Human Village - information autrement
 
Chehem Watta poursuivi pour diffamation
par Mahdi A., janvier 2021 (Human Village 41).
 

C’est officiel depuis le 27 janvier, l’ancien Premier ministre Dileita Mohamed Dileita a assigné en justice l’auteur du livre Allons Camarade Ali Guelleh, Chehem Watta, pour diffamation publique. Cette infraction est punie par l’article 427 du Code pénal « d’un an d’emprisonnement et de 1 000 000 FDj d’amende lorsqu’elle est commise :
1° à raison de ses fonctions ou de sa qualité, envers un membre du gouvernement, un député, un magistrat, un assesseur, juré, un fonctionnaire public ou une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ainsi qu’à raison de sa déposition, envers un témoin ;
2° envers les cours et tribunaux, l’armée, les corps constitués et les administrations publiques » [1].
Dileita Mohamed demande aussi le retrait des passages qu’il estime diffamatoires.

Dileita Mohamed Dileita

C’est par le biais de ses avocats, Me Mohamed Abayazid et Me Ahmed Abdourahman, que Dileita Mohamed Dileita vient d’attaquer auprès du tribunal de grande instance de Djibouti l’écrivain Chehem Watta. L’ancien Premier ministre met en cause plusieurs passages, répartis sur quatre pages du livre, relatifs à la période ministérielle de feu Ali Guelleh, dans lesquels l’auteur mettrait en scène un personnage politique de premier plan qui ressemble beaucoup à l’ancien Premier ministre.
Selon les avocats de Dileita Mohamed Dileita, le livre « proférait dans différents passages (pages 64 à 67) des allégations non fondées et des imputations infamantes dans le seul but de mettre en cause sa réputation et son honneur. L’auteur emploie des expressions génériques et ou métaphoriques […] pour tenter de dissimuler la personnalité politique visée. Malgré sa démarche malsaine et son jeu de mots, notre client est identifiable dans les passages litigieux par des éléments factuels invoqués tels d’organigramme du ministère et au déplacement dans la localité de Dora. L’auteur a laissé entendre dans les passages litigieux que notre client avait une animosité pour le défunt. L’auteur a profité de cet ouvrage pour proférer à l’endroit de notre client des propos diffamatoires, injurieux et dénigrants dans l’unique objectif de nuire à sa réputation ».

Interrogé sur le risque que cette plainte pour diffamation ne provoque en retour un succès en librairie, l’ancien Premier ministre nous dit ne pas écarter cette éventualité. Toutefois, insiste-t-il, ce qui prime pour lui est le nécessaire rétablissement de la vérité. « Peu importe que ma plainte donne un retentissement à cette publication. On ne peut pas tout laisser dire tout laisser faire. Par ailleurs personne ne peut remettre en cause mon attachement à la liberté d’expression mais dans ce cas de figure nous sommes dans un cas d’abus de cette même liberté. Ce qu’il m’importe maintenant ce que la vérité soit rétablie ». Il s’agit évidemment d’un enjeu politique mémoriel.
Dans l’assignation, dont Human Village a eu connaissance, les avocats mentionnent des évènements qui ne laisseraient pas de doute sur la personne visée. Cette personnalité de premier plan serait reconnaissable entre les lignes de cet ouvrage de 207 pages. Il appartiendra à la justice de se prononcer sur ce point et de dire si l’auteur « a travesti la réalité dans les passages litigieux de son ouvrage dans le seul but de porter atteinte à la notoriété d’une personnalité politique  », comme le prétend la défense de l’ancien Premier ministre.

La parution de l’ouvrage a été célébrée en grande pompe au Palais du Peuple le 13 janvier. Lors de sa présentation, avait notamment eu lieu une séance de dédicace qui a réuni pour cette occasion, autour de l’auteur, l’ensemble du microcosme politique, diplomatique, économique, culturel, et militaire que compte le pays.

Mahdi A.


 
Commentaires
Chehem Watta poursuivi pour diffamation
Le 30 janvier 2021, par Houmed DAOUD.

