Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée connaissent une nouvelle dégradation majeure. Dans un communiqué publié le 1er octobre 2026, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé la fermeture de l’ambassade d’Éthiopie à Asmara et l’expulsion de dix diplomates érythréens en poste à Addis-Abeba. il a également ordonné le départ d’un diplomate égyptien et porté des accusation contre le Soudan. Les trois pays mis en cause ont démenti toutes les accusations, et l’Érythrée a annoncé la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Cette situation est un retour à celle qui prévalait dans les relations entre Addis-Abeba et Asmara avant leur rapprochement spectaculaire en 2018.
L’Éthiopie présente ces mesures comme une réponse à des « actes directs et indirects d’hostilité et de belligérance » de l’Érythrée. Les diplomates sont accusés d’être impliqués dans des activités constituant une menace directe pour la sécurité nationale et une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Addis-Abeba affirme néanmoins continuer d’attacher de l’importance aux liens historiques, culturels et humains entre les populations des deux pays et réitère son engagement en faveur d’un règlement pacifique des différends et de la stabilité régionale.
Cette rupture diplomatique intervient dans le contexte d’une forte détérioration de la situation dans le Nord de l’Éthiopie où les combats ont repris entre l’armée fédérale et une alliance constituée autour du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Ces évolutions diplomatiques donnent une dimension internationale à la reprise de la guerre dans le Nord de l’Éthiopie et font craindre un élargissement régional du conflit. Le même jour, le gouvernement éthiopien a en effet dénoncé la proclamation d’une « République du Tigré » et rappelé fermement que « l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République fédérale démocratique d’Éthiopie sont inviolables ».