Le 29 novembre 2025, le marché de Noël de la Villa Camille a une fois de plus montré qu’il est devenu bien plus qu’un simple rassemblement artisanal : c’est aujourd’hui un moment attendu, un espace chaleureux où les communautés se rencontrent, où les talents se dévoilent et où les visiteurs, nombreux dès l’ouverture, se laissent porter par l’ambiance festive et conviviale de ce lieu au charme particulier.
Dès les premières heures, il suffisait d’observer le ballet des voitures et des familles pour comprendre l’engouement que suscite cet événement devenu incontournable. Le parking rapidement saturé, les promeneurs déambulant entre les stands et les enfants courant dans la cour intérieure donnaient déjà le ton d’une journée animée. Depuis plusieurs années, la Villa Camille accueille ce marché qui, d’édition en édition, attire davantage de monde et d’exposants. Cette année, treize stands ont été sélectionnés, un record salué par les organisatrices, Delphine et Mélanie, qui soulignent que les demandes ne cessent d’augmenter. Les visiteurs, Français, Djiboutiens, expatriés ou simples curieux de passage, formaient un public diversifié, fidèle à l’esprit ouvert et cosmopolite de la villa.
L’un des premiers exposants à attirer l’attention est l’écrivain Marc Koutekissa, dont l’espace donne à la fois envie de lire, d’écouter et de voyager. Passionné de traditions orales, il présente ses Comptes & Légendes issus de divers pays du continent et d’ailleurs. « C’est magique, ça permet aux gens de voyager tout en restant ici », explique-t-il en montrant fièrement ses ouvrages inspirés des cultures du Djibouti, du Gabon, du Congo, du Bénin ou de Cuba. Il présente aussi une bande dessinée singulière, construite autour du discours de Dakar et de l’histoire vécue par son père. Pour lui, ce marché est une belle initiative qui mériterait d’être encore plus fréquentée par les Djiboutiens, afin de partager davantage la richesse des récits africains.
Plus loin, le stand d’Élise, dont les créations se font sous le nom de Macrelys, offre un univers où la finesse rencontre la patience. Installée à Djibouti depuis trois ans, elle pratique le macramé depuis seulement un an mais expose déjà une collection variée : pochettes, sacs, porte-clés, décorations murales, attrape-rêves. Tout est réalisé à la main, avec des fils de coton ou de polyester. Un savoir-faire artisanal qui a séduit les visiteurs. « Les gens ont beaucoup apprécié, surtout pour la décoration de Noël. J’en ai vendu plein ! » disait-elle avec enthousiasme, ravie de participer pour la première fois au marché. Son travail coloré et délicat ajoutait une touche bohème très appréciée.
À quelques mètres se trouvait Constance Djemai, dont les créations en couture attirent un public intrigué par la minutie et l’harmonie des tissus. Exposant pour la deuxième année sa marque Ezra et Noe, elle coud depuis cinq ans. Une passion née grâce à ses enfants et devenue aujourd’hui un véritable refuge créatif. « C’est à la fois une passion et une détente », confie-t-elle. Elle souligne l’importance de la persévérance pour développer un travail de qualité, ce qu’apprécient largement les visiteurs qui ne manquaient pas de compliments. Elle propose également des ateliers de couture à domicile, ouverts aux débutants comme aux personnes déjà initiées ; des moments conviviaux qui semblent séduire un public en quête d’apprentissage créatif.
L’une des autres rencontres marquantes de la journée fut Emma Laetitia Kamtou, styliste-modéliste passionnée par les fibres végétales. « Il existe tellement de fibres méconnues qui peuvent être utilisées pour créer des vêtements élégants et intemporels », explique-t-elle en présentant des créations épurées confectionnées en coton, lin, chanvre ou encore kapok. Installée à Djibouti depuis un an, elle expose pour la première fois à la Villa Camille. Le public était très curieux de découvrir son approche, appréciant autant la technicité de son travail que l’originalité de son univers. Elle dispose également d’un atelier-showroom à la maison, un espace intime où elle crée et reçoit ses clients.
Il fallait ensuite s’arrêter devant le stand de Laurence, connue sous le nom de Perlipopette, dont les bijoux en tissage de perles constituent une véritable invitation à la patience et à la minutie. Psychologue de métier, elle a découvert cette technique récemment et se réjouit d’avoir pu se former à cette nouvelle discipline. « C’est très méditatif, je suis concentrée uniquement sur ma tâche », confie-t-elle. Pour certains modèles, il faut jusqu’à trois heures de travail, un détail qui impressionne les visiteurs et rend chaque pièce encore plus précieuse à leurs yeux. Pour elle, ce marché constitue une première expérience dans l’artisanat local et elle est ravie de l’accueil chaleureux reçu tout au long de la journée.
L’événement se déroule sous le regard bienveillant de Delphine et Mélanie de la Villa Camille, particulièrement fières de cette édition 2025. Le marché n’est pas seulement un événement commercial, mais un moment phare de la vie culturelle du lieu, un espace où les nouvelles têtes côtoient les habitués, où les enfants découvrent, où les adultes échangent et où les visiteurs de passage se mêlent aux résidents. On croise même quelques personnalités locales, un général venu discrètement, ou encore des participants du colloque organisé au Sheraton voisin. La Villa Camille, très active sur les réseaux et bien relayée en ligne, attire ainsi un public large, fidèle ou de passage.
Cette journée, marquée par les rires, les découvertes, les conversations chaleureuses et l’énergie propre aux fêtes de fin d’année, a mis en lumière le dynamisme d’un artisanat local en pleine ébullition. Elle a permis de révéler des talents, de valoriser un lieu apprécié et d’offrir aux visiteurs une immersion dans des univers créatifs variés. Entre tradition, modernité, savoir-faire et rencontres humaines, le marché de Noël 2025 de la Villa Camille a confirmé qu’il est désormais un rendez-vous incontournable, un moment attendu où l’art de faire et le plaisir de partager se rencontrent naturellement.
Mahdi A., photos Hani Kihiary
|
|
|
|
|
|
|
|