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L’Union européenne soutient la résilience et la liberté de mouvement dans la Corne de l’Afrique
par Ilwad Elmi Mohamed, décembre 2016 (Human Village 28).
 

L’ambassadeur de l’Union européenne à Djibouti, Adam Kulach, et le secrétaire exécutif de l’IGAD, Mahboub Maalim, ont signé ce mardi 13 décembre 2016 deux contrats au siège de l’IGAD. Ces contrats d’une durée de trois ans ont pour objectif de renforcer la capacité de l’IGAD à promouvoir la résilience dans la Corne de l’Afrique et de faciliter la liberté de mouvement des personnes et la transhumance dans la région de l’IGAD. L’Union européenne finance ces contrats à hauteur de cinq millions d’euros, via le Fond fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique. Ce fond vise à remédier aux causes profondes des phénomènes de déplacements forcés et de migrations en améliorant les perspectives économiques et en promouvant l’égalité des chances, la sécurité et le développement en Afrique.

Au cours de la cérémonie de signature de ces contrats, qui débuteront en 2017, l’ambassadeur Kulach a souligné que « la Corne de l’Afrique, avec son emplacement géostratégique, est une source de transit et de flux migratoires importants. La région est touchée par les défis de la migration irrégulière, les déplacements forcés, la traite des êtres humains, la contrebande de personnes et les conflits violents. […] Le fonds fiduciaire de l’Union européenne a été créé pour soutenir les pays africains les plus fragiles et les plus touchés, en favorisant la stabilité dans les régions. L’Union européenne s’est engagée à aider les pays de la région à mieux affronter ces nombreux défis ».

Le premier contrat signé entre l’UE et l’IGAD, à hauteur de 1,4 millions d’euros, a pour but de soutenir l’IGAD à un moment clé de son développement. Le projet vise à renforcer la capacité de l’institution à promouvoir la résilience dans la Corne de l’Afrique et ce faisant soutenir l’IGAD dans la mise en place de son initiative sur la résilience à la sécheresse et sa durabilité (IDDRSI). Ce projet sur quinze ans devrait permettre aux États membres de l’IGAD de réduire leur vulnérabilité face aux phénomènes de sécheresse qui touchent plus de 60% du territoire de l’organisation. D’autres aspects de ce projet consistent en la fourniture d’un appui à l’IGAD pour l’adoption d’un nouveau traité et d’une nouvelle structure organisationnelle qui lui permettra de répondre avec encore plus de succès aux défis que les États membres se sont lancés.

Le deuxième contrat financé par l’UE, d’une valeur de 3,6 millions d’euros, intitulé « Vers la liberté de mouvement des personnes et la transhumance dans la région de l’IGAD », a pour but d’aider l’IGAD à adopter et mettre en place un protocole sur la liberté de mouvement des personnes et la transhumance. Dans une région qui connait d’importants mouvements migratoires, ce projet vise à faciliter la liberté de mouvement des personnes dans la zone de l’IGAD. La liberté de mouvement permettra aussi de renforcer l’intégration et le développement économique de la région.

Ces contrats sont les deux premiers signés par la délégation de l’Union européenne auprès de Djibouti et de l’IGAD dans le cadre du Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique. Ils reflètent la volonté de l’Union européenne de soutenir les pays d’Afrique les plus touchés par les phénomènes de migrations irrégulières et de déplacements forcés.

Ces contrats qui ont été signés aujourd’hui s’inscrivent dans le cadre de deux actions plus larges de l’Union européenne dont les autres composantes seront mises en place par des partenaires (notamment l’agence de coopération allemande - GIZ et l’Organisation internationale du travail - OIT) en collaboration étroite avec et pour le bénéfice de l’IGAD et de ses États membres. Le budget total de ces actions est de cinq millions d’euros pour le renforcement de l’IGAD et dix millions d’euros pour la liberté de mouvement.

Ilwad Elmi / Kajsa Petersson 

Par ailleurs, Adam Kulach est intervenu lors de la table ronde relative au Programme national d’investissement agricole pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle qui s’est tenue au Palais du peuple. Voici quelques extraits de son allocution.

- Le PNIASAN 2016-2020 complète au niveau de Djibouti le processus du CAADP (Comprehensive Africa Agriculture Development Programme) lancé en 2003 par l’Union africaine dans le cadre du NEPAD (New Partnership for Africa’s Development). L’objectif global du CAADP (PDDAA en français) est d’aider les pays africains à atteindre un taux plus élevé de croissance économique grâce au développement rural afin d’éradiquer la faim, réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire et permettre l’expansion des exportations. C’est un programme qui vise à augmenter le taux de croissance de l’agriculture à 6% par an pour que les communautés rurales et les ménages en Afrique puissent prospérer.
- Le présent PNIASAN 2016-2020 (trente-cinq projets et un coût total d’environ 200 millions d’euros) est aligné sur la Vision 2035 du gouvernement de Djibouti, cohérent avec les documents stratégiques et les politiques nationales et régionales et répondant aux orientations du NEPAD/CAADP (déclarations de Maputo et de Malabo). Le gouvernement soutient fermement le PNIASAN qui permettra la sortie du cycle pernicieux d’insécurité alimentaire / pauvreté pour jeter les bases d’une croissance agricole soutenue. Ce programme d’investissement cible les populations rurales les plus pauvres et plus vulnérables face aux chocs climatiques et aux crises alimentaires. Il appuiera le gouvernement dans sa volonté à développer les zones rurales et à rééquilibrer le niveau de vie entre les milieux ruraux et urbains.
- Il viendra également en complément d’autres projets de soutien à la résilience à Djibouti et dans la région, tels que les programmes sur la préservation de la biodiversité et la gestion régionale des ressources en eau, deux dons de l’UE de quatorze millions d’euros chacun, mis en œuvre par l’IGAD pour améliorer les moyens de subsistance dans les écosystèmes fragiles grâce à une meilleure utilisation des terres et des ressources naturelles, ou encore le projet de surveillance des maladies animales en faveur du commerce de bétail qui a bénéficié d’un financement de six millions d’euros de l’Union européenne.
- L’Union européenne constitue un partenaire solide pour le gouvernement de Djibouti et reste le premier bailleur de fonds à travers le fond européen de développement (FED) dont les projets sont financés exclusivement sous forme de dons. A présent, le FED finance dix projets dans ce domaines pour un montant total de 25,2 milliards de francs Djibouti. Il s’agit de :
- l’AMCC (Alliance Mondiale contre le Changement Climatique, trois millions d’euros ;
- avec un budget de huit millions d’euros, soit près de deux milliards de francs Djibouti, le projet SHARE Eau facilite l’accès à l’eau potable avec la construction de forages à Balbala et dans la région de Dikhil, en particulier sur l’axe qui relie les lacs Abbé et Assal, l’ouest de la région d’Arta et les champs de captage de l’aquifère de Bissidirou ;
- avec le projet SHARE – Systèmes pastoraux, projet d’une durée de quatre années, doté par l’Union européenne d’une enveloppe de 5,9 millions d’euros, soit 1,4 milliard de francs Djibouti, l’UE y réagit par une stratégie multi-actions : formation, irrigation, diversification des activités et des revenus, prévention des maladies, meilleur suivi des cheptels, cadre juridique facilitant la résilience, soutien au renforcement de l’administration ;
- un autre projet, RISP3, a été lancé en 2014 pour renforcer l’intégration régionale avec un financement de l’UE à hauteur de deux millions d’euros.

 
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