suspension de mon solde par mon ministère de tutelle.
En effet, suite à la surmédiatisation de la plainte que j’ai postée sur mon compte Facebook, beaucoup de choses déplacées voire condamnables ont été dites par tous les utilisateurs que cela a fait réagir aussi bien que ma propre personne et j’en suis sincèrement désolé.
Il est vrai que j’ai manqué de jugement en apportant d’une part le débat sur les réseaux sociaux et d’autre part de ne pas avoir su faire la part des choses dans la situation où je me retrouvais.
Mes propos regrettables ont été le fruit d’une série de coïncidences malheureuses et de malentendus évitables.
Tout d’abord, la coïncidence : la plainte que j’ai porté contre le tristement célèbre Hassan Trapèze et la notification de mon abandon de poste que je conteste jusqu’à aujourd’hui. La colère aidant, le lien entre les deux événements m’a paru réel ! Maintenant, avec le recul, je reconnais que c’était une erreur de ma part et je m’excuse.
Ensuite, les malentendus : suite à l’abandon de poste (que je conteste toujours) dont on m’accusait, j’ai demandé son annulation par un courrier à mon directeur d’école (une reprise de service). Celui-ci a non seulement refusé mais m’a aussi affirmé que je n’allais plus rester dans son école. Nos esprits se sont échauffés et il a tenu, entre autres, des propos que je qualifierais de tribalistes lors de notre discussion houleuse. Mon erreur a été d’incriminer le MENFOP pour des propos qui n’engageaient que celui qui les avaient tenus et je m’en excuse sincèrement.
Excellence, mes attaques, dès lors, ont été aveugles et virulentes contre l’administration du MENFOP mais loin de moi l’idée de vous faire porter le chapeau pour ce qui m’arrivait.
Mes attaques visaient les responsables qui me malmenaient et je suis sûr que si j’avais su garder mon sang-froid et calmement discuté avec eux, j’aurais pu leur faire entendre mes arguments et ainsi rentrer dans mes droits. Pour mon impulsivité et mon manque de respect pour la hiérarchie aussi je m’en excuse grandement.
Excellence, pour lever toute ambiguïté sur ma sincérité, sachez que j’ai toujours cru en vous et vous ai plébiscité lors de votre nomination car étant vous-même un enseignant, vous étiez pour moi celui qui serait à même de redonner au MENFOP son rayonnement d’antan, et je le crois toujours.
Aussi, vous prierai-je de bien vouloir accepter mes sincères excuses pour une affaire qui m’a échappé des mains et qui a pris des ampleurs regrettables à cause de mon ressentiment et de mon impulsivité.
Respectueusement,

Mohamed Moussa


 
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