Bonjour,
Pour ma part, j’estime que la vérité doit triompher. Pour se faire, la Justice se mettra en branle pour nous dire le quel des deux personnages publics a raison.
En attendant les suites judiciaires, gardons-nous de tous commentaires déplacés, susceptibles de jeter de l’huile sur le feu et, raviver la tension qui est d’ores et déjà palpable dans les milieux intellectuels djiboutiens proches de l’un ou de l’autre des personnalités en conflit ouvert.
Pour finir, sachons qu’une marge a toujours existé entre la Liberté d’expression à laquelle l’ex-premier ministre déclare être résolument attaché et la diffamation pour laquelle l’écrivain est poursuivi.!


Chehem Watta poursuivi pour diffamation
Le 13 février 2021, par Bourhan Daoud Ahmed..

C’est une première dans les annales de la république. Décidément, les Hassobas desquels est issue ma mère auront été les premiers dans divers domaines.
À commencer par ma mère Amina Bourhan la première Djiboutienne à obtenir son certificat d’études 1953-54.
Houmed et Amina Aboubaker (la défunte mère de notre candidate à la vice-présidence de l’UA) respectivement premier et première bacheli(er) (ère).
Ali Aref Bourhan premier Président du Conseil de Gouvernement.
Me Abdallah Med Kamil premier admis et diplômé de l’IEP de Paris.
Sans oublier, bien sûr, la benjamine de la tribu et le premier Médecin-Officier féminin de la Gendarmerie Nationale,j’ai nommé le Commandant Sitana Ali Med Wadad
Élitisme ? Non. Mérite ? Oui


Chehem Watta poursuivi pour diffamation
Le 14 février 2021, par Houmed DAOUD.

Sans vouloir trahir la neutralité à laquelle j’attache une importance cardinale dans cette affaire qui oppose Dileïta Mohamed Dileïta - un homme d’Etat, homme politique notoirement connu à Djibouti et ailleurs pour avoir occupé les plus hautes fonctions au sommet de l’État -, à Chehem Watta, haut fonctionnaire, écrivain et intellectuel djiboutien, je voudrais apporter quelques éléments d’informations très importantes qui sont occultées dans l’ouvrage de Monsieur Watta.
Dans le souci d’honnêteté intellectuelle qui animent plus les journalistes et les écrivains de renom, M. Watta aurait pu, voire dû porter à la connaissance de ses lecteurs que M. Dileïta Mohamed Dileïta et M. Ali Guelleh Aboubaker ont travaillé la main dans la main dans le sens des intérêts supérieurs de Djibouti. Parmi les nombreux dossiers, il y en a un qui me permet d’apporter un témoignage personnel car j’ai eu l’honneur d’être impliqué dans ce dossier qui remonte à plus de 20 ans déjà.
Fin janvier 2000, Ali Guelleh Aboubaker, chef de cabinet du président de la République et, Dileïta Mohamed Dileïta, ambassadeur de la République de Djibouti en Ethiopie, débarquent à Paris. Ils sont restés 14 jours sans discontinuer...
Les deux hauts fonctionnaires étaient en mission de très haut niveau : négociations puis signature de l’Accord cadre de réforme et de concorde civile avec la rébellion du Frud d’Ahmed Dini Ahmed.
La cérémonie de signature de l’Accord cadre, de réforme et de concorde civile entre les deux parties a eu lieu le lundi 7 février 2 000 à 10h30 dans la salle de presse de l’Hôtel Méridien à Paris. Cet événement historique a marqué la fin des hostilités militaires dans notre pays. Avec honneur et sens des responsabilités, les deux hommes ont mené à bien la mission qui leur a été confiée par le président de l République.
Par conséquent, j’estime que cette séquence de la vie politique de Feu Ali Guelleh Abpoubaker (Paix à son âme), ne devrait pas être occultée dans l’ouvrage de Chehem Watta qui lui a été consacré !
Houmed DAOUD

 
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