Communiqué de l’APZFD [1].
Aujourd’hui s’est tenue la cérémonie de signature de l’accord établissant l’Autorité du corridor Djibouti-Éthiopie-Soudan du Sud-Ouganda (DESSO) au Kempinski de Djibouti, en présence des ministres des transports des pays concernés, ainsi que de l’ambassadeur de l’Union européenne.
Cette étape importante fait suite à la signature officielle du protocole d’accord pour le corridor de Djibouti, également connu sous le nom de corridor Djibouti–Éthiopie–Soudan du Sud–Ouganda, qui a eu lieu l’année dernière.
La création de l’Autorité du corridor DESSO constitue une avancée significative, avec des retombées économiques, logistiques et stratégiques concrètes pour les quatre pays, renforçant l’intégration régionale, la facilitation des échanges commerciaux et la connectivité transfrontalière.
Hassan Houmed, ministre des Infrastructures et des Équipements de Djibouti, a déclaré que « le corridor DESSO est un puissant reflet des principes de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Il incarne “L’Afrique que nous voulons” : un continent intégré où les frontières ne sont plus des barrières qui divisent, mais des ponts qui unissent.
Conformément aux objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ce projet renforce notre positionnement stratégique au sein de l’IGAD et du COMESA. Nous ne nous contentons pas de construire des routes ; nous œuvrons pour la paix par l’interdépendance économique.
Au nom du gouvernement de la République de Djibouti, et sous la direction du président Ismaïl Omar Guelleh, je tiens à réaffirmer notre plein engagement et notre détermination à faire du corridor DESSO un succès mondial et un modèle d’intégration régionale pour l’ensemble du continent africain. »
Alemu Sime Fayisa, ministre des Transports et de la Logistique de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, a déclaré que « l’Éthiopie est fière de participer activement à la conception de cette initiative de corridor transformatrice. Le corridor DESSO n’est pas qu’une simple voie de transport ; c’est un axe stratégique pour l’intégration régionale, le développement économique et la prospérité partagée. Il incarne notre aspiration collective à bâtir un écosystème commercial et logistique fluide, efficace et inclusif à travers l’Afrique de l’Est et la Corne de l’Afrique. Cette connectivité facilitera la circulation des personnes, des biens et des services. En tant que pays enclavé, l’Éthiopie assume pleinement son rôle de trait d’union reliant ses voisins, le Soudan du Sud et l’Ouganda, à la mer via les ports de Djibouti. Il ne s’agit pas seulement d’une question de géographie, mais aussi de responsabilité et de solidarité. Nous sommes déterminés à faire en sorte qu’aucun pays de notre région ne reste isolé des réseaux commerciaux mondiaux. Notre participation active à l’Autorité du corridor DESSO témoigne de cet engagement et de notre conviction que l’intégration régionale a le pouvoir de créer des opportunités. Notre trajectoire de croissance nationale l’exige. La population éthiopienne croît rapidement et notre économie est en passe de tripler de volume dans les années à venir. Cette croissance nous pousse à redoubler d’efforts pour renforcer notre connectivité aux marchés mondiaux. Une logistique sans faille est essentielle. Ce système n’est plus un luxe, mais une nécessité. Le corridor DESSO témoigne de notre détermination à relever ce défi. »
Edward Katumba Wamala, ministre des Travaux publics et des transports de l’Ouganda a déclaré « que cette signature soit plus qu’une simple cérémonie. Qu’elle soit un engagement concret en faveur de la mise en œuvre, de la responsabilité et d’un partenariat continu, dans un esprit d’efficacité et de durabilité. Le véritable travail commence maintenant : transformer ces accords en progrès tangibles pour nos populations. Il est impératif d’entamer sans délai la construction de routes, de voies ferrées et de liaisons aériennes plus performantes entre nos pays. La fluidité des frontières et la suppression des barrières non tarifaires doivent être des priorités absolues pour que le DESSO soit un accord significatif et bénéfique pour tous. »
Le lieutenant-général Rizik Zakaria Hassan, ministre des Transports du Soudan du Sud, a déclaré qu’« aujourd’hui marque une journée historique et remarquable, marquée par la volonté politique des parties prenantes, puisque nous sommes réunis ici pour la signature de cet accord multilatéral qui favorisera le développement économique des quatre nations que sont Djibouti, l’Éthiopie, le Soudan du Sud et l’Ouganda.
La République du Soudan du Sud a besoin d’infrastructures fiables et de qualité, car elle fait partie des seize pays enclavés du continent africain. Le Soudan du Sud tirera donc de grands bénéfices de la réalisation de ce corridor, une fois opérationnel. Par conséquent, à mon retour au pays, je m’attacherai à obtenir rapidement la ratification et l’intégration de ce traité dans le droit national, pour le bien de la République du Soudan du Sud et de la région. »
Dans son discours, le président de l’Autorité des ports et des zones franches de Djibouti a expliqué que « l’Autorité du corridor Djibouti-Éthiopie-Soudan du Sud-Ouganda constitue une décision stratégique qui redéfinit en profondeur la manière dont nos économies se connectent, commercent et se développent, et ouvre les pays des grands lacs et les pays enclavés à la mer Rouge. Ce corridor est un système économique intégré, conçu pour produire des résultats concrets.
Reliant le port de Djibouti à Addis-Abeba, Jimma, Boma, Raad, Kapoeta, Nimule, Gulu et Kampala, le corridor DESSO établit une chaîne logistique continue depuis les routes maritimes mondiales jusqu’aux centres de production et de consommation intérieurs.
L’impact économique est direct et quantifiable. Ce corridor permettra de réduire considérablement les coûts logistiques, de raccourcir les délais de transit, d’améliorer la prévisibilité de la chaîne d’approvisionnement et de diminuer le coût des importations pour les ménages et les industries. Ces gains d’efficacité se traduiront par une compétitivité accrue à l’exportation, une augmentation des volumes d’échanges commerciaux, un développement industriel, la création d’emplois et une croissance durable du PIB dans les quatre pays concernés. »