Human Village - information autrement
 
Rixe entre policiers et gendarmes, filmée par un militaire… la fin des haricots !
par Mahdi A., novembre 2018 (Human Village 34).
 

Une vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis mercredi 14 novembre, abondamment partagée, qui montre une rixe entre des hommes en uniforme. Elle a été visionnée des milliers de fois par la population djiboutienne effarée, qui ne cesse de se demander si il y a encore un pilote dans l’avion après cet énième scandale qui fait suite aux soupçons de corruption et de trafic d’influence qui entourent le contrat de la société koweitienne Independant Petroleum Group (IPG) au détriment de la société internationale des hydrocarbures de Djibouti (SHID), ou de celui relatif au partage de production avec la compagnie Oyster Oil & Gas Limited, aux malversations au Fonds de développement économique de Djibouti (FDED), à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), à l’Assurance maladie universelle (AMU), au Trésor public, au service du Domaine et de la conservation foncière, à l’Hôtel des impôts, au service des cartes de séjour avec la mise en place d’un trafic organisé, de celui de l’Électricité de Djibouti (EDD) en lien avec les fausses facturations aux Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ), ou encore le serpent de mer du DCT qui n’en finit pas de nous étonner... (un aperçu non exhaustif !)

Cette vidéo est choquante, honteuse, car elle montre des hommes/femmes en uniforme de la gendarmerie et de la police se livrer à une « bagarre de rue » aux abords immédiats de la gare ferroviaire de Nagad. On y voit très clairement des policiers et des gendarmes en venir aux mains, sous le regard abasourdi des badauds. C’est une nouvelle affaire dont la police et la gendarmerie se seraient bien passées. Cette altercation n’est malheureusement pas la première, on ne compte plus ces dernières années les frictions qui ont été à deux doigts de dégénérer de manière incontrôlée entre ces deux corps armés. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur le silence des autorités politiques qui semblent rester inactives, impuissantes devant de tels dérapages pourtant potentiellement meurtriers. Le fait que les deux responsables de ces corps de sécurité entretiennent une mésentente de longue date est un secret de polichinelle. Comment donc être surpris que les esprits des hommes et femmes qui composent ces unités soient chauffés à blanc, ce qui n’incite pas à la collaboration et à l’entraide ?

Qu’une enquête soit ouverte serait un minimum, et que certains fonctionnaires soient inquiétés par la justice pour des faits aussi graves et qui auraient pu dégénérer serait salutaire.
Cet incident où l’on voit les forces de l‘ordre se castagner est d’une extrêmement gravité pour l’image du pays et, plus encore, interpelle sur la gouvernance de nos forces de sécurité, pour ne pas dire du pays. Ne pas prendre de mesures disciplinaires appropriées reviendrait à encore encourager le laisser faire, l’impunité, qui semble devenir la norme ; il ne faudra pas demain s’étonner que ces excès fassent boule de neige et que les unités de l’armée agissent elles aussi de la sorte, avec des conséquences bien plus fâcheuses pour la stabilité du pays et la sécurité de la population !

Une source informée nous signale que « les gendarmes en poste à la gare ferroviaire auraient empêché la police de poursuivre une enquête sur un vol de container appartenant à un ressortissant chinois. Un officier gendarme a fait usage de son arme en tirant en direction de la police ».
Il n’est pas impossible que les nouvelles recrues des deux corps n’aient pas encore assimilé les contours de leur travail, et notamment leur domaine de compétence respectifs, mais cela ne peut en aucune manière justifier ces comportements violents, extrêmement préoccupants.
Ces affrontements de rue n‘ont pas été rendus public par les autorités, mais c’était sans compter sur les réseaux sociaux. C’est effrayant que des choses aussi invraisemblables - où la gare est transformée en terrain de guerre - puissent être cachées à la population. On a vraiment frôlé le pire dans cette vive altercation entre ces hommes, pour certains armés, et cela doit nous amener à ouvrir une réflexion sur des actions à entreprendre pour éviter à l’avenir que ce genre de confrontation ne puissent se reproduire. Et, au delà, sur les violences commises sur des prévenus dans le cadre d’enquêtes judiciaires, où les abus restent légion et malheureusement trop souvent impunis.
D’ailleurs interrogeons-nous, comment expliquer que les tenues réglementaires des agents de police et de gendarmerie n’indiquent pas leur numéro matricule ? Comment un citoyen peut-il identifier un agent de l’ordre si le cœur lui disait de se plaindre de son comportement ou de ses agissements à son endroit ? A qui s’adresser, si la police ou la gendarmerie, se refuse à enregistrer en bonne et due forme une plainte contre un des leurs ? A quand une police des polices – réelle et fonctionnelle ?

Mahdi A.

 
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