Human Village - information autrement
 
En aparté avec… Ali Mohamed Kamil
par Mahdi A., mai 2008 (Human Village 2).
 

Le directeur général de l’Agence nationale de l’emploi de la formation et de l’insertion professionnelle (ANEFIP) répond aux questions d’Human Village.

Que pensez-vous du choix du thème pour cette année du rapport national sur le développement humain ?
En qualité de membre du comité de pilotage de rédaction du rapport mis en place par le PNUD, je ne peux que saluer l’initiative, et j’en suis d’autant plus heureux que le thème de l’année 2007 a été dédié à l’adéquation emploi formation. Ce choix est bien évidemment en phase avec la politique du gouvernement qui souhaite mettre l’accent sur la lutte contre la pauvreté. Il faut savoir que la création même de l’Agence nationale de l’emploi de la formation et de l’insertion professionnelle (ANEFIP) s’inscrit dans cette politique volontariste du gouvernement de coordonner au mieux une de ses priorités qui est la lutte contre le chômage. Cette lutte doit nécessairement être multisectorielle. Ce rapport devrait nous permettre d’appréhender la question du chômage avec une vision plus globale et ainsi mieux comprendre les lacunes, les faiblesses ou bien encore les forces de notre marché national de l’emploi. Ce préalable était utile pour poser la première pierre de la reconstruction de notre système formatif, mieux armer les jeunes face au marché du travail, c’est le défi qui doit devenir le nôtre.

En qualité de directeur de l’ANEFIP, quelles seront les suites que votre organisme compte donner aux recommandations énoncées dans ce rapport ?
Tout d’abord, soyons clairs cette étude malheureusement n’apporte pas de solution magique. Toutefois cette réflexion va aider grandement à asseoir enfin une politique cohérente et compréhensible en matière de formation professionnelle, apte à élever le niveau d’employabilité de notre main d’œuvre, en ouvrant le débat sur ce problème criant du chômage. La grande question, au delà des grands discours, c’est quoi faire pour réduire la fracture sociale ? La réponse n’est pas simple. Toutefois, suite à la publication de ce rapport, l’ANEFIP va réunir son conseil d’administration, composé de différents ministères et notamment de l’éducation, de l’Autorité des ports et des zones franches, de la Chambre de commerce, de syndicats de travailleurs, et enfin de l’association des employeurs. Comme vous pouvez le constater toutes les parties concernées sont représentées. La concertation doit primer, elle est essentielle. L’élaboration de l’offre de formation dans ses différents volets passe nécessairement par une écoute très attentive et très respectueuse de ce que veulent et expriment les jeunes, les demandeurs d’emplois, les salariés et leurs organisations syndicales et enfin le patronat. De l’écoute de ces demandes, de ces besoins et de leur traduction appropriée, peut découler le développement de champs nouveaux de formation en adéquation avec l’offre. A l’ANEFIP nous sommes convaincus du potentiel de réflexion et de la capacité collective d’inventer un autre avenir.

Que pouvez-vous nous dire de la situation du chômage à Djibouti ?
Le rapport annonce une estimation de 60% selon les données du rapport EDAMIS2. Cette situation ne peut plus durer. Voilà pourquoi j’espère ardemment que la publication de ce document pourra permettre de conscientiser l’ensemble des parties prenantes de la nécessaire ouverture d’une réflexion nationale sur cette question du chômage : doit-on réviser notre système formatif ? Doit-on encourager une nouvelle forme d’apprentissage en alternance en partenariat avec l’entreprise ?... Des pistes existent, elles doivent être explorées. Cette question de l’emploi est vraiment au cœur du défi de notre pays. On parle de croissance, de boom économique, mais cette croissance ne profite pas au plus grand nombre. Aujourd’hui nous sommes confrontés à une réalité douloureuse, des offres d’emplois existent sur le marché mais les demandes n’existent pas, ou plutôt les qualifications, les compétences requises ne sont pas disponibles sur le territoire national ! L’inadéquation entre l’offre de travail et la demande de travail doit trouver une réponse. C’est ce à quoi nous allons nous atteler en concert avec toutes les parties concernées. Nous allons profiter de la dynamique de ce rapport pour ouvrir une discussion nationale sur cette question de l’employabilité et ce sans plus attendre.

Propos recueillis par Mahdi A. 

 
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